Emprunté à la bibliothèque, ce petit livre à la couverture souple n'a rien d'extraordinaire si ce n'est qu'il nous fait faire de drôles d'imitations ! Les convenus hurlement du loup ou miaulement du chat et les plus surprenantes onomatopées d'éternuement, de train sur les rails, de gouttes qui tombent et même... de prise électrique et d'escargot ! Oui, oui. Une originalité amusante pour instaurer une complicité avec bébé. À placer sans hésiter dans sa bibliothèque dès sa première année. Ci-dessous, la dernière page, pour terminer la lecture en beauté...
Il ne voit vraiment pas pas ce qu'il y a de mal à se déguiser ainsi. Quand on se déguise, c'est pour ne pas être reconnu. Sinon, ça ne sert à rien de se déguiser.
Du fabuleux Michaël Escoffier (auteur du cultissime, pour mon loulou et moi, album C'est pour qui ?), illustré par Roland Garrigue, cet album vitaminé est drôle et surprend... surtout les parents ! Pour la fête de l'école, Kevin se déguise en princesse. Pourquoi il ne pourrait pas ? Il n'empêche pas les filles de se déguiser en chevalier ou en super-héros ! Fier de son choix, Kevin l'assume pleinement, même quand il peine à trouver un chevalier pour l'accompagner dans la cour de récréation. Parce qu'une princesse sans chevalier... "c'est tout de suite moins bien". Finalement, le costume commence à l'agacer : les chaussures de filles, ça fait bien trop mal aux pieds ! Il se dit que la prochaine fois il se déguisera autrement... et la conclusion savoureuse nous propose un déguisement tout aussi insolite. L'histoire permet d'aborder les thématiques des stéréotypes de genre et de l'affirmation de soi de façon amusante et positive. En tant que parent, on pense bien sûr à la difficulté d'assumer son homosexualité évoquée en filigrane : "Ils croient sans doute que c'est contagieux. Que s'ils touchent Kevin, ils vont se transformer en princesses à leur tour. Quelle bande de froussards !". Nous nous faisons surprendre par nos propres représentations. Les couleurs vives et le trait doux et précis de Roland Garrigue offre une bouffée d’énergie.
À cause des moqueries, Adé est une petite fille qui n’aime pas ses cheveux. Accompagnée par la malice de sa mère et de ses tantes, elle va découvrir en douceur ce qui fait la beauté de sa chevelure. Adé aime les éclairs au chocolat, les papillons et poser des questions. Elle pourra ajouter à sa liste la douceur des mains de maman, l'odeur de l'huile de coco et les reflets noirs de ses cheveux. Voici un album jeunesse qui a pris son envol grâce au bouche à oreille. La petite maison d'édition Cambourakis permet ici à Laura Nsafou alias la blogueuse littéraire afroféministe Mrs Roots de décomplexer les jeunes filles aux cheveux afro. L'album fait la part belle au métissage, à la mixité, à la différence et à l'acceptation de soi. Les illustrations de Barbara Brun, illustratrice nantaise, portent magnifiquement le propos. Le texte qui fonctionne comme une ritournelle à un moment est intéressant.
D'une main, Maman passa la brosse dans le creux de son cou. De l'autre, elle lissa le frisottis autour de son front. Comme ses cheveux étaient doux ! Elle attendit une minute, puis deux, puis trois. toujours rien.
- Maman, il n'y a pas de papillons. Ils ont disparu ?
- Non, dit Maman. Il faut les habiller avant de les rencontrer. Attrape le bandeau.
Adé pencha la tête et Maman l'enfila. Comme ses cheveux noirs scintillaient avec son bandeau coloré ! Elle attendit une minute, puis deux, puis trois. Elle bâilla.
Le deuxième album du duo sur le thème du colorisme sort justement aujourd'hui dans toutes les bonnes librairies ! J'ai hâte de découvrir Le chemin de Jada. Et si la thématique des cheveux afro vous intéresse, n'hésitez pas à (re)lire la critique de L'Afro doux de Maïssanou de Sandy N'Golo et Maxime Cavallini.
Une librairie c'est une grotte pleine de trésors, de laquelle mon petit cœur de lectrice ne ressort pas indemne et de laquelle mes mains ont du mal à ressortir vides. Un passage en librairie c'est l'occasion de craquer... ou pas. Voici un aperçu de ce que j'ai feuilleté lors de ma dernière incursion, des nouveautés ou non.
♡ J'ai été déçue par :
Le jour où je serai grande : une histoire de Poucette de Timothée de Fombelle et la photographe Marie Liesse [2020] : certes, c'est tendrement mis en scène pour dire l'importance de garder son âme d'enfant et de vivre le moment présent connecté à la nature mais c'est un peu "facile" et trop attendu pour un auteur comme Timothée de Fombelle. De même, les photographies sont belles mais convenues. Le tout a même presque un petit côté kitsch.
♡♡ J'ai bien aimé :
Ma première nuit ailleurs de Ko et Chiaki Okada [2012] : un album japonais plein de tendresse pour aider les plus petits à se séparer des parents le temps d'une nuit.
Une lettre ça change tout de Valérie Yagoubi et Agnès Audras [2016] : plutôt amusant pour des enfants de maternelles et peut-être utile pour des orthophonistes. Pour sensibiliser au plaisir de la langue.
Le livre des métiers : un imaginaire pour demain de Julie Bernard [2018] : un inventaire de professions imaginaires pour le monde de demain, de planteur de lagon à livreur de pollen en passant par souffleur de mots doux. Poétique et engagé sur la question écologique.
♡♡♡ Je suis tombée sous le charme de :
Voir le jour d'Emma Giuliani [2013] : un livre accordéon poétique qui donne à voir l’amitié, l’amour, la beauté, la naissance, la mort, l’enfance, la vieillesse, la résistance… en si peu de mots et de pages.
Avec toi, papa et Avec toi, maman de Sandrine Beau et Marie Leghima [2019] : un album tendre et drôle, délicatement illustré, qui raconte ces moments de vie si jolis entre un enfant et sa maman ou son papa. Dans l'esprit du travail d'Astrid Desbordes et Pauline Martin (leurs ouvrages chroniqués sur le blog à retrouver par ici).
Ping d'Ani Castillo [2019] : un album métaphorique dont je n'aime pas particulièrement les illustrations mais dont le propos est très beau. Pour recevoir demain ou après-demain, il faut d'abord donner aujourd'hui.
Une promenade en Europe d'Amélie Laffaiteur [2019] que je me retiens d'acheter depuis plusieurs semaines et qui donne envie de voyager en famille. Il présente 15 villes européennes à travers leurs éléments les plus emblématiques.
Petit pois carotte de Morag Hood[2020] : l'histoire surprenante, hilarante et improbable de Jean-François le petit pois qui rencontre Charlotte la carotte. Leurs formes, leurs couleurs et leurs habitudes sont différentes mais ne vont pas les empêcher de s'amuser ensemble. Mention spéciale à la mise en scène du livre sur le compte Instagram de Gallimard jeunesse !
♡♡♡♡ Je suis repartie avec :
Mon coup de cœur tout juste publié : Amoureux d'Hélène Delforge et Quentin Gréban, qui sera bientôt chroniqué sur le blog !
Un tout petit livre cartonné, aux coins arrondis et à la couverture en mousse, de la collection L’imagerie des bébés chez Fleurus, qui permet à bébé d'assimiler le vocabulaire des couleurs à l'aide des illustrations en pâte à modeler. Une découverte de quelques animaux, aliments ou autres en passant. Une lecture très guidée pour les parents lecteurs débutants. Un basique indémodable.
Pour son premier Noël, ma petite puce a été très gâtée. Et évidemment, le Père Noël lui a déposé quelques livres au pied du sapin ! Trois livres sonores à puces pour découvrir des comptines (accompagnée de son grand-frère, qui adore la voir taper des mains à cette occasion), des musiques "pour danser" et des cris de bébés animaux, un album personnalisé avec son prénom sur le thème de Noël (à découvrir plus tard, vers 3 ans), un petit imagier cartonné de la collection L'imagerie des bébés de chez Fleurus (que je vous présente très bientôt) et un immense livre d'éveil.
Immense, c'est le mot. Il s'agit de proposer à l'enfant de découvrir physiquement le livre en ayant la possibilité de s'avancer / se déplacer dessus comme sur un tapis d'éveil. Les grandes planches illustrées sont constituées d’aplats de matières à toucher (telle la fourrure de l'ours polaire ou la queue du renard), d'un volet en tissu et d'un miroir. Il permet aux tout-petits de découvrir les animaux en y associant, plus qu'une saison, un environnement (la ferme, la forêt, la banquise...). C'est aussi un jeu de cherche et trouve avec la petite grenouille qui s'invite sur chacune des pages. Un album un peu lourd et encombrant mais ludique et bien adapté aux marcheurs à quatre pattes. Le miroir est particulièrement attrayant pour eux. J'imagine que plus tard, vers 18 mois, on s'attardera d'avantage sur les noms et cris des animaux. Il me semble que (vu le prix tout de même conséquent) cela peut constituer une bonne idée de cadeau pour un premier anniversaire.
"Mon très grand livre d'éveil : les saisons" de Michelle Carlslund chez Auzou