Les femmes qui lisent sont dangereuses #citations

Publié le 10 Décembre 2019

Les femmes qui lisent sont dangereuses #citations

Le livre peut devenir plus important que la vie. Le livre enseigne aux femmes que la vraie vie n'est pas celle qu'on leur fait vivre. La vraie vie est ailleurs : là, dans cet espace d'imaginaire entre les mots qu'elles lisent et l'effet qu'ils produisent. La lectrice fait littéralement corps avec les personnages de fiction et n'accepte plus de refermer le livre sans que rien ne change dans sa vie. Le livre devient initiation. Comment ne pas penser à Emma Bovary ? Comment ne pas se souvenir de cette phrase de Gustave Flaubert à mademoiselle de Chantepie en juin 1857 : "Lisez pour vivre".

De liseuses, elles sont devenues lectrices, elles sont aujourd'hui auteures. Elles en écrivent. Elles écrivent même quand elles lisent. Les femmes qui écrivent se revendiquent souvent comme des lectrices. Si elles écrivent, c'est pour continuer la chaîne, la chaîne du plaisir que leur a procuré la plaisir de lire. Les femmes qui lisent trouvent dans leurs textes ces sources secrètes du désir, elles en font des chambres d'amour toutes tapissées de bibliothèques qu'elles retrouvent dans leurs rêves les plus doux.

Le désir féminin de lire et d'écrire n'est pas près de s'éteindre. Pourquoi dit-on dans la langue des commerciaux du livre que les femmes demeurent des "prescriptrices" ? Les docteurs peuvent prescrire des pilules contre la mélancolie, les femmes, elles, savent, comme les sourcières, sorcières, trouver sous le corps du texte l'essence même de leur être.

Livre feuilleté, picoré, dont je ne ferai donc pas de critique complète ici.

Citations relevées des p. 16 à 19 ; propos de Laure Adler.

Rédigé par Nota Bene

Publié dans #Je lis

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