Publié le 7 Janvier 2020

Une librairie c'est une grotte pleine de trésors, de laquelle mon petit cœur de lectrice ne ressort pas indemne et de laquelle mes mains ont du mal à ressortir vides. Un passage en librairie c'est l'occasion de craquer... ou pas. Voici un aperçu de ce que j'ai feuilleté lors de ma dernière incursion, des nouveautés ou non.

 

 

 

J'ai été déçue par :

 

Le jour où je serai grande : une histoire de Poucette de Timothée de Fombelle et la photographe Marie Liesse [2020] : certes, c'est tendrement mis en scène pour dire l'importance de garder son âme d'enfant et de vivre le moment présent connecté à la nature mais c'est un peu "facile" et trop attendu pour un auteur comme Timothée de Fombelle. De même, les photographies sont belles mais convenues. Le tout a même presque un petit côté kitsch.

 

 

 

 

J'ai bien aimé :

 

Ma première nuit ailleurs de Ko et Chiaki Okada [2012] : un album japonais plein de tendresse pour aider les plus petits  à se séparer des parents le temps d'une nuit.

 

 

Une lettre ça change tout de Valérie Yagoubi et Agnès Audras [2016] : plutôt amusant pour des enfants de maternelles et peut-être utile pour des orthophonistes. Pour sensibiliser au plaisir de la langue.

 

 

Le livre des métiers : un imaginaire pour demain de Julie Bernard [2018] : un inventaire de professions imaginaires pour le monde de demain, de planteur de lagon à livreur de pollen en passant par souffleur de mots doux. Poétique et engagé sur la question écologique.

 

 

 

 

Je suis tombée sous le charme de :

 

Voir le jour d'Emma Giuliani [2013] : un livre accordéon poétique qui donne à voir l’amitié, l’amour, la beauté, la naissance, la mort, l’enfance, la vieillesse, la résistance… en si peu de mots et de pages.

 

 

Avec toi, papa et Avec toi, maman de Sandrine Beau et Marie Leghima [2019] : un album tendre et drôle, délicatement illustré, qui raconte ces moments de vie si jolis entre un enfant et sa maman ou son papa. Dans l'esprit du travail d'Astrid Desbordes et Pauline Martin (leurs ouvrages chroniqués sur le blog à retrouver par ici).

 


 

Ping d'Ani Castillo [2019] : un album métaphorique dont je n'aime pas particulièrement les illustrations mais dont le propos est très beau. Pour recevoir demain ou après-demain, il faut d'abord donner aujourd'hui.

 

 

Une promenade en Europe d'Amélie Laffaiteur [2019] que je me retiens d'acheter depuis plusieurs semaines et qui donne envie de voyager en famille. Il présente 15 villes européennes à travers leurs éléments les plus emblématiques.

 

 

Petit pois carotte de Morag Hood [2020] : l'histoire surprenante, hilarante et improbable de Jean-François le petit pois qui rencontre Charlotte la carotte. Leurs formes, leurs couleurs et leurs habitudes sont différentes mais ne vont pas les empêcher de s'amuser ensemble. Mention spéciale à la mise en scène du livre sur le compte Instagram de Gallimard jeunesse !

 

 

 

 

Je suis repartie avec :

 

Mon coup de cœur tout juste publié : Amoureux d'Hélène Delforge et Quentin Gréban, qui sera bientôt chroniqué sur le blog !

 

 

 

 

Et vous, vos dernières trouvailles ?

 

 

Publié le 7 Janvier 2020

 

Un tout petit livre cartonné, aux coins arrondis et à la couverture en mousse, de la collection L’imagerie des bébés chez Fleurus, qui permet à bébé d'assimiler le vocabulaire des couleurs à l'aide des illustrations en pâte à modeler. Une découverte de quelques animaux, aliments ou autres en passant. Une lecture très guidée pour les parents lecteurs débutants. Un basique indémodable.

 

Les couleurs

Publié le 7 Janvier 2020

Mon très grand livre d'éveil : les saisons

Pour son premier Noël, ma petite puce a été très gâtée. Et évidemment, le Père Noël lui a déposé quelques livres au pied du sapin ! Trois livres sonores à puces pour découvrir des comptines (accompagnée de son grand-frère, qui adore la voir taper des mains à cette occasion), des musiques "pour danser" et des cris de bébés animaux, un album personnalisé avec son prénom sur le thème de Noël (à découvrir plus tard, vers 3 ans), un petit imagier cartonné de la collection L'imagerie des bébés de chez Fleurus (que je vous présente très bientôt) et un immense livre d'éveil.

 

Immense, c'est le mot. Il s'agit de proposer à l'enfant de découvrir physiquement le livre en ayant la possibilité de s'avancer / se déplacer dessus comme sur un tapis d'éveil. Les grandes planches illustrées sont constituées d’aplats de matières à toucher (telle la fourrure de l'ours polaire ou la queue du renard), d'un volet en tissu et d'un miroir. Il permet aux tout-petits de découvrir les animaux en y associant, plus qu'une saison, un environnement (la ferme, la forêt, la banquise...). C'est aussi un jeu de cherche et trouve avec la petite grenouille qui s'invite sur chacune des pages. Un album un peu lourd et encombrant mais ludique et bien adapté aux marcheurs à quatre pattes. Le miroir est particulièrement attrayant pour eux. J'imagine que plus tard, vers 18 mois, on s'attardera d'avantage sur les noms et cris des animaux. Il me semble que (vu le prix tout de même conséquent) cela peut constituer une bonne idée de cadeau pour un premier anniversaire.

 

"Mon très grand livre d'éveil : les saisons" de Michelle Carlslund chez Auzou

"Mon très grand livre d'éveil : les saisons" de Michelle Carlslund chez Auzou

Publié le 6 Janvier 2020

Merci aux éditions Syros pour le partage de ce roman

 

dont la parution est prévue pour février 2020

 

(M-1 !)

 

 

 

Je te plumerai la tête

Dans un petit village de Provence, Lilou, lycéenne bien dans sa peau entourée de ses amis et fille de son "Papa Loup" est affectée par la maladie de sa mère, hospitalisée pour la récidive d'un cancer. Pour autant, elle estime qu'il n'est peut-être plus nécessaire de se rendre chaque soir à l’hôpital : à quoi bon consacrer trop de temps à cette mère fragile dont elle a pris ses distances ? Avec son père par contre, elle est plus soudée que jamais : elle lui voue depuis l'enfance une admiration sans bornes. Elle s'inquiète pour lui qui travaille beaucoup tout en prenant soin de sa compagne souffrante et de sa fille. Pourtant, petit à petit, des éléments en apparence anodins vont venir ébranler la confiance absolue que Lilou voue à son père. Ce "Papa Loup" ne serait-il pas un fin carnassier ?

 

J'ai dévoré les 500 pages de ce roman en trois soirées tellement l'écriture abordable et fluide se met au service d'une intrigue éloquente. Elle nous permet de comprendre les mécanismes en œuvre lorsque l'on est amené à côtoyer et devenir la victime d'un pervers narcissique. Bien que l'on sache dès la quatrième de couverture à qui l'on va avoir à faire, le récit est bien construit, tout en nuances et en suspens. Les personnages adolescents qui évoluent au fil du récit ne sont pas du tout infériorisés ou ridiculisés sur le thème de "l'âge ingrat". Cela porte d'autant plus le propos. Des références à la passion pour les études littéraires ne gâchent rien. La maman de Lilou vouera ses dernières forces à renouer avec sa fille et à l'aider dans ses révisions du bac de français, lui transmettant sa passion pour le dramaturge de l'absurde Eugène Ionesco. Ce thriller psychologique est assez sidérant : il nous permet d'appréhender les mécanismes et conséquences de la pathologie relationnelle qu'est la perversion narcissique. Ce thème, à ma connaissance jamais traité en littérature jeunesse, fait de ce roman un récit nécessaire.

 

Sensation bizarre depuis quelque temps : je me sens prisonnière. Je ne suis plus un moineau sur un fil à haute tension. Je suis une poule à la merci d'un renard. Une bête traquée dans un terrain entouré de fils barbelés et infecté de bombes. je n'ose pus rien faire. Peur de décevoir ? D'être rabrouée ? De n'être pas à la hauteur ? Peur de faire erreur dans le moindre de mes gestes ? Je ne comprends pas ce qu'il m'arrive.
- Lilouuuuuuuu ! soupire seulement mon père.
Aussitôt, je m'enfonce dans ma "boue intérieur ". C'est ainsi que j'appelle secrètement mon état.

Rédigé par Nota Bene

Publié dans #Je lis

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Publié le 6 Janvier 2020

Moi j'adore, la maîtresse déteste...

En ce jour de rentrée : un album sympathique qui présente de façon humoristique les règles de vie en classe. Une page, une bêtise, une règle sous-entendue. Plutôt approprié aux élèves de Grande section et CP. Apparemment un classique des maîtres et maîtresses depuis quelques années déjà, si on en croit les exploitations pédagogiques présentées sur les blogs de ces derniers.

Moi j’adore, la maîtresse déteste qu’on fasse croire qu’on a envie de faire pipi pour aller se promener.

Publié le 1 Janvier 2020

Enfant, on lisait pour passer le temps. Adulte, on n'a plus du temps à passer mais du temps à trouver. Se donner le temps de s'assoir pour lire (que ce soit un magazine ou un livre) dans un quotidien au rythme bien souvent effréné, ce n'est pas toujours l'évidence. Lire ou lire plus, c'est un effort à fournir. C'est ne pas céder à la facilité. C'est faire l'effort d'entrer dans un récit et non de le recevoir de façon passive comme par le biais d'un écran. C'est s'autoriser un moment pour soi, dans son intériorité, centré sur le dialogue entre le livre et soi. C'est s'autoriser à ne pas être pleinement disponible pour les autres pendant un temps. C'est une démarche globale qui s'anticipe et s'entretient et avant tout, bien sûr, un plaisir. Voici cinq astuces qui j'espère vous inspireront pour mettre en place des habitudes de lecture.

 

 

 

SE FAIRE PLAISIR AVANT, PENDANT ET APRÈS : avant de mettre en œuvre des astuces pour trouver le temps de lire, il faut être au clair sur les raisons pour lesquelles on souhaite lire. S'évader, se détendre, apprendre, se cultiver, pouvoir échanger avec des proches ou en société... Pour trouver le temps de lire, il faut être relativement motivé et avoir cerné d'où vient notre envie de lecture. Ainsi, on peut ensuite aller dans le sens de l'assouvissement de cette envie.

 

  • AVANT : pour choisir sa prochaine lecture, pourquoi ne pas se déplacer en médiathèque ou en librairie, s'informer auprès d'un proche, dans la presse, grâce aux réseaux sociaux ou aux blogs littéraires ? Suivre des comptes inspirants sur Instagram ou des chaînes BookTube intéressantes par exemple. Lire des critiques enthousiastes attise notre curiosité. C'est valable aussi lorsqu'on se pose la question de quoi lire après une lecture coup de cœur. Rien de mieux que renouer avec la lecture en se promenant en librairie et en se faisant confiance pour choisir le livre qui nous parle à ce moment-là. C'est de toute façon l'occasion de tenir une liste d'envies dans laquelle on pourra piocher plus tard.
  • PENDANT : en premier lieu, si on en ressent l'envie, ritualiser. Se mettre sous la couette ou sous un plaid dans le fauteuil le plus confortable du salon, prévoir un thé fumant, un carnet de notes pour y relever des citations... Cela aide à se rendre disponible en termes d'attention et d’émotion. Ensuite, garder en tête que l'on n'a pas à se forcer à finir si cela ne nous plait pas. Comme le dit si bien Daniel Pennac, cela fait partie des droits imprescriptibles du lecteur que de ne pas finir un livre. Ne pas se mettre la pression, donc. C'est valable aussi pour le choix de sa lecture : on peut commencer par lire un contenu léger pour commencer (qui soit court, illustré et / ou d'approche facile comme un roman dit feel good).
  • APRÈS : tenir un journal de ses lectures pour se motiver en voyant la liste s'allonger, en ayant plaisir à relever en quelques mots ou phrases ses impressions. Parler de ses lectures avec ses proches ou en commentant les publications des influenceurs littéraires.

 

 

SE COUPER DES ÉCRANS : c'est une difficulté majeure aujourd'hui. Les écrans nous happent. Que ce soit la télévision qui tourne en boucle, Netflix ou les réseaux sociaux, il est bien tentant de laisser y reposer notre incertitude et notre fatigue quotidienne. Pourtant, c'est une des clés : arrêter ou au moins diminuer le temps passé devant la télévision. Chez moi, elle n'est que rarement allumée. Le soir, je file vite me mettre au lit. Mais là, c'est la tentation du smartphone à laquelle il est dur de résister. Il faut prendre sur soi, au moins à partir d'une certaine heure, et pourquoi pas essayer de faire de la chambre une no wifi zone.

 

 

SE MÉNAGER DES TEMPS DÉDIÉS : mettre en place une routine, ritualiser un moment où vous lisez, ne serait-ce qu'une page. Au petit-déjeuner, le soir avant de rejoindre les bras de Morphée, le dimanche midi pendant que le reste de la famille va au marché... peu importe !

 

 

SAVOIR IMPROVISER : la règle d'or pour cela c'est d'avoir toujours un livre sur soi. Dans la salle d'attente d'un médecin, dans les transports en commun, à la pause déjeuner au boulot quand vos collègues sont déjà partis manger... chaque moment où le réflexe contemporain serait de dégainer son téléphone, inverser la vapeur et sortir son livre de poche. Ainsi, on rationalise des moments creux et on s'évade dans l'imaginaire propre à la fiction plutôt que sur les réseaux.

 

 

LIRE AUTREMENT : lire ça peut se faire sous d'autres formes que la lecture intégrale d'un roman. On peut aussi picorer des poèmes au petit-déjeuner, écouter un livre audio en voiture, lire une histoire à son enfant avant de se coucher...

 

 

Le temps de lire est toujours du temps volé. (Tout comme le temps d’écrire, d’ailleurs, ou le temps d’aimer.) [...] Le temps de lire, comme le temps d’aimer, dilate le temps de vivre.
Si l’on devait envisager l’amour du point de vue de notre emploi du temps, qui s’y risquerait ? Qui a le temps d’être amoureux ? A-t-on jamais vu, pourtant, un amoureux ne pas prendre le temps d’aimer ? Je n’ai jamais eu le temps de lire, mais rien, jamais, n’a pu m’empêcher de finir un roman que j’aimais.

Daniel Pennac, Comme un roman