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Publié le 10 Octobre 2019

Paru cet été dans la série Max et Lapin

 

 

Pour les petits bouts qui du haut de leurs deux années vont bientôt faire leur entrée à la maternelle ou pour ceux qui vivent plus ou moins bien les premières semaines d'école, voici un album drôle et dédramatisant. Dans quelques jours, Max rentre à l'école maternelle pour la première fois.

 

 

La maman de Max compatit : l'école, c'est terrible ! Elle fait la liste des activités désagréables que Max va devoir endurer : peindre avec les doigts, jouer au toboggan à la récré, fêter les anniversaires de chacun, se déguiser pour le carnaval... Elle ne cherche pas à le faire changer d'avis frontalement mais abonde dans son sens, utilisant l'ironie, pour le persuader en douceur que finalement, l'école, ça semble plutôt chouette. Il y a un an, je chroniquais Dans le ventre de maman, de la même série, et j'étais sous le charme. Il y a quelques jours je vous présentais avec engouement le dernier né Et moi quand je serai grand. Je vous encourage à nouveau à découvrir le personnage de Max sans hésitation ! Les illustrations vitaminées sont toujours aussi chou et le propos amusant et apaisant.

 

 

Publié le 9 Octobre 2019

Merci à la maison Nathan pour le partage de cet album

 

qui sort demain dans toutes les bonnes librairies

 

 

Le lac des cygnes

Si je vous dis opéra, cygne, prince et pointes, vous me répondez ? Le lac des cygnes, chef-d’œuvre de danse et musique classiques. Charlotte Gastaut a déjà produit une magnifique version en dentelle de papier de ce récit majeur. Ici, bien que moins original, le travail de l'illustratrice Alexandra Huard n'en est pas moins sublime, rendant hommage aux éclairages de la scène et aux postures graciles des danseuses de ballet. Pascale Maret, agrégée de lettres modernes ayant soutenu une thèse en études théâtrales sur le ballet, nous livre ici l'adaptation de la version du chorégraphe Rudolf Noureev créée pour le Ballet de l’Opéra de Paris en 1984. Elle est l'interprétation la plus psychanalytique et pessimiste de l'histoire : celle-ci se termine sur l'échec du prince. Dans un château vit le prince Siegfried, romantique et rêveur. Sa mère exige qu’il devienne roi et se marie. Mais Siegfried refuse un mariage sans amour. Le soir venu, il rencontre au bord d’un lac la princesse Odette.

 

Siegfried errait sur la rive, lorsqu'il aperçut une silhouette d'une blancheur éblouissante qui glissait entre les roseaux. Il crut d'abord que c'était un cygne, mais en s'approchant il vit que c'était une jeune fille d'une grande beauté. Sa robe semblait cousue de plumes et ses gestes rappelaient les mouvements gracieux des oiseaux.

 

Victime de l’enchantement d'un sorcier, la princesse se transforme en cygne le jour et redevient une femme au coucher du soleil. Seul un amour véritable pourrait la délivrer de ce sortilège. Cette histoire d'amour impossible, qui met en scène le symbole de pureté qu'est le cygne blanc, est portée par les mélodies puissantes de Tchaïkovski. Odette symbolise la femme parfaite vers laquelle Siegfried doit aller, bien qu’il soit irrémédiablement attiré vers un désir plus sombre et inavouable (l’homosexualité...) représenté par Odile, le cygne noir manipulé par le méchant sorcier Rothbart. Au final, Odette reste sous l'emprise du sortilège et Siegried finit seul et désespéré. La sombre forêt, le lac et les plumes des cygnes offrent des éléments féériques aux metteurs en scène et costumiers et l'ambiance me semble ici bien restituée par l'illustratrice. Pour faire de l'album une véritable pépite, il aurait selon moi fallu jouer sur des dorures, à l'instar de la première de couverture : quoi de mieux pour faire briller les yeux des enfants (et des mamans) ? C'est en tout cas un magnifique conte à redécouvrir et à faire découvrir sans s'embarrasser d'interprétation à partir de 5 ans environ.

 

Le lac des cygnes
Le lac des cygnes
Le lac des cygnes

Publié le 5 Octobre 2019

Merci à la maison Nathan pour le partage de cet album

 

paru cette semaine

 

 

 

"Moi quand je serai grand, je serai astronaute ! Et moi pompier ou vétérinaire ! Pour soigner les éléphants et les gorilles en Afrique." Cette tournure de phrase typique des enfants qui éveille en nous les palpitations de l'imaginaire est ici le point de départ du magnifique album d'Astrid Desbordes (autrice) et Pauline Martin (illustratrice). Dernier né de la série Max et lapin de chez Nathan, il nous est cette fois-ci proposé dans un format inédit enrichit de volets à ouvrir, pour le plus grand bonheur des enfants à partir de trois ans environ.

Aujourd'hui, Max passe la journée avec son papa. Ils discutent beaucoup. "Moi, quand je serai grand, dit Max...

Une fois le volet droit soulevé, on découvre le rêve gourmand de Max.

- Et toi ? demande Max.
- Hum... moi, réfléchit papa, quand je serai encore plus grand...

Et moi quand je serai grand

On découvre alors un papa se prêtant au jeu de son fils et ouvrant le champ des possibles, à l'instar du lecteur qui ouvre le rabat du livre. Coureur cycliste ? Marin ? Indien ? Astronaute ? Pâtissier ? Chacun y va de sa proposition, de sa rêverie. Nous aussi, on se dit qu'on aimerait prendre le temps d'y réfléchir, de rêver et de partager la discussion avec Max et son papa. Mais, la journée passant, Max s'interroge : son papa ne sera-t-il jamais fatigué ? Le papa a alors la plus jolie et tendre des réponses et notre cœur fond d'amour pour eux. Cette fois encore, Astrid Desbordes fait mouche et touche la corde sensible de la famille et de la douce naïveté enfantine. Les larmes montent au yeux et on ne souhaite qu'une chose : prendre ses enfants dans les bras sans plus tarder.

 

 

Publié le 4 Octobre 2019

Un grand merci aux éditions Nathan et Syros pour leur invitation de ce lundi à Nantes : j'ai de quoi lire pour les semaines à venir ! Et je ne montre pas le meilleur : de magnifiques albums attendent notamment les anniversaires des jours à venir pour être fébrilement feuilletés par de petites mains

 

 

À venir bientôt : un article sur les 35 ans des éditions Syros et bien sûr de nombreuses critiques d'albums et romans young adult. Reste juste à trouver le temps de lire et d'écrire dans un quotidien de jeune maman et de professionnelle déjà bien prenant. En parallèle, je me lance doucement sur Instagram pour tenter d'autres formes de publications et créer de nouvelles interactions. N'hésitez pas à me rejoindre !

 

 

𝒸𝒽𝒶𝓇𝓁ℴ𝓉𝓉ℯ.𝓃ℴ𝓉𝒶𝒷ℯ𝓃ℯ

 

Publié le 3 Octobre 2019

Archibald nous ouvre les portes de sa maison

 

 

 

Astrid Desbordes (autrice) et Pauline Martin (illustratrice) collaborent à nouveau chez Albin Michel Jeunesse, de façon toujours aussi douce et généreuse. Cette maison aux volets rose, c'est celle d'Archibald. Le rose, ce n'est pas que pour les filles. Là n'est pas du tout le propos de l'album mais je trouve intéressant de le souligner : les couleurs pastels utilisées (rose, bleu, jaune) sont à mon sens un pas vers une éducation antisexiste. Archibald, c'est ce personnage de petit garçon aux cheveux "tortellini au beurre" (comme l'a si bien dit Marine Landrot pour Télérama). Il a une maman, un papa et une petite sœur dont le lecteur a déjà pu faire la connaissance dans de précédents albums. Il nous présente ici sa maison, tout à tour bien rangée ou désordonnée. Il l'a trouve parfois trop étroite pour jouer, parfois trop grande pour lui, dans la nuit. Il aime quand ses portes et fenêtres sont grandes ouvertes mais aussi quand on se blottit sous la couette. Il aime parfois en sortir et s'aventurer dans les maisons de ses copains et copines. Il découvre alors des habitations toutes différentes les unes des autres : anciennes ou contemporaines, côtoyant le ciel ou l'eau, celle d'Hector très décorée, celle de Sam plus bricolée... Quoi de plus précieux qu'avoir la confiance en soi permettant de découvrir les autres dans l'intimité de leur chez-soi ? Pour Archibald, c'est possible grâce à ceux qui, au-delà des murs, font de sa maison son foyer. Une merveille que ce nouvel album qui permet de prendre conscience de la chance que constitue la stabilité affective d'une famille. Sans mièvrerie mais avec une infinie tendresse, Astrid Desbordes choisit avec soin des mots qui réchauffent le cœur. Archibald ne vit pas de grandes aventures mais nous fait part de la sienne, sa vie. C'est pourquoi chacun s'y retrouve et se retrouve touché par la poésie qui affleure des textes. Les illustrations aux formes simples et à la ligne claire sont douces et participent à l'atmosphère merveilleusement candide et quelque peu philosophe de l'album. Une nouvelle pépite à prendre le temps de partager avec ses petits bouts.

 

Publié le 11 Septembre 2019

Le monstre des couleurs est "tout barbouillé"...

Le monstre des couleurs ne comprend pas ce qui lui arrive aujourd'hui : ses émotions sont sens dessus dessous ! Réussira-t-il à mettre de l'ordre dans son cœur et à retrouver son équilibre ? Heureusement pour lui, son amie la petite fille va l'aider à différencier ses émotions et à les ranger dans des flacons.

 

 

Devenu un incontournable des albums jeunesse, ce livre animé d'Anna Llenas (illustratrice et graphiste espagnole) a été publié pour la première fois en France en 2014. Depuis, il est régulièrement réédité et son personnage décliné sur différents supports : album (sans pop-up), livre-jeu, jeu de société coopératif, peluches... Cet été est également paru Le monstre des couleurs va à l'école.

 

Offert à mon fils à Noël dernier alors qu'il avait tout juste trois ans, ce livre me semble finalement plus adapté à partir de 4 ans. Il semble en tout cas qu'il soit progressivement adopté par les enseignants de maternelle pour les élèves de moyenne et grande section. Il me semblait évident de vous le présenter en ce mercredi, jour des enfants !

 

L'histoire du livre permet de distinguer les différentes émotions qu'un enfant ressent puissance 10 par rapport à un adulte comme la tristesse, la joie, la sérénité, la peur et bien sûr la colère ! Verbalisant les effets des différentes émotions ressenties, l'enfant peut apprendre à les reconnaître, les exprimer et ainsi faire un pas vers le traitement raisonné de celles-ci. Chaque émotion, associée à une couleur, a sa double-page la décrivant. La joie est associée à la couleur jaune, la tristesse au bleu... Et surprise, une fois qu'elles sont toutes bien rangées dans leur flacon étiqueté, une nouvelle mystérieuse couleur apparaît : le rose ! Pas vraiment la manifestation d'une émotion mais plutôt celle d'un sentiment : l'amour.

 

C'est un bel album à la fois instructif, drôle et bienveillant. Sa thématique et sa pertinence se rapproche du formidable dessin animé Vice versa. C'est une belle idée de cadeau à offrir pour une lecture accompagnée et l'instauration d'un dialogue parent-enfant.

 

La tristesse nous accable, immense comme la mer, mélancolique comme un jour de pluie. Elle refroidit notre cœur et l'engourdit. Quand tu es triste, tu n'as envie de rien, si quelqu'un te manque, tu te sens seul abandonné, parfois des larmes coulent de tes yeux.