Articles avec #je lis sur la lecture tag

Publié le 9 Juillet 2026

Lire pour se rafraîchir

🧠 Savez-vous que notre cerveau ne fait pas que mesurer la température mais qu'il construit aussi la sensation de chaleur à partir de ce qu'il voit, entend et s'attend à ressentir ? C'est ce que les neuroscientifiques appellent le traitement prédictif.

 

🧊 Donc, pour faire croire à votre cerveau qu'il fait plus frais, vous pouvez :

  • Intégrer le bleu dans votre environnement (et éviter le rouge) : cette couleur est associée à l'eau, la glace, l'ombre, la fraîcheur.
  • Ecouter le bruit de l'eau : là encore le cerveau associe la pluie ou une rivière à du frais.
  • Lire un roman (ou regarder un film) qui se déroule dans un environnement glacé : quand on visualise une image de froid, le cerveau réagit en partie en activant les mêmes circuits que si c'était un environnement réel.

 

💡 Alors, on est d'accord, on ne va pas berner son cerveau au point de lui faire "croire" qu'il fait froid. Mais on peut modestement influencer la façon dont le cerveau interprète la chaleur. Et ces temps-ci, c'est toujours ça de pris !

 

❄️ A nous le visionnage de La Marche de l'Empereur ou la lecture du roman De pierre et d'os de Bérengère Cournut. ⋆⁺₊❅。

 

Lire pour se rafraîchir

Publié le 1 Juillet 2026

Mon sac de plage 2026

Voici quelques livres que je compte glisser dans mon sac de plage cette année, en gardant de la place pour d'éventuelles trouvailles au fil des semaines estivales :

 L'inconnu sur la terre de Jean-Marie Gustave Le Clézio [roman]

 L'Alchimiste de Paulo Coelho [roman]

 Petite philosophie de la sieste de Sébastien Spitzer [essai]

 Bibliothérapie : Lire, c'est guérir de Marc-Alain Ouaknin [essai]

 Façons de lire, manière d'être de Marielle Macé [essai]

Et vous, que contient votre sac de plage cette année ?

Publié le 16 Juin 2026

Le chat du jardinier

La poésie, c'est le plus joli surnom qu'on donne à la vie.

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Dans ce roman signé Thomas Schlesser, auteur du best-seller Les yeux de Mona, on découvre les pouvoirs bienfaisants de la poésie à travers les yeux de Louis, un jardinier provençal simple et taiseux, qui se retrouve confronté à la maladie de son chaton et, suite à une tempête phénoménale, à la destruction des jardins alentours. Il rencontre ses nouveaux voisins Thalie et Nikola, un couple d'heureux retraités. Thalie, ancienne enseignante de français, exubérante amoureuse de poésie, perçoit l'hypersensibilité de Louis et lui propose une sorte de pacte : il redonne vie à son jardin abîmé ; elle l'initie à la poésie. Elle déclare : 𝒥ℯ 𝓋𝒶𝒾𝓈 𝓇ℯ́𝓅𝒶𝓇ℯ𝓇 𝓋ℴ𝓉𝓇ℯ 𝓅𝒶𝓁𝒶𝒾𝓈 ℴ𝓊̀ 𝓋ℴ𝓈 𝓂ℴ𝓉𝓈 𝓈ℯ 𝓈ℴ𝓃𝓉 𝒻𝒾ℊℯ́𝓈. Jour après jour, ces deux-là vont se côtoyer et se lier d'une forte amitié. Voisin voyou, croassant crapauds, chanvre, chien sauveur, oliviers, cyprès, lauriers-roses en fleurs, sont certains des ingrédients du récit. On peut y ajouter la terre, le feu, la magnanerie, les cartons de livres qui emplissent le salon, le chaton sans nom et cette voix au bout du fil.

 

Ainsi, Thomas Schlesser interroge le pouvoir des mots, et plus particulièrement de la poésie, comme une expérience de réinvention de soi et du monde. Il évoque la vie des poètes et distille des connaissances littéraires (à qui s'adresse le plus célèbre poème de Victor Hugo ? Qu'est-ce qu'un oxymore ? Qu'est-ce qu'une élégie ?) avec plus ou moins de parcimonie. Il souligne que la poésie ne se contente pas de nous émouvoir mais nous transforme en nous reconnectant à notre sensibilité et notre capacité à être ouvert au monde. Le roman est ainsi un éloge de la poésie comme outil de réparation et d'expression. C'est une lecture qui nous plonge dans la douceur et la joie d'entretenir des liens avec la nature, la beauté, l'autre que soi. Rien d'étranger à qui s'intéresse à la bibliothérapie, donc. . ݁₊ ⊹ 

 

J'ajoute que j'ai trouvé une certaine fraternité entre Le chat du jardinier et le roman philosophique Le monde de Sophie de Jostein Gaarder, publié en 1991. J'ai lu ça et là que ce deuxième livre reprenait la même "recette" que son premier roman qui parlait de peinture. C'est sans doute vrai et on peut lui reprocher. La trame narrative est de toute façon à la limite du vraisemblable. Les personnages de même. Je pense qu'il faut le considérer pour ce qu'il est : une sorte de doux conte contemplatif qui rend accessible à tous quelques bribes de poésie et d'histoire de la poésie. Pour en savoir plus, je vous recommande d'écouter ou de visionner l'entretien Stress, mélancolie, hypersensibilité : et si la poésie était une clé ? du podcast Métamorphose.

 

On doit négocier avec sa douleur, Louis, on doit parfois lui demander courtoisement de nous foutre un peu la paix. Sinon, comment récolter les fleurs de la vie ? Allez, Louis, je veux que vous lisiez cela, pour les fleurs que vous avez ensemencées et pour celles que vous cueillerez bientôt.

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Publié le 3 Juin 2026

Éloge de la lecture

Michèle Petit est anthropologue. Ses recherches autour de la lecture portent principalement sur le rôle des livres dans la construction de soi et sur la relation aux livres et aux bibliothèques, en particulier pour des personnes éloignées des habitudes culturelles (en milieu rural et périurbain) ou dans des contextes de crises (guerres, exils, catastrophes naturelles...).

 

En 2012 dans Éloge de la lecture, avant même que Régine Detambel ne fasse connaître en France le terme de 𝒷𝒾𝒷𝓁𝒾ℴ𝓉𝒽ℯ́𝓇𝒶𝓅𝒾ℯ, Michèle Petit, sans utiliser ce terme, en faisait déjà l'analyse. Se basant sur de multiples enquêtes anthropologiques, conjuguant sciences sociales et psychanalyse, l'auteur souligne le rôle primordial de la lecture dans la découverte et la construction de soi. Elle développe comment les livres peuvent permettre d'apprivoiser les peurs, de construire et réparer son monde intérieur, d'être plus apte à dire et à vivre. Ainsi, elle explique que nous avons besoin de la littérature - ou de l'art en général - pour donner forme de façon métaphorique à ce qui est parfois infigurable. Elle parle d'identification, de symbolisation, d'appropriation, de sublimation, d'espace transitionnel, de permanence, de gage de mouvement. En somme, comme d'autres avant elle, l'anthropologue souligne que la lecture est un travail psychique à l'instar du rêve, du deuil ou de la création. Elle affirme que la lecture est 𝓇ℯ́𝓅𝒶𝓇𝒶𝓉𝓇𝒾𝒸ℯ et reconnait 𝓁𝒶 𝓋𝒶𝓁ℯ𝓊𝓇 𝓉𝒽ℯ́𝓇𝒶𝓅ℯ𝓊𝓉𝒾𝓆𝓊ℯ 𝒹ℯ𝓈 𝓃𝒶𝓇𝓇𝒶𝓉𝒾ℴ𝓃𝓈, bien au-delà d'une simple distraction.

 

Elle parle aussi des pouvoirs de la lecture en terme de socialisation voire de politique : les livres comme outils de contrôle identitaire versus la liberté de réception et d'émancipation des lecteurs. Il est question de déterminismes sociaux et familiaux et même de la dommageable contrainte de la lecture scolaire. Michèle Petit conclut qu'on peut tirer des bénéfices sociaux de la lecture mais qu'elle est avant tout 𝓁𝒶 𝒸ℴ𝓃𝓆𝓊ℯ̂𝓉ℯ 𝒹'𝓊𝓃 ℯ𝓈𝓅𝒶𝒸ℯ ℯ𝓉 𝒹'𝓊𝓃 𝓉ℯ𝓂𝓅𝓈 𝒾𝓃𝓉𝒾𝓂ℯ𝓈 𝓆𝓊𝒾 ℯ́𝒸𝒽𝒶𝓅𝓅ℯ𝓃𝓉 𝒶̀ 𝓁'ℯ𝓂𝓅𝓇𝒾𝓈ℯ 𝒹𝓊 𝒸ℴ𝓁𝓁ℯ𝒸𝓉𝒾𝒻.

 

(Le livre permet) d'interposer entre le réel et soi tout un tissu de mots, de connaissances, d'histoires, d'images, de fantaisies, sans lequel le monde serait sans doute inhabitable.

(La littérature) permet de changer les chagrins en idées, de transformer les événements de la vie en quelque chose qui ait un sens et une beauté. De nourrir un art de vivre.

Et à pouvoir nommer, symboliser les choses, les êtres de langage que nous sommes se sentent plus vivants, plus désirants, d'autant que les voix dans le texte, en écho à celles qui nous berçaient quand nous étions enfants, nous accueillent, nous offrent l'hospitalité, nous donnent un habitacle où nous ressourcer.

Publié le 22 Avril 2026

Celles dont je n'ai pas parlé

Quelques (re)lectures de ces dernières semaines :

 

  • ℒ𝒶 𝓅𝓈𝓎𝒸𝒽𝒶𝓃𝒶𝓁𝓎𝓈𝑒 𝒹𝑒𝓈 𝒸𝑜𝓃𝓉𝑒𝓈 𝒹𝑒 𝒻é𝑒𝓈 de Bruno Bettelheim : lu il y a près de 20 ans de cela, je l'ai de nouveau parcouru, soulignant ici et là des passages intéressants en constatant l'agréable surprise d'un texte encore d'actualité.

 

  • ℒ𝒶 𝓅𝓇𝑒𝓂𝒾è𝓇𝑒 𝑔𝑜𝓇𝑔é𝑒 𝒹𝑒 𝒷𝒾è𝓇𝑒 𝑒𝓉 𝒶𝓊𝓉𝓇𝑒𝓈 𝓅𝓁𝒶𝒾𝓈𝒾𝓇𝓈 𝓂𝒾𝓃𝓊𝓈𝒸𝓊𝓁𝑒𝓈 de Philippe Delerm : de même, une relecture agréable et profitable de ce petit classique.

 

  • ℰ́𝓁𝑜𝑔𝑒 𝒹𝑒𝓈 𝒻𝒾𝓃𝓈 𝒽𝑒𝓊𝓇𝑒𝓊𝓈𝑒𝓈 de Coline Pierré : là aussi une relecture.

 

  • ℒ'𝒶𝓇𝓉-𝓉𝒽é𝓇𝒶𝓅𝒾𝑒 de Jean-Pierre Klein : un essai qui date de 1997 que j'ai parcouru en m'arrêtant seulement sur quelques paragraphes qui m'intéressaient. J'ai trouvé l'ensemble un peu verbeux et complexifiant.

 

  • 𝒶 𝒸𝒽𝒶𝒾𝓇 𝒹𝑒𝓈 𝒶𝓊𝓉𝓇𝑒𝓈 de Claire Berest : une sorte de compte-rendu, entre introspection et enquête, du procès des viols de Mazan, dont Claire Berest a suivi les audiences pour Paris Match. Une réflexion sur le mal, l'inculture du consentement, le fait divers. Très intéressant et fluide à lire. Mais pas anodin dans certains détails rapportés évidemment.

 

  • ℒ𝒶 𝓋𝒶𝓁𝓈𝑒 𝒹𝑒𝓈 𝓅𝑒𝓉𝒾𝓉𝓈 𝓅𝒶𝓈 de Claire Renaud : un roman choral très fluide, d'une écriture maîtrisée, qui dresse des portraits de couples attablés un soir dans un bistrot parisien. En fil rouge, les réflexions énamourées du barman, Cyril, qui en pince pour la serveuse, Marion. Un huit-clos qu'on imagine facilement adaptable au théâtre ou au cinéma, avec des chapitres qui s'enchaînent comme des feux de projecteurs dirigés tout à tour sur les pensées de tel ou tel personnage. L'un dit des mots d'amour, d'autres se disent adieu. Au rythme des entrées, plats et desserts, nous captons des bribes de vie teintées de doutes, d'attentes, d'élans et d'espoirs.

 

 

Pour qu'une histoire accroche vraiment l'attention de l'enfant, il faut qu'elle le divertisse et qu'elle éveille sa curiosité. Mais, pour enrichir sa vie, il faut en outre qu'elle stimule son imagination ; qu'elle l'aide à développer son intelligence et à voir clair dans ses émotions ; qu'elle soit accordée à ses angoisses et à ses aspirations ; qu'elle lui fasse prendre conscience de ses difficultés, tout en lui suggérant des solutions aux problèmes qui le troublent.

Publié le 6 Avril 2026

100 idées pour pratiquer la bibliothérapie

Ce livre est une sorte de guide pratique destiné aux soignants, thérapeutes, professionnels de l'enfance et du livre, qui souhaitent utiliser la bibliothérapie pour accompagner enfants et adultes et compléter leur "boîte à outils" du bien-être. Il a été rédigé par Marine Nina Denis, une professionnelle du livre formée à la sophrologie, à la bibliothérapie et à l'accompagnement des personnes en fin de vie ou endeuillées. Elle se propose ici de présenter les bienfaits de la lecture tout au long de la vie, revient brièvement sur l'histoire de la bibliothérapie et propose des pistes pratiques pour utiliser la lecture et l'écriture comme outils de médiation bibliothérapeutique, notamment envers les jeunes enfants et les seniors.

 

J'ai trouvé que ce livre était une vraie porte d'entrée dans l'univers de la bibliothérapie. On y trouve des informations claires, structurées, concises, pratiques (parfois trop pour la professionnelle que je suis déjà) et quelques exemples de mise en œuvre bienvenus. Il s'apparente à un condensé de micro-formation. Tout ne m'a pas été utile, notamment toute la partie sur la littérature jeunesse et l'accompagnement des enfants que je maîtrise déjà, mais j'ai été sensible à certains éléments comme l'accompagnement des personnes âgées, la sophrologie, la conduite d'un atelier. Sans parler d'ordonnance universelle, on peut apprécier quelques références semées au fil des pages en fonction des publics et des émotions : encourager la lecture de L'alchimiste de Paulo Coelho pour un adulte en quête de sens, celle de L'écume des jours de Boris Vian en cas de chagrin d'amour, celle de Max et les maximonstres de Maurice Sendak pour un enfant en proie à de la colère, ou encore celle de La naissance du jour de Colette pour aborder la peur de vieillir. Bref, le livre comme outil de lien, d'expression et de soin. ₊˚⊹♡