Publié le 13 Septembre 2014

Un magnifique album venu de Norvège :

 

Le Ciel d'Anna

 

 

La quatrième de couverture :

 

"Aujourd'hui, dit papa, quelqu'un fait tomber du ciel une averse de clous sur nos têtes. Ca n'aurait jamais dû se passer comme ça. Non, murmure Anna. Mais peut-être que demain ce sera une pluie de fraises et de miel...

 

 

Mon avis :

 

La maman d'Anna est morte, laissant seuls sa fille et son mari. Tous les deux vont devoir trouver un moyen de vivre sans celle qui leur manque indiciblement. Où est-elle ? Comment vivre sans elle ? Comment fait Dieu pour garder un oeil sur tout le monde ? Est-ce qu'il existe quelque chose de l'autre côté du miroir ? Anna se pose beaucoup de questions. Son papa a "l'estomac noué" et peine à lui apporter des réponses. C'est alors Anna elle-même qui trouvera une solution : "On va faire comme le chat qui tombe du neuvième étage, qui se retourne en plein vol et retombe sur ses pattes".

 

Pour combattre la douleur de la perte, Anna entraîne ainsi son père dans un monde inventé et nous fait traverser des paysages surréalistes, allant à la rencontre des "invisibles" dans les profondeurs des océans et du ciel habités par les souvenirs. Avec un texte magnifique (chapeau au traducteur !) et des illustrations oniriques foisonnantes, cet album est une fenêtre ouverte sur le travail de deuil et le soutien que peut se révéler être une fille pour son père. C'est un très beau travail de résilience, une échappée digne d'Alice au Pays des Merveilles évitant tout pathos.

 

 

 

 

Quelques extraits :

 

  • "Rêver se lit à l'endroit comme à l'envers, dit Anna. Pareil pour ressasser. Et Anna aussi, répond papa. Mais là, il faut que tu te dépêches, sinon on va arriver en retard."

 

  • "Aujourd'hui, dit papa, quelqu'un fait tomber du ciel une averse de clous sur nos têtes. Ca n'aurait jamais dû se passer comme ça. Non, murmure Anna. Mais peut-être que demain ça sera une pluie de fraises et de miel..."

 

 

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10/10 !

 

 

Hole, Stian.

Le ciel d'Anna

Ed. Albin Michel Jeunesse

2014/sans pagination

 

Publié le 12 Septembre 2014

Un album aussi bien pour les adultes que pour les enfants :

 

L'Oeuf

 

 

La présentation de l'éditeur :

 

“Ils s’occupaient tous les deux de l’oeuf.”

Anna Sommer et Noyau ont écrit et dessiné cette histoire à quatre mains, l’une par un délicat collage, l’autre par le biais des petits tableaux cachés dans l’image. Au premier plan, l’histoire d’un couple d’oiseaux qui n’arrivera pas à sauver l’oeuf brisé par la fatalité. En arrière-plan, une humanité écorchée en équilibre sur un arbre qui va devoir réapprendre à voler.

 

 

Mon avis :

 

Dès la première de couverture, le lecteur fait connaissane d'un couple d'oiseaux à l'air très amoureux. Un beau jour - ou plutôt une belle nuit - Robert et Colette "découvrent un oeuf sous la couette". Dès lors, ils sont fous de joie et s'occupent de l'oisillon encore enveloppé dans son oeuf. Par la suite, un accident se produit et la coquille se fendille. C'est la panique et Robert et Colette font de leur mieux pour protéger l'oiseau. Enfin, une nuit à nouveau, ils se réveillent et "regardent la coquille vide, encore tiède". Leur oisillon s'est-il envolé par la fenêtre ?

 

Deux illustrateurs suisses collaborent et produisent dans cet album une ambiance particulière : le lecteur flotte dans une douce et surannée étrangeté. L'une nous happe dans un univers anthropomorphique tout en imprimés et en collages. Certains jeux de transparence sont particulièrement réussis. L'autre nous propose des sortes de vignettes intégrées au décor mais qui détonnent de par leurs sujets humains et leur traitement sombre voire fantomatique. Ce récit mené en parallèle est d'ailleurs déroutant voire génant au départ puis nous permet d'enrichir notre interprétation de l'histoire.

 

Contrairement à ce qui est annoncé par l'éditeur, je ne fais pas une lecture dramatique de ce récit. Pour autant, il interpelle et peut appeler différentes interprétations. On peut considérer que la découverte de l'oeuf au début du récit marque la révélation d'un début de grossesse. La fin métaphorique du récit est alors malheureuse : le couple perd son enfant à naître et va devoir surmonter cette épreuve. Mais on peut considérer aussi que la découverte de l'oeuf correspond à la naissance de l'enfant. La thématique devient alors celle de la parentalité et du difficile équilibre à mettre en oeuvre pour permettre l'émancipation de sa progéniture : tout en protection et marge de liberté.

 

Pour plus d'informations encore, je vous conseille de lire l'article de Za qui permet de se faire une bonne idée de l'album, tant sur la forme que sur le fond. Dans l'ensemble je partage son avis et ne peut que vous conseiller la lecture de cet album étrange, tendre et richement élaboré. Il ne vous laissera sans doute pas indifférent et vous finirez même peut-être, à l'instar de Robert et Colette, "époustouflés".

 

 

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9/10

 

 

Sommer, Anna.

Noyau

L'Oeuf

Ed. Actes sud

Coll. BD

2014/sans pagination

 

Publié le 11 Septembre 2014

Un album coloré :

 

 

 

Présentation de l'éditeur :

 

Lotte n’est pas une fille comme les autres : dès qu’elle met un pied hors de la ferme de ses parents, en pleine savane africaine, elle file dans son repaire secret retrouver son ami le toucan, Igor l’oiseau de feu - grand danseur de son état. Elle n’a peur de rien, Lotte : ni d’Achille le lion ni d’Horace l’énorme éléphant. Avec eux, elle mène une existence de pirate entre réel et imaginaire, explorations magiques et collections de trésors trouvés dans la nature. Jusqu’au jour où la rivière, la vraie, déborde encore plus que son imagination…

- Un album coloré à la gloire de l’imaginaire échevelé des enfants
- Une belle amitié entre un toucan et une enfant sauvage de la jungle
- Une aventure à suspense, qui culmine dans une émotion magnifique

 

 

Mon avis :

 

Dans cet album, on découvre l'univers exotique et chatoyant de Lotte et de son meilleur ami Igor le toucan. Lotte vit dans "une ferme reculée de la savane" avec ses parents mais elle est le plus souvent en quête d'aventures dans la jungle, où elle y a une cabane près de la rivière. L'album s'emmêle en effet quelque peu dans les paysages : on se croirait tantôt au Costa Rica, tantôt en terres africaines. En tout cas, la végétation luxuriante des illustrations colorées nous fait goûter au plaisir de l'évasion et du voyage. Lotte est une petite fille pétillante, "sauvage" comme elle aime se qualifier, débrouillarde, énergique, imaginative... et on se prend à envier sa vie insouciante de Robinson.

 

Le jour où son père lui apprend qu'une autre famille va venir s'installer à côté de chez eux, Lotte entre dans une colère noire et décide d'aller définitivement habiter dans sa cabane avec Igor. C'est sans compter sur le déluge qui s'annonce et la rivière prête à déborder... Après nous avoir transporté dans un tourbillon de couleurs, la jolie fin innatendue nous fait fondre. C'est donc un bel album auquel j'apposerais un dernier qualificatif : lu-mi-neux.

 

 

 

 

Un extrait :

 

"Tous les jours, accompagnée d'Igor, j'explore, je pars à l'aventure. Je me faufile, je grimpe, je nage et parfois même, je prends des risques."

 

 

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8/10

 

 

Bonini, sandrine.

Spiry, Audrey.

Lotte, fille pirate

Ed. Sarbacane

2014/sans pagination

 

Publié le 10 Septembre 2014

Voici une séquence qui date de mars 2013. Elle a été élaborée dans le cadre de la Semaine de la presse en collaboration avec une professeur d'histoire-géographie.

 

Niveau de classe : 5e

Objectifs de la séquence : construire la notion de dépêche et prendre conscience de la logique journalistique appliquée à la presse écrite.

Notion abordée : dépêche.

Modalités d'organisation : en présence du professeur-documentaliste et du professeur d'histoire-géographie / au CDI.

Nombre de séances : deux séances de 55 min.

Evaluation : formative et sommative

 

 

Le déroulement de la première séance :

  • Installation / appel des élèves (5 min.)
  • Introduction de la séance : émergence des représentations par le biais d'une méthode dialoguée (Comment le journaliste obtient-il les informations lui permettant de rédiger son article ?) (5 min.)
  • Distribution et lecture commune du texte sur l'AFP tiré du livre Les dessous de la presse des éditions Gulf Stream (10 min.)
  • Distribution de la fiche (voir ci-dessous) et explication du travail demandé (5 min.)
  • Mise en activité par groupe de 3 ou 4 (30 min.)

Le déroulement de la deuxième séance :

  • Installation / appel des élèves (3 min.)
  • Mise en activité (30 min.)
  • Passages à l'oral (20 min.)
  • Bilan commun (2 min.)

Bilan :

Une séquence intéressante qui a bien fonctionné bien que le travail de rédaction des réponses ait été laborieux pour certains. Un travail en amont est à prévoir pour les professeurs pour récupérer les dépêches AFP correspondant aux articles de journaux (en l'occurence Ouest France et Le courrier de l'Ouest). Les élèves n'étaient pas évalués lors de l'oral mais ensuite par correction de leur travail écrit.

 

Overblog ayant changé de politique et ne permettant plus, en plus des publicités imposées, de proposer des fichiers en téléchargement gratuit, je vous dirige vers la fiche élève mise en ligne sur Calaméo pour cerner le contenu de la séquence :

 

 

Rédigé par Nota Bene

Publié dans #Je prof-doc

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Publié le 9 Septembre 2014

Couverture de Un miracle en équilibre

 

 

La quatrième de couverture :

 

Lettre ouverte d'Eva à sa fille qui vient de naître, Un miracle en équilibre est une longue adresse affectueuse et drôle, piquante et poétique, où une mère dit à son enfant le bonheur qu'elle a de l'avoir conçue, portée, mise au monde, et dans quel monde ! Elle dit aussi la complexité des choix, les désirs multiples et parfois contraires qui tiraillent le coeur de la femme moderne : être indépendante, attirante, active, aimante, exemplaire, l'une après l'autre ou toutes à la fois.

 

 

Mon avis :

 

Ecrit par l'espagnole Lucia Etxebarria que je découvre avec ce roman, Un miracle en équilibre est le journal d'une mère à sa fille dans les semaines qui suivent sa naissance : "Tu es âgée de onze jours. Et je me suis juré que j'allais m'asseoir devant l'ordinateur et n'en plus bouger pendant deux heures, jusqu'à ce que j'ai au moins écrit quelques pages", lui confit-elle. La narratrice, Eva, précise que ce qu'elle va écrire "ne sera qu'une cascade de notes désordonnées".

 

Et en effet, le style qui en découle est quelque peu déstabilisant : les phrases paraissent ne jamais devoir finir et essoufflent le lecteur. La narratrice déverse ainsi son flot de pensées. Elle revient sur son histoire familiale et son évolution personnelle, naviguant entre considérations générales sur la vie et anecdotes parfois amusantes et parfois graves. De son passé très alcoolisé, Eva ne cache rien à sa fille et aborde des tas de sujets : l'amour, le sexe, les pulsions, les frustrations, les hauts et les bas professionnels, l'addiction, la famille, la filiation, l'amitié, la mort... La mère d'Eva tombe en effet gravement malade et décèdera à l'hôpital sans avoir repris conscience. Eva est donc à un tournant de sa vie et ressent le besoin de construire un pont entre son passé (incarné par sa mère mourrante) et son avenir (sa fille qui vient de naître). De son infériorité en tant que fille et soeur de à son nouveau rôle de mère, en passant par une adolescence rebelle et une jeunesse errante et narcotique, Eva touche à de multiples facettes de la femme moderne. On note d'ailleurs - malheureusement peut-être - que les rôles masculins n'ont pas la part belle.

 

Au travers ce puzzle d'une vie, l'auteur évoque en réalité le thème de la féminité : de l'affirmation de soi, de la maternité, de la transmission... C'est ce qui m'avait dirigée vers cette lecture et - sans pour autant m'identifier totalement à la narratrice - c'est en effet ce qui m'a séduite. De manière drôle ou pathétique, parfois exubérante, le récit (divisé en trois parties : L'effet Bambi, Cette vallée de larmes et Les seules familles heureuses) offre à son lecteur des réflexions intéressantes sur le sens à donner à sa vie.

 

 

Quelques extraits :

 

  • "Tu as passé toute la matinée à pleurer, et quand il s'est avéré que ce n'était ni parce que tu voulais manger (tu m'as recraché le lait à la figure avec indignation), ni parce que tu avais besoin de ta tétine (que tu as recrachée aussi), ni parce que tu avais sali ta couche, j'ai compris que la seule chose que tu voulais, ma petite emmerdeuse gâtée pourrie, c'était que je te prenne dans les bras, si bien que je suis en train d'écrire en te tenant dans mes bras, position extrêmement inconfortable pour moi mais qui semble t'enchanter, car maintenant tu es sage comme une image, tu regardes alternativement ta mère et le clavier, avec la plus grande attention, comme si tu envisageais sérieusement la possibilité de suivre, quand tu seras grande, les traces de celle qui t'a mise au monde (vu la façon dont ça s'est passé pour moi, je te le déconseille de tout cœur)." (p. 68)

 

  • "Tu n'imagines pas combien il m'est douloureux d'écrire cela, car toute ma vie j'ai rêvé d'avoir une famille idyllique qui m'aime inconditionnellement, une famille de série télévisée américaine, un havre où trouver refuge en cas de besoin. Et combien il m'est douloureux de considérer une illusion comme révolue. Cette illusion que nous caressons tous, mais qui ne peut se matérialiser dans la vie réelle. Car aucun être humain n'est parfait, et il n'y a donc pas de famille parfaite. Si les séries télévisées nous apprenaient plutôt que toutes les familles, toutes, sont fondées sur des liens d'affection et de complicité, mais que ces liens s'entrelacent de façon confuse avec d'autres qui ont nom jalousie, trahison, désillusion, envie, nous décevrions moins nos parents, nos frères, nos soeurs, et nous apprendrions à estimer chaque famille pour ce qu'elle est : ni meilleure ni pire, différente. Ou identique, si on veut. C'est évidemment une chose douloureuse à admettre. Il est douloureux de grandir. Mais comme dit ce chanteur italien : je suis désolée, la vie est comme ça, ce n'est pas moi qui l'ai inventée." (p. 471)

 

  • "Je me suis laissé piétiner autrefois, mais c'est fini : je refuse que tu me vois pleurer ou déprimer. On ne peut pas changer le passé, mais on peut changer d'attitude envers lui, réagir autrement face aux souvenirs et face au présent. Ce que j'ai appris, c'est que j'ai non seulement le droit d'être heureuse, mais surtout, depuis que tu es née, le devoir de l'être." (p. 491)

 

 

Etxebarria, Lucia.

Un miracle en équilibre

Ed. France Loisirs

Coll. Piment

2006/501 p.

 

Rédigé par Nota Bene

Publié dans #Je lis

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Publié le 5 Septembre 2014

 

Passage en revue des prénoms chic ou choc des 6e en 2014

 

  • Des prénoms plutôt classiques : Paul, Marie, Hélène, Guillaume, Clémence, Quentin...
  • Des prénoms mignons nouvelle génération : Paco, Maëlyne, Ophélia, Myrtille...
  • Des prénoms made in USA (so sophisticated) : Casey, Djessy, Peter, Marvin, Jordan, Steevy...
  • Des prénoms un peu surprenants : Marie-Christelle, Selemana, Jawen, Aliona, Luna, Fiona, Pénélope, Lalo...
  • Des prénoms qui se retrouvent en double voire en triple dans une même classe : Chloé, Nolwenn, Morgane, Camille, Lucas, Kylian, Mathéo...

 

 

Et pour relire ceux de l'année dernière c'est ici !