Publié le 6 Janvier 2022

Les premières lectures

En septembre dernier, l'heure a sonné de mon entrée dans la cour des grands : celle des parents d'enfants scolarisés en primaire. L'apprentissage de la lecture par mon fils cette année est l'occasion pour moi de faire le point sur ce qu'on appelle les "premières lectures".

 

 

 

 

 

 

Des histoires illustrées pour les enfants qui commencent à lire tout seuls, en classe de CP et CE1. Des romans courts qui proposent un chapitrage étudié pour rythmer la lecture de façon adaptée à son acquisition, une typographie particulièrement aérée et lisible, des phrases plutôt courtes et segmentées afin de faciliter la compréhension et la respiration. Un vocabulaire simple mais - il faut l'espérer - pas simpliste. Des illustrations qui soutiennent la lecture et l’identification au héros.

 

 

 

 

 

 

 

De nombreuses maisons d'édition proposent une ou plusieurs collections adaptées à l'apprentissage de la lecture. En voici quelques unes dans lesquelles piocher pour accompagner le début du cycle 2 :

 

  • La collection J'apprends à lire avec Sami et Julie chez Hachette (voir ci-dessous)
  • Les collections Je rentre en CP et Je suis en CP chez Flammarion
  • Les collections Premières lectures chez Nathan, Gallimard, Hatier, Magnard, Casterman...

 

 

C'est l'occasion de poursuivre la lecture d'albums de façon plus autonome et / ou avec des titres plus complexes (comme L'ennemi par exemple).

 

Cela peut aussi être le début de la lecture de BD, une fois les bases acquises (plutôt en CE1, donc). On peut proposer des classiques (par exemple Boule et Bill ou Tom-Tom et Nana) mais aussi des références plus récentes telles que : Akissi, Raoul ou encore Chi, une vie de chat pour s'initier aux mangas.

 

 

 

 

 

 

 

 

La collection J'apprends à lire avec Sami et Julie (chez Hachette) propose cinq niveaux progressifs dont trois destinés à la classe de CP. Ils sont spécialement conçus pour accompagner les enfants dans leur apprentissage de la lecture et les mettre en confiance tout au long de leur année de CP.

 

La mise en page très aérée est ponctuée d'illustrations qui viennent compléter et soutenir la compréhension du texte. Les mots utilisés sont exclusivement construits avec des syllabes simples telles que ba, be, bi, bo, bu, de, sa, mi, no... et facilement déchiffrables. Les lettres muettes sont grisées et les liaisons matérialisées afin d'aider la lecture.

 

La période de Noël est une bonne période en terme de progression dans les apprentissages et une belle occasion d'offrir ce type de premières lectures à un enfant de 6 ou 7 ans. Un titre comme Vive Noël ! est d'autant plus approprié. Pour Noël, toute la famille est réunie chez Papi et Mamie. Le Père Noël passera sans doute à minuit  ! Mais les enfants doivent aller se coucher…

 

La première page du livre permet de repérer les différents personnages et d'entrer dans la lecture sans stress, simplement en déchiffrant quelques prénoms (Papa, Emma, Sami, Tatie...). Puis, une double-page propose de préparer sa lecture avec quelques exercices de repérages et mobilisations des sons, syllabes et mots-outils (un, une, des, ils...) que le lecteur sera amené à rencontrer. Enfin, on peut commencer à lire l'histoire : moderne et joyeuse. Des respirations sont parfois bienvenues grâce au rapport texte / image : une bulle qui fait parler le papi, des prénoms à lire sur les étiquettes des cadeaux déposés au pied du sapin... Quelle fierté d'arriver au bout de l'histoire ! Et, pour ceux qui le souhaitent, de prolonger la découverte en s'assurant de l'avoir bien compris, à l'aide de la dernière double-page.

 

Les premières lectures
Les premières lectures
Les premières lectures
Les premières lectures
Les premières lectures
Un aperçu du titre "Les super cartes de Sami" dans la même collection mais de niveau 3 (fin de CP) qui propose un texte plus long et quelques sons complexes tels que -tion, -eau, -eille.

Un aperçu du titre "Les super cartes de Sami" dans la même collection mais de niveau 3 (fin de CP) qui propose un texte plus long et quelques sons complexes tels que -tion, -eau, -eille.

Publié le 5 Janvier 2022

In carna : fragments de grossesse

Merci aux éditions du Rouergue pour cet envoi

 

La rentrée hivernale des éditions du Rouergue nous offre ce récit : celui d'une grossesse comme un condensé de milliers d'autres. Caroline Hinault, à partir des notes prises lors de ses différentes grossesses (quatre dont trois menées à terme), a cherché à en faire émerger la "substantifique moelle" et à hisser son expérience au rang de l'universel. Elle témoigne de cet état "d'incarnation" et interroge la façon dont les femmes peuvent penser et se réapproprier leur singularité biologique. Elle nous dit que le corps dans lequel nous habitons et vivons le monde est un lieu aussi politique que poétique, et que les mutations qu'il vit, dont la grossesse n'est pas des moindres, méritent d'être saisies en tant que fait culturel au carrefour de nombreux rapports de pouvoir. Au-delà de sa magnifique couverture qui dit l'ambivalence des ressentis propres à la grossesse et à la maternité, j'ai apprécié son avant-propos éclairant. Un extrait et une interview de l'autrice sont d'ailleurs à découvrir sur le site de l'éditeur à ce sujet.

 

Caroline Hinault, notamment lors de sa première grossesse, s'est rendu compte que peu de texte s'emparaient de la question du corps enceint d'un point du vue littéraire. Ce corps en métamorphose et cette intimité bousculée lui sont apparus comme un terrain de jeu langagier insuffisamment inexploré. Elle a souhaité rendre compte de cet événement à la fois banal et extraordinaire de la mise au monde d'un enfant d'un point de vue intime mais aussi social, politique et idéologique. Car "incarner, pour la femme enceinte, c'est porter l'autre dans sa chair mais c'est aussi représenter, symboliser autre chose que soi". Le corps enceint, enchâssé à un autre corps, incarne le concept même de maternité, une allégorie de la vie. Plus encore, la femme enceinte incarne aussi cette identité "plus chargée symboliquement qu'une barque trop remplie" : une mère.

 

Passé l'avant-propos, le premier chapitre intitulé "Le chœur" (voir ci-dessous) ne peut que vous happer. Il offre un panel de phrases entendues par la narratrice - femme lambda uniquement désignée par le pronom "Elle" - sur l'accouchement. Le récit à la troisième personne démarre ensuite réellement avec le déroulé d'une grossesse mois par mois, du désir de conception à la période de post-partum, avec ses réflexions intimes parfois étayées de références littéraires, psychologiques ou philosophiques. C'est en effet un récit hybride qui nous est proposé, à la fois confidence intime et essai féministe. Je me suis retrouvée dans ce besoin de dire, formuler l'indicible, garder une trace de mon expérience, aussi. Comme elle le souligne elle-même : "C'est là l'un des pouvoirs ahurissants de la lecture : édifier en silence des pans entiers de notre être à partir d'altérités langagières". On se rend compte au travers du travail de Caroline Hinault de toutes ces zones d'ambiguïté partagées par les femmes, sans cesse en train de naviguer entre les rives de l'épanouissement et du découragement. J'ai aimé les références féministes et aurais apprécié qu'elles soient davantage développées. Le propos est en effet jalonné d'évocations ou citations : de Simone de Beauvoir à Niki de Saint Phalle en passant par l'historienne Yvonne Knibiehler, l'autrice Marguerite Duras ou l'artiste peintre Paula Modersohn-Becker. On trouve aussi des anecdotes sur de multiples sujets tels que (en vrac) : les nausées, les insomnies, le rapport au corps médical, les vergetures, les fausses-couches, les enjeux de filiation, l'habillement, le rapport à l'art, à la temporalité, etc. On frôle l'exhaustivité. Et pourtant, chacune d'entre nous, à la hauteur de sa propre et unique expérience, pourrait compléter le recueil d'anecdotes et le propos.

 

C'est au final un très beau récit, riche et nuancé, qui contribue à tisser les liens de la sororité. Caroline Hinault propose de repenser la politique de la parentalité afin que les femmes gagnent "en légèreté, en insouciance et en égoïsme". Que la maternité et la paternité s'équilibrent en un juste "parentage". Et que chacun et chacune ait enfin le loisirs de pleinement "contempler" la naissance et le développement de ses enfants.

 

Une grossesse, c'est d'abord une attente. La cristallisation inédite du désir, du risque et du temps, opérée dans le corps d'une femme.

En survalorisant le soi-disant "privilège" qu'ont les femmes de porter les enfants dans leur chair, les hommes se sont très habilement débarrassés de tout ce qu'ils devraient prendre à leur charge pour rétablir cet équilibre des efforts. Argumentation habile, piège lexical qui maintient les femmes dans une forme de culpabilité quand elles osent réclamer cette part de l'autre. En effet, qui oserait se plaindre d'un privilège ?

Respirer et pousser, faire sortir un corps de soi, oui par une voie aussi basse que celle-là, sentir un être glisser et s'extirper de son vagin, confère une puissance inédite. Peu de choses font peur ensuite.

Dans les couloirs de la maternité, elles se croisent, ballons de baudruche en voie de dégonflement plus ou moins avancé après le carnaval. La fête est finie, le déguisement remisé au placard. Ne restent que les cernes et un sourire mi-béat mi-prostré. Elles manoeuvrent leur précieux vaisseau spatial, écrin de plexiglas qui contient leur trésor fripé [...]. On flotte dans les couloirs mauves, en pyjama mous et seins durs, on se fait un petit signe depuis notre montgolfière mentale qui n'en finit pas de devoir se lester aux indices du réel pour pouvoir atterrir sans trop d'encombres.

In carna : fragments de grossesse
In carna : fragments de grossesse
In carna : fragments de grossesse

Rédigé par Nota Bene

Publié dans #Je lis

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Publié le 4 Janvier 2022

Si je vous influence par mes choix de lecture et mes critiques, je suis également inspirée par ce que je vois sur les blogs ou comptes Instagram des autres lecteurs. Alors, TOP ou FLOP ? Voici les derniers titres lus grâce ou à cause de vous !

 

 

 

La plus belle crotte du monde de Marie Pavlenko et Camille Garoche

repéré chez Mlle_ju_lit_jeunesse et La biblio de Gaspard

 

TOP ! L'album s'ouvre sur une souris fière de sa minuscule crotte et qui met au défi l'écureuil de faire au moins aussi bien. S'ensuit alors un concours de la plus belle crotte au fur et à mesure du regroupement inopiné des animaux de la forêt. Mais soudain, un chasseur est là, fusil à l'épaule, prêt à tirer ! Un concentré d'espièglerie à découvrir sans hésiter à partir de 4 ans environ.

 

Ma critique est à (re)découvrir ici.

 

 

 

Mon père, ma mère, mes tremblements de terre de Julien Dufresne-Lamy

repéré grâce au Grand Prix des blogueurs littéraires

 

TOP ! L'histoire de Charlie, 15 ans, et des tremblements de terre émotionnels qui ont perturbés l'équilibre de sa famille suite à l'annonce de la dysphorie de genre de son père. Le récit revient, le temps d'une capitale intervention chirurgicale, sur les deux années qui se sont écoulées depuis l'annonce. L'écriture est actuelle, dynamique et empathique à souhait.

 

Ma critique est à (re)découvrir ici.

 

 

 

La vérité sur la lumière d'Olafsdottir Audur Ava

repéré chez Mademoiselle lit

 

PLUTÔT TOP ! Le récit quelque peu fantasque, à la narration volontairement décousue, de Dyja, jeune sage-femme islandaise. Une lecture plaisante qui nous permet de penser au mystère de la naissance, à la transmission, au temps, au pourquoi de la vie sur terre, à l'inaptitude relative de l'être humain, et à la lumière.

 

Ma critique est à (re)découvrir ici.

 

 

 

 

 

Et vous, quel livre vous ai-je fait découvrir ?

 

 

Rédigé par Nota Bene

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