Publié le 16 Mars 2020

Comme je le disais en janvier dernier, une librairie c'est une grotte pleine de trésors, de laquelle mon petit cœur de lectrice ne ressort pas indemne et de laquelle mes mains ont du mal à ressortir vides. Un passage en librairie c'est l'occasion de craquer... ou pas. Voici un aperçu de ce que j'ai feuilleté lors de ma dernière incursion, qui risque d'être la dernière avant de bien longues semaines ! #coronavirus

 

 

 

  J'ai bien aimé :

 

Mon gros chat de Pauline Martin : un album tout juste édité par Albin Michel jeunesse et à découvrir à partir de 3 ans environ. "Mon gros chat n'aime pas..." est le refrain qui introduit chaque déclaration de l'inventaire fait par sa maîtresse. Ce matou n'aime ni les fleurs, ni les mouches, ni les papillons... mais la petite fille semble supporter avec flegme et tendresse son animal de compagnie. Le lecteur la suit tout au long de la journée au jardin, dans la cuisine, à l'étage... et c'est à la toute fin que l'on comprend qu'elle lui a organisé une fête d'anniversaire et que si son gros chat déteste tout c'est parce qu'il n'aime qu'elle ! Mentionné dans cet article pour les illustrations toujours aussi mignonnes de Pauline Martin.

 

 

 

Regarde papa d'Eva Montanari : un album sur le besoin d'attention paru le mois dernier chez Thierry Magnier qui raconte l'histoire de Petit Ours, pressé de se lever car aujourd'hui c'est jour de fête en ville. Mais Papa Ours a du travail, il faut patienter. Une fois dehors, Petit Ours est émerveillé par les acrobates et les jongleurs mais Papa Ours reste les yeux rivés sur son téléphone... Un récit presque sans paroles mais qui dit beaucoup de son époque et de l'importance de lever les yeux de son écran pour profiter de beaux moments. Des illustrations adorables aux tonalités douces.

 

 

 

 

   Je suis tombée sous le charme de :

 

Miss Mouche de Ziggy Hanaor et Alice Bowsher : un album tout juste paru qui présente en noir sur fond blanc, avec des touches de jaune orangé, l'histoire d'une petite mouche qui vole en zig-zag par une belle journée d'été et se retrouve alpaguée par divers volatiles qui critiquent sa façon d'avancer. Merle, Héron, Faucon... tous se permettent de donner leur avis sur la meilleure façon de voler. Le petit lecteur peut s'amuser à suivre du doigt les itinéraires matérialisés par des pointillés. Au fil des rencontres, la petite mouche pleine de bonne volonté pour adapter sa façon de voler se désole de ne pas y arriver et s'énerve. Jusqu'à ce qu'elle rencontre un animal qui lui permet enfin de voler de ses propres ailes ! Et si la meilleure façon de voler, c’était la sienne ? Humour et bienveillance à proposer dès 3 ans ! Paru chez Nathan.

 

 

 

Les esprits de l'escalier de Clémentine Beauvais et Gérald Guerlais : un album pour les plus grands (primaire) paru en janvier dernier chez Sarbacane, avec de belles illustrations au charme parisien et un texte humoristique à souhait. Un fantôme hante les escaliers d'un vieil immeuble depuis 118 ans. Un beau jour, une jeune fille qui vient de décéder arrive. Il tombe sous le charme et se languit d'amour mais n'arrive pas à trouver les mots pour le lui dire. Sa répartie lui vient toujours avec un bon train de retard ! Cela donne lieu à de jolis jeux de mots et des situations cocasses. Une adorable comédie romantique !

 

 

 

 

    Je suis repartie avec :

 

Dinogommettes de Peggy Nille (que je viens de découvrir grâce à Lily cherche son chat) et qui sera bien apprécié dans les jours à venir pour occuper mon loulou en ces temps de confinement. L'album paru chez Actes sud en octobre dernier sera bientôt chroniqué sur le blog ! J'ai également acheté Mes docs à coller : L'espace de chez Milan (pour les 4-7 ans).

 

 

 

Et vous, vos dernières trouvailles ?

 

Publié le 11 Mars 2020

Splatch !

Dans un grand fond bleu outremer, un éléphant tombe doucement, bientôt suivi par une girafe, puis une vache, un lion, un panda… Mais que se passe-t-il ? Le déluge ? Une catastrophe ? Un zoo est-il tombé à l’eau ? L’arche de Noé aurait-elle fait naufrage ? Pas du tout, car les plongeurs n’ont pas des têtes de noyés ennuyés. Ils ont l’air de bien s’amuser, au contraire, et de goûter la chaleur des eaux, et la quiétude de ce lieu enchanteur. Mais une surprise les attend… c'est au tour d'un animal bien particulier de les rejoindre. Puis apparaissent de nouveau de drôles de pattes... À qui appartiennent-elles, cette fois ? Un album plein de malice paru en 2015 à L'école des loisirs qui propose une chute simple et efficace ! Pour des petits de 2 ans environ. S'y croise les thématiques des animaux, de la propreté et du jeu. Amusant.

 

Publié le 10 Mars 2020

La vie en confettis

Comment ne pas rester les mains suspendues quelques secondes au-dessus du clavier avant de commencer la critique du premier roman d'Hélène Vergé ? J'espère être à la hauteur du plaisir que j'ai eu à le lire. Le premier roman d'Hélène Vergé, l'une des révélation du podcast Primo de Robert Laffont et Nouvelles écoutes, c'est un mélange de la folie inventive d'un Boris Vian ou d'un Mathias Malzieu, de l'humour d'une Louise Rennison (j'ai été fan de son héroïne Georgia Nicolson, à une époque) et de la fantaisie mélancolique d'un Olivier Bourdeau ! La vie en confettis c'est un roman qui brille de ses paillettes d'inventions littéraires saupoudrées au fil des pages. C'est l'histoire crépitante d'une enfant qui devient adolescente. C'est l'histoire de Valentine, fille de ses deux volatiles de parents.

Ça m'a frappée comme une évidence : mes parents, c'était un couple d'oiseaux des îles, un peu tarés mais sympas. C'était deux inséparables, un pingouin tombé amoureux d'un rouge-gorge.

C'est l'histoire d'une jeune fille qui va devoir composer avec l'arrivée tardive d'un petit frère et d'une famille qui va devoir faire de même avec ses secrets. Avant d'aller plus loin, il faut que je vous dise : quand les mots d'un auteur s'apparentent à des bonbons "𝒓𝒆𝒎𝒑𝒍𝒊𝒔 𝒅𝒆 𝒑𝒐𝒖𝒅𝒓𝒆 𝒅𝒆 𝒄𝒊𝒕𝒓𝒐𝒏 𝒆𝒕 𝒄𝒓𝒊𝒔𝒕𝒂𝒖𝒙 𝒅𝒆 𝒔𝒖𝒄𝒓𝒆 𝒒𝒖𝒊 𝒄𝒓𝒆́𝒑𝒊𝒕𝒆𝒏𝒕 𝒆𝒕 𝒇𝒓𝒐𝒖𝒇𝒓𝒐𝒖𝒕𝒆𝒏𝒕 𝒅𝒂𝒏𝒔 𝒍𝒂 𝒃𝒐𝒖𝒄𝒉𝒆" j'ai ma vocation de carnettiste de citations qui se réveille. Je prends note, je post-it, je prends en photo, je gribouille, peu importe : ce qui est essentiel mais néanmoins voué à l'échec est ne pas louper une goutte de ce nectar littéraire. Alors voilà, je vous demande par avance de pardonner ma boulimie de citations. À ma décharge, elles sont pour moi le gage d'un véritable cup de ceur. Avec Hélène Vergé, j'ai été transporté. J'ai découvert qu'on pouvait attraper un coucher de soleil, qu'on pouvait énormir, glouglouter, boire ses inquiètudes, écouter un silence mal raconté, qu'un garçon pouvait nous émoustimouiller.

 

Au-delà des absurdités poétiques du langage de Valentine, elle n'en reste pas moins une jeune fille qui va traverser un épisode doux-amer de sa vie. En effet, fille unique depuis une bonne décennie, elle se plaît dans sa relation plutôt fusionnelle avec ses parents. Un beau jour, elle est étonnée d'apprendre qu'un locataire a élu domicile dans le ventre de sa mère. Elle est loin d'en être ravie et réagit comme si elle avait 3 ans : en faisant sa mauvaise tête et son bébé. Quelques mois plus tard, trop tôt, naît Pierre, trop frêle. La vague de bonheur qui submergeait ses parents quelques semaines plus tôt s'est étiolée sur une plage de silence : son père n'a jamais été si préoccupé et sa mère si triste. Pierre reste de longs jours à l'hôpital. Cette naissance réveille un drame qui rend sa mère folle de chagrin. Valentine souhaite alors rétablir la situation. Mais pour cela, est-elle prête à commettre l'irréparable ? Entre l'ambiance dépressive qui règne chez elle et les histoires de cœur à gérer au collège, elle trouvera parfois quelques bouffées d'air frais en compagnie du gardien de son immeuble. Finalement, armée de sa gouaille et de sa combative naïveté, elle va réussir à briser le silence de ses parents et le sien pour restaurer l'équilibre familial. Bien que le lecteur puisse deviner avant Valentine ce qui s'est passé pour ses parents une dizaine d'années plus tôt, j'ai adoré l'histoire et le récit des événements fait par Valentine. Son langage est moderne et familier comme le serait celui d'une ado d'aujourd'hui mais si bien mâtiné de loufoquerie qu'il marque tout le récit de sa singularité. Des arcs-en-ciel transparaissent dans chaque expression utilisée pour le plus grand bonheur du lecteur qui se plaît à imaginer les cheveux roses de la maman et la barbe sauvageonne du papa. Valentine grandit et passe du statut de fille unique à grande sœur soudain responsable de plus que sa propre vie puis à jeune fille en fleurs, se laissant goûter par un finalement charmant garçon. Mais chuuut, ne pas trop en dire pour ne pas vous gâcher le plaisir. En tout cas, le récit n'est pas si anodin qu'il y paraît et les ressorts psychologiques des personnages sont travaillés comme de la dentelle. Hélène Vergé réussi le tour de force de nous faire rire au fil d'une histoire pourtant dramatique. Entre grands et petits maux, parlé d'adolescente et poésie, larmes et sourires, cette lecture revigorante nous vrille les yeux et le cœur.

Si je vous raconte ma life, tous mes trésors et tous mes bleus, qu'est-ce qu'il me restera à l'intérieur après ? Comment est-ce que je pourrais supporter si une fois mon histoire finie, vous partez vous décongeler une portion d'épinards en pensant "C'est bien gentil tout ça mais j'ai la dalle" ?


𝒞𝒽è𝓇𝑒 𝒱𝒶𝓁𝑒𝓃𝓉𝒾𝓃𝑒, 𝒸𝒽è𝓇𝑒 𝐻é𝓁è𝓃𝑒,

 

Je n'ai pas eu envie de manger des épinards une fois votre livre refermé. J'ai plutôt eu envie de posséder le pouvoir de remonter le temps afin de reprendre ma lecture et goûter à vos mots comme si c'était la première fois. Ils ont une poésie qui n'a d'égale que leur drôlerie. Et maintenant que plusieurs jours sont passés, voici ce dont j'ai envie : qu'on puisse bientôt voir votre préfixe de primo-romancière s'envoler.

 

Bien à vous,

 

𝒞𝒽𝒶𝓇𝓁𝑜𝓉𝓉𝑒

 

 

 

 

 

Et maintenant, place à quelques citations :

 

Dieu a créé le changement des saisons et la météo pourrave juste pour donner de la conversation à ceux qui en manquent, histoire de glisser un alizé dans leur silence.

[...] on aurait dit deux gouttes de lune, ou deux petites fleurs rouges, enfin qu'est-ce que vous voulez que je vous dise : elle avait les plus beaux nichons du monde.

Elle avait passé la journée au parc. Le temps était merveilleux, et elle avait attrapé un ravissant coucher de soleil sur le buste qui lui rosissait la racine des seins.

Valentine, le jour où tu rêveras de prendre un petit bain de sommeil après le déjeuner et que ce sera impossible, tu seras devenue une adulte, a déclaré mon père d'un ton très solennel [...].

[...] au beau milieu de la nuit, elle a ouvert la porte très doucement pour me regarder dormir. Moi bien sûr, j'ai fait semblant de ne pas la voir. J'ai fermé les yeux hyper fort, et j'ai pris la frimousse la plus mignonne possible pour que ma rem se dise que sa fille était vraiment adorable le jour, mais aussi dans le noir. Fallait la laisser croire que je dormais à paupières serrées, elle aurait le sommeil plus facile comme ça, et elle avait tellement besoin de faire ses nuits.

- Qu'est-ce qu'il y a, maman ?
- Rien
Elle détourne le visage. Pourtant dans ce rien on sentait bien qu'il y avait quelque chose, peut-être même quelqu'un, dans ce rien qui me perçait le cœur, et le faisait si bien, ce rien aux allures d'enfance, ce petit rien , le sien.

Trésor de petite maman qui me fait croire en Dieu, car moi je vous le dis il y a du génie en elle... petite maman trésor des mondes, tes paupières mes papillons sentent le vague à l'âme...
Maman , qu'est-ce que c'est que ce rien, ce tout petit rien qui te fait tourner la tête ? Dis, maman, c'est bien vrai qu'un enfant un beau jour, il vous met le cœur en cendres ? Dis, maman, quoi, tu pleures encore plus fort, ça glougloute, tu me fais signe de partir, c'est encore ce rien ? C'est ce petit rien de six lettres qui me prend toute ma mère ? Dis, maman, un jour tu le laisseras sur le bord de la route ce nouvel amant qui te fait des marécages sous les cils, et les yeux couleur tisane d'argent ?

Pour une fois dans ma vie, on ne m'avait pas menti. J'avais capté la féerie. Avec le petit Méchouis, j'ai réalisé, les fins fonds de mon ventre pouvaient être une niche à diamants. De tous ses bras Edwin m'a enveloppée comme un nuage. À nouveau mes sexybulles ont ruisselé de perles, et Edwin, l'a lapé toutes mes perles comme si dans chacune d'elles il y avait un monde à sauver.

Comme moi, j'crois qu'il n'en revenait pas, il avait la bouche rose planète.

Ma rem n'a pas du tout eu la réaction que j'attendais. Elle m'a prise dans ses bras sans dire un mot, et elle a truffé son nez dans mon cou. Sa peau, ce glaçage de fleurs, tout un monde langoureux somnolait en dessous. En un instant, mon chagrin a fraîchi. Ma mère avait vraiment quelque chose, ça lui venait sûrement des roses.

Un clin d'oeil à Dany Brillant ici ?

Rédigé par Nota Bene

Publié dans #Je lis

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Publié le 9 Mars 2020

Merci aux éditions Hélium pour le partage de cet album

 

qui vient de sortir en librairie

 

 

 

Tout et ses contraires

Voici un album à destination des enfants ni trop petits, ni trop grands, encore moins immenses. Il est à lire de façon ni trop rapide, ni trop lente, disons... tranquillement. Il s'agit d'être concentré et non distrait ou rêveur. On peut le découvrir seul, à deux ou ensemble. Il permet d'appréhender les notions d'envers et endroit, d'équilibre et de déséquilibre, du même, du presque pareil et du différent...

 

Cet album sur le thème des contraires coédité par les éditions Hélium et la Cité des sciences et de l'industrie de Paris est ludique car il invite le petit lecteur à soulever les rabats, deviner les mots de vocabulaire correspondants aux illustrations, anticiper les scènes à venir. Il offre un bon moment à partager entre petits et grands pour amener les jeunes enfants à s'approprier le monde qui les entoure, en mettant des mots sur leurs perceptions. Les couleurs vitaminées utilisées par Delphine Chedru dans cet album cartonné renforcent ici le rôle structurant de la perception des contraires. Pour autant, sont introduites aussi les notions de finesse et de nuance. La logique binaire petit/grand est relativisée par l'ouverture d'un volet qui introduit le mot "immense". De même pour visible/invisible... et caché ! Comme le soulignent les organisateurs de l'exposition Contraires qui vient de s'ouvrir à la Cité des sciences et de l'industrie : "Accompagnés par des adultes dans cette découverte, les enfants ajoutent bientôt à leur capacité de construire des catégories, celle d’en questionner les contours. Dialoguer avec les petits sur la thématique des contraires est une occasion de penser avec eux la relativité des perceptions et des mots. Les adjectifs grand/petit, lourd/léger, fort/faible ne désignent pas une réalité en soi mais sont de précieux outils de comparaison. Une miette de pain est légère pour l’homme et lourde pour la fourmi. Invités à changer de point de vue, les enfants renforcent leur capacité à se mettre à la place de l’autre et à développer leur sens de l’empathie." Un livre et une exposition à découvrir sans hésiter !

 

 

 

 

Publié le 7 Mars 2020

Opaque et Opaline

Voici un album découvert par hasard au détour des rayonnages d'un espace culturel et dont le nom de l'auteur a tout de suite attiré mon attention : il s'agit d'Alex Vizorek, humoriste sévissant notamment sur France inter. Écrire une histoire pour enfant est pour lui une première. Elle a été produite dans le cadre du podcast Une histoire et... Oli de France Inter, une série de contes pour les enfants de 5-7 ans. Vous pouvez donc retrouver l'histoire des chevaux de cirque Opaque et Opaline racontée par Alex Vizorek et quelques uns de ses compères en ligne sur le site de la radio. La mise en voix et en bruitages est plutôt réussie et c'est un plus que de pouvoir proposer à un enfant de feuilleter l'album en autonomie, en écoutant le récit en parallèle. Mais revenons-en à cette histoire éditée chez Michel Lafon et illustrée par Karo Pauwels : Opaque et Opaline sont deux chevaux travaillant dans un cirque et dont le numéro est le clou du spectacle. Pour autant, ils ne s'apprécient pas, pour la simple raison que l'une est blanche et l'autre noir. Monsieur Loyal trouve bien dommage leur comportement et décide de remédier au climat tendu en jouant un tour aux deux équidés. Il fait venir un nouvel animal au sein de la troupe et informe les chevaux qu'ils formeront désormais un trio. Opaque et Opaline se retrouve totalement surpris par le nouvel énergumène car il ne s'agit ni d'un cheval blanc, ni d'un cheval noir. Ils font la connaissance de Code-barres, un quadrupède venu d'Afrique. Cet inconnu va finalement rapprocher les deux bourriques... tant et si bien qu'Opaline donnera bientôt naissance à un poulain. Et à votre avis, de quelle couleur sera ce nouveau-né ? La malice d'Alex Vizorek a ici tout le loisir de se déployer pour la bonne cause car vous l'aurez compris, il y a une morale à cette histoire. C'est d'ailleurs un caméléon qui nous la livrera en dernière page : "[...] la couleur, on s'en fout, non ?" (c'est bien vu mais dommage pour le langage familier). Alex Vizorek met évidement un point d'honneur à prôner la tolérance afin de déjouer les pièges du racisme dès le plus jeune âge. Bon sens, humour et bons mots font de cette histoire un album à ajouter à nos bibliographies sur les représentations et l'explication des différences. Non seulement on y aborde le racisme mais on explique aussi ce qu'est le métissage et l'amour interculturel. On ne peut que s'empresser de le découvrir et de le partager autour de soi.

 

Opaque et Opaline
Opaque et Opaline

Publié le 6 Mars 2020

Lily cherche son chat : cherche et trouve autour du monde

Voici un album grand format de chez Nathan à découvrir vers 4 ans. Ludique, il permet à la manière du célèbre Où est Charlie ? de chercher certains éléments de décor et des personnages dans les illustrations proposées. Mon fils a adoré se prêter au jeu !

 

🐈

 

Lily entreprend de chercher Mia, son chat, qui semble être parti à l'aventure. C'est le prétexte à la découverte de différents univers et pays : de l'île de Madagascar au Pérou en passant par le Japon et l'Inde ou encore la Russie. Durant son périple, Lily fait la rencontre de compagnons et demande de l'aide au lecteur. Ainsi, il participe à la lecture en ayant pour mission de repérer certains éléments : quatre noix de coco, six bananes, la clé d'un palais, des traces de pattes laissées par Mia... C'est une bonne manière de développer l'observation fine, d'apprendre à manier les chiffres et d'enrichir son vocabulaire tout en s'amusant. On y apprend par exemple à repérer différentes espèces d'animaux : un flamand rose ce n'est par la même chose qu'un canard à col vert ! Les illustrations sont justement très joliment colorées et riches de détails à déceler, sans pour autant saturer la capacité d'observation des plus petits. On s'y sent bien, comme dans un tableau du Douanier Rousseau. Peggy Nille, grâce à cet album amusant et instructif, nous fait magnifiquement voyager à travers le monde et ses diversités. Une merveille.

 

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Pour feuilleter le début de l'ouvrage c'est par ici.

Il existe aussi Lily mène l'enquête : cherche et trouve dans Paris

et Lily en reportage : cherche et trouve à New York

et la meilleure des nouvelles c'est que

Je compte les animaux de la ferme sort ce mois-ci chez Actes sud !