Les lendemains

Publié le 26 Mars 2026

Les lendemains

Amande voit sa vie basculer du jour au lendemain. Elle perd son compagnon et son bébé à naître en l'espace de quelques heures. Elle rassemble quelques affaires et loue une petite maison dans un coin de campagne reculé pour vivre son chagrin. Dehors le soleil brille mais elle n'a plus le goût de rien. Lorsqu'elle tombe par hasard sur les calendriers de l'ancienne propriétaire, Mme Hugues, elle décide pourtant, petit à petit, en suivant les annotions manuscrites, de redonner vie au vieux jardin abandonné. Au fil des mois, elle va puiser dans ce contact avec la terre, la lumière, la force de s'ouvrir aux rencontres et aux promesses d'avenir. C'est un récit bouleversant, subtil et plein d'émotions, qui fait du bien. Mélissa Da Costa, dont j'avais déjà lu et apprécié Tout le bleu du ciel, m'a une nouvelle fois conquise par une lecture qu'on pourrait qualifier de feel good tout en étant de bonne qualité littéraire. Il y est question de lendemains. De ceux qui déchantent, qui blessent profondément, qu'on ne peut affronter. Mélissa Da Costa nous chuchote pourtant qu'un battement d'aile de papillon, malgré le silence assourdissant des êtres qui nous manquent, peut permettre d'enclencher la reconquête de soi. Pas à pas, grâce à des gens (sa belle-famille, la fille de l'ancienne propriétaire, les jeunes de la MJC), des animaux (un chat gris notamment), des végétaux, reviennent des plaisirs : le goût de jardiner, de cuisiner, de fabriquer et allumer des bougies, etc. Mélissa Da Costa souligne avec empathie et justesse le nécessaire besoin de temps qu'implique une épreuve de vie telle que le deuil. Y sont d'ailleurs évoqués les émouvants cheminements, forcément différents, de la maman et du papa de Benjamin. On souffre avec eux. On suffoque. Et puis, tel un bourgeon réchauffé par les rayons du soleil, on reprend son souffle. On laisse entrer ce qui vient. On célèbre. On partage. On laisse partir... et on chemine vers demain.

 

J'ai laissé entrer un papillon. C'était une erreur. Je voulais simplement laisser entrer un rayon de soleil. Un seul. J'ai entrouvert les volets qui ont grincé d'un air lugubre et le papillon s'est glissé dans ma salle à vivre, sans crier gare. Un papillon, c’est beaucoup trop de vie d’un coup. Des mouvements, de la couleur, une présence… J’étais prête à accueillir un rayon, un seul rayon de l’astre maudit, mais un papillon, non…

La mélancolie c’est le bonheur d’être triste.

Je prendrai la bière que Julie me tendra, je la laisserai m'enivrai en douceur, et puis je ferai danser Richard sur la piste que les gens auront improvisée. Nous danserons tous les deux avec nos pieds maladroits et nos cœurs douloureux, mais nous ne serons pas seuls. Nous serons tous les deux avec notre amour pour toi, un amour à en crever, encore et encore, pour faire honneur à la lumière que tu as laissée derrière toi.

Rédigé par Nota Bene

Publié dans #Je lis

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