Publié le 31 Mars 2026

Lire pour relier : la bibliothérapie à pleine voix

.☆´٭.❀•. Parce qu’il n’aura jamais été aussi essentiel de prendre soin de moi, j’essaye : je ralentis, j’apaise, je savoure, je m’approche du beau, je lis, je peins, je consigne, je recopie, je colle… Et puis j'entrevois une porte dans laquelle j'avais déjà glissé un pied mais que je décide d'ouvrir un peu plus grande... ⋆˚.♡࿔*:・⋆Mes lectures du printemps seront de cet ordre-là : de la réassurance, de la force motrice, de la réinvention, de la métamorphose. Car "𝓁𝒶 𝓅𝒶𝑔𝑒 𝓈𝒶𝒾𝓉 𝓈𝑒 𝒻𝒶𝒾𝓇𝑒 𝓅𝒶𝓃𝓈𝑒𝓂𝑒𝓃𝓉".

 

Crise existentielle, épuisement professionnel, accident de la vie, pandémie... La vie ne manque pas d'épreuves à traverser. La lecture peut se révéler un refuge pour nos souffrances et certaines étapes charnières. Afin de faire face aux défis de l'existence, à tous les âges de la vie, il est bon de se ressourcer en se reconnectant à sa créativité. Comment les livres peuvent-ils apporter un nouvel élan ? Peuvent-ils nous aider ? C'est ce sur quoi revient Régine Detambel dans ce deuxième essai publié sur la bibliothérapie. Ecrivain, soignante et formatrice en bibliothérapie, c'est elle qui a introduit en France il y a dix ans le concept de bibliothérapie. Elle rappelle et enrichit ici son propos. Lire ou écouter lire provoque de multiple effets bénéfiques : l'amélioration de la mémoire et de la réflexion, la régulation de l'humeur, le développement de l'empathie, la diminution des douleurs et des effets secondaires de certains traitements médicaux, la modélisation de notre psychisme pour retrouver de l'élan vital... Elle revient sur la différence entre la prescription de livres de développement personnel et la véritable bibliothérapie créative. Elle développe les notions de catharsis, d'expérience narrative, de poésie-thérapie. Elle évoque l'importance de l'engagement corporel que sous-tend l'acte de lire, l'expérience sensorielle du toucher du papier, l'importance aussi d'aller vers l'écriture en annotant ses livres, en recopiant des citations.

 

Dans un second temps, elle rend compte dans ce livre de l'expérience du groupe Lire & Relier, créé en plein confinement pour accompagner et rassurer les patients âgés mais aussi les adolescents anxieux ou les personnes isolées ayant besoin de se nourrir de mots. Insistant sur les effets thérapeutiques de la voix, elle démontre combien cette pratique de la médiation par la lecture à voix haute est affaire de solidarité, de transmission et de soin.

 

Régine Detambel s'appuie sur des travaux et références scientifiques tout en offrant un certain nombre d'expérimentations concrètes : des retours d'expériences mais aussi des propositions d'exercices pratiques (ce qui manquait effectivement dans son premier livre). Elle revient donc sur les pouvoirs bienfaiteurs des lectures (lues ou entendues) et sur l'importance à la fois de la présence vocale et de la créativité pour réveiller la capacité narrative et enclencher la réinvention de soi.

 

Car on ne lit pas les livres, on les vit.
Mieux, on se lit soi-même dans les livres.

Publié le 26 Mars 2026

Les lendemains

Amande voit sa vie basculer du jour au lendemain. Elle perd son compagnon et son bébé à naître en l'espace de quelques heures. Elle rassemble quelques affaires et loue une petite maison dans un coin de campagne reculé pour vivre son chagrin. Dehors le soleil brille mais elle n'a plus le goût de rien. Lorsqu'elle tombe par hasard sur les calendriers de l'ancienne propriétaire, Mme Hugues, elle décide pourtant, petit à petit, en suivant les annotions manuscrites, de redonner vie au vieux jardin abandonné. Au fil des mois, elle va puiser dans ce contact avec la terre, la lumière, la force de s'ouvrir aux rencontres et aux promesses d'avenir. C'est un récit bouleversant, subtil et plein d'émotions, qui fait du bien. Mélissa Da Costa, dont j'avais déjà lu et apprécié Tout le bleu du ciel, m'a une nouvelle fois conquise par une lecture qu'on pourrait qualifier de feel good tout en étant de bonne qualité littéraire. Il y est question de lendemains. De ceux qui déchantent, qui blessent profondément, qu'on ne peut affronter. Mélissa Da Costa nous chuchote pourtant qu'un battement d'aile de papillon, malgré le silence assourdissant des êtres qui nous manquent, peut permettre d'enclencher la reconquête de soi. Pas à pas, grâce à des gens (sa belle-famille, la fille de l'ancienne propriétaire, les jeunes de la MJC), des animaux (un chat gris notamment), des végétaux, reviennent des plaisirs : le goût de jardiner, de cuisiner, de fabriquer et allumer des bougies, etc. Mélissa Da Costa souligne avec empathie et justesse le nécessaire besoin de temps qu'implique une épreuve de vie telle que le deuil. Y sont d'ailleurs évoqués les émouvants cheminements, forcément différents, de la maman et du papa de Benjamin. On souffre avec eux. On suffoque. Et puis, tel un bourgeon réchauffé par les rayons du soleil, on reprend son souffle. On laisse entrer ce qui vient. On célèbre. On partage. On laisse partir... et on chemine vers demain.

 

J'ai laissé entrer un papillon. C'était une erreur. Je voulais simplement laisser entrer un rayon de soleil. Un seul. J'ai entrouvert les volets qui ont grincé d'un air lugubre et le papillon s'est glissé dans ma salle à vivre, sans crier gare. Un papillon, c’est beaucoup trop de vie d’un coup. Des mouvements, de la couleur, une présence… J’étais prête à accueillir un rayon, un seul rayon de l’astre maudit, mais un papillon, non…

La mélancolie c’est le bonheur d’être triste.

Je prendrai la bière que Julie me tendra, je la laisserai m'enivrai en douceur, et puis je ferai danser Richard sur la piste que les gens auront improvisée. Nous danserons tous les deux avec nos pieds maladroits et nos cœurs douloureux, mais nous ne serons pas seuls. Nous serons tous les deux avec notre amour pour toi, un amour à en crever, encore et encore, pour faire honneur à la lumière que tu as laissée derrière toi.

Rédigé par Nota Bene

Publié dans #Je lis

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Publié le 23 Mars 2026

Celles dont je n'ai pas parlé

DJ Bambi d'Auour Ava Olafsdottir : un roman islandais de la rentrée littéraire 2025 qui m'a semblé prometteur mais qui abordait des problématiques de santé mentale auxquelles je n'étais pas en mesure de me confronter. Déjà lu de la même autrice : La vérité sur la lumière.

 

Neverland de Timothée de Fombelle : une relecture appréciée suite à mon coup de coeur pour la dernière parution de l'auteur intitulée La vie entière.

 

Les belles promesses de Pierre Lemaitre : un début de lecture sympathique mais sans que j'accroche vraiment.

 

Le journal de Samuel d'Émilie Tronche : un roman graphique adapté de la série animée diffusée en 2024 sur Arte que mon fils de 10 ans et moi avons ADORÉ. La suite est d'ailleurs sur le point de voir le jour. Samuel, écolier de 10 ans, à l'aube de son entrée au collège, se confie dans son journal intime. Il parle d'amour, d'une fable de Jean de La Fontaine, de la collection de papiers à lettres Diddl, de vacances à la mer, de jalousie, de deuil, de goûts musicaux. C'est drôle et mélancolique, en noir et blanc. On y respire un peu l'air des années 1990 mais ça reste très actuel (il n’y a qu’à remplacer la souris Diddl par des crayons Legami)... probablement parce qu'on y parle de l'éternelle camaraderie de l'enfance et des prémices de l'adolescence.

 

♡ Et la joie de vivre de Gisèle Pelicot et Judith Perrignon : une lecture incontournable de ce début d'année 2026. Parfois surprenante. Douloureuse. Nécessaire. Celle qui est devenue un symbole mondial de dignité nous raconte son histoire. Ce n'est en aucun cas une leçon. C'est le témoignage d'une femme qui raconte son propre chemin. C'est un livre puissant, qui éclaire. D'un optimisme fou qui surmonte l'horreur et l'abjection. Gisèle Pelicot (née Guillou) se réapproprie son histoire, pour elle-même et pour toutes les femmes.

 

Celles dont je n'ai pas parlé
Celles dont je n'ai pas parlé