Petite philosophie de la sieste

Publié le 3 Août 2026

Petite philosophie de la sieste

Après ma lecture appréciée de Petite philosophie de la mer, je me suis lancée dans la lecture du titre le plus récent de cette même collection Petite philosophie de la sieste. Dans notre monde au tempo effréné, Sébastien Spitzer s'applique à démontrer que s'assoupir est un acte de résistance politique.

 

En convoquant la science, l'histoire, la littérature et bien sûr la philosophie, l'auteur y explore le sommeil sous trois angles : le respect de nos rythmes biologiques, la gestion de l'ennui et le réveil de la créativité. L'auteur nous fait voyager de la sieste latine à l'ombre des cyprès à la power nap américaine en passant par le sommeil de midi chinois, l'esprit frondeur d'Alexandre le bienheureux et le temps calme loué par Victor Hugo, pour évoquer le corps régénéré, le sens de la vie, le capitalisme, l'insomnie et le sommeil biphasique, l'oisiveté, l'interdit, le temps qui passe, l'apaisement.

 

Cet ouvrage léger et percutant offre un plaidoyer pour la déconnexion et le lâcher-prise. L'auteur clôt son propos en nous rappelant avec malice que pour être pleinement éveillé au monde, il faut peut-être d'abord accepter de fermer les yeux.

 

Le corps a du métier. C'est le meilleur des médecins. Et le temps d'une sieste il peut faire des miracles.

La sieste nous arrache à la boue des soucis du quotidien, des douleurs - elle nous suspend au-dessus d'eux. Nous nous allongeons dans le hamac pour mieux nous élever.

On ne naît pas femme, écrivait Simone de Beauvoir, on le devient. On ne naît pas parent non plus. On apprend à le devenir avec l'aide de l'enfant. Et aussi, avouons-le, grâce au répit de la sieste.

La grande vertue de la sieste scientifiquement prouvée, c'est qu'elle tend une main invisible au génie de l'intuition.

Rédigé par Nota Bene

Publié dans #Je lis

Partager cet article

Commenter cet article