Publié le 20 Janvier 2020

Cliquer sur l'image pour feuilleter le début de l'album :

La sieste de Moussa de Zémanel est un album jeunesse de la collection Les histoires du Père Castor initialement édité en 2008 chez Flammarion. Ce conte "en randonnée" raconte l'histoire d'un petit garçon africain, Moussa, qui décide de faire une sieste mais que plusieurs animaux vont successivement venir déranger. Moussa aimerait bien dormir mais une petite souris l’en empêche. Le bruit de ses grignotages est exaspérant. Il appelle son chat pour se débarrasser du rongeur mais le félin fait encore plus de bruit. Moussa appelle alors le chien. De fuites en appels au secours, Moussa se retrouve en compagnie d’animaux plus bruyants et encombrants les uns que les autres. Finalement, les petits bruits de la souris sont indubitablement plus supportables ! C'est un récit tout à fait plaisant qui, comme tout conte sériel, propose un fil conducteur linéaire et des répétitions d'épisodes (un animal chasse l'autre) et de formules ("avec un bruit comme ça, Moussa ne s’endort pas"). L'équipe pédagogique de la classe de mon fils, cette année en moyenne section, a notamment mené le projet "Apprendre à comprendre et à raconter La sieste de Moussa". Pour en savoir plus à ce sujet, je vous invite à lire l'article du Café pédagogique de septembre 2017, Lecture : les effets prouvés de la méthode Narramus, qui présente brièvement la méthode à l'origine de l'activité menée en classe.

 

Les principaux objectifs visés par cette séquence pédagogique sont :

 

  • Comprendre un texte narratif
  • Mémoriser la syntaxe et le lexique
  • Apprendre à raconter

 

La production finale réalisée en classe et rapportée à la maison

La production finale réalisée en classe et rapportée à la maison

J'ai été séduite par le résultat du travail mené en classe. Du coup, l'idée m'est venue d'imiter le principe mis en œuvre avec un album adapté : C'est pour qui ? de Michaël escoffier et Matthieu Maudet.

 

Pourquoi cet album ?

 

  • Pour son intérêt "sentimental" car il nous plaît beaucoup à mon loulou et moi et que nous le connaissons déjà pratiquement par cœur.
  • Pour la simplicité et le caractère redondant du récit. De même que pour La sieste de Moussa, une courte succession de personnages est mise en œuvre, avec sensiblement les mêmes dialogues.
  • Pour la simplicité des illustrations qu'il m'a suffit de photocopier, découper, colorier (à défaut d'avoir pu imprimer en couleurs) et plastifier.

 

Bien sûr, il ne s'agissait pas pour moi d’effectuer un travail aussi approfondi que celui que je suppose avoir été fait en classe. Je souhaitais simplement aboutir à une sorte de kamishibai pour prendre plaisir à aller au-delà de la simple lecture en duo, pour développer les capacités de compréhension et d'appropriation du récit chez mon fils et pour renforcer le lien entre les activités de l'école et celles de la maison. Force est de constater que le caractère inédit d'une telle activité a plu à mon loulou ! Je vous livre ici en image le résultat de notre modeste travail.

 

N'hésitez pas à partager votre propre résultat sur Instagram (sur cet album ou un autre) en me taguant (charlotte.notabene) ! Je suis curieuse de voir ce qui peut être fait. 🙂

N'hésitez pas à partager votre propre résultat sur Instagram (sur cet album ou un autre) en me taguant (charlotte.notabene) ! Je suis curieuse de voir ce qui peut être fait. 🙂

Publié le 10 Janvier 2020

 

Emprunté à la bibliothèque, ce petit livre à la couverture souple n'a rien d'extraordinaire si ce n'est qu'il nous fait faire de drôles d'imitations ! Les convenus hurlement du loup ou miaulement du chat et les plus surprenantes onomatopées d'éternuement, de train sur les rails, de gouttes qui tombent et même... de prise électrique et d'escargot ! Oui, oui. Une originalité amusante pour instaurer une complicité avec bébé. À placer sans hésiter dans sa bibliothèque dès sa première année. Ci-dessous, la dernière page, pour terminer la lecture en beauté...

Le livre des bruits

Publié le 9 Janvier 2020

Princesse Kevin

Il ne voit vraiment pas pas ce qu'il y a de mal à se déguiser ainsi. Quand on se déguise, c'est pour ne pas être reconnu. Sinon, ça ne sert à rien de se déguiser.

 

Du fabuleux Michaël Escoffier (auteur du cultissime, pour mon loulou et moi, album C'est pour qui ?), illustré par Roland Garrigue, cet album vitaminé est drôle et surprend... surtout les parents ! Pour la fête de l'école, Kevin se déguise en princesse. Pourquoi il ne pourrait pas ? Il n'empêche pas les filles de se déguiser en chevalier ou en super-héros ! Fier de son choix, Kevin l'assume pleinement, même quand il peine à trouver un chevalier pour l'accompagner dans la cour de récréation. Parce qu'une princesse sans chevalier... "c'est tout de suite moins bien". Finalement, le costume commence à l'agacer : les chaussures de filles, ça fait bien trop mal aux pieds ! Il se dit que la prochaine fois il se déguisera autrement... et la conclusion savoureuse nous propose un déguisement tout aussi insolite. L'histoire permet d'aborder les thématiques des stéréotypes de genre et de l'affirmation de soi de façon amusante et positive. En tant que parent, on pense bien sûr à la difficulté d'assumer son homosexualité évoquée en filigrane : "Ils croient sans doute que c'est contagieux. Que s'ils touchent Kevin, ils vont se transformer en princesses à leur tour. Quelle bande de froussards !". Nous nous faisons surprendre par nos propres représentations. Les couleurs vives et le trait doux et précis de Roland Garrigue offre une bouffée d’énergie.

 

 

Un extrait ci-dessous :

Publié le 8 Janvier 2020

Comme un million de papillons noirs

À cause des moqueries, Adé est une petite fille qui n’aime pas ses cheveux. Accompagnée par la malice de sa mère et de ses tantes, elle va découvrir en douceur ce qui fait la beauté de sa chevelure. Adé aime les éclairs au chocolat, les papillons et poser des questions. Elle pourra ajouter à sa liste la douceur des mains de maman, l'odeur de l'huile de coco et les reflets noirs de ses cheveux. Voici un album jeunesse qui a pris son envol grâce au bouche à oreille. La petite maison d'édition Cambourakis permet ici à Laura Nsafou alias la blogueuse littéraire afroféministe Mrs Roots de décomplexer les jeunes filles aux cheveux afro. L'album fait la part belle au métissage, à la mixité, à la différence et à l'acceptation de soi. Les illustrations de Barbara Brun, illustratrice nantaise, portent magnifiquement le propos. Le texte qui fonctionne comme une ritournelle à un moment est intéressant.

D'une main, Maman passa la brosse dans le creux de son cou. De l'autre, elle lissa le frisottis autour de son front. Comme ses cheveux étaient doux ! Elle attendit une minute, puis deux, puis trois. toujours rien.
- Maman, il n'y a pas de papillons. Ils ont disparu ?
- Non, dit Maman. Il faut les habiller avant de les rencontrer. Attrape le bandeau.
Adé pencha la tête et Maman l'enfila. Comme ses cheveux noirs scintillaient avec son bandeau coloré ! Elle attendit une minute, puis deux, puis trois. Elle bâilla.

Comme un million de papillons noirs
Comme un million de papillons noirs

Le deuxième album du duo sur le thème du colorisme sort justement aujourd'hui dans toutes les bonnes librairies ! J'ai hâte de découvrir Le chemin de Jada.  Et si la thématique des cheveux afro vous intéresse, n'hésitez pas à (re)lire la critique de L'Afro doux de Maïssanou de Sandy N'Golo et Maxime Cavallini.

 

 

Publié le 8 Janvier 2020

 

Après la liste des 100 meilleurs romans selon Le Monde, le journal publiait il y a une dizaine de jours la liste des 101 romans préférés de ses lecteurs. 26 000 lecteurs ont ainsi dû choisir 5 livres, pas plus, parmi 70 000 titres proposés (écrits ou traduits en français). Le journal a retenu les 101 premiers de cette liste, laquelle contient quelques surprises. Car l’appel aux lecteurs suppose la liberté des critères : beaux, émouvants, dérangeants, puissants ? Comme l'analyse l’essayiste et écrivaine Tiphaine Samoyault, la liste a une valeur moins historique que mémorielle : "Elle [...] met en jeu une temporalité distincte, reposant sur le sentiment, les souvenirs d’enfance, la culture scolaire, l’autorité des classiques. Ainsi, elle met en scène la mémoire rassurante des "chefs-d’œuvre" et la mémoire émotionnelle des lectures de jeunesse. Harry Potter (la série complète) de J. K. Rowling arrive ainsi en tête ! Voyage au bout de la nuit de Louis-Ferdinand Céline et À la recherche du temps perdu de Marcel Proust arrivent en deuxième et troisième places. Gustave Flaubert et Émile Zola y côtoient J. R. R. Tolkien, Elena Ferrante et Gaël Faye (son roman Petit pays se place en 65e position). C'est l'occasion de laisser la parole à des personnalités pour défendre les librairies indépendantes. Marie-Rose Guarniéri (libraire parisienne), Anne-Marie Garat (écrivaine), William Marx (agrégé de lettres classiques et essayiste) et Christian Thorel (ancien libraire toulousain) font ainsi l'éloge de la beauté funambulesque du réseau des librairies indépendantes françaises.

 

L’annonce peut créer la surprise. Harry Potter, super-héros du classement des lecteurs du Monde ? On aurait tort d’y voir le fruit d’un quelconque sortilège ou la conséquence de choix hasardeux. Voici en effet une œuvre ayant scellé l’alliance de la culture populaire et de la culture savante, du conte de fées et du récit politique, du roman d’apprentissage et de la fantasy la plus débridée. Autant de traits fonciers qui ont promu les aventures du jeune sorcier au rang d’œuvre transgénérationnelle, se prêtant à de multiples interprétations.

 

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