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Publié le 16 Novembre 2011

Depuis le temps que je voulais lire cet ouvrage !

Depuis mon année de préparation au CAPES, pour tout vous dire.

 

Couverture de Des livres d'enfants à la littérature de jeunesse

 

 

La quatrième de couverture :

 

"Talentueuse et imaginative, portée par des médiateurs enthousiastes, reconnue par l'école et l'université, séduisant des publics toujours plus larges, la littérature de jeunesse est aujourd'hui une littérature majeure. Son histoire remonte au milieu du XIXe siècle, lorsque l'alphabétisation massive et le développement des techniques d'impression permirent son émergence. Deux libraires-éditeurs, Louis Hachette et Pierre-Jules Hetzel, réinventent un genre, encore très dépendant de l'école et de la religion, et publient des romans pour les enfants signés par la comtesse de Ségur ou Jules Vernes. La littérature de jeunesse était née et avec elle l'enfant-lecteur. Christian Poslaniec nous guide dans cette histoire touffue qu'il parsème de petits cailloux blancs : Babar, les Albums du Père Castor, Le club des 5, Les Contes du chat perché, Harry Potter..."

 

 

Sommaire :

 

  • Ouverture : Variations graphiques sur Le Petit Chaperon rouge
  • Chapitre 1 : Premiers auteurs pour enfants
  • Chapitre 2 : L'avènement de la littérature de jeunesse
  • Chapitre 3 : Les explorateurs du XXe siècle
  • Chapitre 4 : Une littérature majeure
  • Témoignages et documents

 

Mon avis :

 

Réalisé en partenariat avec la BNF à l'occasion de l'exposition Babar, Harry Potter et Cie : livres d'enfants d'hier et d'aujourd'hui, ce livre nous présente un panorama de l'évolution du livre jeunesse. Clairement documenté et richement illustré, cet ouvrage "grand public" est selon moi une référence. Christian Poslaniec nous fait voyager des débuts du livre pour enfants du XVIIIe siècle à la profusion de la littérature jeunesse d'aujourd'hui en passant par l'essor étroitement lié à celui de l'école du XIXe siècle.

On y retrouve des références sur lesquelles s'attarder (ou pas) au fil des pages : Charles Perrault, Jules Verne, Enid Blyton, Roald Dahl, Tomi Ungerer... Christian Poslaniec souligne et analyse des événements sociaux, politiques et économiques qui ont permis l'évolution de la place accordée à l'enfant dans la société française ainsi que le développement de la littérature jeunesse. En tant que lecteur, cet ouvrage nous permet de faire des liens entre les auteurs, les personnages référents mais aussi les éditeurs de différentes époques.

 

Bref, à parcourir, à lire, à dévorer même !

 

 

Pour finir, quelques anecdotes piochées au fil des pages :

 

  • En 1853, Hachette ouvre la première "librairie de gare". Pour alimenter ces points de vente qui dépasseront le millier quelques années plus tard, il crée la "Bibliothèque des chemins de fer". Celle-ci comprend six genres différents, chacun reconnaissable à sa couleur de couverture (bleue pour l'agriculture et l'industrie, jaune pour la littérature étrangère, rouge pour les guides de voyage...). Avec la parution du premier reccueil de textes de Sophie de Ségur, le succès est tel que Louis Hachette décide de créer une véritable collection pour la jeunesse : la "Bibliothèque rose".

 

  • L'une des premières préoccupations de Jules Ferry fut la lecture : son apprentissage mais aussi son aspect ludique. Un arrêté de 1915 précise alors que "l'armoire-bibliothèque" fait partie du mobilier obligatoire d'une salle de classe.

 

  • Caroline Quine, l'auteur supposé des romans de la série Alice (de la Bibliothèque verte) était en réalité le pseudonyme d'un collectif d'écrivains américains !

 

  • En France, la littérature étrangère représente aujourd'hui la moitié de la production jeunesse. Pour autant, les oeuvres françaises intéressent de plus en plus d'éditeurs étrangers. Deux exemples récents en témoignent : 35 kilos d'espoir d'Anna Gavalda et Tobie Lolness de Timothée de Fombelle.

 

 

Poslaniec, Christian.

Des livres d'enfants à la littérature de jeunesse

Ed. Gallimard

Coll. Découvertes Gallimard

2008/127 p.

 

 

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Publié le 17 Juillet 2011

Acheté en librairie il y a quelques temps...

 

Comme un roman

 

 

La quatrième de couverture :

Les droits imprescriptibles du lecteur

  1. Le droit de ne pas lire
  2. Le droit de sauter des pages
  3. Le droit de ne pas finir un livre
  4. Le droit de relire
  5. Le droit de lire n'importe quoi
  6. Le droit au bovarysme (maladie textuellement transmissible)
  7. Le droit de lire n'importe où
  8. Le droit de grappiller
  9. Le droit de lire à haute voix
  10. Le droit de nous taire

 

Mon avis :

Je connaissais bien sûr les Droits imprescriptibles du lecteur (la preuve). Mes préférés sont d'ailleurs le 3, le 5, le 6, le 7 et le 9. Mais je n'avais jamais eu entre mes mains l'essai dans son intégralité. Ce n'est plus le cas désormais et je suis plutôt contente d'avoir lu le texte de Daniel Pennac non seulement avec mon regard de lectrice mais aussi mon regard de professionnelle du livre et de l'éducation.

En effet, ce professeur de Lettres porte ici un regard critique sur la vision que les adultes ont de la lecture et nous livre ses pensées sur les phénomènes qui font que les jeunes ne liraient plus. De son expérience de lecteur mais aussi de fils, de père et de professeur, Daniel Pennac nous livre un manifeste pour l'amour de la lecture. Il évoque la prime enfance et le plaisir de s'endormir bercé par une histoire puis l'adolescence et ses fameuses presciptions scolaires.

L'essai est divisé en quatre parties :

  1. Naissance de l'alchimiste
  2. Il faut lire (le dogme)
  3. Donner à lire
  4. Le qu'en-lira-t-on (ou les droits imprescriptibles du lecteur)

 

J'ai dévoré ce livre sans sauter de pages ni de lignes. Avec humour, perspicacité et tendresse, l'auteur désacralise la lecture et nous invite à réfléchir à la manière pédagogique de l'appréhender en tant que parents et enseignants. Les trois premiers chapitres sont finalement aussi intéressants - si ce n'est plus - que les développements des reconnus droits du lecteur. Mention spéciale pour l'avis au lecteur : "On est prié (je vous supplie) de ne pas utiliser ces pages comme instrument de torture pédagogique." Ah ? Dommage...

 

Extraits :

 

  • "Ainsi découvrit-il la vertu paradoxale de la lecture qui est de nous abstraire du monde pour lui trouver un sens." (p. 19)

 

  • "Seulement, nous autres "pédagogues" sommes usuriers pressés. Détenteurs du Savoir, nous le prêtons contre intérêts. Il faut que ça rende. Et vite ! Faute de quoi, c'est de nous-mêmes que nous doutons." (p. 55)

 

  • "Une seule condition à cette réconciliation avec la lecture : ne rien demander en échange. Absolument rien. N'élever aucun rempart de connaissances préliminaires autour du livre. Ne pas poser la moindre question. Ne pas donner le plus petit devoir. Ne pas ajouter un seul mot à ceux des pages lues. Pas de jugement de valeur, pas d'explication de vocabulaire, pas d'analyse de texte, pas d'indication biographique... S'interdire absolument de "parler autour". Lecture-cadeau. Lire et attendre. On ne force pas une curiosité, on l'éveille. Lire, lire, et faire confiance aux yeux qui s'ouvrent, aux bouilles qui se réjouissent, à la question qui va naître, et qui entraînera une autre question. Si le pédagogue en moi s'offusque de ne pas "présenter l'oeuvre dans son contexte", persuader ledit pédagogue que le seul contexte qui compte, pour l'heure, est celui de cette classe. Les chemins de la connaissance n'aboutissent pas à cette classe : ils doivent en partir ! Pour le moment, je lis des romans à un auditoire qui croit ne pas aimer lire. Rien de sérieux ne pourra s'enseigner tant que je n'aurai pas dissipé cette illusion, fait mon travail d'entremetteur." (p. 140-141)

 

  • "Chères bibliothécaires, gardiennes du temple, il est heureux que tous les titres du monde aient trouvé leur alvéole dans la parfaite organisation de vos mémoires (comment m'y retrouverais-je, sans vous, moi dont la mémoire tient du terrain vague ?), il est prodigieux que vous soyez au fait de toutes les thématiques ordonnées dans les rayonnages qui vous cernent... mais qu'il serait bon, aussi, de vous entendre raconter vos romans préférés aux visiteurs perdus dans la forêt des lectures possibles... comme il serait beau que vous leur fassiez l'hommage de vos meilleurs souvenirs de lecture ! Conteuses, soyez - magiciennes - et les bouquins sauteront directement de leurs rayons dans les mains du lecteur. C'est si simple de raconter un roman. Trois mots suffisent, parfois." (p. 144)

 

  • "Parler d'une oeuvre à des adolescents, et exiger d'eux qu'ils en parlent, cela peut se révéler très utile, mais ce n'est pas une fin en soi. La fin, c'est l'oeuvre. L'oeuvre entre leurs mains. Et le premier de leurs droits, en matière de lecure, est le droit de se taire." (p. 152)

 

  • "Dans les premiers jours de l'année scolaire, il m'arrive de demander à mes élèves de me décrire une bibliothèque. [...] Et un lecteur ? Décrivez-moi un lecteur. [...] Les plus "respectueux" d'entre eux me décrivent Dieu le Père soi-même, une sorte d'ermite antédiluvien, assis de toute éternité sur une montage de bouquins dont il aurait sucé le sens jusqu'à comprendre le pourquoi de toute chose. D'autres me croquent le portait d'un autiste profond tellement absorbé par les livres qu'il se cogne contre toutes les portes de la vie. D'autres encore me font un portait en creux, s'attachant à énumérer tout ce qu'un lecteur n'est pas : pas sportif, pas vivant, pas marrant, et qui n'aime ni la "bouffe", ni les "fringues", ni les "bagnoles", ni la télé, ni la musique, ni les amis... et d'autres enfin, plus "stratèges", dressent devant leur professeur la statue académique du lecteur conscient des moyens mis à sa disposition par les livres pour accroître son savoir et aiguiser sa lucidité. Certains mélangent ces différents registres, mais pas un, pas un seul ne se décrit lui-même, ni ne décrit un membre de sa famille ou un de ces innombrables lecteurs qu'ils croisent tous les jours dans le métro." (p. 154)

 

  • "Le devoir d'éduquer, lui, consiste au fond, en apprenant à lire aux enfants, en les initiant à la Littérature, à leur donner les moyens de juger librement s'ils éprouvent ou non le "besoin des livres". Parce que, si l'on peut parfaitement admettre qu'un particulier rejette le lecture, il est intolérable qu'il soit - ou qu'il se croie - rejeté par elle." (p.169-170)

 

 

Pennac, Daniel.

Comme un roman

Ed. Gallimard

Coll. Folio 

1992/197 p.

 

Publié le 18 Mars 2010

Après avoir pris plaisir à lire Mon écrivain préféré : Marie-Aude Murail, je me suis empressée de découvrir un autre livre de la collection dédié à... sa petite soeur ! Elvire Murail de son vrai nom.


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A nouveau écrit par Sophie Chérer, ce livre se lit vite et bien et donne le sourire. On y découvre une femme atypique : intéressée par (en vrac) les bijoux, les voyages, la peinture, l'art de la divination, la langue anglaise, la géographie, le bricolage... et bien sûr l'écriture. Née en 1958, elle est la dernière des quatre enfants Murail. Diplomée de Cambridge, elle a connu le succès (avant sa soeur Marie-Aude) dès son premier livre (pour adulte)
 Escalier C, qui a été porté au cinéma par Jean-Charles Tachella. On peut aussi mentionner qu'elle a été trésorière de la Charte des auteurs et illustrateurs jeunesse.

Je suis tout de même tentée de mettre un bémol pour un passage qui m'a fait l'effet d'un cours de catéchisme... Sophie Chérer dit d'ailleurs que Moka "a décidé de se présenter à ses lecteurs selon son tempérament, qui allie attrait pour l'ésotérisme, scrupule et fantaisie".

On trouve en fin d'ouvrage
une nouvelle inédite de Moka écrite en 1980 et intitulée
Charlotte et son ange. Il y a aussi sa "Bibliothèque idéale" commentée. Et enfin naturellement, sa bibliographie (telle qu'en 2004).


Plus d'infos sur :

 

 

o°O
Je ne connais pas l'écriture de Moka.
Alors, quel(s) titre(s) me conseillez-vous pour m'imprégner de son univers ?
o°O
 

Publié le 10 Mars 2010

"Tristan, 7 ans, et Lorris, 3 ans,
sont très contents de vous annoncer la Naissance de leur soeur Marie-Aude,
6 livres, le 6 mai 1954 à 11h30."
"6 livres... ? Déjà ?! Elle a fait mieux depuis."

 


C'est un petit livre gratuit que, si l'on a la chance de découvrir dans le coin d'une librairie, on dévore avec un insatiable bonheur tant il est bien écrit (par Sophie Chérer, dont on parle ici, ici ou encore ) et drôle ! Il a inauguré la série des "Mon écrivain préféré" de L'école des loisirs en 2001 et a été revu et corrigé pour une deuxième édition en 2007. Depuis d'autres auteurs ont suivis (Suzie Morgenstern, Xavier-Laurent Petit, Moka (soeur de Marie-Aude)...)

Ici, on découvre une partie de la vie de l'écrivain : sa naissance en 1954 au Havre, sa famille de "littéraires", ses études à la Sorbonne, sa rencontre avec son futur mari, ses enfants, sa façon de travailler, ses rencontres avec le monde enseignants et les jeunes...

 

  • On apprend que sa thèse en Lettres modernes s'intitulait : Pauvre Robinson ! Ou pourquoi et comment on adapte le roman classique au public enfantin.
  • On apprend que son mari se prénommant Pierre et elle s'appelant Murail, ces deux-là étaient fait pour bâtir quelque chose de solide ensemble. Ils ont en effet fait voir le jour à une belle famille composée de trois enfants : Benjamin (32 ans), Charles (21 ans) et Constance (15 ans).
  • On apprend qu'elle a reçu en 2004 l'insigne de la Légion d'Honneur pour services rendus à la littérature. 


Marie-Aude Murail, que je découvre petit à petit, m'enthousiasme ! Elle explore (et n'a pas fini d'explorer) différentes veines : réaliste, politique, fantastique... mais la perle qui restera dans les mémoires sera peut-être Oh, boy ! et sa fameuse couverture avec une photo de poupées Barbie sur le rebord d'une baignoire, paru en 2000. Et il y en a tant d'autres ! Maïté coiffure, Baby sitter blues, Simple, Ma vie a changé, Dinky rouge sang... ou bien dans les plus récents : Miss Charity, Papa et maman sont dans un bateau... (à ajouter à la liste de mes prochaines lectures).


Des extraits, juste pour le plaisir :

 

  • "Mais ces fantaisies ne plaisent pas à tout le monde. Marie-Aude, qui se déclare "analphabète de chiffres" et encore aujourd'hui, pleure de rage d'être infichue de calculer la réduction de 25 % sur son bon de commande du catalogue de La Redoute, sait ce que c'est que d'être montrée du doigt, barrée de rouge, et cela même dans les matières où l'on se croit, où l'on se sent plein de ressources."
  • "A force de lire, on finit par avoir des lettres. A force de penser, des idées. A force de se taire, envie de tout déballer."
  • "Parfois, je corrige les fautes de frappe. L'orthografe, en général, ça va, le correcteur de Word n'est pas fait pour les chiens. Et, de temps en temps, très rarement, je fais un commentaire, léger, très léger, super léger, sur l'extrême bout de la plus fine pointe de mes pieds. Dans le genre : " Et ce personnage sympathique du début, tu l'as oublié ?" ou bien "Cette description n'est pas un peu longue ?" Elle le prend mal, ça lui gâche sa soirée mais elle reste digne et muette, comme toutes les grandes douleurs. Le lendemain pourtant, c'est rectifié et c'est beaucoup mieux. Of course." [Texte de Pierre Robert, son mari]



Plus d'infos sur :
 

Articles de Nota bene* :

 

Publié le 24 Novembre 2008

C'est le titre du livre d'Annie Rolland sorti en octobre 2008.

Cette psychologue clinicienne et docteur en psychologie clinique et pathologique

nous livre ici sa réflexion sur le rapport des adultes à la littérature jeunesse.

 

 

 

La 4e de couverture :

 

La littérature destinée aux adolescents effraie les adultes au point de déclencher de violents appétits de censure. Que contiennent les fictions de la littérature ado qui soit à ce point ressenti comme dangereux ? A quels dangers sont exposés les lecteurs adolescents ? Le danger est-il réel ou fantasmé par des adultes trop inquiets et oublieux de leur propre adolescence ? Annie Rolland propose une réflexion articulée à une lecture psychologique de la littérature ado. Elle défend l'idée que la volonté de censurer est moins une affaire de protection des adolescents qu'une manière de contrôler les conflits engendrés par le caractère rebelle en soi de l'adolescence. L'étude repose sur des analyses d'œuvres littéraires, sur des rencontres avec des adolescents au sujet de cette littérature d'autant plus singulière qu'elle leur est destinée, sur un "dialogue-réflexion" avec des écrivains. Un ouvrage indispensable pour mieux comprendre les enjeux de cette littérature. Un outil à l'attention des médiateurs du livre.

 

 

Mon avis :

 

Un livre instructif et indispensable pour tout médiateur du livre. Particulièrement rapide et intéressante à lire : la fin de l'ouvrage où elle rapporte des bribes de discours/conversation d'élèves au sujet de certaines de leurs lectures. On découvre une jeune fille enthousiasmée par Sobibor de Jean Molla et un jeune garçon quelque peu réfractaire à la lecture qui "fini en 2h" un livre sur un garçon de son âge devenant père. Dans l'ensemble, ces adolescents revendiquent des livres "vrais", aucunement hypocrites voire censurés. Pour eux, exposer un parcours de vie (à l'instar de L'herbe bleue par exemple) est bien plus évocateur et "préventif" que des discours moralisateurs.

 

Sur ce, n'hésitez pas à partager votre avis sur les ouvrages de références.