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Publié le 23 Mars 2026

Celles dont je n'ai pas parlé

DJ Bambi d'Auour Ava Olafsdottir : un roman islandais de la rentrée littéraire 2025 qui m'a semblé prometteur mais qui abordait des problématiques de santé mentale auxquelles je n'étais pas en mesure de me confronter. Déjà lu de la même autrice : La vérité sur la lumière.

 

Neverland de Timothée de Fombelle : une relecture appréciée suite à mon coup de coeur pour la dernière parution de l'auteur intitulée La vie entière.

 

Les belles promesses de Pierre Lemaitre : un début de lecture sympathique mais sans que j'accroche vraiment.

 

Le journal de Samuel d'Émilie Tronche : un roman graphique adapté de la série animée diffusée en 2024 sur Arte que mon fils de 10 ans et moi avons ADORÉ. La suite est d'ailleurs sur le point de voir le jour. Samuel, écolier de 10 ans, à l'aube de son entrée au collège, se confie dans son journal intime. Il parle d'amour, d'une fable de Jean de La Fontaine, de la collection de papiers à lettres Diddl, de vacances à la mer, de jalousie, de deuil, de goûts musicaux. C'est drôle et mélancolique, en noir et blanc. On y respire un peu l'air des années 1990 mais ça reste très actuel (il n’y a qu’à remplacer la souris Diddl par des crayons Legami)... probablement parce qu'on y parle de l'éternelle camaraderie de l'enfance et des prémices de l'adolescence.

 

♡ Et la joie de vivre de Gisèle Pelicot et Judith Perrignon : une lecture incontournable de ce début d'année 2026. Parfois surprenante. Douloureuse. Nécessaire. Celle qui est devenue un symbole mondial de dignité nous raconte son histoire. Ce n'est en aucun cas une leçon. C'est le témoignage d'une femme qui raconte son propre chemin. C'est un livre puissant, qui éclaire. D'un optimisme fou qui surmonte l'horreur et l'abjection. Gisèle Pelicot (née Guillou) se réapproprie son histoire, pour elle-même et pour toutes les femmes.

 

Celles dont je n'ai pas parlé
Celles dont je n'ai pas parlé

Publié le 2 Novembre 2025

Petiote fête Noël

𝑀𝑒𝑟𝑐𝑖 𝑎̀ 𝑙𝑎 𝑚𝑎𝑖𝑠𝑜𝑛 𝑁𝑎𝑡ℎ𝑎𝑛 𝑝𝑜𝑢𝑟 𝑙𝑒 𝑝𝑎𝑟𝑡𝑎𝑔𝑒 𝑑𝑒 𝑐𝑒𝑡𝑡𝑒 𝑏𝑎𝑛𝑑𝑒 𝑑𝑒𝑠𝑠𝑖𝑛𝑒́𝑒.

 

 

 

𝒫𝑜𝓊𝓇 𝓈𝑒 𝓂𝑒𝓉𝓉𝓇𝑒 𝒹𝒶𝓃𝓈 𝓁'𝒶𝓂𝒷𝒾𝒶𝓃𝒸𝑒 𝓂𝒶𝑔𝒾𝓆𝓊𝑒

𝒹𝑒𝓈 𝒻𝑒̂𝓉𝑒𝓈 𝒹𝑒 𝒻𝒾𝓃 𝒹'𝒶𝓃𝓃𝑒́𝑒.

 

C'est l'heure des préparatifs de 𝒩𝑜𝑒̈𝓁 ! Petiote et son petit chien chéri s'empresse de participer à l'atmosphère de fête en décorant la maison et en cuisinant de délicieux gâteaux. Imaginer faire un bonhomme de neige, jouer, chanter, écrire au Père 𝒩𝑜𝑒̈𝓁 font également partie du programme de leur journée bien remplie. Puis, quoi de mieux quand la nuit tombe que de se blottir dans son lit et de raconter une histoire de 𝒩𝑜𝑒̈𝓁 à ses peluches ?

 

Cette bande dessinée a la particularité d'être muette. Sans texte mais avec des images qui ne sautent aucune étape, elle permet aux petits qui ne savent pas encore lire de suivre la narration tout seul. Le fait qu'il n'y ait pas, ou peu, d'ellipse narrative, permet aux enfants une concentration formidable. Le dessin est simple et clair et nous enveloppe de douceur. Les couleurs utilisées résonnent avec le thème de l'Avent : rouge, vert tendre, doré, blanc... Un album cocooning adorable pour patienter jusqu'à 𝒩𝑜𝑒̈𝓁 !

 

 

Petiote fête Noël
Petiote fête Noël
Petiote fête Noël

Publié le 27 Février 2025

Bobigny 1972

Dans ce roman graphique est retracée l'histoire d'un procès qui fera date et ouvrira la voix à la promulgation de la loi Veil légalisant l'avortement. L'album s'ouvre sur l'arrestation, en 1972, d'une jeune homme, puis celle de Marie-Claire Chevalier (16 ans) et sa mère Michèle, accusées sur dénonciation dudit jeune homme d'avoir procédé à un avortement clandestin. L'avortement est encore, à cette époque pas si lointaine, un délit passible d'une très forte amende et même d'une incarcération. La triste banalité de cette affaire va pourtant marquer un tournant dans l'histoire féministe grâce au concours de Gisèle Halimi, avocate féministe et antiraciste, et de l'association dont elle fait partie, soutenue par des actrices, intellectuelles, journalistes et personnalités politiques françaises (cf. Le manifeste des 343). Elle s'empare de l'histoire de Marie-Claire et de sa mère pour créer un électrochoc médiatique. Elle se met dans la posture, non pas de défendre une jeune femme (et ses "complices" faiseuses d'anges) coupable d'avortement mais d'attaquer les lois et politiques anti-abortives qui sévissent en France, dans le but de créer une jurisprudence.

 

Ce roman graphique, développé avec force et réalisme par Marie Bardiaux-Vaïente, revient sur le contexte et le déroulé du procès de façon poignante, en véritable plaidoyer pour la liberté et l'émancipation. J'ai notamment appris que Marie-Claire était tombée enceinte suite à un viol et dénoncée par le violeur lui-même et aussi que Gisèle Halimi était déjà dans une démarche militante avant ce procès. J'ai noté qu'un des arguments majeurs de Gisèle Halimi était la dimension économique : la possibilité hypocrite des riches de se rendre à l'étranger pour avorter alors que des familles modestes ne le pouvaient pas. J'ai apprécié que les hommes ne soient pas tous mis dans le même sac et que le juge fasse preuve d'une certaine empathie. Carole Maurel (dont j'ai déjà lu la BD Collaboration horizontale) magnifie la narration par un graphisme aux accents vintage mais pas caricaturaux, faisant évoluer le lecteur dans des tonalités ocres, et s'appuyant sur un trait plutôt classique mais expressif. Bobigny 1972 est assurément un album à lire et faire lire, s'inscrivant dans un militantisme qui, encore aujourd'hui, semble nécessaire. Les mots de Simone de Beauvoir placés en exergue du livre le rappelle : "𝒩'𝑜𝓊𝒷𝓁𝒾𝑒𝓏 𝒿𝒶𝓂𝒶𝒾𝓈 𝓆𝓊'𝒾𝓁 𝓈𝓊𝒻𝒻𝒾𝓇𝒶 𝒹'𝓊𝓃𝑒 𝒸𝓇𝒾𝓈𝑒 𝓅𝑜𝓁𝒾𝓉𝒾𝓆𝓊𝑒, é𝒸𝑜𝓃𝑜𝓂𝒾𝓆𝓊𝑒 𝑜𝓊 𝓇𝑒𝓁𝒾𝑔𝒾𝑒𝓊𝓈𝑒 𝓅𝑜𝓊𝓇 𝓆𝓊𝑒 𝓁𝑒𝓈 𝒹𝓇𝑜𝒾𝓉𝓈 𝒹𝑒𝓈 𝒻𝑒𝓂𝓂𝑒𝓈 𝓈𝑜𝒾𝑒𝓃𝓉 𝓇𝑒𝓂𝒾𝓈 𝑒𝓃 𝓆𝓊𝑒𝓈𝓉𝒾𝑜𝓃. 𝒞𝑒𝓈 𝒹𝓇𝑜𝒾𝓉𝓈 𝓃𝑒 𝓈𝑜𝓃𝓉 𝒿𝒶𝓂𝒶𝒾𝓈 𝒶𝒸𝓆𝓊𝒾𝓈. 𝒱𝑜𝓊𝓈 𝒹𝑒𝓋𝓇𝑒𝓏 𝓇𝑒𝓈𝓉𝑒𝓇 𝓋𝒾𝑔𝒾𝓁𝒶𝓃𝓉𝑒𝓈 𝓋𝑜𝓉𝓇𝑒 𝓋𝒾𝑒 𝒹𝓊𝓇𝒶𝓃𝓉."

 

Publié le 25 Février 2025

Ses débuts dans l'univers des mangas

Mon fils de 9 ans, sur les encouragements de ses parents, de ses copains et de son Tonton adoré, découvre petit à petit les mangas et la culture nippone. Voici quelques références testées et approuvées. Vous en auriez d'autres à suggérer ?

 

 

Adorés :

 

  • Dragon Ball et Dragon Ball super

Son Goku, un garçon à queue de singe, explore le monde à la recherche des "Dragon balls", des boules de cristal permettant d'exaucer des vœux.

 

  • One piece

Luffy, un garçon espiègle au corps "caoutchouc", rêve de devenir le roi des pirates en trouvant le "One piece", un fabuleux trésor.

 

  • Blitz

Tom, jeune collégien, au départ pour séduire une camarade, se passionne pour les échecs. Il s'inspire du maître Garry Gasparov, analyse ses parties grâce à une machine de réalité virtuelle, jusqu'à ce qu'un court-circuit change considérablement la donne.

 

  • Kuroko's basket

Taiga et Tetsuya intègrent le club de basket du lycée et se démarquent rapidement. Et si ces deux joueurs que tout oppose étaient amenés à se compléter à merveille sur le terrain ?

 

  • Hajime !

Teddy Riner, de sa jeunesse aux sommets du judo.

 

 

Moins ou pas aimés :

 

  • Astra

En 2063, des élèves débarquent sur une planète inconnue dans le cadre d'une mission spatiale de leur cursus scolaire et tout ne va pas se passer comme prévu.

 

  • Slam dunk

Histoire d'amour contrariée et basket. Probablement pas encore l'âge pour l'apprécier.

 

 

En cours de lecture :

 

  • À l'assaut du roi

Ippei, jeune garçon, découvre les échecs grâce à une nouvelle camarade de classe et se prend de passion pour ce jeu, visualisant celui de son adversaire comme dans un récit d'heroïc fantasy.

 

 

Publié le 19 Décembre 2024

Les tops de 2024

 

 

 

Avec en moyenne un livre lu et chroniqué chaque semaine,

voici mes coups de cœurs littéraires de l'année !

 

  1. Célèbre de Maud Ventura 
  2. Terrasses de Laurent Gaudé 
  3. La police des fleurs, des arbres et des forêts de Romain Puertolas ♡
  4. Racines de Lou Lubie [BD] ♡

 

Dernièrement, j'ai été sous le charme de l'odieuse Cléo, personnage principal du roman Célèbre de Maud Ventura (que j'ai d'ailleurs de nouveau rencontré en librairie il y a quelques semaines). J'ai littéralement pleuré en lisant le magnifique Terrasses de Laurent Gaudé. J'ai adoré Racines de Lou Lubie. Au printemps, j'ai eu un coup de cœur inattendu pour le fantasque roman La police des fleurs, des arbres et des forêts de Romain Puertolas. Dans une moindre mesure, j'ai aussi apprécié ma lecture estivale de Dans la maison d'été de Karine Reysset. Je pourrai ajouter à ma liste l'incontournable Jacaranda de Gaël Faye, et bien sûr l'adaptation en BD par Julien Martinière du texte du regretté Joseph Ponthus : A la ligne. Enfin, en littérature jeunesse, je conseille avec enthousiasme pour clôturer l'année Comment le Père Noël descend par la cheminée.

 

 

Et pour retrouver mes tops de 2023 c'est par ici !

 

 

Les tops de 2024

Publié le 10 Décembre 2024

À la ligne : feuillets d'usine [BD]

Ah, Joseph... une drôle d'histoire m'unit à lui. L'achat et la lecture de l'adaptation en bande dessinée de son livre étaient donc une évidence. Sarbacane vient en effet de publier le travail de Julien Martinière. Se basant sur le livre de Joseph Ponthus, il met en images le drame social du monde ouvrier et en particulier celui du travail d'intérimaire dans les conserveries et abattoirs bretons.

 

Le graphisme encré, en noir et blanc, met tour à tour en scène les journées à l'usine, les balades sur la plage avec Pok Pok, les nuits trop courtes et pleines de cauchemars. Le dessin est peu organique. Il nous présente bien souvent un horizon obstrué : par la barrière de sécurité du parking, par la fumée qui s'échappe de l'usine, par les néons au-dessus de la ligne de production... Les hommes comme les animaux sont cernés de quadrillages : le carrelage à petit carreaux du sol de l'usine, les grilles du barbecue, les machines... Le logo de l'usine (un poisson) a même des allures de Big Brother. Les cases sont parfois blanches et vides comme les gestes peuvent être vides de sens et de mots, et parfois plus sombres, pleines d'entrailles et de sang. Paré d'un tablier et de chaussures de sécurité, dans l'uniforme d'un soldat ou encore nu, Joseph nous apparait dans une palette de forces et de faiblesses. Il se désole des propos racistes de certains collègues, se réjouit pour d'autres qui osent parler ouvertement de leur homosexualité. Chante du Balavoine ou du Lavilliers. Quand ses mains ne trient pas les crevettes ou ne poussent pas les carcasses des vaches, elles sont occupées à fumer, à boire une bière, à programmer le réveil. Et à caresser, aussi.

 

Julien Martinière a su être fidèle à l'autofiction de Joseph Ponthus tout en prenant certaines libertés. Son interprétation des scènes de cauchemars et à l'abattoir sont particulièrement expressives. L'aliénation ouvrière y est très bien rendue. Seul bémol, le jugement négatif de ses anciens collègues dont je ne me rappelle pas qu'il ait été question dans le texte original. Il y a aussi une scène appuyée sur un collègue macho et pervers. Pour le reste, on y trouve les mots et les silences de Joseph. Son humilité. Ses journées et ses nuits, à la fois fiévreuses et fraternelles.

 

Au fil des heures et des jours le besoin d’écrire
s’incruste tenace comme une arête dans la gorge
Non le glauque de l’usine
Mais sa paradoxale beauté.

La nuit je me sens soldat de l'usine.

Les proches plutôt que les poches.

Nous étions jeunes et larges d'épaules
Joyeux, insolents et drôles
On attendait que la mort nous frôle.
[Bernard Lavilliers]

Dites-moi, vous ne seriez pas un peu anar' sur les bord, monsieur Ponthus ? Juste lutteur de l'imaginaire, madame Ponthus. Lutteur de l'imaginaire.

J'ignore encore comment franchir ce Styx du vendredi sans payer mon obole de colère.

L'usine bouleverse mon corps, mes certitudes. Ce que je croyais savoir du travail et du repos. De la fatigue. De la joie. De l'humanité.

Il y a mon mal de dos et la fatigue autant que la joie. Il y a qu'il n'y aura jamais, même si je trouve un vrai travail, si tant est que l'usine en soit un faux, ce dont je doute... Il y a qu'il n'y aura jamais de point final... à la ligne.