Publié le 31 Mai 2026

Kilomètre zéro : Le chemin du bonheur

Voici une bande dessinée adaptée du roman du même nom signé Maud Ankaoua. Elle met en scène Maëlle, célibataire et brillante directrice financière d'une start-up, qui ne vit que pour son travail. Quand sa meilleure amie atteinte d'un cancer lui demande un service qu'elle ne peut refuser, son quotidien bascule. Elle est contrainte de partir pour le Népal, en quête d'une mystérieuse méthode de guérison. L'ascension des Annapurnas sera le début d'un voyage initiatique qui s'avérera riche d'enseignements et de rencontres marquantes.

 

Bon, clairement, moi qui ne suis pas adepte des livres de développement personnel, des romans dits feel-good pas toujours bien écrits et des romances, je ne vais pas saluer le dénouement à la fois peu crédible et fleur bleue de l'intrigue. On se croirait dans un téléfilm de Noël : la situation initiale sonne faux, les personnages sont assez stéréotypés (Maëlle la jeune femme trahie, Shanti le sage sherpa, Matteo le gendre idéal...) et on comprend rapidement où l'autrice veut en venir. C'est un essai de développement personnel au ton un brin moralisateur déguisé en fiction.

 

Pour autant, abstraction faite de ce prétexte narratif, j'ai apprécié découvrir les réflexions pleines de lumière proposées par l'autrice, comme autant de pistes à explorer pour accéder à un mieux-être. Est évoquée l'importance : d'écouter son coeur (instinct calme et raisonné) plutôt que ses peurs (irrationnelles), de remplir le bol de sa vie de cailloux (valeurs), de gravier (priorités secondaires) et de sable (bonheurs futiles) de manière équilibrée (il faut lire pour mieux comprendre la référence évidemment), d'avoir conscience de ses croyances réflexes et des prophéties autoréalisatrices, de connaître et d'expérimenter les bienfaits de la méditation ou de la pleine conscience, de s'ouvrir au pardon, à la confiance et à l'amour...

 

Les illustrations aux couleurs vives et aux traits ronds de Mathilde Ducrest font la part belle aux macro et micro paysages. Il y a certaines bonnes idées de cadrage ou d'interprétation... mais c'est assez redondant et inégal. J'ai aussi trouvé les personnages trop lisses. Dommage.

 

Cela reste une jolie invitation à réfléchir, ressentir et se recentrer.

 

Je reporte ici pour en garder trace les grandes "leçons" évoquées dans la BD :

 

- Méthode pour changer d'état d'esprit et soutenir un mieux-être :

  • La première étape consiste à prendre conscience que nous avons le choix à chaque seconde de regarder le monde depuis le palier de l'Amour ou celui de la Peur.
  • La deuxième est d'élever sa "fréquence vibratoire" en se nourrissant de pensées positives.
  • La troisième consiste à reconnaître ses propres mécanismes. Les comprendre pour mieux les déconstruire.
  • La quatrième étape consiste à atteindre un état de lâcher-prise et de confiance totale.

 

- Trois clés pour mieux gérer ses relations avec les autres :

  • Savoir que l'inconnu, la nouveauté ou le changement ne sont pas synonymes de danger.
  • Attendre de connaître la vérité plutôt que d'interpréter.
  • Prendre conscience que poser une critique ou un jugement sur ce qui nous gêne ou nous frustre est une perte de temps.

 

Publié le 29 Mai 2026

L’école de la vie

𝑴𝒆𝒓𝒄𝒊 𝒂𝒖𝒙 𝒆́𝒅𝒊𝒕𝒊𝒐𝒏𝒔 𝑨𝒍𝒃𝒊𝒏 𝑴𝒊𝒄𝒉𝒆𝒍 𝒆𝒕 𝒂̀ 𝑴𝒂𝒓𝒊𝒐𝒏 𝑭𝒓𝒊𝒕𝒔𝒄𝒉 𝒑𝒐𝒖𝒓 𝒄𝒆 𝒑𝒂𝒓𝒕𝒂𝒈𝒆

 

 

Marion Fritsch était élève en Terminale STMG dans un lycée de banlieue parisienne. La filière - encore aujourd'hui - qui regroupe majoritairement des élèves aux vies un peu bancales et aux ambitions fragiles. Mais sous la plume de Marion, chacun se met à briller de malice et de beauté. La mise en page créative ponctuée de calligrammes sert un roman poétique et lumineux. Il s'en dégage de la sincérité, de la tendresse et de l'énergie. Comme un trombinoscope déployé devant les yeux du lecteur, les vers libres tout en simplicité de Marion nous parle de ses anciens camarades : Samy le "touriste" au sac vide, Adama et son regard de diva, Amalia et son ventre qui gonfle mystérieusement, Fanny et ses faux cils, ou encore Rachid, Pia et Thomas... Comme la prof de français, en les observant, on oscille entre sidération et rire. J'ai d'ailleurs particulièrement aimé le passage intitulé "Ils disent" qui énumère des paroles d'enseignants et sonne si juste. On passe de considérations sur l'Aïd ou le drapeau algérien à une sortie scolaire à la Comédie-Française. On évoque Beyoncé et Victor Hugo. Les histoires de coeurs et les résultats du bac. Marion, en racontant cette année charnière de fin de lycée, mêle sa voix d'adolescente à celle de la femme accomplit qu'elle est devenue pour nous parler des jeunes de sa banlieue, lestés de difficultés personnelles mais aussi de grand rêves.

Ils disent à apprendre par coeur pour la prochaine fois
Un jour vous comprendrez
Un peu de silence
Allez ! Plus que deux semaines avant les vacances
Ils disent qu'il faudrait le faire redoubler lui
Et la féliciter elle
Qu'on ne peut rien faire pour lui
Qu'il faudrait vraiment faire quelque chose pour elle
Ils disent je n'ai jamais vu un gamin comme ça
C'est bon j'ai donné
Viens me voir à la fin du cours
T'es sûr que tout va bien en ce moment ?
Ils disent comme ils peuvent
Et ils peuvent parfois tellement
parfois si peu
(...)
Ils disent et parfois on ne fait plus qu'un
Quand ils disent.

L’école de la vie
L’école de la vie

Se dire au revoir
C'est parfois juste passer un moment à s'aimer.
Ce n'est rien d'autre que cela la vie.

Publié le 18 Mai 2026

Petite philosophie de la mer

S'assoir et contempler l'océan. Respirer les embruns. Prendre la mer. Ou décider de nager dans le grand bleu. Dénouer les tensions. S'interroger sur les îles, les phares, les pirates, les amarres et le sel de la vie. Trouver en soi la force de nouveaux élans. Être à la hauteur de ce qui nous arrive. C'est ce à quoi nous ouvre l'océan : la contemplation de l'immensité et l'expérience douloureuse et grandiose de la vie. Pour vivre en dépit de - et avec - nos chagrins.

 

Ce recueil de textes philosophiques signés Laurence Devillairs est paru en 2022 chez les éditions De La Martinière. Il propose une vingtaine de réflexions courtes et simples qui apaisent, font prendre un peu de hauteur et nous aident à nous recentrer sur l'essentiel. L'évocation des flux et reflux des marées nous calme. Les anecdotes maritimes nous fascinent. Pourquoi l'océan est-il bleu ? Qui a pour la première fois parlé du kraken ? Qu'est-ce qu'une ancre de miséricorde ? Qu'elle est la véritable histoire de Robinson Crusoé ? Qui a inventé la première station balnéaire ? N'a-t-on pas matière à apprendre en observant la lumière immuable des phares, le courage des marins du Vendée Globe ou la nage ininterrompue des requins ? L'océan nous émerveille et nous livre ses leçons de sagesse. Ainsi, cet essai profondément réconfortant, lumineux et inspirant, nous aide à voguer vers l'apaisement.

 

Certaines nuits de nos vies peuvent de la même façon venir assombrir nos espérances, presque les éteindre. Mais, quelque part, un feu guette, un phare lance ses appels. Et dessine pour nous une voie possible. Il nous revient de préserver l'espérance, de nous assurer de la constance de nos phares. Qu'on en fasse très sérieusement l'inventaire, qu'on note bien sur nos routes ces points fixes - personnes, plaisirs ou lieux-dits - qui n'ont jamais failli ni trahi.

Petite philosophie de la mer

Rédigé par Nota Bene

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Publié le 5 Mai 2026

Le grand voyage de Mo : aventures tropicales

Merci aux éditions Hélium pour le partage de ce livre

 

qui sort en librairie ce mercredi

 

 

Par une chaleur étouffante, Mo, un chaton noir et blanc à la bouille adorable, s'ennuie. Soudain, un perroquet vient porter un message de Grand Papicha. Fin bricoleur, ce dernier aime récupérer et réparer de vieux ventilateurs. Mais pour son dernier chantier en cours, il lui manque des vis étoilées ! Sans hésiter, Mo se porte volontaire pour lui en apporter sur son île tropicale. Il s'engage dans la forêt, chaque pas ajoutant à sa bonne humeur. Mais très vite, Mo se retrouve perdu : comment s'orienter dans cette forêt luxuriante ? Heureusement, son voyage sera jalonné d'embûches mais aussi de belles rencontres. L'ours noir, le singe Capucin, Mamie Tortue et bien d'autres animaux vont tout à tour lui venir en aide.

 

Le récit est captivant et séduit même les grands de 10 ans ! Le texte danse sur la page au grès des dessins. Les illustrations sont nombreuses, fines, détaillées et légèrement colorées dans une palette d'encres bleues. Son petit format relié en fait un objet délicat et intemporel, à mi-chemin entre l'album et le roman. Une belle découverte coréenne qui ne demande qu'à être complétée par le premier opus de Yeonju Choi paru en 2024 : L'étoile de Mo.

 

 

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Le grand voyage de Mo : aventures tropicales
Le grand voyage de Mo : aventures tropicales
Le grand voyage de Mo : aventures tropicales
Le grand voyage de Mo : aventures tropicales

Rédigé par Nota Bene

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