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Publié le 9 Février 2021

Blanc autour

Voici, après Peau d'Homme, une deuxième lecture de bande dessinée à mon actif en ce début d'année. Cette dernière est l’œuvre de Stéphane Fert et Wilfrid Lupano, dont j'avais déjà lu et adoré Un océan d'amour. Ici, en plus de la magnifique couverture, le sujet m'a tout de suite intéressée : il y est question de la place des personnes de couleur dans la société américaine, et en particulier des femmes noires dans la première moitié du XIXe siècle.

 

En 1832, dans une petite ville du Connecticut, l'institutrice Prudence Crandall s'occupe d'une école pour filles. Un jour, elle accueille dans sa classe une jeune noire, Sarah. La population blanche locale juge immédiatement cette "exception" comme une menace. Les habitants menacent de retirer leurs filles de l'école si la jeune Sarah reste admise. L'institutrice les prend au mot et l'école devient la première école pour jeunes filles noires des États-Unis, trente ans avant l'abolition de l'esclavage !

 

La douceur du trait et des couleurs de Stéphane Fert sert à merveille le scénario librement inspiré de faits réels de Wilfrid Lupano. Les dessins sont sublimes, les tons tantôt chauds ou tirant plutôt sur le violet toujours délicats. Seul bémol, quelques coupures temporelles mal prises en charge. Des planches entières sont muettes à plusieurs reprises, ce qui renforce la trame narrative. Les personnages, incarnés, sont au service des valeurs de solidarité, sororité, instruction et tolérance prônées au travers de cet album. À lire sans hésiter.

 

Blanc autour
Blanc autour
Blanc autour

Publié le 8 Février 2021

Peau d'Homme

Voici une bande dessinée primée au dernier Festival d’Angoulême. Elle a reçu le Fauve des lycéens. Ce qui, l'ayant commandé pour le lycée quelques semaines auparavant, a confirmé le professionnalisme dont je fais preuve. Je blague... J'ai surtout été bien conseillée par quelques collègues, lecteurs avisés de BD. L'objet ne passe en tout cas pas inaperçu : le livre est très beau. Il s'agit d'un grand format à la couverture noire et aux reflets bleus métallisés. Son titre et son illustration de couverture ne laissent pas indifférent. À l'intérieur, beaucoup de dialogues savamment découpés et mis en scène dans des décors inspirés du théâtre. Les dessins à la ligne claire allègent joliment le propos. J'ai aimé tout en étant un peu bousculée. En effet, sous couvert d'une intrigue se déroulant dans l'Italie de la Renaissance, sont abordés des sujets modernes interrogeant les contours de la morale contemporaine.

 

Bianca, demoiselle de bonne famille, est en âge de se marier. Ses parents lui trouvent un fiancé à leur goût : Giovanni, un jeune et riche marchand. Bianca ne peut cacher sa contrariété de devoir épouser un homme dont elle ignore tout. Mais c’était sans connaître le secret détenu et légué par les femmes de sa famille depuis des générations : une "peau d’homme". En la revêtant, Bianca devient Lorenzo et bénéficie de tous les attributs d’un beau jeune homme. Elle peut désormais côtoyer incognito les hommes et apprendre à connaître son fiancé "au naturel". Mais dans sa peau d’homme, Bianca s'affranchit des limites imposées aux femmes et découvre l'amour et la sexualité.

 

À travers cette fable subversive, à la fois drôle et cruelle, les auteurs mettent en scène un véritable fantasme et questionnent notre rapport à la sexualité et aux injonctions morales et religieuses. Il y est question d'homosexualité et plus largement des relations de couple, du mariage, de la condition féminine, des carcans - notamment genrés - de la société et de la recherche du bonheur. En cela, Peau d’homme invite à une certaine libération des mœurs, et c'est justement peut-être ce dernier point qui m'interroge. Hubert, le scénariste de cette bande dessinée, a mis fin à ses jours en février 2020. Il laisse derrière lui une magnifique BD, maintes fois primée, et un appel à la curiosité et à la tolérance.

 

Peau d'Homme
Peau d'Homme

Publié le 15 Octobre 2020

Simone Veil : la loi sur l'avortement

À découvrir en ligne sur le site Vie publique (site d’information qui donne des clés pour comprendre les politiques publiques et les grands débats qui animent la société réalisé par la DILA) : une courte bande dessinée réalisée par Anne-Laure Farges et Bast revenant sur le vote de la loi relative à l'interruption volontaire de grossesse (IVG) dite "loi Veil" par le biais d'une discussion entre deux jeunes filles dont l'une a rendez-vous au planning familial. En complément de la BD d'autres contenus et ressources consacrés aux droits des femmes sont accessibles sur le site web.

 

Publié le 11 Septembre 2020

Récapitulatif de mes lectures d'été

À la ligne : feuillets d'usine de Joseph Ponthus

 

♥ EN BREF, C'EST BIEN ? Ce premier livre, dévoré fin juin, est mon coup de cœur de l'été ! J'ai adoré, tant sur le fond que sur la forme.

 

 

Tout le bleu du ciel de Mélissa Da Costa

 

♥ EN BREF, C'EST BIEN ? Un long roman à l'écriture fluide qui nous laisse les larmes aux yeux une fois refermé.

 

 

 Noire précieuse d'Asya Djoulaït

 

♥ EN BREF, C'EST BIEN ? C'est moderne, bien écrit, criant de réalisme et plutôt drôle parfois.

 

 

Lettre d'amour sans le dire d'Amanda Sthers

 

♥ EN BREF, C'EST BIEN ? C'est un bon souvenir de lecture, plein de pudeur et de douceur.

 

 

Que sont nos amis devenus ? d'Antoine Sénanque

 

♥ EN BREF, C'EST BIEN ? Je n'ai pas accroché du tout et ai abandonné. Cela m'a semblé un peu cynique et désabusé.

 

 

Woman world d'Aminder Dhaliwal

 

♥ EN BREF, C'EST BIEN ? C'est drôle et intelligent mais ce n'est pas un coup de cœur. Les gags auraient gagnés a être moins redondants et la réflexion aurait pu être plus poussée.

 

 

Broadway de Fabrice Caro

 

♥ EN BREF, C'EST BIEN ? C'est drôle, intelligent et c'est porté par le style "au fil de la pensée" d'un narrateur pathétique et touchant : du bon Fabrice Caro.

 

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♥ SANS OUBLIER QUELQUES LIVRES JEUNESSE COMME :

 

 

 

Les critiques sont en ligne ou ne vont pas tarder à l'être.

 

Bonne lecture !

 

Publié le 4 Septembre 2020

Woman world

Voici une bande dessinée d'Aminder Dhaliwal traduite et recommandée par Clémentine Beauvais. Dans cette histoire, suite à différents événements qui n'ont pas vraiment d'importance car ils ne sont que le prétexte nécessaire au contexte du récit, les femmes restent les seules survivantes de l'humanité. Se pose évidement la question de la survie de l'espèce, puisque les banques de sperme finiront bien par s'épuiser. Mais, au-delà de cet enjeu, se pose aussi la question de l'identité féminine. Dans un monde qui a longtemps placé la Femme au regard de la posture supérieure de l'Homme, comment se définir ? Quels choix opérer ? Nous suivons sur quelques planches la vie d'une communauté de femmes vivant dans un petit village un peu isolé. Mention spéciale au choix de leur drapeau "Cuisses-de-Beyoncé" ! On y trouve une galerie de personnages pour le moins curieux et drôles. La succession de scénettes pleines d'humour et de sensibilité balaie différentes thématiques : les relations amoureuses, la procréation, la représentation corporelle, etc. Sur un ton léger mais parfois corrosif, avec des dessins en noir et blanc (dans leur majorité) et au trait fin, l'auteur nous livre une bande dessinée engagée où l'absence des hommes est vécue avec nostalgie mais aussi liberté. Un féminisme affirmé mais sans agressivité. J'ai aimé mais suis restée quelque peu sur ma faim, trouvant les gags parfois obscures (difficiles à traduire ?) ou redondants. Les réflexions mériteraient d'être poussées davantage : dans un prochain opus, qui sait ?

Parfois mon cœur saigne et pleure. Quelle tristesse ! Je ne verrai jamais d’hommes. Personne pour m’expliquer ce que je sais déjà.

Woman world
Woman world

Publié le 24 Juillet 2020

Celles dont je n’ai pas parlé
Celles dont je n’ai pas parlé Celles dont je n’ai pas parlé

Voici des bouquins partiellement lus, seulement feuilletés voire abandonnés dont je ne vous parle que brièvement afin d'en garder tout de même une trace.

  

Autobiographie d'une licorne de Maïté Bernard

 

♥ ÇA RACONTE QUOI ? L'histoire d'une adolescente à un moment charnière de sa vie et ce à double titre : le décès de son grand-père révèle un lourd secret de famille et elle pousse pour la première fois de sa vie la porte d'un local LGBT+.

 

♥ POURQUOI NE L'AVOIR LU QUE PARTIELLEMENT ? Parce que l'écriture packagée "young adult" ne m'a pas séduite : mimer le parlé adolescent en interpellant le lecteur n'est pas le meilleur des choix en général. Ce roman n'y fait pas exception. J'ai eu du mal à me sentir bien avec la narratrice, Carmen, si loin de mes préoccupations. J'ai ressenti un manque général de crédibilité. Si une certaine originalité de fond et de forme est présente, elle n'a pas suffit à me faire poursuivre ma lecture. Je remercie cependant les éditions Syros pour ce partage.

 

 

Algues vertes d'Inès Léraud et Pierre Van Hove

 

♥ ÇA RACONTE QUOI ? Une enquête sur la dangerosité des algues vertes présentes sur le littoral breton depuis des dizaines d'années. Lanceurs d'alertes, scientifiques, agriculteurs, politiques sont au cœur de jeux d'influence destinés à garder - ou non - le silence.

 

♥ POURQUOI NE L'AVOIR LU QUE PARTIELLEMENT ? Parce qu'après un début tout à fait intéressant, le dernier tiers de la bande dessinée est moins digeste : riches d'informations, avec des longueurs sans doute inhérentes à l'enquête, qui rendent la lecture moins fluide pour quelqu'un qui ne souhaite pas forcément entrer à ce point dans les détails de l'analyse.

 

 

L'écume des jours de Paul et Gaëtan Brizzi d'après Boris Vian

 

♥ ÇA RACONTE QUOI ? L'album n'est pas une bande dessinée comme je l'avais cru mais une version grand format et illustrée du roman de Boris Vian. Ma critique du roman est à (re)découvrir par ici.

 

♥ POURQUOI NE L'AVOIR LU QUE PARTIELLEMENT ? Parce que je n'ai pas relu le texte (déjà connu) mais pris le temps de feuilleter l'album à l'occasion du centenaire de Boris Vian pour en découvrir le travail d'illustration : assez grandiose ! Un bémol cependant : le choix opéré de ne pas le coloriser.