Publié le 3 Octobre 2026

𝑀𝑒𝑟𝑐𝑖 𝑎̀ 𝑙𝑎 𝑚𝑎𝑖𝑠𝑜𝑛 𝑀𝑖𝑗𝑎𝑑𝑒 𝑝𝑜𝑢𝑟 𝑙𝑒 𝑝𝑎𝑟𝑡𝑎𝑔𝑒 𝑑𝑒 𝑐𝑒𝑡 𝑎𝑙𝑏𝑢𝑚.

 

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Un après-midi sans écran

Après avoir exploré la poésie de la patience, on découvre une autre facette de l'enfance avec Un après-midi sans écran d'Estelle Meens, également publié aux éditions Mijade. Cet album est une invitation joyeuse et vivifiante à bousculer les habitudes de nos petits connectés.

 

L'intrigue nous plonge dans le défi d'un samedi privé de technologie. Deux enfants sont invités par leurs parents à laisser de côté leur console et leur télé et à faire face au vide de leur journée. Mais leur désarroi ne dure qu'un instant. Dès que leurs pieds franchissent le seuil de la maison, la nature devient le plus fantastique des terrains de jeu. Une simple balade prend des allures d'épopée sauvage où l'on croise des crocodiles, une rivière de lave, un vaisseau spatial ou encore une baguette magique.

 

Cet album célèbre la force de la mise en mouvement et de la complicité. Le graphisme à la fois doux et expressif insuffle de l'énergie. Les dialogues montrent avec justesse qu'il suffit de presque rien pour réveiller la créativité endormie des enfants.

 

Et chez vous, quel est l'espace (un parc, une forêt, un bout de jardin) ou le jeu tout simple qui réussit à coup sûr à faire oublier les tablettes ?

 

Un après-midi sans écran
Un après-midi sans écran
Un après-midi sans écran

Publié le 2 Octobre 2026

𝑀𝑒𝑟𝑐𝑖 𝑎̀ 𝑙𝑎 𝑚𝑎𝑖𝑠𝑜𝑛 𝑀𝑖𝑗𝑎𝑑𝑒 𝑝𝑜𝑢𝑟 𝑙𝑒 𝑝𝑎𝑟𝑡𝑎𝑔𝑒 𝑑𝑒 𝑐𝑒𝑡 𝑎𝑙𝑏𝑢𝑚.

 

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Pendant qu'on attend

Avez-vous remarqué à quel point les enfants savent réenchanter le quotidien ? C'est la douce expérience que propose Pendant qu'on attend de Bee Johnson, publié aux éditions Nord-Sud (Mijade). Une lecture pleine de fraîcheur à partager avec ses enfants.

 

C'est l'histoire d'une journée ordinaire qui s'anime. Au fil des courses d'une maman, deux petites filles se retrouvent confrontées à l'attente : faire la queue au bureau de Poste, patienter au marché, attendre au passage pour piétons ou pendant que Maman prépare le dîner... Face à l'ennui qui pointe, l'imagination s'en mêle : chaque lieu devient un terrain de jeu, la rue un espace de rencontres.

 

A une époque où le réflexe de sortir un smartphone est si tentant pour occuper les petits, cet album nous invite gentiment à redécouvrir les vertus des moments suspendus. Les illustrations aux accents délicieusement rétro nous enveloppent de tendresse. Le texte chantant, tel une poésie pleine de rimes, et l'observation des détails du quotidien, concourent à nous plonger dans une bulle de déconnexion.

 

Et vous, quelles sont vos petites astuces pour apprivoiser l'attente avec vos enfant sans forcément vous tourner vers les écrans ?

 

Pendant qu'on attend

Publié le 7 Septembre 2026

Le sel de la vie
Et si, pour une fois, nous arrêtions de vouloir réussir notre vie pour enfin commencer à la goûter ? C'est l'invitation lumineuse du livre Le sel de la vie de Françoise Héritier. Pas de côté dans ses écrits anthropologiques.
 
Françoise Héritier écrit après avoir reçu une carte postale d'un ami, envoyée depuis l'île de Skye. Grand clinicien, l'homme ne vit que pour son travail, consacrant des heures à chaque patient. Il lui dit alors qu'il prend une semaine de vacances "volée" en Écosse. Françoise Héritier entreprend de lui répondre par "ce qui fait, a fait et continuera de faire le sel de ma vie".
 
Ce livre est donc une liste. Une sorte de poème en prose en hommage à la vie. Une énumération comme un "grand monologue murmuré", un "fatras hétéroclite" de petits trésors à la portée de tous dont l'autrice nous invite à célébrer l'existence : "pour que nous ne soyons pas simplement obnubilés par des buts à atteindre - des carrières à faire, des entreprises à commencer, des rentabilités à assurer - en (se) perdant de vue".
 
Dans ce fatras poétique, on croise ainsi : manger des huîtres en bord de mer ou des cerises sur l'arbre, les couchers de soleil, être éveillé la nuit quand tout le monde dort, feuilleter des albums photos, jouer avec son chat, prêter l'oreille aux autres, se gorger de fraises des bois, prendre un chemin côtier un jour de grand vent, marcher nu-pied, s'étirer et bailler, les baisers dans le cou, l'odeur des croissants chauds dans la rue, sourire à qui ne s'y attendait pas, pleurer au cinéma...
 
À la lecture de cet inventaire, j'ai immédiatement eu envie de me prêter au jeu. Pratiquant déjà le rituel du cahier de gratitude, j'ai vu dans les pages de Françoise Héritier l'ancêtre de cet exercice. Si j'ai parfois été un peu moins touchée par certaines énumérations très personnelles et par l'évocation de certaines vulnérabilités amères, la force de l'oeuvre reste intacte : elle donne une impulsion.
 
Et vous, qu'est-ce qui a fait le sel de votre vie aujourd'hui ?
 

Rédigé par Nota Bene

Publié dans #Je lis

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Publié le 4 Septembre 2026

Les premières fois

Dans le dernier album d’Astrid Desbordes et Pauline Martin, Les premières fois, on retrouve cette infinie délicatesse qui caractérise la série des Archibald. C’est un livre qui s’arrête sur ces petits riens, ces instants suspendus qui, mis bout à bout, font grandir.

 

Au détour d’une double page, l’album s’autorise une parenthèse narrative, une furtive projection dans le futur : on y aperçoit Archibald adolescent, le temps d’un instant. Cette image a fait écho en moi d’une manière très douce. Mon fils vient tout juste d’entrer au collège : j’ai vu dans la silhouette d’Archibald ses propres traits, sa coupe de cheveux et son allure nouvelle.

 

C’est toute la magie de la littérature : savoir mettre une image juste sur nos émotions silencieuses et les accompagner. Pour accepter le temps qui file, avec autant de nostalgie que de fierté.

 

Les premières fois
Les premières fois
Les premières fois
Les premières fois

Publié le 3 Septembre 2026

Le pays des étés

Après avoir refermé Que reviennent ceux qui sont loin les larmes aux yeux, j'ai voulu prolonger la magie en ouvrant le nouveau roman de Pierre Adrian Le pays des étés.

 

Ce pays, c'est son Neverland : la grande bâtisse familiale finistérienne où se croisent les générations de cousins. C'est le décor des étés immuables remplis de rires d'enfants, de serviettes de plage qui sèchent sur le fil à linge et de soirées au Café du port. Le narrateur trentenaire est au chevet de sa grand-mère et, avec elle, c'est un pan entier de souvenirs qui s'apprête à s'effondrer. Alors que les pièces se vident et que de nouveaux visages s'approprient les lieux, la mise en vente de la maison sonne le deuil de ceux que lui et ses proches ont été. C'est l'histoire douloureuse mais nécessaire d'une transmission qui se brise, nous forçant à regarder ce qui reste quand les murs s'en vont. Derrière ce deuil intime, l'auteur dessine aussi le basculement d'une époque, évoquant une jeunesse plus grave et inquiète pour l'avenir, en contrepoint du défilé de touristes sans gêne. Le crépuscule d'un monde.

 

Si j'ai retrouvé avec plaisir la plume élégante et feutrée de Pierre Adrian, je dois avouer que l'émotion n'a pas été tout à fait au rendez-vous. En recyclant ses nostalgies, l'auteur fige quelque peu les émotions du lecteur. Peut-être suis-je encore trop marquée par la lumière de Que reviennent ceux qui sont loin. Cette lecture m'a aussi rappelé le roman Dans la maison d'été de Karine Reysset sur le bonheur et le poids de la filiation. En résumé, une lecture douce et mélancolique comme une fin d'été.

 

Avez-vous déjà lu Pierre Adrian ? Ce nouveau roman vous tente-t-il ? Et êtes-vous, vous aussi, attachés à une maison de famille qui renferme tous vos souvenirs d'été ?

 

J'avais pensé qu'on retrouvait indéfiniment les lieux comme on les avait laissés mais c'était faux. Les lieux changeaient avec nous. Si la mort des êtres chers devait servir à quelque chose, peut-être serait-ce à cela. A accepter que tout passe, à renoncer au privilège de ce qui a toujours été. J'avais aussi le sentiment qu'en me détachant des maisons je me raccrochais davantage au pays. Ce qui comptait, après tout, c'était moins le mois d'août à la grande maison que les étés dans les abers.

Le quotidien de l'oncle, ses petites joies et ses tracas infimes, ses actualités, serait bientôt le nôtre. Le reste du monde n'existerait plus car le monde désormais commençait au Leclerc, après le bourg, et finissait dans les dunes, au bout de la presqu'île.

Les enfants arrivèrent la première semaine d'août. Ils accompagnaient des parents épuisés, enfin en vacances, qui regrettaient de ne pas les avoir confiés plus tôt à leurs grands-parents. On entendit la voiture s'arrêter devant le portail, les portières claquer, le grincement des battants qu'on tirait et le crissement des pneus sur le gravier. Je reconnu l'aboiement du chien Victor, des voix et des visages familiers qu'on libérait enfin de la captivité d'un long voyage. La paix était bel et bien terminée. Il ne serait plus possible de lire un livre après le petit déjeuner ni de faire la sieste dans le salon après le repas. J'acceptais pourtant cette joyeuse invasion. Août n'avait jamais été le mois du repos et du silence. Il s'étirait plutôt entre retrouvailles et séparation. Laisser...

... les autres entrer dans notre vie était d'un fracas épouvantable.

Mais j'ai vite compris que je pourrais (...) prier tous les saints du ciel, ça ne réparerait rien. Il faut du temps, des paroles, de l'amour.

Que resterait-il d'une trentaine d'étés passés dans la même maison ? Je pensai au mirage d'une époque où je croyais qu'ils seraient sans limite, alors que tant de choses dans la vie se comptent sur les doigts d'une main. Avant que ces souvenirs ne se dissipent, qu'ils ne jouent avec ma mémoire, je les ravivai en désordre encore une fois. L'odeur des combinaisons durcies par l'eau de mer dans l'armoire du premier étage ; le linge épais et fleuri de la chambre des enfants ; la lecture du soir alors qu'il faisait encore jour derrière les persiennes ; la petite grand-mère éveillée et inquiète, à mon chevet, une nuit de crise d'asthme ; l'orgue de Barbarie en forme de nuage accroché à l'escalier qui fredonnait La Mer de Charles Trenet.

On ne choisit pas de se séparer d'une maison ; on le fait pour que la vie continue. Alors, sans oublier le portail blanc, nous recommencerions ailleurs à féconder ces instants morts. Ailleurs, nous continuerions à recréer l'été.

J'appris plus tard, en apprivoisant l'absence, que les lieux que nous aimons nous aident à supporter un grand chagrin. Ils réparent, et la mer où qu'elle soit console. La mer console toujours.

Rédigé par Nota Bene

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Publié le 30 Août 2026

Que reviennent ceux qui sont loin

La rentrée littéraire réserve parfois de belles surprises. Attirée par la promesse du nouveau roman de Pierre Adrian, « Le pays des étés », j’ai choisi de commencer par le volume précédent : « Que reviennent ceux qui sont loin ».

 

Le récit s’ouvre sur un retour. Un trentenaire célibataire retrouve la maison de vacances familiale en Bretagne après des années d’absence. Entre les après-midi à la plage et les fêtes sur le port, ce mois d’août suspendu bascule de la lumière estivale à une confrontation brutale avec la fragilité de l’existence. Sans vouloir dévoiler le point de rupture de cette histoire, je peux dire que je referme ce livre les larmes aux yeux, bouleversée par la puissance réparatrice des mots face au drame.

 

J’ai été profondément touchée par ce décor finistérien et l’écriture classique et ciselée. L’auteur y explore avec pudeur la bascule vers l’âge adulte, la mémoire des lieux, la fragilité du bonheur… et les étés inoubliables qui continuent de nourrir le reste de la vie.

 

Si le nouveau roman de Pierre Adrian, « Le pays des étés », vous fait de l’œil parmi les nouveautés automnales, je ne peux que vous conseiller de suivre mes pas. Plongez d’abord dans « Que reviennent ceux qui sont loin » : il en vaut largement le détour.

 

Il y avait le temps qui passait et la certitude désormais que rien n’était éternel.

Sous la mansarde où j’entendais le vent siffler les nuits de gros temps, il y avait notre mémoire. Ici, combien d’enfants avaient dormi qui étaient devenus grands ?

L’unique table du salon était à leur taille [aux enfants]. Elle trônait au milieu de la pièce. Nous y avions tous joué aux cartes dans nos robes de chambre. […] Ce salon miniature était un symbole. Il indiquait que les enfants régnaient sur la grande maison.

Mais en Bretagne, dans cette terre que j’avais laissé vivre sans moi, qui n’avait pas changé, où de vieux parents se faisaient enterrer, un sentiment beau et douloureux d’appartenance émergeait désormais. Si notre pays est celui où l’on a les plus grands souvenirs, alors j’étais d’ici. Alors j’étais de cette terre entre dunes, champs et bruyères, de cette presqu’île lovée entre deux bras de mer.

Si l’on se fiait aux cartes postales rangées dans les tourniquets du Leclerc, on aurait cru qu’il ne pleuvait pas dans le Finistère.

Il fallait un paysage plus grand que nous, immuable et sur lequel les pensées inévitablement s’arrêtent.

Rédigé par Nota Bene

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