La prof-doc, ses lunettes et sa Dewey abrégée

Publié le 18 Avril 2009

Pour certains c'est une vieille fille acariâtre qui réclame le silence tous les quarts d'heure. Pour d'autres c'est un fonctionnaire payé à ranger des livres sur une étagère. Personne renfermée, cachée derrière ses lunettes d'un autre âge, plus appliquée à coller des étiquettes sur la tranche d'un livre qu'à en communiquer le contenu, telle est bien souvent l'image plaquée au métier de documentaliste/bibliothécaire.

Maintenant, imaginez dans le CDI d'un établissement
une jeune femme charmante qui affiche un large sourire, une main sur la souris d'un ordinateur et l'autre sur le dernier journal paru. Imaginez ce qui lui passe par la tête : un projet de club cinéma, un cours sur les moteurs de recherche et un autre sur le droit à l'image, la critique du dernier roman de Marie-Aude Murail, la réunion de préparation aux IDD/TPE, le journal des élèves de l'établissement à boucler avant la fin de la semaine... Imaginez que dans le flot d'informations qui nous parvient chaque jour, cette personne va se charger de la filtrer, l'analyser, la synthétiser pour vous.

Encore faudrait-il que les gens en soient conscients et apprécient cette fonction,
que ce soit par un
coup de foudre ou après une longue période de séduction.

Le CDI est un
lieu relativement atypique des établissements scolaires français. A la fois un espace de travail, où ont lieu des cours - mais pas pour autant une salle de classe comme les autres - et à la fois un espace où sont mises à disposition des ressources, qu’elles soient pédagogiques ou récréatives. Enfin, c’est un lieu qui privilégie l’autonomie des élèves et leur accès à la culture. Ces multiples vocations du CDI sont imbriquées aux tout aussi multiples missions du professeur-documentaliste. Ainsi, comme l’énonce Claudie Jouvenot  : « Être partagé entre gestion, pédagogie, ouverture culturelle : c’est à la fois la tension et la richesse de ce métier. Il semble important que ces trois missions subsistent sans qu’aucune ne l’emporte exclusivement ».

 




Voilà entre autres raisons pourquoi, OUI, ils existent des individus qui souhaitent obtenir leur CAPES de documentation (et oui il faut un CAPES) et s'épanouir dans leur profession... Une pensée à tous les candidats au concours - et particulièrement ceux de ma promo - qu'ils poursuivent ou non l'aventure.

Pour l'heure, voici les vacances belles et bien finies... En route pour la préparation aux épreuves orales !

 

JOUVENOT, CLAUDIE. Gestion, pédagogie, culture, quel équilibre ? Cahiers pédagogiques, novembre 2005.
http://www.cahiers-pedagogiques.com/article.php3?id_article=1944, cc en mars 2009.

 

 

Rédigé par Nota bene*

Publié dans #J'ai étudié

Partager cet article

Commenter cet article
C
Comme c'est bien dit !!! J'approuve ! Bon courage à toi (et à nous !) pour la suite !
Répondre
C
Quelle belle et réaliste description de ce métier que j'ai beaucoup de plaisir à exercer depuis plus de 15 ans maintenant. Bonne chance pour le concours et au plaisir de se recroiser sur le net.
Répondre
K
Et pourquoi pas, un jeune homme? <br /> Il y a aussi cet indémodable préjugé : bibliothécaire/documentaliste = femme! :-)<br /> On a un gros travail pour moderniser l'image de notre profession!!!
Répondre
N
<br /> Je vous rassure, j'avais pensé le préciser ! J'ai préféré éviter les lourdeurs de style. <br /> <br /> <br />