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Publié le 20 Février 2024

Récitatif

Voici une nouvelle de Toni Morrison qui date de 1983 et qui vient tout juste d'être éditée en poche. Cette nouvelle, particulièrement courte, est la seule écrite par la Prix Nobel Noire-Américaine. Elle nous raconte le destin de deux petites filles qui se rencontrent dans un foyer d'accueil. Twyla et Roberta ont 8 ans. L'une est noire, l'autre est blanche. Et pendant quelques mois, les deux fillettes seront les meilleures amies du monde, avant que la vie ne les éloigne. Des années plus tard, elles vont, à plusieurs reprises, se croiser. Différents questionnements sur leur passé (qu'est-il arrivé à Maggie, l'employée de cuisine couleur de sable ?) et leur présent seront au centre de leurs interactions, alors que la loi sur la mixité dans les écoles bouleverse les familles américaines.

 

Dans le prolongement de ses romans (Beloved par exemple), la question raciale est en première ligne. Ici, Toni Morrison déstabilise d'autant plus son lecteur que son récit a été conçu pour le mettre dans l'impossibilité de déterminer la couleur de peau des protagonistes. On pense relever des indices. On examine les vêtements, on écoute ce qui est dit au sujet de leurs mamans, de leurs enfants. On compare les métiers. On observe que la mère de l'une a les cheveux fins mais le postérieur proéminent, qu'une autre se rend au concert de Jimi Hendrix. Mais finalement, tous ces détails pourraient correspondre à des clichés raciaux différents. C'est finalement le lecteur lui-même le sujet de l'expérience de Toni Morrison. L'identité (de "race", de genre, de milieu) et les arcanes de la mémoire, thèmes chers à Toni Morrison, sont traitées de manière inédite, étonnante et forte. Le texte est judicieusement suivi d'une postface explicative signée Zadie Smith.

 

Deux petites filles qui savaient ce que personne d'autre au monde ne savait : comment ne pas poser de questions. Comment croire ce qu'il fallait croire. Il y avait aussi de la politesse dans cette réticence et cette générosité. Ta mère aussi, elle est malade ? Non. Elle danse toute la nuit. Ah, et puis un hochement de tête compréhensif.

La réponse à "Qu'est-ce qui a bien pu lui arriver, à Maggie ?" n'est pas écrite dans les étoiles, dans le sang, dans les gènes, ni à jamais prédéterminée par l'Histoire. Quoi qui ait été fait à Maggie est l'œuvre d'individus. De gens comme Twyla et Roberta. De gens comme vous et moi.

Zadie Smith

[...] l'expérience d'ôter tous les codes raciaux d'un récit concernant deux personnages de races différentes pour qui l'identité raciale est cruciale.

Toni Morrison

Rédigé par Nota Bene

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Publié le 8 Février 2024

La vie heureuse

Dans La vie heureuse, David Foenkinos raconte la destinée extraordinaire d'un personnage initialement banal. Éric, père divorcé d'un fils unique qu'il voit peu, a une vie plutôt morne malgré sa belle carrière chez Décathlon. Se retrouvant de façon totalement inattendue à travailler pour le gouvernement aux côtés d'Amélie, une ancienne camarade de lycée, il s'envole pour Séoul, en Corée du Sud, pour un voyage d'affaires crucial pour le cabinet du Commerce extérieur. C'est là-bas que l'intrigante enseigne lumineuse "Happy life" le happe. Il s'agit d'une franchise spécialisée dans l'organisation de fausses cérémonies funéraires, qui promet qu'être confronté à sa propre mort permet de reprendre goût à la vie. Éric tente l'expérience et en est bouleversé. Le personnage prend enfin de la consistance.

 

David Foenkinos évoque des sujets profonds comme la quête de sens, les injonctions sociales, la culpabilité, la mélancolie. Mais le problème est bien celui-ci : il ne fait que les effleurer. Son talent narratif et son sens de la formule sont indéniables mais les parcours de ses personnages sont peu crédibles : la fin heureuse faite de multiples réconciliations (avec son fils, son ex-femme, sa mère, son ex-collègue) fait tiquer. Le personnage d'Amélie est également bizarre. On ne comprend pas bien ses motivations. Voici donc un roman facile à lire, bien écrit, plutôt original et divertissant mais qui sera sans doute vite oublié.

 

Il avait quarante ans ; il était encore jeune pour être vieux mais l’avenir lui paraissait sans surprise. Pendant longtemps, il avait été animé par un désir de progresser au sein de Décathlon. Puis une forme de lassitude s’était emparée de lui. Comme un désintérêt général. L’envie de réussir s’était échappée. Lors de réunions importantes, Éric s’était mis à regarder par la fenêtre.

La vie heureuse

Déjà lu du même auteur :

Rédigé par Nota Bene

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Publié le 2 Février 2024

La vie est à nous

Voici la suite du roman d'Hadrien Klent Paresse pour tous dont je parlais en mai dernier. Il s'ouvre sur un habile résumé du premier tome, associé à une auto-critique pertinente et plutôt drôle. J'ai presque eu l'impression que l'auteur m'avait lu. Extrait : "On pourrait reprocher à l'auteur un certain goût pour les facilités narratives [...], une manière d'écrire un peu simpliste [...], et certaines caricatures partisanes [...]. Mais l'ensemble se lit avec plaisir et intérêt, notamment parce que l'auteur prend soin de résumer les thèses économiques du candidat, celles à partir desquelles il a bâti son programme [...]".

 

Dans ce deuxième tome, Émilien Long est président de la République française depuis trois ans et il est à une semaine d'une décision importante à prendre. Un référendum doit avoir lieu le dimanche pour demander aux Français s’ils sont favorables au passage à une Ve République colibre dirigée par six co-présidents. Si le non l'emporte, Émilien, quelque peu désavoué, devra choisir entre aller vaille que vaille au bout de son mandat ou démissionner. Si c'est le oui, il devra également décider de se lancer dans une campagne pour être co-président ou de passer le relai à d'autres. Là encore on a donc "la volonté de créer un suspens en réalité artificiel" car on se doute du résultat à venir. Mais peu importe, ce qui compte c'est la posture idéologique que cela induit pour le protagoniste. Exercer le plus longtemps possible son pouvoir pour continuer à faire évoluer la société ou être en accord avec ses valeurs de coliberté ("pacte social qui offre une très forte réduction du temps de travail individuel pensée dans un cadre collectif"), de décroissance et de bien-vivre, pensées en parallèle d'une interrogation sur notre rapport au pouvoir et à la figure de l'homme providentiel. Comme si cela ne suffisait pas, la veille du référendum, il doit au nom de la France et du Bhoutan proposer l'adoption d'une résolution sur la coliberté à l'ONU avec pour objectif de "développer une réduction globale du temps de travail, sans baisse de salaires, et articulée à une hausse de l'attention portée aux autres et à la planète."

 

Nous suivons le président et son équipe, en particulier le désormais ministre des Affaires étrangères Souleymane Coly, dans leurs souvenirs et leurs activités. Émilien entretient une relation (ce n'est pas encore officiel) avec la mexicaine Luz Cacho-Gimenez, la secrétaire générale de l'ONU, ce qui pèse d'ailleurs dans la balance de ses réflexions. Ses enfants sont devenus des collégiens réclamant à corps et à cris un téléphone portable. Beaucoup de choses ont été remises à plat ou initiées depuis le début de sa présidence en plus de la réduction conséquente du temps de travail : la stature présidentielle (la façon dont on s'adresse à lui, les moyens mis en œuvre pour sa sécurité, ses déplacements...), un plan de transition écologique de l'agriculture (arrêtez tout pesticide…), la refonte des indicateurs de développement (coupler au PIB la notion de bonheur…), un plan quinquennal pour un service public numérique (renoncer aux outils des Gafam, promouvoir les logiciels libres…), etc. Même si tout n'est pas toujours rose, comme pour les agriculteurs par exemple, les choses avancent. Et les adversaires politiques n'en sont que plus caricaturaux.

 

Malgré des propos redondants, le roman est riche de réflexions, de références (Paul Lafargue, Léon Blum, Guy Debord...) et de pistes de mise en œuvre du bien-vivre. Y est également imbriquée une mise au point sur le concept d'anarchie, l'idée d'horizontalité et de désacralisation du pouvoir. Un manifeste à lire sans hésiter pour s'interroger et prendre joyeusement la mesure du chemin à parcourir.

 

Rédigé par Nota Bene

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Publié le 31 Janvier 2024

Sur la bouche : une histoire insolente du rouge à lèvres

Voici un essai signé Rebecca Benhamou sur le rouge à lèvres, aujourd'hui icône de la culture de masse, qui dit l'entrecroisement de l'intime et du politique à travers l'Histoire. Le rouge à lèvres est ici le prisme d'une narration plus large concernant la place des femmes dans l'espace social. Cet essai, comme le précise son autrice, n'est ni un texte à charge contre le bâton de rouge, ou tout autre geste de beauté, ni un éloge prescripteur. Il se propose simplement et sans prétendre à l'exhaustivité d'observer l'Histoire des femmes (de la fin du XIXe siècle à nos jours) à travers celle de l'utilisation du rouge à lèvres.

 

Le rouge à lèvres est parfois jugé "𝒾𝓃𝓈𝑜𝓁𝑒𝓃𝓉" pour plusieurs raisons : sa couleur ardente, l'objet lui-même dès lors qu'il sera conditionné en tube (dans les années 1870-1880), et bien sûr la partie du corps sur laquelle il est appliqué car la bouche est symbole d'érotisme mais aussi de parole. Dès lors, on comprend que ce fard "𝓃'𝒶 𝓅𝒶𝓈 𝒿𝓊𝓈𝓉𝑒 𝓋𝑜𝒸𝒶𝓉𝒾𝑜𝓃 𝒶̀ 𝑒𝓂𝒷𝑒𝓁𝓁𝒾𝓇, 𝒾𝓁 𝓋𝒾𝑒𝓃𝓉 𝓈𝑜𝓊𝓁𝒾𝑔𝓃𝑒𝓇". A la fin du XIXe siècle, le rouge à lèvres est subversif, associé aux prostituées ou à celles qui osent déclamer sur les planches des tirades enflammées. Puis, l'industrie des cosmétiques prend ses quartiers à Paris et, dans les allées du Bon marché, le rouge se démocratise. Par la suite naît le mouvement des suffragettes qui réclame le droit de vote pour les femmes. Les militantes doivent lutter contre des stéréotypes selon lesquels elles ne seraient que des femmes laides, aigries, extrémistes, non séduisantes. Elles vont alors, aux États-Unis comme en France, user des canons contemporains de la beauté pour contrer les critiques et s'afficher le rouge revendicateur aux lèvres. Dans l'entre-deux guerres, Paris a le cœur en fête et le rouge est partout, accompagnant les femmes vers des mœurs plus libres, avec "𝓊𝓃𝑒 𝓂𝑜𝒹𝑒 𝓅𝓁𝓊𝓈 𝒻𝑜𝓃𝒸𝓉𝒾𝑜𝓃𝓃𝑒𝓁𝓁𝑒, 𝓂𝑜𝒾𝓃𝓈 𝒸𝑜𝓊𝓋𝓇𝒶𝓃𝓉𝑒 𝑒𝓉 𝓅𝓁𝓊𝓈 𝓁𝓊𝒹𝒾𝓆𝓊𝑒". Après la Seconde Guerre Mondiale, on est pris d'un sentiment d'urgence : "𝒱𝒾𝓉𝑒, 𝒾𝓁 𝒻𝒶𝓊𝓉 𝒶𝒾𝓂𝑒𝓇, 𝒻𝒶𝒾𝓇𝑒 𝒹𝑒𝓈 𝑒𝓃𝒻𝒶𝓃𝓉𝓈, 𝒸𝑜𝓃𝓈𝑜𝓂𝓂𝑒𝓇 𝑒𝓉 𝓇𝑒́𝑒𝓃𝒸𝒽𝒶𝓃𝓉𝑒𝓇 𝒶̀ 𝓉𝑜𝓊𝓉 𝓅𝓇𝒾𝓍 𝓁𝒶 𝓋𝒾𝑒 𝒹𝒶𝓃𝓈 𝓁𝑒𝓈 𝒻𝑜𝓎𝑒𝓇𝓈. ℒ𝒶 𝒻𝒾𝑔𝓊𝓇𝑒 𝒹𝑒 𝓁𝒶 𝓂𝑒́𝓃𝒶𝑔𝑒̀𝓇𝑒, 𝒹𝑒 𝓁𝒶 𝒻𝑒𝓂𝓂𝑒 𝒹'𝒾𝓃𝓉𝑒́𝓇𝒾𝑒𝓊𝓇, 𝑒𝓈𝓉 𝓅𝒶𝓇𝓉𝑜𝓊𝓉." Désormais, le rouge devient son uniforme, comme "𝒹𝑒𝓊𝓍 𝓉𝓇𝒶𝒾𝓉𝓈 𝒹𝑒𝓈𝓈𝒾𝓃𝑒́𝓈 𝓅𝑜𝓊𝓇 𝒷𝒶𝓇𝓇𝑒𝓇 [𝓈𝒶] 𝒷𝑜𝓊𝒸𝒽𝑒" sans compromettre son attrait sexuel. Et ainsi se poursuit l'histoire racontée par Rebecca Benhamou, du mot d'ordre de la propagande nazie (pas de frivolité !) aux punchlines de Sarah Palin et Barack Obama en 2008 en passant par le mouvement punk des années 1970.

 

L'apparence des femmes, à chaque guerre déclarée, à chaque tangage économique subit, à chaque liberté revendiquée, est scrutée, interprétée, instrumentalisée, réinventée. Ce livre riche de connaissances nous en donne un aperçu tout en apportant en filigrane des éléments d'histoire de l'industrie cosmétique (Roger & Gallet, Alexandre Bourjois, Helena Rubinstein, Coco Chanel, Christian Dior...). J'ai adoré découvrir ce langage du rouge à lèvres, à la fois symbole d'oppression et d'émancipation, et j'ai finalement eu envie de ressortir mon rouge mat. Pour faire le pari du rouge à lèvres comme porte-voix.

 

Sur la bouche : une histoire insolente du rouge à lèvres

Rédigé par Nota Bene

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Publié le 30 Janvier 2024

Qui s'occupe des enfants ? Repenser la parentalité traditionnelle

J'ai lu l'essai de Sophie Adriansen et réalisé après coup que j'avais déjà lu d'elle son roman Linea nigra abordant les questionnements suscités par la grossesse et la maternité. Dans Qui s'occupe des enfants ? elle témoigne de l'organisation familiale choisie par son mari et elle à la naissance de leur deuxième enfant, lui devenant père au foyer et elle continuant à travailler. Questionnant 𝑙𝑎 𝑟𝑒́𝑝𝑎𝑟𝑡𝑖𝑡𝑖𝑜𝑛 𝑔𝑒𝑛𝑟𝑒́𝑒 𝑑𝑒𝑠 𝑟𝑜̂𝑙𝑒𝑠, les congés parentaux, le rapport au travail, à l'argent, le mode de garde ou encore la charge mentale, Sophie Adriansen ouvre des pistes de réflexion modernes et nous invite à nous interroger sur les configurations parentales possibles. Elle revient sur son histoire personnelle de maternité (avec notamment une dépression du post-partum suite à la naissance de son premier enfant) pour mieux élargir les réflexions sur la vie domestique. J'ai trouvé sa démarche intéressante et documentée, notamment sur des sujets auxquels je ne m'attendais pas : choix du nom de famille des enfants, contraception. J'ai par contre trouvé moins pertinente la partie sur les autrices à la fin, un peu hors sujet et autocentrée. Globalement, le modèle patriarcal est bien entendu remis fortement en question et le lecteur interrogé sur ses propres envies et priorités. L'autrice fait le lien entre intime et politique et invite à expérimenter les multiples façons de 𝑓𝑎𝑖𝑟𝑒 𝑓𝑎𝑚𝑖𝑙𝑙𝑒.

 

Rédigé par Nota Bene

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Publié le 15 Janvier 2024

Lire et dire le désir

Putain que j'avais chaud, et mal, et besoin, et comme devenir beau sous le soleil ne servait à rien.

Comme le dit l'écrivain Nicolas Mathieu dans la préface de ce recueil, "pour expliquer d'où vient ce livre, il faut remonter un peu en arrière". En 2022, le roman Bien trop petit de Manu Causse rejoignait la collection de textes érotiques à destination des adolescents L'Ardeur des éditions Thierry Magnier. Près d'un an plus tard, en juillet 2023, sans que rien n'ait laissé prévoir cette décision, un arrêté signé par le ministre de l'Intérieur interdisait la vente aux mineurs de cet ouvrage. Nicolas Mathieu lançait alors l'initiative #whenIwas15 sur Instagram pour appeler les gens à témoigner de leur jeunesse et à établir l'évidence qu'adolescence, littérature et érotisme ont tout à voir et que censurer est une absurdité. En réponse à une décision jugée injuste et hypocrite, 70 témoignages, anonymes ou non, ont été sélectionnés. Ils nous remémorent ce qu'est l'éveil à la sexualité grâce à la littérature. Notons que les droits de ce livre publié par les éditions Thierry Magnier sont reversés au Planning familial.

 

Le recueil s'ouvre sur le texte de Nicolas Mathieu ❤ et se ferme sur celui de Manu Causse. Entre les deux, de courts voire très courts textes (de qualité inégale) font déferler une vague d'hormones, de nostalgie, d'histoires drôles, de tragédies, de constances, d'exceptions, de redites et de coups de chaud. Les récits sont plus ou moins intimes mais tous parlent de "𝑐𝑒𝑡 𝑎𝑝𝑝𝑒́𝑡𝑖𝑡 𝑞𝑢𝑖 𝑎̀ 𝑡𝑟𝑎𝑣𝑒𝑟𝑠 𝑙𝑒𝑠 𝑎̂𝑔𝑒𝑠 𝑛𝑜𝑢𝑠 𝑠𝑜𝑢𝑠𝑡𝑟𝑎𝑖𝑡 𝑡𝑜𝑢𝑠 𝑎̀ 𝑙'𝑒𝑛𝑓𝑎𝑛𝑐𝑒". D'un simple éveil des sens à une véritable bouée de sauvetage, notamment pour des personnes non hétéronormées, beaucoup soulignent que la découverte et la lecture de passages érotiques ont été pour elles comme une légitimation du désir. Légitime. Le mot fait sens pour ce recueil.

 

Saluons Nicolas Mathieu pour cette initiative et prenons un malin plaisir à dresser la liste, non exhaustive et en vrac, de certaines œuvres citées dans ce recueil de textes :

  • La bicyclette bleue de Régine Deforges
  • SAS de Gérard de Villiers
  • Pour toujours de Judy Blume
  • Les romans d'Anaïs Nin
  • Les romans de Colette
  • Passion simple d'Annie Ernaux
  • L'amant de Marguerite Duras
  • Les liaisons dangereuses de Pierre Choderlos de Laclos
  • Les exploits d'un jeune Don Juan d'Apollinaire
  • 37°2 le matin de Philippe Djian
  • Angélique, Marquise des Anges d'Anne Golon

 

C'est grâce à ces livres que j'ai pu [...] devenir un peu plus qui j'étais déjà.

Lire dans le noir inaugure l'être au grand jour.

Rédigé par Nota Bene

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