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Publié le 29 Octobre 2019

C'est un beau jour pour ne pas mourir : 365 poèmes sous la main

Il y a de ces lectures comme des moments suspendus où l'on a l'impression qu'un fauteuil cotonneux vient de nous être offert par l'auteur. On se retrouve porté par un nuage, regardant notre quotidien et notre monde d'en haut, en se disant que ces mots-là décrivent tellement bien notre vie comme elle va, avec ses lenteurs, ses déceptions, sa beauté et ses petits bonheurs. Plus j'avance dans ma découverte de Thomas Vinau et plus j'apprécie sa verve : une poésie en prose rythmée par le fil des saisons et non-événements de sa vie. Observateur un brin nonchalant et mélancolique, il met en lumière les petits bonheurs de l'existence, de l'oiseau qui chante à sa fenêtre aux fiévreuses étreintes amoureuses en passant par le goût du café matinal. Il est beaucoup question de la nature (la flore, la faune, l'atmosphère...) dans l’œuvre de Thomas et aussi de la famille et de l'amour qui lie les individus. 365 poèmes à grignoter au fil des jours comme autant de respirations à s'accorder entre les aberrations du quotidien. Oscillant entre la magie de l'anecdotique et le désenchantement philosophe. De la gourmandise en pages.

 

 

Cette fois encore un livre dans lequel piocher au hasard des pages

de quoi s'appliquer du baume au cœur.

 

Publié le 24 Juin 2019

Comme un lundi (carnet de bord assis tout au bord du temps)

Je regarde les photos sur les murs en buvant à petites gorgées ma vielle compagne la solitude au fond du bol de café. On a avancé. On a pris des coups. On s'en est donné. On sait bien à présent que personne ne s'aime jamais comme il faudrait. Qu'à chaque instant on doit se retrouver. Le jour est bien levé maintenant, sa bataille habituelle commence. J'entends à la radio qu'on vieillit plus vite dans l'espace. OK mais à condition d'y être ensemble. Vieillir, c'est savoir que ça vaut le coup d'essayer.

 

C'est avec un retour sur ma lecture de la prose poétique de Thomas Vinau que je pose à nouveaux quelques mots par ici. Ce sont ses mots à lui qui m'ont permis de reposer progressivement mes yeux sur les lignes d'un livre après une période passée dans ma bulle, à couver une rencontre qui allait me bouleverser. Pendant ma grossesse, j'ai ressenti le besoin de me couper du monde : professionnel, médiatique, littéraire. Au cours du mois de février, j'ai vécu la plus belle et intense nuit de ma vie en mettant au monde ma petite fille. Quelques temps après, j'ai tout doucement ouvert Comme un lundi qui m'attendait sur une étagère depuis plusieurs mois. Comme une remise en route. Comme une nouvelle étape du reste de ma vie.

 

Donnez-moi ce que vous voulez et ce que vous ne voulez plus. Donnez-moi ce que vous pouvez et ce dont vous ne pouvez plus. Donnez-moi ce qui vous encombre. Une datte, un doute, un sourire. Du brouillard, une question, une épine. Donnez-moi ce qu'il vous reste. Je le prendrai.

 

J'ai eu envie de rejoindre Thomas dans son jardin tour à tour baigné de soleil et de pluie. Ou dans sa cuisine au petit matin avec une tasse de thé fumante entre les mains et la lueur de l'aube pointant à travers les carreaux. J'ai eu envie de discuter des nuages, du beau temps, des insectes du jardin, des enfants, de la vie et de la mort. J'ai eu envie de me recentrer avec lui sur l'essentiel. D'éloigner les journées moroses, pleine d'une routine amère. D'éloigner les nuits fades ou pesantes. J'ai eu le cœur illuminé de sagesse, de bonheurs simples et de moments suspendus.

 

Il en faut du talent pour ne pas se rater, pour ne pas s'effacer et pour ne pas se perdre. Même tout près. Surtout tout près. Dans les sentiers merdeux des matins de semaine, des soirs qui vont trop vite, des nuits qui sont trop courtes. Dans cette forêt à peine profonde, cette aventure sans âpreté, sans ours, sans indiens, au territoire cannibale du quotidien. Parfois les ruades nous sauvent.

Aux enfants on dit fais ça comme un grand. Disons-nous la même chose à chaque instant.

 

De la trivialité Thomas fait affleurer une sensible poésie, sachant regarder et consigner ce qui se joue dans les interstices du quotidien : le sourire d'un enfant, les fleurs bleues de la robe de sa compagne, le chuchotement du vent sous les arbres, l'odeur du tilleul, le froid de la pierre du perron sous ses fesses, le pouvoir de consoler un bébé, la lumière du jour sur l'herbe du jardin...

 

Je voudrais juste en garder quelque chose. Quelque chose de vivant. Autre chose que la conscience que j'en ai. Autre chose que la peur de le perdre. C'est la raison pour laquelle j'écris ces mots. Ce n'est pas de la littérature. C'est de l'amour. J'écris comme on ferme les yeux en embrassant quelqu'un.

 

 

Un livre dans lequel piocher au hasard des pages de quoi s'appliquer du baume au cœur.

 

 

 

Publié le 12 Septembre 2017

De sang et de lumière par Gaudé

 

 

La quatrième de couverture :

 

Des textes poétiques et engagés qui voyagent dans les interstices de l'œuvre romanesque de Laurent Gaudé, dénonçant le sort que les homme font aux opprimés, hier esclaves assujettis au commerce triangulaire des pays riches, aujourd'hui migrants économiques et réfugiés en quête d'une introuvable terre d'accueil.

 

 

Mon avis :

 

Un recueil de 8 textes poétiques. Pas fan... mais certains collègues du lycée le sont. De la poésie qui se veut sans doute dénonciatrice de certaines situations (exil, migration, montée des extrémismes...) mais que j'ai trouvé assez monotone et fataliste.

 

 

Gaudé, Laurent

De sang et de lumière

Ed. Actes sud

2017 / 105 p.

 

Publié le 29 Octobre 2014

"En ce temps-là j'étais en mon adolescence

J'avais à peine seize ans et je ne me souvenais déjà plus de mon enfance..."

 

Blaise Cendrars

Publié le 24 Janvier 2012

"Trois allumettes une à une allumées dans la nuit

La première pour voir ton visage tout entier

La seconde pour voir tes yeux

La dernière pour voir ta bouche

Et l'obscurité tout entière pour me rappeler tout cela

En te serrant dans mes bras."

 

Allumette-copie-1

 

"Paris at night"

Paroles, Jacques Prévert, 1949