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Publié le 7 Avril 2014

Un manga de la sélection du Prix Mangalu 2014 :

 

Cerisiers fleurissent malgré tout (Les) tome 1

 

 

La quatrième de couverture :

 

Japon, 11 mars 2011, un tremblement de terre, un tsunami, Fukushima. Est-il possible de faire des projets après cela ? Quand une promesse devient hommage.

 

 

Mon avis :

 

Une couverture et un titre séduisants promettaient un récit tout en nuances tendres et poignantes. L'aspect biographique du récit se ressent en effet pleinement par le biais d'un découpage en deux parties. On découvre dabord l'enfance de l'héroïne, Itsuko, marquée par la maladie. Puis, on retrouve la jeune fille vivant en Italie avec son compagnon. Elle va alors vivre la catastrophe de Fukushima à distance, s'inquiétant pour ses proches et l'état de son pays natal.

Mon avis n'est que mitigé. Dans la première partie du récit, les codes graphiques du manga m'ont gêné ; gouttes de honte et autres veines de colères ne sont décidément pas mon truc. Par la suite, je n'ai pas été traversée par l'inquiétude ressentie par Itsuko. J'ai trouvé qu'en voulant faire un récit intimiste, l'auteur n'avait finalement produit qu'une histoire sans intéret majeur, où rien d'important ne se passe vraiment. On reste sur sa fin, se demandant quel lien tisser entre les deux parties du récit qui semblent quelque peu déconnectées l'une de l'autre. Toutefois, certains lecteurs seront sans doute sensibles au message d'espoir véhiculé à travers la référence à la force de la nature et notamment aux cerisiers  japonais qui fleurissent... malgré tout.

Par ailleurs, on peut s'attarder sur la fin de l'ouvrage qui propose quelques crayonnés et commentaires de l'auteur permettant de comprendre la génèse de son travail.

 

 

Ichiguchi, Keiko.

Les cerisiers fleurissent malgré tout

Ed. Kana

2013/122 p.

 

Publié le 22 Janvier 2014

BD enfin empruntée à une copine :

 

 

 

La quatrième de couverture :

 

Mon ange de bleu

Bleu du ciel

Bleu des rivières

Source de vie

 

 

Mon avis :

 

Moi qui suis encore une bleue dans l'univers du neuvième art, j'ai passé un très bon moment à la lecture de cette première publication de Julie Maroh. Cette bande-dessinée m'avait déjà interpellée lors du Festival d'Angoulême en 2011 et, évidement, après la présentation de son adaptation cinématographique au Festival de Cannes, elle est devenue incontournable. Je me suis donc laissée emporter par ce récit rétrospectif tout en nuances de gris.

 

Gris, comme la fatalité qui s'abat sur nous dès la première planche : "Mon amour, quand tu liras ces lignes, j'aurai quitté ce monde". Celle qui les écrit, c'est Clémentine. Celle qui les lit, c'est Emma. Leur romance bleu pastel commence avec un regard... et des cheveux. Bleus. Clémentine, lycéenne, va tomber amoureuse d'Emma, étudiante à la chevelure et à la sexualité assumée. Elle le raconte dans son journal intime. Au-delà des aléas inhérents à toute relation, Clémentine va devoir faire face à cette passion jusqu'alors inconnue qui l'envahit... et qui signifie devoir assumer sur elle le regard pesant de la société. En effet, dans les années 90, cet amour est encore hors-norme. Les gestes et les silences ont toute leur importance dans le récit de ces premiers émois qui conduiront les jeunes filles à se couper de la famille de Clémentine et à s'installer ensemble. Elles auront à gérer bleus et vague à l'âme. Des Emma-tomes, en somme. L'amour peut-il être éternel ? Clémentine tentera de répondre à cette question dans les dernières planches retrouvant peu à peu les couleurs du temps présent : "Il est dépendant de nous".

 

J'ai apprécié lire un récit intimiste et sensuel sans être voyeuriste, aux accents à la fois fleur bleue et engagé. Le dessin fin et doux jouant sur les ombres et les mises en valeur par touches de bleu m'a séduite. Son titre est incontestablement de ceux que j'aurais aimé inventer. Par ailleurs, la couverture souple de cette BD est plutôt d'une agréable prise en main. Désormais, le plus dur pour la jeune scénariste et dessinatrice au succès imposant va être de continuer à nous plaire et à nous surprendre ! Peut-être en changeant de ton et en nous faisant une peur bleue ?

 

 

La planche du coup de foudre :

 

 

Et "La vie d'Adèle" dans tout ça ?

 

On a confirmé ma pensée en m'indiquant qu'il était intéressant de lire la BD avant de voir le film. Reste donc pour moi à découvrir les incarnations de Clémentine et Emma à l'écran. Je regarderai le film avec une belle impression de lecture en tête... mais aussi avec la retenue - voire les critiques - formulées à l'encontre de scènes de sexe crues et infidèles à l'esprit initial. Dans tous les cas, je ne manquerai pas de faire une mise à jour complémentaire à ce billet en temps voulu !

 

[Mise à jour du 15 mars 2014]

J'ai vu le film assez rapidement après avoir lue la BD mais n'avait pas pris le temps jusqu'ici de vous en rendre compte. En quelques mots : la première partie du film est sensiblement la même que celle de la BD, outre le changement de nom du personnage de Clémentine qui devient "Adèle". La deuxième partie est cependant totalement réinventée par Abdellatif Kechiche : alors que l'on comprenait dès les premières pages de la BD que Clémentine était morte, la fin du film repose sur la séparation des deux jeunes filles sans pour autant qu'Adèle tombe malade. Alors que les tensions dans le couple provenaient de l'engagement militant d'Emma et de la présence de son ex, le film met en avant les différences sociales qui s'insinuent dans leurs rapports : on voit plusieurs fois Adèle manger sans grande élégance des spaghettis bolognaise devant la télé avec ses parents. A l'inverse, lorsqu'Emma invite Adèle à partager le dîner avec ses parents, on déguste huîtres et vin blanc tout en dissertant sur le peintre Gustav Klimt. D'ailleurs, la fameuse scène où la mère de Clémentine découvre en pleine nuit Emma nue devant son frigo - ce qui déclenche une fracture familiale - a été supprimée dans le film. Abdellatif Kechiche n'a d'yeux que pour Adèle et filme tour à tour en gros plan sa bouche, ses cheveux, ses fesses... Il en émane une extrème sensualité qui à mon sens s'inscrit dans la droite ligne du travail de Julie Maroh. Ceci dit, il est vrai qu'une scène de sexe est particulièrement longue et sans filtre. Dommage, c'est une inutile incursion dans une ultra-intimité qui ne nécessitait pas d'être portée à l'écran. En revanche, les plans fiévreux du réalisateur permettent de faire ressentir au spectateur toutes les facettes de la passion amoureuse. Le film est donc une magnifique réinterpréation de la BD et nous laisse emprunt d'une douce et torturée mélancolie. Un long-métrage à la sensualité assumée à savourer sans hésiter.

 

 

 

 

Maroh, Julie.

Le bleu est une couleur chaude

Ed. Glénat

2010

 

Publié le 24 Juin 2013

Cannibale, bd chez Emmanuel Proust Editions de Reuzé

 

 

La quatrième de couverture :

 

1931, l'Exposition coloniale.

 

Mon avis :

 

Une BD agréable à lire et plus intéressante à mon sens que L'enfant du zoo. Le célèbre roman Cannibale aurait cependant mérité une adaptation plus poignante et édifiante. Il y manque un soupçon de dramaturgie.

 

 

Reuzé, Emmanuel

D'après l'oeuvre de  Didier Daeninckx

Cannibale

Ed. Emmanuel Proust

2009/54 p.

 

Publié le 21 Mars 2013

Manga lu le mois dernier :

 

Un Ciel Radieux  

 

 

Mon avis :

 

Pour moi la non-amatrice, ce manga est tout de même un bon souvenirs de lecture. J'ai pris plaisir à le lire, à découvrir l'histoire semi-fantastique de ces deux hommes et à retrouver l'esprit de Taniguchi. L'intrigue, bien que peu développée, est tout en délicatesse. Les dessins sont très beaux. Trouvera-t-il son lectorat au CDI ?

 

Plus d'infos ici.

 

 

Taniguchi, Jirô.

Un ciel radieux

Ed. Casterman

300 p./2010

 

Publié le 25 Mars 2012

 

 

Mon avis :

 

Comme pour son premier récit au long cours, Pénélope Bagieu nous offre ici une magnifique palette de couleurs (rose, rouge ,violet...) qui fait incontestablement partie du charme de ses oeuvres. On adhère immédiatement au dessin, qui fait parfaitement ressortir toute la gamme d'émotions qui traverse l'héroïne. Au fil de plusieurs chapitres, on cherche à découvrir qui est cette héroïne qui un beau jour ne se rappelle de rien... pas même de comment elle s'appelle et de ce qu'elle fait sur ce banc.

 

Le scénario est intéressant et on ne peut s'empêcher de partager les questions que se pose Eloïse. Cependant, j'ai trouvé la fin quelque peu décevante. On se dit presque "tout ça pour ça ?". Ceci dit, dans cette BD on trouve de quoi réfléchir sur ce qui nous définit en tant qu'individu, sur ce qui fait le bonheur... tout ça avec beaucoup d'humour et de dérision.

 

 

Pour en savoir plus, c'est ici que ça se passe !

 

 

Scénario : Boulet.

Dessin : Bagieu, Pénélope.

La page blanche

Ed. Delcourt

2012/192 p.

 

Publié le 23 Février 2012

BD découverte au Salon du livre de Montreuil en décembre dernier et achetée pour le lycée :

 

 

 

La quatrième de couverture :

 

Je n'ai à t'offrir que ce souvenir-là. Emporte-le, ou bien oublie encore.

 

 

Mon avis :

 

Cet avec un ouvrage pareil que le terme de roman graphique prend tout son sens : il a en effet été réalisé suite à 5 ans de travail sur des esquisses et des images à l'huile sur toile. C'est à la fois une bande dessinée, parfois sans bulles, une fable et un récit illustré. Le lecteur suit l'histoire de Rousseau, un personnage rescapé d'un attentat à la bombe ayant perdu la mémoire. Sa tête bandée ne laisse apercevoir que ses yeux, ses lèvres et ses oreilles. Il apprend cependant à sa sortie de l'hôpital qu'il est un chien. Au fil de ses errances, il redécouvre un monde étrange où les chiens persécutent les chats. Le personnage commence alors à incarner une révolution non-violente... Le dessin anthropomorphe m'a évoqué la série des Blacksad. En tout cas, il est sûr que les dessins à l'huile valent le coup d'oeil. J'ai trouvé les textes un peu difficile d'accès mais il est évident que cet album est plein de poésie et d'esprit.

 

 

Plus d'infos :

 

Des planches à découvrir ici

 

 

Norac, Carl & Poulin, Stéphane.

Au pays de la mémoire blanche

Ed. Sarbacane

2011/128 p.