Publié le 31 Août 2025
C'était une sortie phare du pintemps : le livre de l'acteur ayant le vent en poupe, Raphaël Quenard. J'ai notamment adoré le voir dans le film Yannick et, comme beaucoup, je craque pour sa gouaille inimitable. J'étais donc curieuse de le découvrir à l'écrit. Pour ce qui est du phrasé, pas déçue : lire ce roman, c'est entendre son auteur le prononcer. On retrouve son style un peu fanfaron, oscillant entre langage fleuri et envolées presque philosophiques. Le rythme est maîtrisé, les dialogues sont percutants. En revanche, c'est parfois inutilement grossier. L'idée de départ : être dans les pensées d'un tueur en série qui cherche à se venger de la société en assassinant différentes femmes de la classe dominante. A Tataouine, un jeune homme loge chez une expatriée française âgée avec qui il semble se lier d'amitié. Le temps passant, il décide de lui faire lire son manuscrit, un récit qu'il présente comme fictif mais qui est en réalité autobiographique. L'histoire développe ensuite le quotidien d'un psychopathe beau-parleur à la fois détestable et intriguant. Le tout forme un thriller à l'humour noir et cinglant. Malheureusement, la fin se rêve plot twist décoiffant mais m'a fait l'effet d'un flop déconcertant. Raphaël Quenard ne s'encombre pas de vraisemblance. Par ailleurs, je n'ai pas compris les motivations profondes du personnage. Je ressors donc de cette lecture avec un avis en demi-teinte. Mais si vous aimez la volubilité de l'acteur, alors n'hésitez pas à passer un moment en sa compagnie à travers cette lecture.
Toute ma vie, je n'ai cessé d'inventer des statistiques bidons pour clouer le bec des interlocuteurs. Un bon chiffre, ça fait toujours l'affaire. Chaque fois que je me retrouve en difficulté dans un échange, pouf, la petite stat qui va bien. L'appui mathématiques, rien de tel. Les nombres exercent une force redoutable sur l'esprit humain. Romantiques que nous sommes tous par essence, les lettres font partie de nous. Avec les lettres, on se caresse, on s'évade, on s'attendrit, on s'insulte, on se rabiboche, on s'explique des choses... Les chiffres, eux, ne produisent qu'un seul effet. Ils ferment des bouches. L'effet couperet.
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