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Publié le 5 Mai 2026

Le grand voyage de Mo : aventures tropicales

Merci aux éditions Hélium pour le partage de ce livre

 

qui sort en librairie ce mercredi

 

 

Par une chaleur étouffante, Mo, un chaton noir et blanc à la bouille adorable, s'ennuie. Soudain, un perroquet vient porter un message de Grand Papicha. Fin bricoleur, ce dernier aime récupérer et réparer de vieux ventilateurs. Mais pour son dernier chantier en cours, il lui manque des vis étoilées ! Sans hésiter, Mo se porte volontaire pour lui en apporter sur son île tropicale. Il s'engage dans la forêt, chaque pas ajoutant à sa bonne humeur. Mais très vite, Mo se retrouve perdu : comment s'orienter dans cette forêt luxuriante ? Heureusement, son voyage sera jalonné d'embûches mais aussi de belles rencontres. L'ours noir, le singe Capucin, Mamie Tortue et bien d'autres animaux vont tout à tour lui venir en aide.

 

Le récit est captivant et séduit même les grands de 10 ans ! Le texte danse sur la page au grès des dessins. Les illustrations sont nombreuses, fines, détaillées et légèrement colorées dans une palette d'encres bleues. Son petit format relié en fait un objet délicat et intemporel, à mi-chemin entre l'album et le roman. Une belle découverte coréenne qui ne demande qu'à être complétée par le premier opus de Yeonju Choi paru en 2024 : L'étoile de Mo.

 

 

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Le grand voyage de Mo : aventures tropicales
Le grand voyage de Mo : aventures tropicales
Le grand voyage de Mo : aventures tropicales
Le grand voyage de Mo : aventures tropicales

Rédigé par Nota Bene

Publié dans #Je lis

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Publié le 30 Avril 2026

Un [pas]sage en librairie VI

Mon dernier passage en librairie est l'occasion d'un repérage de quelques albums jeunesse et livres de développement personnel parus ces dernières semaines (et d'une lutte acharnée entre ma raison et mes sentiments pour ne pas craquer) :

 

♡ Il paraît que d'Olivier Tallec chez L'école des loisirs

Le retour de l'irrésistible écureuil, qui cette fois se trouve bien embêté et inquiet car il a avalé un pépin de pomme sans le faire exprès. Et il paraît que si on avale un pépin, un arbre pousse à l'intérieur... Un album plein d'humour, qui fait mouche, sur la thématique de la fabulation et de l'esprit critique, pour désamorcer les peurs légitimes de nos enfants. Avec les jolies illustrations qu'on connaît.

 

♡ Bouuuuut ! de Claire Garralon chez MeMo

Un petit album ultra drôle sur l'invasion d'une plage par des touristes qui dérangent les mouettes Monique et Michel, occupées à compter (plus ou moins bien) les grains de sables.

 

♡ On a deux yeux pour voir de Baptiste Beaulieu et Qin Leng chez Les arènes

Bon, il n'est pas tout récent puisqu'il est sorti en 2023 et que d'autres albums du duo sont parus depuis. J'avoue que j'étais passée à côté de celui-ci et qu'il mérite pourtant le détour. L'incontournable Baptiste Beaulieu nous raconte ici l'histoire d'un enfant qui se réveille un matin avec deux yeux différents, l'un permettant de voir ce qui est bon et joyeux, et l'autre ce qui est mauvais ou triste. L'enfant comprend vite qu'il a besoin de ses deux yeux pour voir et appréhender le monde. Il ne s'agit pas de voir uniquement le "bon" côté, mais bien de tout regarder "en entier".

 

♡ Barbara : La petite souris qui voulait découvrir le monde de Julia Kerninon et Claire Schvartz chez La Martinière jeunesse

Émancipation, écoute de soi et poursuite de ses idéaux : les sujets chers à la nantaise Julia Kerninon sont au rendez-vous de sa première incursion dans l'univers de la littérature jeunesse aux côtés de l'illustratrice Claire Schvartz. Nous suivons ici les aventures de la petite souris Barbara, qui souhaite aller au-delà de la colline où elle vit avec ses parents et ses quatre-vingt-dix-neuf frères et sœurs, pour découvrir le monde.

 

♡ Le petit livre qui fait du bien de Coralie Gallant chez Le lotus et l'éléphant

Des pages à ouvrir au hasard chaque jour pour y lire des messages rassurants, déculpabilisants, encourageants, enpouvoirants. Une couverture rose et dorée qui fait déjà du bien. 

 

♡ La vie qui vous attend de Brianna Wiest chez Le courrier du livre

Des analyses, conseils et encouragements pour diverses problématiques comme ne pas s'autoriser à être heureux, trouver l'épreuve qui se dresse devant nous insurmontable, trop se soucier de ce pensent les gens, chercher ce à quoi on est destiné... Une couverture blanche au titre doré qui donne déjà envie de s'ouvrir à ce qui nous attend.

 

 

Pour d'autres idées de lectures, mon dernier article de cette série des passages en librairie, sur la thématique du printemps, est à redécouvrir par ici.

 

Publié le 27 Avril 2026

Le petit roi et le perroquet

𝑀𝑒𝑟𝑐𝑖 𝑎̀ 𝑙𝑎 𝑚𝑎𝑖𝑠𝑜𝑛 𝑀𝑖𝑗𝑎𝑑𝑒 𝑝𝑜𝑢𝑟 𝑙𝑒 𝑝𝑎𝑟𝑡𝑎𝑔𝑒 𝑑𝑒 𝑐𝑒𝑡 𝑎𝑙𝑏𝑢𝑚

 

Chez Mijade, voici le dernier né de la collection Passerelle, destinée aux jeunes lecteurs à partir de 8 ans, dont je vous avais déjà présenté Sami et sa nouvelle coupe de cheveux. Accessible et soutenant grâce aux illustrations, mais sans aide au niveau du texte, la collection se propose d'être un pont entre l'album et le roman. J'ai eu entre les mains Le jour où je suis devenue plus méchante que le loup au sujet du harcèlement scolaire, et Ma famille déconnectée sur l'addiction aux écrans et la nécessité pour une fratrie de se reconnecter les uns aux autres, à soi-même, à la nature et à leur adorable chien, Cookie.

 

Dans Le petit roi et le perroquet, on reprend les ingrédients du conte : "Il était une fois un roi, qui avait la particularité d'être très petit" et qui, contrarié par sa taille, agit en supérieur tyrannique. Il se fait construire un château gigantesque, un trône haut comme un arbre, oblige ses sujets à s'incliner pour paraître moins petit. Un perroquet, symbole de la communication, lui rapporte régulièrement ce qu'en pense son peuple. Le roi poussant toujours plus loin sa logique, la situation lui échappe. Une petite fille saura lui ouvrir les yeux sur sa bêtise. Un récit qui invite à réfléchir sur la notion de responsabilité et les valeurs d'humilité et de bonté. Une histoire drôle et bien menée, avec le bon niveau de vocabulaire : irrésistible !

 

Pour répandre la bonne humeur chez vos petits lecteurs, Mijade m'offre la possibilité de vous gâter : un exemplaire du Petit roi et le perroquet est à gagner sur mon compte Instagram ! Hâte de vous y retrouver. ₊˚⊹♡

 

D'accord, je ne suis pas très grand, concéda le roi. Mais je suis un grand roi. Il n'y a qu'à voir la magnificence de mon palais. La fillette réfléchit un instant et déclara :
- La grandeur d'un roi ne se mesure ni à sa taille ni à l'étendue de son palais. Un grand roi, c'est un roi bon.

Le petit roi et le perroquet

Rédigé par Nota Bene

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Publié le 22 Avril 2026

Celles dont je n'ai pas parlé

Quelques (re)lectures de ces dernières semaines :

 

  • ℒ𝒶 𝓅𝓈𝓎𝒸𝒽𝒶𝓃𝒶𝓁𝓎𝓈𝑒 𝒹𝑒𝓈 𝒸𝑜𝓃𝓉𝑒𝓈 𝒹𝑒 𝒻é𝑒𝓈 de Bruno Bettelheim : lu il y a près de 20 ans de cela, je l'ai de nouveau parcouru, soulignant ici et là des passages intéressants en constatant l'agréable surprise d'un texte encore d'actualité.

 

  • ℒ𝒶 𝓅𝓇𝑒𝓂𝒾è𝓇𝑒 𝑔𝑜𝓇𝑔é𝑒 𝒹𝑒 𝒷𝒾è𝓇𝑒 𝑒𝓉 𝒶𝓊𝓉𝓇𝑒𝓈 𝓅𝓁𝒶𝒾𝓈𝒾𝓇𝓈 𝓂𝒾𝓃𝓊𝓈𝒸𝓊𝓁𝑒𝓈 de Philippe Delerm : de même, une relecture agréable et profitable de ce petit classique.

 

  • ℰ́𝓁𝑜𝑔𝑒 𝒹𝑒𝓈 𝒻𝒾𝓃𝓈 𝒽𝑒𝓊𝓇𝑒𝓊𝓈𝑒𝓈 de Coline Pierré : là aussi une relecture.

 

  • ℒ'𝒶𝓇𝓉-𝓉𝒽é𝓇𝒶𝓅𝒾𝑒 de Jean-Pierre Klein : un essai qui date de 1997 que j'ai parcouru en m'arrêtant seulement sur quelques paragraphes qui m'intéressaient. J'ai trouvé l'ensemble un peu verbeux et complexifiant.

 

  • 𝒶 𝒸𝒽𝒶𝒾𝓇 𝒹𝑒𝓈 𝒶𝓊𝓉𝓇𝑒𝓈 de Claire Berest : une sorte de compte-rendu, entre introspection et enquête, du procès des viols de Mazan, dont Claire Berest a suivi les audiences pour Paris Match. Une réflexion sur le mal, l'inculture du consentement, le fait divers. Très intéressant et fluide à lire. Mais pas anodin dans certains détails rapportés évidemment.

 

  • ℒ𝒶 𝓋𝒶𝓁𝓈𝑒 𝒹𝑒𝓈 𝓅𝑒𝓉𝒾𝓉𝓈 𝓅𝒶𝓈 de Claire Renaud : un roman choral très fluide, d'une écriture maîtrisée, qui dresse des portraits de couples attablés un soir dans un bistrot parisien. En fil rouge, les réflexions énamourées du barman, Cyril, qui en pince pour la serveuse, Marion. Un huit-clos qu'on imagine facilement adaptable au théâtre ou au cinéma, avec des chapitres qui s'enchaînent comme des feux de projecteurs dirigés tout à tour sur les pensées de tel ou tel personnage. L'un dit des mots d'amour, d'autres se disent adieu. Au rythme des entrées, plats et desserts, nous captons des bribes de vie teintées de doutes, d'attentes, d'élans et d'espoirs.

 

 

Pour qu'une histoire accroche vraiment l'attention de l'enfant, il faut qu'elle le divertisse et qu'elle éveille sa curiosité. Mais, pour enrichir sa vie, il faut en outre qu'elle stimule son imagination ; qu'elle l'aide à développer son intelligence et à voir clair dans ses émotions ; qu'elle soit accordée à ses angoisses et à ses aspirations ; qu'elle lui fasse prendre conscience de ses difficultés, tout en lui suggérant des solutions aux problèmes qui le troublent.

Publié le 10 Avril 2026

Rose la nuit

Si mon compagnon ne s'était pas fermement opposé à la possibilité de donner un second prénom à nos enfants, ma fille se serait probablement aussi prénommée Rose. Car cette couleur, associée à la fleur qui porte son nom, est aujourd'hui synonyme de féminité. Elle représente la douceur, la tendresse, le romantisme, la jeunesse voire la séduction. Elle est un mélange du rouge amoureux, passionné et puissant et du blanc pur et innocent.

 

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Rose la nuit est un roman construit autour de sept histoires de femmes - réelles - prénommées Rose. Une huitième, "une grande bringue salement amochée" complètement fictive, prend en charge la narration le temps d'une nuit, telle Shéhérazade, espérant séduire les aides-soignantes de l'hôpital et y passer une nuit de repos avant de retourner à la rue. Ce roman choral fait vibrer les voix des Rose, qui se répondent, s'entrelacent, parfois jusqu'à la confusion. A cela s'ajoute des motifs propres à l'autrice comme la bergère (guide protecteur) ou le cheval (symbole de l'indépendance). Rose, Marie-Rose, Rosa-Maria, Rosy... livrent des éclats de vie, des souvenirs d'enfance, des confidences sur le rapport qu'elles entretiennent avec leur prénom. Il est prétexte à se raconter et à raconter poétiquement des destinées de femmes dont la force et la grâce se fondent. Car contrairement à la douceur de leur prénom, leurs vies souvent contiennent une certaine âpreté. Mais aussi une volonté farouche de liberté. Et on comprend que la nuit évoquée dans le titre est propice aux confidences et à la transmission féminine mais qu'elle est aussi celle de l'acharnement que ces femmes mettent en œuvre pour voir l'aube se lever. De Marie-Rose la marraine d'adoption à Rosetta la Sicilienne installée dans un village des Alpes-Maritimes en passant par Rose la migrante Nigériane ou la petite Rose des quartiers Nord de Nice, nous effleurons avec délice dans ce court roman de multiples nuances de rose.

 

Au commencement de Rose. Au commencement du commencement : la difficulté de prononcer ce mot si simple, si court, rose, la couleur, la fleur, Rose, le prénom. Rose avec son o fermé ou son o ouvert selon les régions et les accents, avec son o sujet à moqueries selon qu'il est prononcé fermé ou ouvert au mauvais endroit.

On raconte des histoires aux enfants pour qu'ils s'endorment, mais aux grands aussi. Pas pour qu'ils oublient, pas pour qu'ils s'illusionnent. Pour qu'ils incorporent les histoires au sommeil. Pour que les paroles soient baignées de sommeil. Pour qu'elles perdent leurs contours, qu'elles se mêlent à des paroles inconnues, murmurées, chantées, pour qu'elles se mêlent aux cris, aux cris des animaux, aux cris qu'on ne sait pas entendre, aux cris qui nous interdisent, aux cris qui nous serrent la gorge. Pour que les paroles mêlent leurs sens, les agrandissent, les perdent. Pour qu'elles s'enfoncent dans le sommeil ou, au contraire, flottent à la surface, une écume indistincte, bouillonnante.

Rédigé par Nota Bene

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Publié le 26 Mars 2026

Les lendemains

Amande voit sa vie basculer du jour au lendemain. Elle perd son compagnon et son bébé à naître en l'espace de quelques heures. Elle rassemble quelques affaires et loue une petite maison dans un coin de campagne reculé pour vivre son chagrin. Dehors le soleil brille mais elle n'a plus le goût de rien. Lorsqu'elle tombe par hasard sur les calendriers de l'ancienne propriétaire, Mme Hugues, elle décide pourtant, petit à petit, en suivant les annotions manuscrites, de redonner vie au vieux jardin abandonné. Au fil des mois, elle va puiser dans ce contact avec la terre, la lumière, la force de s'ouvrir aux rencontres et aux promesses d'avenir. C'est un récit bouleversant, subtil et plein d'émotions, qui fait du bien. Mélissa Da Costa, dont j'avais déjà lu et apprécié Tout le bleu du ciel, m'a une nouvelle fois conquise par une lecture qu'on pourrait qualifier de feel good tout en étant de bonne qualité littéraire. Il y est question de lendemains. De ceux qui déchantent, qui blessent profondément, qu'on ne peut affronter. Mélissa Da Costa nous chuchote pourtant qu'un battement d'aile de papillon, malgré le silence assourdissant des êtres qui nous manquent, peut permettre d'enclencher la reconquête de soi. Pas à pas, grâce à des gens (sa belle-famille, la fille de l'ancienne propriétaire, les jeunes de la MJC), des animaux (un chat gris notamment), des végétaux, reviennent des plaisirs : le goût de jardiner, de cuisiner, de fabriquer et allumer des bougies, etc. Mélissa Da Costa souligne avec empathie et justesse le nécessaire besoin de temps qu'implique une épreuve de vie telle que le deuil. Y sont d'ailleurs évoqués les émouvants cheminements, forcément différents, de la maman et du papa de Benjamin. On souffre avec eux. On suffoque. Et puis, tel un bourgeon réchauffé par les rayons du soleil, on reprend son souffle. On laisse entrer ce qui vient. On célèbre. On partage. On laisse partir... et on chemine vers demain.

 

J'ai laissé entrer un papillon. C'était une erreur. Je voulais simplement laisser entrer un rayon de soleil. Un seul. J'ai entrouvert les volets qui ont grincé d'un air lugubre et le papillon s'est glissé dans ma salle à vivre, sans crier gare. Un papillon, c’est beaucoup trop de vie d’un coup. Des mouvements, de la couleur, une présence… J’étais prête à accueillir un rayon, un seul rayon de l’astre maudit, mais un papillon, non…

La mélancolie c’est le bonheur d’être triste.

Je prendrai la bière que Julie me tendra, je la laisserai m'enivrai en douceur, et puis je ferai danser Richard sur la piste que les gens auront improvisée. Nous danserons tous les deux avec nos pieds maladroits et nos cœurs douloureux, mais nous ne serons pas seuls. Nous serons tous les deux avec notre amour pour toi, un amour à en crever, encore et encore, pour faire honneur à la lumière que tu as laissée derrière toi.

Rédigé par Nota Bene

Publié dans #Je lis

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