Publié le 17 Juin 2012
Quelques sujets de la fameuse épreuve de philosophie d'aujourd'hui :
- Avons-nous le devoir de chercher la vérité ? (Série S)
- Peut-il exister des désirs naturels ? (Série ES)
- Que gagne-t-on en travaillant ? (Série L)
Publié le 17 Juin 2012
Quelques sujets de la fameuse épreuve de philosophie d'aujourd'hui :
Publié le 14 Juin 2012
Toujours du même auteur...

La quatrième de couverture :
"Et toi, tu es qui ? La question se perd dans le brouhaha du bar, mais les mots m'ont atteint, là, juste en dessous de la poitrine. Moi. Qui je suis. Il y a un moment où c'était facile de répondre. J'étais le fils de mes parents. Le bon-élève-presque-premier-de-la-classe. Un des trois du trio inséparable. Et puis, tout a explosé. Maintenant, je ramasse les pièces du puzzle et essaie de créer un nouveau tableau."
Solitaire, secret, Aurélien n'aspire à rien d'autre qu'à oublier et se faire oublier. Mais dans son lycée, Thibaud semble s'être focalisé sur lui, décidé - pour quel motif ? - à briser la glace et gagner son amitié.
Mon avis :
Un roman bien écrit où j'ai retrouvé le style fluide de Jean-Philippe Blondel : des phrases plutôt courtes, des figures de style bien amenées, le champ lexical de la couleur, les thématiques du travail de deuil, de l'écriture de soi, de l'amitié, du temps qui passe... Je me suis laissée emporter par l'histoire d'Aurélien et Thibaud, bien d'avantage que par le récit autobiographique Et rester vivant. Les adolescents y sont crédibles et émouvants. On espère pendant la lecture que Thibaud arrivera à délester Aurélien d'un poids qu'on devine lié à la culpabilité. C'est notamment grâce à l'écriture de sms, de lettres, de textes de slam... que ce dernier y parviendra.
Plus d'infos sur :
Blondel, Jean-Philippe.
Brise glace
Ed. Actes sud junior
Coll. Romans ado
2011/106 p.
Publié le 12 Juin 2012
Dans ma lancée des Jean-Philippe Blondel, son dernier roman adulte :

Quatrième de couverture :
"Depuis, quand on me croise, on compatit. On me touche le coude, on m'effleure le bras, on refoule des larmes, on me dit que c'est bien, que je suis courageux, que ça va aller, hein ? Je ne réponds pas. Je laisse glisser. Je continue d'enchaîner les longueurs dans ma piscine intérieure et je fais attention à ce que le chlore ne rougisse pas mes yeux."
Avoir vingt-deux ans - et plus aucune attache. Rouler sur les routes californiennes. Vivre des rêves éveillés et des cauchemars diurnes. Comprendre que l'important, désormais, c'est de continuer coûte que coûte. Et de rester vivant.
Mon avis :
Dans ce récit autobiographique, l'auteur revient sur ses premiers pas en tant qu'adulte, après le décès de ses parents et de son frère. Il se retrouve seul et décide de brûler son héritage en s'envolant avec son meilleur ami et sa presque ex-petite amie vers les USA, avec pour seul objectif de se rendre sur la plage de Morro Bay, nom entendu dans une chanson. Les paysages américains à perte de vue et quelques rencontres atypiques aideront peu à peu le narrateur à reprendre pied dans la réalité.
Le propos de ce livre s'annoncait tellement fort que j'ai tout d'abord été décontenancée en constatant que le récit débutait une fois le père du narrateur décédé. Je m'attendais à capter les émotions de la première annonce à laquelle à dû faire face Jean-Philippe Blondel : le décès de sa mère et de son frère. J'ai trouvé que la volonté du narrateur de prendre immédiatement des distances avec sa réalité (ce qui peut être compréhensible) et la volonté de l'auteur d'éviter le pathos amenaient le récit à poser une certaine distance entre le lecteur et ses émotions. J'ai donc été quelque peu déçue. Pour autant, ce récit initiatique fait la part belle aux thèmes chers à l'auteur : la langue anglaise, la musique, l'écriture, l'adolescence, la vocation de l'enseignement (déjà, un peu), le regard tendre sur le temps qui passe...
Le périple américain des trois adolescents est touchant. C'est une quête de sens fiévreuse dans laquelle on se laisse embarquer pour mieux se retrouver une fois le livre refermé.
Plus d'infos sur :
Blondel, Jean-Philippe.
Et rester vivant
Ed. Buchet-Chastel
2011/244 p.
Publié le 10 Juin 2012

La quatrième de couverture :
"J'ai envie de crier, de crier et de pleurer. De pleurer de joie. Mais je ne peux pas. Entre mes larmes, je vais sourire. Et sa mère est là qui me regarde. Ses yeux ne m'ont pas quittée de tout le procès. [...] J'ai seize ans et j'étais accusée d'avoir tué Alex. Son fils. Mon mec."
Le bonheur et la honte après l'annonce de l'acquittement. Mais pour Célia, c'est de sa vie qu'il s'agit. Une vie sans Alex, et pourtant une vie à vivre.
Mon avis :
Ce texte fait partie de la collection D'une seule voix de chez Actes sud junior : "Des textes d'un seul souffle. Les émotions secrètes trouvent leur respiration dans la parole. Des textes à murmurer à l'oreille d'un ami, à hurler devant son miroir, à partager avec soi et le monde."
C'est en effet un court récit à lire d'une seule traite que nous livre ici Gilles Abier. Célia, 16 ans, est la petite amie d'Alex. Un jour, après avoir "chahutés" dans le jardin de ce dernier, Alex tombe dans la piscine. Sa mère, spectatrice de la scène, accuse alors Célia de l'avoir volontairement poussé. S'ensuit alors le procès de Célia, qui nous raconte sous forme de monologue ses derniers mois en attente du verdict. Le tout est ponctué de flash-back sur son histoire d'amour. La figure de la mère d'Alex nous interpelle. La limpidité et le rythme du texte laissent ressortir les doutes et les rêves brisés de l'héroïne. Par sa prose proche du texte théâtral, Gilles Abier questionne le travail de deuil, le sentiment de culpabilité, la notion de justice. Un récit "à chute" (sauf que le titre est mal choisi) tout en finesse.
Abier, Gilles.
La piscine était vide
Ed. Actes sud junior
Coll. D'une seule voix
2008/65 p.
Publié le 6 Juin 2012
Le célèbre auteur américain de science-fiction
à qui l'on doit Chroniques martiennes (1950) ou Fahrenheit 451 (1951)
est décédé hier à l'âge de 91 ans.
Publié le 3 Juin 2012

La quatrième de couverture :
"Je ne comprenais pas où j'allais, mais j'y allais. Je savais jute que je vivais un de ces moments les plus importants de ma vie. Que ça y était, moi le nul, le redoublant, le presque dernier de la classe, le 30e sur 31, j'avais réussi quelque chose."
A la fin de la troisième, Vincent Cuvellier est viré du collège. Son adolescence, c'est des stages bidons, des petits boulots, le chômage... mais aussi les filles et la rage de s'en sortir. Il sait une chose : il adore écrire et rêve de devenir écrivain. Alors il écrit, sans se poser de questions. C'est comme ça qu'il publie son premier roman. A 16 ans. Vingt-cinq ans plus tard, il se souvient de ses débuts d'écrivain. Un livre qui claque fort !
Mon avis :
C'est avec ce livre qui revient sur le parcours qui l'a amené à être écrivain que je découvre Vincent Cuvellier. Une écriture mimant l'oral - ce qu'il revendique - et une franchise dans ses propos : voilà ce que j'en retiens. Vincent Cuvellier a un parcours tout à fait atypique qui m'a paru étrange ; j'oserai dire : étranger. C'est une personne anti-conformiste. Peu importe, le mélange de sincérité, de lucidité, d'humilité, d'humour et d'espoir m'a amené à lire ce livre d'une traite. Il nous indique sur son blog qu'il pensait au départ lui donner pour titre : l'écrivaillon. Pour autant, et étrangement, cela ne m'a pas forcément donné envie de lire ses romans.
Des extraits :
- Euh, moi, ben, j'ai arrêté l'école, et je cherche une formation.
Le type qui va bien paraît super soulagé :
- Une formation ! C'est bien, ça ! Et quelle formation ?
- Euh, moi, je voudrais la formation poète maudit, option Arthur Rimbaud.
- Poète maudit ? Pfff, c'est très demandé. Vous aimez les falaises, les tempêtes et la drogue ?
- Euh, les falaises et les tempêtes, ça va, j'aime bien. Je suis breton. La drogue, je ne sais pas.
- Mouai... en première année, il vous faudra être amoureux d'une femme qui ne vous aime pas.
- Alors, là, pas de problème !
- Et il vous faudra mourir à 20 ans ! Vous savez ça ?
- Ben, si faut ça pour être poète maudit, moi je veux bien.
- Bon.
Le type de l'ANPE se gratte la tête. Il doit réfléchir.
- Ecoutez, j'ai l'impression que vous avez le profil, mais il y a un détail important, quand même, pour être poète maudit.
- C'est quoi ?
- L'écriture. Vous aimez écrire ?
- Alors là, pas de problème, je triomphe. C'est un des trucs que je préfère au monde. D'ailleurs à l'école, j'étais nul en tout sauf en rédaction.
- Ecoutez, pourquoi pas une formation poète maudit... je vais voir s'il reste des places.
Le type prend une liasse de papiers qu'il consulte d'un air soucieux.
- Ecoutez, je suis désolé, mais la formation est complète. Je peux vous mettre sur liste d'attente, mais il y a pas mal de monde avant vous.
- Je suis combien ?
- 17e. Par contre, il reste des places en secrétariat-bureautique.
Bien sûr, ça ne s'est pas du tout passé comme ça. Le type qui va bien a proposé aux types qui n'allaient pas bien de faire le ménage pendant trois mois dans une usine de médicaments. Tout le monde a accepté, sauf le clochard et moi." (p. 9-11)
Cuvellier, Vincent.
La fois où je suis devenu écrivain
Ed. du Rouergue
Coll. DoAdo
2012/76 p.