Nous sommes des animaux poétiques
Publié le 30 Juillet 2026
Suite à ma lecture du livre de Michèle Petit intitulé Éloge de la lecture, j'ai poursuivi ma découverte de cette anthropologue étudiant les pratiques de lecture et la relation à la culture écrite avec son ouvrage Nous sommes des animaux poétiques. Elle montre comment la lecture permet de "s'accorder" à soi-même et aux autres, un besoin vital pour les publics en difficulté comme les exilés, les ruraux ou les rescapés d'attentats. Mais cette réparation ne s'arrête pas à l'humain : pour Michèle Petit, la lecture permet de s'accorder plus largement au monde, au ciel, aux astres, aux océans et aux forêts. Il est question de la beauté qui permet de transfigurer le pire après des temps tragiques, de transmission culturelle, de la façon dont on habite le monde, des rêves qui nous constituent. Elle parle aussi des bibliothèques comme lieu de vivre ensemble. Elle évoque la pandémie de 2020 par le prisme des lecteurs. Enfin, elle clôt son propos en comparant le livre à une fleur, 𝓊𝓃 𝒹ℯ𝒽ℴ𝓇𝓈 𝓆𝓊𝒾 𝓇ℯ𝓃𝒹 𝓁ℯ 𝒹ℯ𝒹𝒶𝓃𝓈 𝒽𝒶𝒷𝒾𝓉𝒶𝒷𝓁ℯ.
Lire, s'approprier des livres, c'est retrouver l'écho lointain d'une voix aimée dans l'enfance, l'appui de sa présence charnelle pour traverser la nuit, affronter le noir et la séparation.
Lire, écrire, contempler des oeuvres d'art, prendre part à un atelier artistique ou littéraire, c'est comme marcher sur la plage (...). Cela permet de donner libre cours à la rêverie, de relancer et accueillir cette pensée inventive, de trouver cette conversation, ce dialogue inspirant.
Comme les jardins, peut-être les bibliothèques sont-elles des fragments d'utopie.
Il est vrai que d'un livre lu ou d'un bouquet, il reste très peu. Tout aussi peu d'une exposition de peinture, d'une histoire qu'on nous a racontée, d'une promenade le long d'un rivage, d'une nuit passée à danser. Tout cela s'envole. Au mieux demeurent quelques traces que nous gardons parfois en nous la vie durant (...).
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