Articles avec #je lis tag

Publié le 14 Avril 2022

Sami et Julie cherchent les oeufs

Je vous présente de nouveau un titre de la collection "J'apprends à lire avec Sami et Julie". J'apprécie en effet cette collection de chez Hachette qui propose des petites histoires illustrées spécialement conçues pour accompagner les enfants apprenant à lire. On y trouve une mise en page aérée et une aide à la lecture (présentation des personnages, préparation à la lecture avec des zooms sur certains mots-outils et certains sons, matérialisation des liaisons, atténuation des lettres muettes...). Le niveau de lecture du titre présenté correspond aux apprentissages de milieu de CP et s'accorde à la saison : le thème de l'histoire est la chasse aux œufs de Pâques. C'est l'occasion d'aborder des sons tels que : eu / œu, ou, on, etc. et de nouveaux mots-outils (comme "plus", "mon", "notre"...). On retrouve les adorables personnages Sami et Julie attablés dans le jardin de leur mamie et occupés à peindre des œufs. Leur maman lance tout à coup : "Qui m'accompagne à la gare chercher Emma ?". Une heure plus tard, la famille réunie revient et constate avec joie que les cloches sont passées chez Papi et Mamie. La chasse aux œufs bat son plein quand soudain, des gouttes commencent à tomber : "Tous à l'abri ! crie Sami". L'histoire est dynamique et réaliste, sans mièvrerie. Le texte est simple mais propose tout de même quelques mots de vocabulaire intéressants tels que "renchérir" et "giboulées". Succès mérité !

 

Sami et Julie cherchent les oeufs

Rédigé par Nota Bene

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Publié le 31 Mars 2022

Je ne sais pas quoi faire des gentils blancs

Ce recueil est une compilation de huit articles et d'une retranscription d'un discours écrits entre 2014 et 2017. On n'y évoque donc pas directement l'affaire George Floyd et l'envergure des réactions - l'amplification du mouvement #BlackLivesMatter - que sa mort a suscité en 2020. Pour autant, d'anciens faits similaires sont mentionnés et, à partir d'observations de l'actualité américaine, Brit Bennett convoque des éléments historiques afin de mieux mettre en lumière et interroger l'omniprésence du racisme aux États-Unis. Du marketing des poupées d'enfants à l'absence de plaque commémorant les victimes de l'esclavage, Brit Bennett désigne de façon percutante les manifestations de ce racisme. Sa voix est éclairante et pas si agressive que pouvait le laisser présager le titre. Par contre, au-delà du constat et de la dénonciation du racisme systémique, je suis restée suspendue à mon interrogation : mais alors, moi, gentille blanche, que puis-je faire ? Car elle déclare sans concession : "Je ne voulais pas être la chambre d'écho de sa [celle d'une "femme blanche bien intentionnée"] culpabilité."

 

La lecture de ce recueil m'a permis d'en apprendre plus sur l'Histoire des États-Unis, notamment la Guerre de Sécession. J'ignorais par exemple l'existence du drapeau des confédérés et sa réapparition appuyée depuis la campagne électorale de Donald Trump pour la présidence. J'ai appris à quel point la fréquentation des piscines et des plages avait pu être un élément sensible de la lutte pour les droits civiques. J'ai appris l'existence des poupées American girl de Mattel et aussi des gollywogs. J'ai été confronté à des termes tels que pickaninnies, minstrel show et wade-in. J'ai parfois été pantoise, par exemple en découvrant la blague faisant référence à Retour vers le futur version noire (cf. citation ci-après) ou en lisant la censure à laquelle peut être soumis le roman Beloved de Toni Morrison par certains parents d'élèves. Dans ce roman, comme dans Underground Railroad de Colson Whitehead qu'elle analyse également, Brit Bennett nous dit que "personne n'a le droit de détourner le regard" et que c'est justement là le rôle de la littérature : arracher le voile et interroger les silences de l'Histoire. Une prise de parole moderne et saisissante qu'il nous faut entendre.

 

Quel privilège que d'essayer de paraître bon, alors que nous autres, nous voulons paraître dignes de vivre.

Nous voulons tous croire au progrès, à l'histoire qui va de l'avant en suivant une ligne droite, à la transcendance des différences, à la progression de la tolérance, et au fait que les "gentils Blancs" sont vraiment devenus gentils. Alors, nous nous attendons à voir le racisme apparaître telle une caricature du mal, sous les traits d'un méchant à la Disney. Comme si un flic raciste était quelqu'un qui se levait le matin, tortillait sa moustache et se frottait les mains en se demandant de quelle façon il allait détruire des vies noires.

Un sketch récent de MTV Decoded imagine que, dans une version noire de Retour vers le futur, la DeLorean n'aurait jamais quitté le parking du centre commercial. "1955 ? demande un Marty McFly noir. Vous savez quoi, doc ? Je crois que je suis mieux ici." Ces plaisanteries me font rire, même si leur postulat est accablant : une vision de la négritude où la souffrance est permanente et inévitable. Nous pouvons imaginer un monde fantastique dans lequel on peut voyager dans le temps, mais nous ne pouvons pas concevoir une seule époque dans le passé, ou même dans l'avenir, où les Noirs peuvent vivre libres.

Moi-même, j'ai encore du mal à regarder [la violence historique de l'esclavage]. Mais les écrivains noirs arrachent le voile et je me réjouis de pouvoir voir.

La nostalgie est l'ultime safe space. La nostalgie, c'est la mémoire sélective.

Le monde devient plus vaste en même temps qu'il se rétrécit ; il se contracte et gonfle comme nos poumons. Alors, respirons profondément et mettons-nous au travail.

Rédigé par Nota Bene

Publié dans #Je lis

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Publié le 24 Mars 2022

Joséphine Baker : NON aux stéréotypes

La collection Ceux qui ont dit NON chez Actes sud junior propose de nombreux titres qui s'attachent à dresser le portait d'hommes et de femmes illustres sous forme romanesque. Accessible dès 12 ans, le récit est bref et complété en fin d'ouvrage par un focus sur une thématique (les stéréotypes dans le cas du personnage de Joséphine Baker, par exemple) qui évoque d'autres personnalités qui ont aussi dit non (Senghor, Césair...), des pistes à explorer pour en savoir plus (livres, films, podcasts...) et une chronologie. C'est succinct - presque trop pour des lycéens - mais a le mérite de dresser la biographie d'une figure emblématique de façon rapide et efficace, car la forme narrative peut permettre de s'identifier au personnage et de mieux mémoriser les éléments clés. De nombreuses figures fortes, engagées dans des combats au service des valeurs de la démocratie et de l'humanisme, peuvent ainsi être (re)découverte. Au lycée, on peut notamment s'intéresser à : Olympe de Gouges, Victor Hugo, Gisèle Halimi, Simone Veil... Pour parfaire le concept, j'aurais apprécié des illustrations, photographies d'époque. En tout cas, cela permet de cerner rapidement les enjeux liés à une personnalité. La collection fêtera son cinquantième titre en mai prochain.

 

Rédigé par Nota Bene

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Publié le 21 Mars 2022

120 dessins de presse

Découverte de deux recueils de dessins de presse édités par l'association Cartooning for peace (réseau de dessinateurs engagés à promouvoir la liberté d'expression et les droits de l'homme par le dessin de presse, initié par Kofi Annan et Plantu) et Amnesty international. L'un - À vos masques ! - revient sur l'apparition de la Covid-19 et les mois traversés ensuite, permettant d'en saisir les enjeux et conséquences sanitaires, sociales, économiques et politiques. L'autre - En avant toutes ! - revient sur le mouvement #MeToo et dresse un état des lieux de la situation des femmes à travers le monde, participant à la dénonciation des injonctions et violences faites aux femmes. Dans les deux cas, on rit (jaune), on hallucine en se remémorant certains faits ou certaines prises de paroles (Donald Trump qui suggère d’ingérer de la Javel pour combattre le virus ; la tribune sur la "liberté d'importuner"...), on revit l'inquiétude, le déni, la tristesse, l'espoir, la révolte... L'approche satirique est contextualisée par des préfaces éclairantes et des légendes, qui parfois mériteraient d'être plus précises ou développées. Le tout forme des rétrospectives instructives et donne le sentiment d'être proches les uns des autres au niveau mondial du fait de ce langage universel qu'est le dessin.

 

120 dessins de presse
120 dessins de presse
120 dessins de presse
120 dessins de presse
120 dessins de presse
120 dessins de presse
120 dessins de presse
120 dessins de presse
120 dessins de presse
120 dessins de presse
120 dessins de presse
120 dessins de presse
120 dessins de presse

Publié le 20 Mars 2022

Ceux que j'ajoute à ma pile à lire du printemps

Voici mes repérages pour de prochaines lectures printanières :

 

  • Ainsi Berlin de Laurent Petitmangin suite à ma toute récente lecture de son premier roman Ce qu'il faut de nuit que j'ai trouvé juste et délicat.
  • Je ne sais pas quoi faire des gentils blancs de Brit Benett, un recueil d'essais sur le racisme systémique américain, dans la lignée de ma lecture de Mille petits riens de Jodi Picoult.
  • De même, Milwaukee blues de Louis-Philippe Dalembert, inspiré par le décès de George Floyd, suggéré par une collègue.
  • Peut-être Porc braisé d'An Yu, de la littérature américano-chinoise. Une fois n'est pas coutume !
  • Peut-être Les abeilles sont grises d'Andreï Kourkov, faisant écho au triste contexte de guerre en Ukraine.
  • Peut-être Le bruit des souvenirs de Sophie Astrabie, découverte sur Instagram.
  • Peut-être Une vie possible de Line Papin.

 

Et j'espère d'autres titres savoureux trouvés sur mon chemin ensoleillé...

 

 

Hâte

♡

Rédigé par Nota Bene

Publié dans #Je lis

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Publié le 14 Mars 2022

Ce qu'il faut de nuit

Voici un premier roman paru lors de la rentrée littéraire d'août 2020 et qui faisait partie de ma pile à lire. Encouragée par deux retours positifs de collègues enseignants, j'ai lu ce court récit le temps d'un mercredi en appréciant toute sa justesse, sa délicatesse et ses péripéties dramatiques. Le roman s'ouvre sur un match de football, rituel du dimanche, passe-temps partagé qui permettra de maintenir le lien entre un père et son fils jusqu'au bout malgré les épreuves traversées. Pourtant, cette description est annonciatrice de la suite du récit : le père est spectateur d'un match qui semble se jouer sans lui. Laurent Petitmangin nous raconte l'histoire d'un père, veuf, qui croule sous la charge éducative de ses deux fils bientôt adultes. Ce père, le narrateur, nous raconte avec des phrases courtes, sobres, ponctuées de vocabulaire populaire ou régional, plusieurs années de vie. Le récit s'installe progressivement, en toute fluidité. Le père est technicien à la SNCF et militant au parti socialiste. Frédéric, surnommé Fus, le fils aîné, se rapproche petit à petit d'un groupuscule d'extrême-droite. Le père et le fils ne se comprennent plus et ne se parlent plus que le minimum, attendant avec impatience chaque week-end le retour du cadet étudiant à Paris. On sent arriver la catastrophe, inéluctablement, alors que père et fils continuent pourtant, sans se le dire, de s'aimer. C'est une histoire de famille, de convictions, de choix et de sentiments ébranlés. Une des grandes forces du roman est de ne jamais donner de leçon, de ne pas glisser dans le pathos non plus. Ce père pétri d'amour et de honte est délicatement raconté et pleinement touchant. Des personnages satellites tiennent également des places importantes, en plus du frère cadet Gillou : la "moman" régulièrement convoquée, Jérémy, proche ami de la fratrie, Jacky, proche ami du père. Peut-on pardonner à son enfant lorsqu'il s'éloigne des valeurs qu'on lui a transmises, lorsqu'il commet un acte terrible ?  Comment faire la part des choses entre ses idéaux et ses sentiments ? Ce sont des questions pour lesquelles Laurent Petitmangin n'apporte pas de réponses toutes faites mais tout un nuancier de sentiments et de circonstances. C'est une lecture prenante, dont l'émotion monte crescendo jusqu'au propos tenus par Fus à la fin du récit. Je ne regrette pas de m'y être plongée. Elle en appelle une deuxième : le second roman de Laurent Petitmangin, Ainsi Berlin, est paru en octobre dernier.

 

Je ne m'énerve jamais, je ne gueule jamais comme les autres, j'attends juste que le match se termine.

Ils étaient beaux mes deux fils, assis à cette table de camping, Fus déjà grand et sec, Gillou encore rond, une bonne bouille qui prenait son temps pour grandir. Ils étaient assis dos à la Moselle, et j'avais sous mes yeux la plus belle vue du monde.

Août, c'est le meilleur mois de notre coin. La saison des mirabelles. La lumière vers les cinq heures de l'après-midi est la plus belle qu'on peut voir de toute l'année. Dorée, puissante, sucrée et pourtant pleine de fraîcheur.

Rédigé par Nota Bene

Publié dans #Je lis

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