Mes 5 astuces pour trouver le temps de lire
Publié le 1 Janvier 2020
Enfant, on lisait pour passer le temps. Adulte, on n'a plus du temps à passer mais du temps à trouver. Se donner le temps de s'assoir pour lire (que ce soit un magazine ou un livre) dans un quotidien au rythme bien souvent effréné, ce n'est pas toujours l'évidence. Lire ou lire plus, c'est un effort à fournir. C'est ne pas céder à la facilité. C'est faire l'effort d'entrer dans un récit et non de le recevoir de façon passive comme par le biais d'un écran. C'est s'autoriser un moment pour soi, dans son intériorité, centré sur le dialogue entre le livre et soi. C'est s'autoriser à ne pas être pleinement disponible pour les autres pendant un temps. C'est une démarche globale qui s'anticipe et s'entretient et avant tout, bien sûr, un plaisir. Voici cinq astuces qui j'espère vous inspireront pour mettre en place des habitudes de lecture.

SE FAIRE PLAISIR AVANT, PENDANT ET APRÈS : avant de mettre en œuvre des astuces pour trouver le temps de lire, il faut être au clair sur les raisons pour lesquelles on souhaite lire. S'évader, se détendre, apprendre, se cultiver, pouvoir échanger avec des proches ou en société... Pour trouver le temps de lire, il faut être relativement motivé et avoir cerné d'où vient notre envie de lecture. Ainsi, on peut ensuite aller dans le sens de l'assouvissement de cette envie.
- AVANT : pour choisir sa prochaine lecture, pourquoi ne pas se déplacer en médiathèque ou en librairie, s'informer auprès d'un proche, dans la presse, grâce aux réseaux sociaux ou aux blogs littéraires ? Suivre des comptes inspirants sur Instagram ou des chaînes BookTube intéressantes par exemple. Lire des critiques enthousiastes attise notre curiosité. C'est valable aussi lorsqu'on se pose la question de quoi lire après une lecture coup de cœur. Rien de mieux que renouer avec la lecture en se promenant en librairie et en se faisant confiance pour choisir le livre qui nous parle à ce moment-là. C'est de toute façon l'occasion de tenir une liste d'envies dans laquelle on pourra piocher plus tard.
- PENDANT : en premier lieu, si on en ressent l'envie, ritualiser. Se mettre sous la couette ou sous un plaid dans le fauteuil le plus confortable du salon, prévoir un thé fumant, un carnet de notes pour y relever des citations... Cela aide à se rendre disponible en termes d'attention et d’émotion. Ensuite, garder en tête que l'on n'a pas à se forcer à finir si cela ne nous plait pas. Comme le dit si bien Daniel Pennac, cela fait partie des droits imprescriptibles du lecteur que de ne pas finir un livre. Ne pas se mettre la pression, donc. C'est valable aussi pour le choix de sa lecture : on peut commencer par lire un contenu léger pour commencer (qui soit court, illustré et / ou d'approche facile comme un roman dit feel good).
- APRÈS : tenir un journal de ses lectures pour se motiver en voyant la liste s'allonger, en ayant plaisir à relever en quelques mots ou phrases ses impressions. Parler de ses lectures avec ses proches ou en commentant les publications des influenceurs littéraires.
SE COUPER DES ÉCRANS : c'est une difficulté majeure aujourd'hui. Les écrans nous happent. Que ce soit la télévision qui tourne en boucle, Netflix ou les réseaux sociaux, il est bien tentant de laisser y reposer notre incertitude et notre fatigue quotidienne. Pourtant, c'est une des clés : arrêter ou au moins diminuer le temps passé devant la télévision. Chez moi, elle n'est que rarement allumée. Le soir, je file vite me mettre au lit. Mais là, c'est la tentation du smartphone à laquelle il est dur de résister. Il faut prendre sur soi, au moins à partir d'une certaine heure, et pourquoi pas essayer de faire de la chambre une no wifi zone.
SE MÉNAGER DES TEMPS DÉDIÉS : mettre en place une routine, ritualiser un moment où vous lisez, ne serait-ce qu'une page. Au petit-déjeuner, le soir avant de rejoindre les bras de Morphée, le dimanche midi pendant que le reste de la famille va au marché... peu importe !
SAVOIR IMPROVISER : la règle d'or pour cela c'est d'avoir toujours un livre sur soi. Dans la salle d'attente d'un médecin, dans les transports en commun, à la pause déjeuner au boulot quand vos collègues sont déjà partis manger... chaque moment où le réflexe contemporain serait de dégainer son téléphone, inverser la vapeur et sortir son livre de poche. Ainsi, on rationalise des moments creux et on s'évade dans l'imaginaire propre à la fiction plutôt que sur les réseaux.
LIRE AUTREMENT : lire ça peut se faire sous d'autres formes que la lecture intégrale d'un roman. On peut aussi picorer des poèmes au petit-déjeuner, écouter un livre audio en voiture, lire une histoire à son enfant avant de se coucher...
Le temps de lire est toujours du temps volé. (Tout comme le temps d’écrire, d’ailleurs, ou le temps d’aimer.) [...] Le temps de lire, comme le temps d’aimer, dilate le temps de vivre.
Si l’on devait envisager l’amour du point de vue de notre emploi du temps, qui s’y risquerait ? Qui a le temps d’être amoureux ? A-t-on jamais vu, pourtant, un amoureux ne pas prendre le temps d’aimer ? Je n’ai jamais eu le temps de lire, mais rien, jamais, n’a pu m’empêcher de finir un roman que j’aimais.
Daniel Pennac, Comme un roman