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Publié le 22 Avril 2026

Celles dont je n'ai pas parlé

Quelques (re)lectures de ces dernières semaines :

 

  • ℒ𝒶 𝓅𝓈𝓎𝒸𝒽𝒶𝓃𝒶𝓁𝓎𝓈𝑒 𝒹𝑒𝓈 𝒸𝑜𝓃𝓉𝑒𝓈 𝒹𝑒 𝒻é𝑒𝓈 de Bruno Bettelheim : lu il y a près de 20 ans de cela, je l'ai de nouveau parcouru, soulignant ici et là des passages intéressants en constatant l'agréable surprise d'un texte encore d'actualité.

 

  • ℒ𝒶 𝓅𝓇𝑒𝓂𝒾è𝓇𝑒 𝑔𝑜𝓇𝑔é𝑒 𝒹𝑒 𝒷𝒾è𝓇𝑒 𝑒𝓉 𝒶𝓊𝓉𝓇𝑒𝓈 𝓅𝓁𝒶𝒾𝓈𝒾𝓇𝓈 𝓂𝒾𝓃𝓊𝓈𝒸𝓊𝓁𝑒𝓈 de Philippe Delerm : de même, une relecture agréable et profitable de ce petit classique.

 

  • ℰ́𝓁𝑜𝑔𝑒 𝒹𝑒𝓈 𝒻𝒾𝓃𝓈 𝒽𝑒𝓊𝓇𝑒𝓊𝓈𝑒𝓈 de Coline Pierré : là aussi une relecture.

 

  • ℒ'𝒶𝓇𝓉-𝓉𝒽é𝓇𝒶𝓅𝒾𝑒 de Jean-Pierre Klein : un essai qui date de 1997 que j'ai parcouru en m'arrêtant seulement sur quelques paragraphes qui m'intéressaient. J'ai trouvé l'ensemble un peu verbeux et complexifiant.

 

  • 𝒶 𝒸𝒽𝒶𝒾𝓇 𝒹𝑒𝓈 𝒶𝓊𝓉𝓇𝑒𝓈 de Claire Berest : une sorte de compte-rendu, entre introspection et enquête, du procès des viols de Mazan, dont Claire Berest a suivi les audiences pour Paris Match. Une réflexion sur le mal, l'inculture du consentement, le fait divers. Très intéressant et fluide à lire. Mais pas anodin dans certains détails rapportés évidemment.

 

  • ℒ𝒶 𝓋𝒶𝓁𝓈𝑒 𝒹𝑒𝓈 𝓅𝑒𝓉𝒾𝓉𝓈 𝓅𝒶𝓈 de Claire Renaud : un roman choral très fluide, d'une écriture maîtrisée, qui dresse des portraits de couples attablés un soir dans un bistrot parisien. En fil rouge, les réflexions énamourées du barman, Cyril, qui en pince pour la serveuse, Marion. Un huit-clos qu'on imagine facilement adaptable au théâtre ou au cinéma, avec des chapitres qui s'enchaînent comme des feux de projecteurs dirigés tout à tour sur les pensées de tel ou tel personnage. L'un dit des mots d'amour, d'autres se disent adieu. Au rythme des entrées, plats et desserts, nous captons des bribes de vie teintées de doutes, d'attentes, d'élans et d'espoirs.

 

 

Pour qu'une histoire accroche vraiment l'attention de l'enfant, il faut qu'elle le divertisse et qu'elle éveille sa curiosité. Mais, pour enrichir sa vie, il faut en outre qu'elle stimule son imagination ; qu'elle l'aide à développer son intelligence et à voir clair dans ses émotions ; qu'elle soit accordée à ses angoisses et à ses aspirations ; qu'elle lui fasse prendre conscience de ses difficultés, tout en lui suggérant des solutions aux problèmes qui le troublent.

Publié le 6 Avril 2026

100 idées pour pratiquer la bibliothérapie

Ce livre est une sorte de guide pratique destiné aux soignants, thérapeutes, professionnels de l'enfance et du livre, qui souhaitent utiliser la bibliothérapie pour accompagner enfants et adultes et compléter leur "boîte à outils" du bien-être. Il a été rédigé par Marine Nina Denis, une professionnelle du livre formée à la sophrologie, à la bibliothérapie et à l'accompagnement des personnes en fin de vie ou endeuillées. Elle se propose ici de présenter les bienfaits de la lecture tout au long de la vie, revient brièvement sur l'histoire de la bibliothérapie et propose des pistes pratiques pour utiliser la lecture et l'écriture comme outils de médiation bibliothérapeutique, notamment envers les jeunes enfants et les seniors.

 

J'ai trouvé que ce livre était une vraie porte d'entrée dans l'univers de la bibliothérapie. On y trouve des informations claires, structurées, concises, pratiques (parfois trop pour la professionnelle que je suis déjà) et quelques exemples de mise en œuvre bienvenus. Il s'apparente à un condensé de micro-formation. Tout ne m'a pas été utile, notamment toute la partie sur la littérature jeunesse et l'accompagnement des enfants que je maîtrise déjà, mais j'ai été sensible à certains éléments comme l'accompagnement des personnes âgées, la sophrologie, la conduite d'un atelier. Sans parler d'ordonnance universelle, on peut apprécier quelques références semées au fil des pages en fonction des publics et des émotions : encourager la lecture de L'alchimiste de Paulo Coelho pour un adulte en quête de sens, celle de L'écume des jours de Boris Vian en cas de chagrin d'amour, celle de Max et les maximonstres de Maurice Sendak pour un enfant en proie à de la colère, ou encore celle de La naissance du jour de Colette pour aborder la peur de vieillir. Bref, le livre comme outil de lien, d'expression et de soin. ₊˚⊹♡

Publié le 2 Avril 2026

Écrire juste pour soi : les mots prennent soin de nous

Là où la lecture, notamment celle des romans et de la poésie, nous aide à appartenir à la communauté de ceux qui ressentent la même chose que nous, l'écriture au contraire nous singularise.

Après ma lecture de Lire pour relier j'ai aussitôt poursuivi par la découverte du troisième essai de Régine Detambel publié l'année dernière : Écrire juste pour soi. Comme on le pressent à la lecture de Lire pour relier, Régine Detambel développe désormais sa réflexion sur la pratique de l'écriture pour soi (à différencier de l'écriture à visée de publication). Elle s'attache à identifier les impacts positifs de nos écritures mêmes les plus ordinaires. Ainsi, écrire, ne serait-ce que quelques lignes dans un journal intime, est un outil de compréhension de soi et du monde, permet d'exprimer son inconfort, son déplaisir, son angoisse, mais aussi de se centrer sur les bonheurs simples. Régine Detambel souligne également la dimension politique de l'écriture pour soi, notamment d'un point de vue féministe. Dans ce troisième essai, elle s'efforce donc de comprendre les usages et vertus de l'écriture personnelle, intégrant au fil du texte des témoignages et bribes d'entretiens menés avec celles et ceux qu'elle accompagne dans leurs pratiques d'écriture.

 

La bibliothérapeute nous parle notamment de l'écriture comme une trace de la voix et du papier comme une seconde peau. Le processus d'écriture est une relation à soi qui permet la symbolisation c'est-à-dire la construction de représentations personnelles de nos expériences. Elle souligne le bénéfice de "ressasser" par écrit car on élabore malgré tout du mouvement. L'écriture, comme la lecture, ont des pouvoirs de régulation émotionnelle et d'encapacitation et des effets exutoires, structurants et transformateurs. Lire et écrire permet de rester créatif et peut même être comparé à de la méditation de pleine conscience. L'écriture, de préférence à la main et non sur ordinateur, que ce soit sous forme de carnets de colères, de collecte, de vivacité, de gratitude, de journal intime, de journal de bord, de journal de rêves, de journaling, d'autopathographie, de recopiage de citations, de poésies, d'exercices d'écriture intuitive ou automatique, permet parfois de dire l'inexprimable.

 

Régine Detambel aborde aussi en fin d'ouvrage les enjeux de l'écriture personnelle à l'heure de l'émergence de l'intelligence artificielle. Elle annonce d'ailleurs s'intéresser particulièrement à ce sujet et travailler à une prochaine publication sur les interactions entre écriture personnelle et robots conversationnels. Pour en savoir plus, je vous recommande d'écouter ou de visionner l'entretien Les bienfaits psychiques et émotionnels des mots avec Régine Detambel du podcast Métamorphose.

Car choisir - ne serait-ce que des mots - est aussi se réinventer. C'est changer en créativité ce qui était fatalité. Là se joue la métamorphose.

Publié le 31 Mars 2026

Lire pour relier : la bibliothérapie à pleine voix

.☆´٭.❀•. Parce qu’il n’aura jamais été aussi essentiel de prendre soin de moi, j’essaye : je ralentis, j’apaise, je savoure, je m’approche du beau, je lis, je peins, je consigne, je recopie, je colle… Et puis j'entrevois une porte dans laquelle j'avais déjà glissé un pied mais que je décide d'ouvrir un peu plus grande... ⋆˚.♡࿔*:・⋆Mes lectures du printemps seront de cet ordre-là : de la réassurance, de la force motrice, de la réinvention, de la métamorphose. Car "𝓁𝒶 𝓅𝒶𝑔𝑒 𝓈𝒶𝒾𝓉 𝓈𝑒 𝒻𝒶𝒾𝓇𝑒 𝓅𝒶𝓃𝓈𝑒𝓂𝑒𝓃𝓉".

 

Crise existentielle, épuisement professionnel, accident de la vie, pandémie... La vie ne manque pas d'épreuves à traverser. La lecture peut se révéler un refuge pour nos souffrances et certaines étapes charnières. Afin de faire face aux défis de l'existence, à tous les âges de la vie, il est bon de se ressourcer en se reconnectant à sa créativité. Comment les livres peuvent-ils apporter un nouvel élan ? Peuvent-ils nous aider ? C'est ce sur quoi revient Régine Detambel dans ce deuxième essai publié sur la bibliothérapie. Ecrivain, soignante et formatrice en bibliothérapie, c'est elle qui a introduit en France il y a dix ans le concept de bibliothérapie. Elle rappelle et enrichit ici son propos. Lire ou écouter lire provoque de multiple effets bénéfiques : l'amélioration de la mémoire et de la réflexion, la régulation de l'humeur, le développement de l'empathie, la diminution des douleurs et des effets secondaires de certains traitements médicaux, la modélisation de notre psychisme pour retrouver de l'élan vital... Elle revient sur la différence entre la prescription de livres de développement personnel et la véritable bibliothérapie créative. Elle développe les notions de catharsis, d'expérience narrative, de poésie-thérapie. Elle évoque l'importance de l'engagement corporel que sous-tend l'acte de lire, l'expérience sensorielle du toucher du papier, l'importance aussi d'aller vers l'écriture en annotant ses livres, en recopiant des citations.

 

Dans un second temps, elle rend compte dans ce livre de l'expérience du groupe Lire & Relier, créé en plein confinement pour accompagner et rassurer les patients âgés mais aussi les adolescents anxieux ou les personnes isolées ayant besoin de se nourrir de mots. Insistant sur les effets thérapeutiques de la voix, elle démontre combien cette pratique de la médiation par la lecture à voix haute est affaire de solidarité, de transmission et de soin.

 

Régine Detambel s'appuie sur des travaux et références scientifiques tout en offrant un certain nombre d'expérimentations concrètes : des retours d'expériences mais aussi des propositions d'exercices pratiques (ce qui manquait effectivement dans son premier livre). Elle revient donc sur les pouvoirs bienfaiteurs des lectures (lues ou entendues) et sur l'importance à la fois de la présence vocale et de la créativité pour réveiller la capacité narrative et enclencher la réinvention de soi.

 

Car on ne lit pas les livres, on les vit.
Mieux, on se lit soi-même dans les livres.

Publié le 20 Mars 2025

Faudrait peut-être recadrer

C'est avec plaisir que j'ai retrouvé à la lecture de ce livre l'humour un poil militant des deux sœurs ne se cachant plus sous le pseudonyme de L'indéprimeuse. Comme dans le premier opus T'as pas l'impression de prendre toute la couverture ? la forme est ici aussi importante que le fond. Le message féministe est toutefois plus présent et combatif, comme le suggérait le sous-titre : Petites pensées féministes dans un monde plutôt genré. Peut-être un peu au détriment des clins d'œil littéraires. Les autrices s'amusent toujours de la typographie et nous offrent une sorte de poésie de l'absurde composée d'aphorismes, de fausses couvertures de livres, de variations typographiques, de "petites phrases (peut-être) prononcées par l'histoire du féminisme"... C'est un recueil plein d'ironie et d'autodérision à découvrir et à offrir aux amoureux des mots comme aux féministes.

Il se pourrait que la véritable leçon du féminisme soit de comprendre que l'affirmation "ils se marièrent et eurent beaucoup d'enfants" avait pour but de nous convaincre, pas de nous faire rêver.

Quand on met des années à se fabriquer une zone de confort, c'est pas pour que le premier abruti nous dise d'en sortir.

L'anaphore est une figure de style.
L'anaphore est utilisée pour créer de l'impact.
L'anaphore est la répétition d'un même mot ou groupe de mots en début de phrases ou de vers.
L'anaphore crée l'emphase.
L'anaphore apparaît dans les discours politique quand l'heure est grave.
L'anaphore est un petit peu reloue au bout d'un moment.

Faudrait peut-être recadrer
Faudrait peut-être recadrer
Faudrait peut-être recadrer
Faudrait peut-être recadrer

Publié le 4 Mars 2025

Il sait que ce n'est pas vrai, mais il sait aussi que c'est drôle. Et c'est une des vertus des livres que d'alimenter cette propension naturelle des enfants à décoller de la réalité et à la colorer de morceaux d'imagination.

Jeanne Ashbé

Un bébé à qui on ne lit pas des histoires ne peut pas construire sa voix, car pour avoir de la voix, il faut avoir entendu quelqu'un parler. Pour parler une langue, il faut l'avoir entendue.

Evelio Cabrejo-Parra

Les bébés sont naturellement attirés par des images complexes et préfèrent explorer une illustration inédite plutôt qu'une mage familière.

Chloé Séguret

Les enfants sont des ralentisseurs humanisants, le livre aussi.

Sylviane Giampino

La psychanalyste Suzanne Maiello [ose] affirmer que, pendant sa vie intra-utérine, le bébé [...] ressentirait une forme d'altérité. On peut aller jusqu'à dire qu'il y aurait une préconception du sentiment "qu'un autre" que lui existe [...] représenté par une multitude de mouvements sensoriels. C'st comme s'il se disait "Je ne suis as tout seul pace que cela bouge de partout : cela bouge sonore, cela bouge gustatif, cela bouge tactile, cela boue vibration, quel incroyable monde se prépare !"

Sophie Marinopoulos

Prendre le temps de s'installer avec une enfant pour lui "lire" une histoire, c'est lui signifier toute notre intention de lui offrir de l'attention. L'attention est une matrice qui permet aux comportements cognitifs, affectifs et sociaux de se construire.

Sophie Marinopoulos