Que reviennent ceux qui sont loin
Publié le 30 Août 2026
La rentrée littéraire réserve parfois de belles surprises. Attirée par la promesse du nouveau roman de Pierre Adrian, « Le pays des étés », j’ai choisi de commencer par le volume précédent : « Que reviennent ceux qui sont loin ».
Le récit s’ouvre sur un retour. Un trentenaire célibataire retrouve la maison de vacances familiale en Bretagne après des années d’absence. Entre les après-midi à la plage et les fêtes sur le port, ce mois d’août suspendu bascule de la lumière estivale à une confrontation brutale avec la fragilité de l’existence. Sans vouloir dévoiler le point de rupture de cette histoire, je peux dire que je referme ce livre les larmes aux yeux, bouleversée par la puissance réparatrice des mots face au drame.
J’ai été profondément touchée par ce décor finistérien et l’écriture classique et ciselée. L’auteur y explore avec pudeur la bascule vers l’âge adulte, la mémoire des lieux, la fragilité du bonheur… et les étés inoubliables qui continuent de nourrir le reste de la vie.
Si le nouveau roman de Pierre Adrian, « Le pays des étés », vous fait de l’œil parmi les nouveautés automnales, je ne peux que vous conseiller de suivre mes pas. Plongez d’abord dans « Que reviennent ceux qui sont loin » : il en vaut largement le détour.
Il y avait le temps qui passait et la certitude désormais que rien n’était éternel.
Sous la mansarde où j’entendais le vent siffler les nuits de gros temps, il y avait notre mémoire. Ici, combien d’enfants avaient dormi qui étaient devenus grands ?
L’unique table du salon était à leur taille [aux enfants]. Elle trônait au milieu de la pièce. Nous y avions tous joué aux cartes dans nos robes de chambre. […] Ce salon miniature était un symbole. Il indiquait que les enfants régnaient sur la grande maison.
Mais en Bretagne, dans cette terre que j’avais laissé vivre sans moi, qui n’avait pas changé, où de vieux parents se faisaient enterrer, un sentiment beau et douloureux d’appartenance émergeait désormais. Si notre pays est celui où l’on a les plus grands souvenirs, alors j’étais d’ici. Alors j’étais de cette terre entre dunes, champs et bruyères, de cette presqu’île lovée entre deux bras de mer.
Si l’on se fiait aux cartes postales rangées dans les tourniquets du Leclerc, on aurait cru qu’il ne pleuvait pas dans le Finistère.
Il fallait un paysage plus grand que nous, immuable et sur lequel les pensées inévitablement s’arrêtent.
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