Publié le 8 Janvier 2020

 

Après la liste des 100 meilleurs romans selon Le Monde, le journal publiait il y a une dizaine de jours la liste des 101 romans préférés de ses lecteurs. 26 000 lecteurs ont ainsi dû choisir 5 livres, pas plus, parmi 70 000 titres proposés (écrits ou traduits en français). Le journal a retenu les 101 premiers de cette liste, laquelle contient quelques surprises. Car l’appel aux lecteurs suppose la liberté des critères : beaux, émouvants, dérangeants, puissants ? Comme l'analyse l’essayiste et écrivaine Tiphaine Samoyault, la liste a une valeur moins historique que mémorielle : "Elle [...] met en jeu une temporalité distincte, reposant sur le sentiment, les souvenirs d’enfance, la culture scolaire, l’autorité des classiques. Ainsi, elle met en scène la mémoire rassurante des "chefs-d’œuvre" et la mémoire émotionnelle des lectures de jeunesse. Harry Potter (la série complète) de J. K. Rowling arrive ainsi en tête ! Voyage au bout de la nuit de Louis-Ferdinand Céline et À la recherche du temps perdu de Marcel Proust arrivent en deuxième et troisième places. Gustave Flaubert et Émile Zola y côtoient J. R. R. Tolkien, Elena Ferrante et Gaël Faye (son roman Petit pays se place en 65e position). C'est l'occasion de laisser la parole à des personnalités pour défendre les librairies indépendantes. Marie-Rose Guarniéri (libraire parisienne), Anne-Marie Garat (écrivaine), William Marx (agrégé de lettres classiques et essayiste) et Christian Thorel (ancien libraire toulousain) font ainsi l'éloge de la beauté funambulesque du réseau des librairies indépendantes françaises.

 

L’annonce peut créer la surprise. Harry Potter, super-héros du classement des lecteurs du Monde ? On aurait tort d’y voir le fruit d’un quelconque sortilège ou la conséquence de choix hasardeux. Voici en effet une œuvre ayant scellé l’alliance de la culture populaire et de la culture savante, du conte de fées et du récit politique, du roman d’apprentissage et de la fantasy la plus débridée. Autant de traits fonciers qui ont promu les aventures du jeune sorcier au rang d’œuvre transgénérationnelle, se prêtant à de multiples interprétations.

 

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Publié le 7 Janvier 2020

Une librairie c'est une grotte pleine de trésors, de laquelle mon petit cœur de lectrice ne ressort pas indemne et de laquelle mes mains ont du mal à ressortir vides. Un passage en librairie c'est l'occasion de craquer... ou pas. Voici un aperçu de ce que j'ai feuilleté lors de ma dernière incursion, des nouveautés ou non.

 

 

 

♡ J'ai été déçue par :

 

Le jour où je serai grande : une histoire de Poucette de Timothée de Fombelle et la photographe Marie Liesse [2020] : certes, c'est tendrement mis en scène pour dire l'importance de garder son âme d'enfant et de vivre le moment présent connecté à la nature mais c'est un peu "facile" et trop attendu pour un auteur comme Timothée de Fombelle. De même, les photographies sont belles mais convenues. Le tout a même presque un petit côté kitsch.

 

 

 

 

♡ ♡ J'ai bien aimé :

 

Ma première nuit ailleurs de Ko et Chiaki Okada [2012] : un album japonais plein de tendresse pour aider les plus petits  à se séparer des parents le temps d'une nuit.

 

 

Une lettre ça change tout de Valérie Yagoubi et Agnès Audras [2016] : plutôt amusant pour des enfants de maternelles et peut-être utile pour des orthophonistes. Pour sensibiliser au plaisir de la langue.

 

 

Le livre des métiers : un imaginaire pour demain de Julie Bernard [2018] : un inventaire de professions imaginaires pour le monde de demain, de planteur de lagon à livreur de pollen en passant par souffleur de mots doux. Poétique et engagé sur la question écologique.

 

 

 

 

♡ ♡ ♡ Je suis tombée sous le charme de :

 

Voir le jour d'Emma Giuliani [2013] : un livre accordéon poétique qui donne à voir l’amitié, l’amour, la beauté, la naissance, la mort, l’enfance, la vieillesse, la résistance… en si peu de mots et de pages.

 

 

Avec toi, papa et Avec toi, maman de Sandrine Beau et Marie Leghima [2019] : un album tendre et drôle, délicatement illustré, qui raconte ces moments de vie si jolis entre un enfant et sa maman ou son papa. Dans l'esprit du travail d'Astrid Desbordes et Pauline Martin (leurs ouvrages chroniqués sur le blog à retrouver par ici).

 


 

Ping d'Ani Castillo [2019] : un album métaphorique dont je n'aime pas particulièrement les illustrations mais dont le propos est très beau. Pour recevoir demain ou après-demain, il faut d'abord donner aujourd'hui.

 

 

Une promenade en Europe d'Amélie Laffaiteur [2019] que je me retiens d'acheter depuis plusieurs semaines et qui donne envie de voyager en famille. Il présente 15 villes européennes à travers leurs éléments les plus emblématiques.

 

 

Petit pois carotte de Morag Hood [2020] : l'histoire surprenante, hilarante et improbable de Jean-François le petit pois qui rencontre Charlotte la carotte. Leurs formes, leurs couleurs et leurs habitudes sont différentes mais ne vont pas les empêcher de s'amuser ensemble. Mention spéciale à la mise en scène du livre sur le compte Instagram de Gallimard jeunesse !

 

 

 

 

♡ ♡ ♡ ♡ Je suis repartie avec :

 

Mon coup de cœur tout juste publié : Amoureux d'Hélène Delforge et Quentin Gréban, qui sera bientôt chroniqué sur le blog !

 

 

 

 

Et vous, vos dernières trouvailles ?

 

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Publié le 7 Janvier 2020

 

Un tout petit livre cartonné, aux coins arrondis et à la couverture en mousse, de la collection L’imagerie des bébés chez Fleurus, qui permet à bébé d'assimiler le vocabulaire des couleurs à l'aide des illustrations en pâte à modeler. Une découverte de quelques animaux, aliments ou autres en passant. Une lecture très guidée pour les parents lecteurs débutants. Un basique indémodable.

 

Les couleurs

Publié le 7 Janvier 2020

Mon très grand livre d'éveil : les saisons

Pour son premier Noël, ma petite puce a été très gâtée. Et évidemment, le Père Noël lui a déposé quelques livres au pied du sapin ! Trois livres sonores à puces pour découvrir des comptines (accompagnée de son grand-frère, qui adore la voir taper des mains à cette occasion), des musiques "pour danser" et des cris de bébés animaux, un album personnalisé avec son prénom sur le thème de Noël (à découvrir plus tard, vers 3 ans), un petit imagier cartonné de la collection L'imagerie des bébés de chez Fleurus (que je vous présente très bientôt) et un immense livre d'éveil.

 

Immense, c'est le mot. Il s'agit de proposer à l'enfant de découvrir physiquement le livre en ayant la possibilité de s'avancer / se déplacer dessus comme sur un tapis d'éveil. Les grandes planches illustrées sont constituées d’aplats de matières à toucher (telle la fourrure de l'ours polaire ou la queue du renard), d'un volet en tissu et d'un miroir. Il permet aux tout-petits de découvrir les animaux en y associant, plus qu'une saison, un environnement (la ferme, la forêt, la banquise...). C'est aussi un jeu de cherche et trouve avec la petite grenouille qui s'invite sur chacune des pages. Un album un peu lourd et encombrant mais ludique et bien adapté aux marcheurs à quatre pattes. Le miroir est particulièrement attrayant pour eux. J'imagine que plus tard, vers 18 mois, on s'attardera d'avantage sur les noms et cris des animaux. Il me semble que (vu le prix tout de même conséquent) cela peut constituer une bonne idée de cadeau pour un premier anniversaire.

 

"Mon très grand livre d'éveil : les saisons" de Michelle Carlslund chez Auzou

"Mon très grand livre d'éveil : les saisons" de Michelle Carlslund chez Auzou

Publié le 6 Janvier 2020

Merci aux éditions Syros pour le partage de ce roman

 

dont la parution est prévue pour février 2020

 

(M-1 !)

 

 

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Je te plumerai la tête

Dans un petit village de Provence, Lilou, lycéenne bien dans sa peau entourée de ses amis et fille de son "Papa Loup" est affectée par la maladie de sa mère, hospitalisée pour la récidive d'un cancer. Pour autant, elle estime qu'il n'est peut-être plus nécessaire de se rendre chaque soir à l’hôpital : à quoi bon consacrer trop de temps à cette mère fragile dont elle a pris ses distances ? Avec son père par contre, elle est plus soudée que jamais : elle lui voue depuis l'enfance une admiration sans bornes. Elle s'inquiète pour lui qui travaille beaucoup tout en prenant soin de sa compagne souffrante et de sa fille. Pourtant, petit à petit, des éléments en apparence anodins vont venir ébranler la confiance absolue que Lilou voue à son père. Ce "Papa Loup" ne serait-il pas un fin carnassier ?

 

J'ai dévoré les 500 pages de ce roman en trois soirées tellement l'écriture abordable et fluide se met au service d'une intrigue éloquente. Elle nous permet de comprendre les mécanismes en œuvre lorsque l'on est amené à côtoyer et devenir la victime d'un pervers narcissique. Bien que l'on sache dès la quatrième de couverture à qui l'on va avoir à faire, le récit est bien construit, tout en nuances et en suspens. Les personnages adolescents qui évoluent au fil du récit ne sont pas du tout infériorisés ou ridiculisés sur le thème de "l'âge ingrat". Cela porte d'autant plus le propos. Des références à la passion pour les études littéraires ne gâchent rien. La maman de Lilou vouera ses dernières forces à renouer avec sa fille et à l'aider dans ses révisions du bac de français, lui transmettant sa passion pour le dramaturge de l'absurde Eugène Ionesco. Ce thriller psychologique est assez sidérant : il nous permet d'appréhender les mécanismes et conséquences de la pathologie relationnelle qu'est la perversion narcissique. Ce thème, à ma connaissance jamais traité en littérature jeunesse, fait de ce roman un récit nécessaire.

 

Sensation bizarre depuis quelque temps : je me sens prisonnière. Je ne suis plus un moineau sur un fil à haute tension. Je suis une poule à la merci d'un renard. Une bête traquée dans un terrain entouré de fils barbelés et infecté de bombes. je n'ose pus rien faire. Peur de décevoir ? D'être rabrouée ? De n'être pas à la hauteur ? Peur de faire erreur dans le moindre de mes gestes ? Je ne comprends pas ce qu'il m'arrive.
- Lilouuuuuuuu ! soupire seulement mon père.
Aussitôt, je m'enfonce dans ma "boue intérieur ". C'est ainsi que j'appelle secrètement mon état.

Rédigé par Nota Bene

Publié dans #Je lis

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Publié le 6 Janvier 2020

Moi j'adore, la maîtresse déteste...

En ce jour de rentrée : un album sympathique qui présente de façon humoristique les règles de vie en classe. Une page, une bêtise, une règle sous-entendue. Plutôt approprié aux élèves de Grande section et CP. Apparemment un classique des maîtres et maîtresses depuis quelques années déjà, si on en croit les exploitations pédagogiques présentées sur les blogs de ces derniers.

Moi j’adore, la maîtresse déteste qu’on fasse croire qu’on a envie de faire pipi pour aller se promener.