Publié le 3 Juillet 2019

C'est le dernier mercredi de l'année scolaire !

Voici donc la critique d'un album documentaire

à destination des 3-6 ans :

 

 

La collection "Mes p'tits docs" de chez Milan permet d'aborder de multiples thèmes de façon documentée avec nos petits dès 3 ans. Le titre présenté ici n'est plus tellement de saison mais l'était lors de son achat en avril dernier, pour les vacances de Pâques ! On y découvre d'où vient le chocolat qui plaît tant aux enfants (et aux grands !). Ainsi, le petit lecteur apprendra notamment que le chocolat est fabriqué à partir des graines des cabosses du cacaoyer, que les aztèques, en Amérique centrale, en consommaient déjà sous forme d'une boisson froide à base de cacao et d'eau, que l'artisan maître chocolatier sait modeler le chocolat pour en faire de magnifiques sculptures... L'ensemble de la chaîne de fabrication est évoquée, des cultivateurs de cacaoyers des pays chauds jusqu'aux maîtres chocolatiers, en passant par les acheteurs de fèves et les transformateurs / fabricants du chocolat en usine.

 

C'est une collection intéressante vers laquelle je me dirige régulièrement. Seul bémol : selon les titres, certains sont adaptés à un enfant de 3 ans (Le bébé, Le chocolat, La police, La piscine...) et d'autres me semblent trop complexes et attendront les 5 ou 6 ans de mon fils (Mon premier petit atlas, Les jeux olympiques...). En tout cas, celui-ci aura été particulièrement apprécié par mon petit dévoreur et lu plus d'une fois !

 

Publié le 1 Juillet 2019

 

Un court témoignage à la fois drôle et engagé sur la condition féminine et plus particulièrement la maternité. Divertissant et parfois rassurant. Une prose simple et sincère de femme brouillonne qui bouillonne de questions, de sentiments et de réflexions et qui essaye de poser des mots sur le bouleversant chemin de la maternité. 

[Enceinte] Je me photographie, à la fois reporter et événement.

Je renifle le corps du bébé, je caresse du bout des doigts le corps du bébé. Il ne se passe rien d'autre que nous.

Moi, j'ai le cerveau bardé de post-it. Jamais je n'ai été si disponible à quelqu'un. Cette maman est d'une patience infinie. Il faut rassurer le bébé à coups de routine. Je vis au premier degré. Maintenir un petit humain en vie demande une organisation incroyable. [...] Pôle Emploi attribue des diplômes aux mères de famille nombreuse par le biais de ce qu'on appelle le transfert de compétences. C'est amplement justifié. Quant aux mères célibataires, il faudrait ériger des statues en leur honneur, quitte à déboulonner un ou deux militaires. Fini le temps mort, le temps mou, pendant lequel la pensée s'étire et s'offre des surprises. Le bébé se faufile dans le moindre interstice. Pire les activités sans lui sont les interstices. [...] J'ai besoin de sortir du corps, de stimuler mon intelligence. Sinon, comment tenir debout ?

L'ouvrier-maman trime pour construire un quotidien qui va de soi.

Comme toutes les femmes, je connais les regards qui évaluent, les mains qui s'autorisent, les sifflets dans la rue. Je sais les corps à vendre et les récits de viol de femmes que j'aime. Nous sommes toujours à portée de mains et de mots.

Ces citations sont celles qui me touchent le plus, mais comme je le disais, c'est parfois drôle, aussi :

Plutôt que de ringardes félicitations, beaucoup me gratifient de traits d'esprit sur mon soudain embonpoint, si bien qu'on me répète à longueur de journée que, dis donc, j'ai sacrément grossi. Je fais preuve à leur égard d'une patience toute maternelle.

Au moment de déclarer mes heures de travail en ligne, je coche la case "vous êtes en congé maternité". J'avais hâte de voir ce qui se passerait. Je m'attendais à une animation comme lorsque je réussissais à passer au niveau supérieur dans les jeux vidéos de mon enfance. Un feu d'artifice pixelisé, un bouchon de champagne qui saute. Mais le site déclare qu'il n'est plus responsable de mon cas et que je dois contacter la sécurité sociale au plus vite. Les institutions françaises m’ont toujours déçues.

Un court livre intéressant dans la veine féministe de mes lectures du moment. Si vous souhaitez quelques idées de lecture plus ou moins sur le même thème, vous pouvez lire mes retours sur Linea nigra, Le baiser dans la nuque, Un miracle en équilibre ou encore Maman. D'autres sont à venir prochainement : Et toi, tu t'y mets quand ? de Myriam Levain, On ne naît pas mère indigne, on le devient d'Olivia Moore ou encore Tu seras un homme féministe, mon fils d'Aurélia Blanc...

Rédigé par Nota Bene

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Publié le 28 Juin 2019

Les 6 livres que j'ai préféré lire durant cette année scolaire

(dans le désordre)

 

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Pour continuer d'ajouter des titres à votre sac de plage

vous pouvez consulter ma liste de l'année dernière ici !

 

Et vous, quel serait votre coup de cœur de l'année scolaire ?

 

Rédigé par Nota Bene

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Publié le 27 Juin 2019

 

C'est par hasard, le voyant mis en avant sur la table des nouveautés de la médiathèque, que j'ai découvert ce livre et à travers lui son auteur Julien Blanc-Gras, qui m'était jusqu'ici inconnu. C'est avec plaisir que je continuerai à m'aventurer dans ses écrits à l'avenir. 

 

Dans ce livre, chronique d'une paternité naissante, il nous fait part de ses réflexions de jeune papa inquiet du monde dans lequel évolue désormais son fils, dans le Paris résilient des années 2015-2018. En parallèle, il progresse dans la lecture des carnets de guerre de ses deux grands-pères, qui ont combattu lors de la Seconde Guerre mondiale. Il nous en livre des extraits et les commente. Cet exercice lui permet de s’interroger sur l'héritage familial, la transmission.

Pour rendre hommage à [l'histoire] de mes aïeux, je ne peux qu'offrir ce petit mausolée de papier, qui sera remis à la génération suivante.

Ce livre lui permet d'évoquer également les premières années de son petit garçon, entre anecdotes amusantes, quotidien parfois épuisant voire pathétique mais aussi merveilleux de progrès. J'ai adoré et adhéré aux réflexions actuelles sur la parentalité et la transmission, l'histoire personnelle de l'auteur rejoignant évidement l'universalité de la condition parentale. Le propos est à la fois joyeux, angoissé, drôle et sérieux. C'est toujours d'une profonde sincérité et d'un optimisme mesuré. Ce n'est pas d'un égocentrisme exacerbé qui aurait pu tout gâcher. La gorge du lecteur est tour à tour serrée ou déployée par le rire.

Nous étions en plein "terrible two", la fameuse phase des deux ans durant laquelle l'enfant s'affirme en défiant l'autorité, en s'immisçant dans les moindres failles de la muraille parentale. Il refusait d'entrer dans son bain, puis refusait de sortir de son bain. Chaque étape du quotidien pouvait engendrer un casus belli.
[...]
Son besoin d'opposition était d'autant plus épuisant qu'il ne s'activait qu'avec ses parents. Il se montrait angélique avec les autres adultes. Quand il tapait un scandale dans la rue (parce qu'une voiture rouge venait de passer alors qu'il préférait les voitures bleues), j'étais tenté de demander de l'aide à des passants pour le sermonner à ma place avec plus d'efficacité. "Je vous en supplie, maîtrisez cet individu. Tenez, je vous file 10 euros."
[...]
Avant, quand je voyais des gens s'énerver sur leur enfant dans la rue, je secouais la tête en pensant 'Allons, allons, ce n'est pas comme ça qu'il faut faire.' Depuis que je suis passé par là, j'ai envie de leur taper fraternellement sur l'épaule : "Lâche rien".

Dans une dizaine d'années, ce petit être qui murmure "coucou papa" au réveil sera un adolescent qui écoutera de la musique pourrie, se branlera trois fois par jour, emploiera des expressions que je ne comprendrai pas, me considérera comme un vieux schnoque ; et je l'aimerai comme au premier jour.

Rédigé par Nota Bene

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Publié le 26 Juin 2019

En ce mercredi, jour des enfants,

retour sur la lecture d'un album jeunesse :

la suite de L'enfant et la baleine

et de L'enfant, la baleine et l'hiver

 

 

L'année scolaire est terminée. Le papa de Noé conduit ce dernier jusqu'à la minuscule île, le "rocher" même, où vit sa grand-mère, afin d'y passer une partie des grandes vacances. Noé n'est pas spécialement enthousiaste à l'idée de côtoyer cette étrange grand-mère qui enlève ses dents pour dormir et répare des filets de pêche plutôt que de jouer avec lui. Le jeune garçon s'ennuie et décide d'explorer les alentours... mais une tempête se lève et l'empêche de rentrer. Ce nouvel opus évoque l'esprit d'aventure des enfants et le lien intergénérationnel avec à nouveau beaucoup de tendresse. C'est plus drôle et léger aussi. Les couleurs sont plus vives que dans le précédent album et cela fait du bien. Là encore, la nature et la faune en particulier ont leur importance. En refermant le livre, on a envie de rejoindre Noé et sa grand-mère sur leur petit rocher perdu au bout du monde.

Grand-mère habitait loin. Elle vivait sur un petit rocher battu par les vents, où les brins d'herbe poussaient couchés. Personne ne venait jamais la voir, à part quelques oiseaux déposés là par la brise et les bourrasques.

heart

Publié le 25 Juin 2019

Lecture du dernier roman en date de Mathias Malzieu. Une écriture toujours aussi pleine d'associations poétiques et qui fait cette fois la part belle à la romantique ville de Paris : sa Tour Eiffel étincelante, ses quais de Seine joyeux et ses parapluies multicolores.

Il pleuvait en plein soleil sur Paris, ce 3 juin 2016. La Tour Eiffel se laissait pousser les arcs-en-ciel. [...] Sur les berges des roseraies de parapluies fleurissaient en accéléré.

Une sirène à Paris

Elle leva péniblement sa nageoire qui flottait au-dessus de la baignoire tel l'étendard d'une contrée magique. Au moindre mouvement, son visage se crispait de douleur. Le sang bleu perlait le long de ses écailles.

La plume du parolier est envoûtante, à l'instar du chant de la sirène qu'il met ici en scène / Seine ! En juin 2016, la décrue du fleuve laisse apparaître une sirène blessée. Un homme, Gaspard, va la ramener chez lui afin de la soigner dans sa baignoire. On sait bien pourtant qu'à tout homme séduit par une sirène est promis une mort inéluctable... 

Le jour entra dans la nuit telle une goutte de lait dans un café noir.

L'imagination fantasque de Mathias Malzieu est globalement toujours aussi plaisante. Ce nouveau conte pour adultes nous fait rire et pleurer tout en nous promenant sur les rives magiques de l'imaginaire enfantin. Cette pourtant bien une histoire de grandes personnes : elle nous parle d'amour, de réticences, de résistance à la morosité et aux injonctions et de confiance. Je regrette toutefois la mise en scène qu'il fait de lui-même. Le personnage principal, Gaspard, est sans ambiguïté le double de papier de Mathias. Cela a toujours été plus ou moins le cas dans chacun de ses romans mais ici c'est trop flagrant, sans nuances et sans réelle justification. Je reste donc sur le sentiment d'un univers séduisant mais un peu moins riche et prometteur que les fois précédentes à cause de cet égocentrisme qui pourrait finir par le faire tourner en rond... et le lecteur avec lui. Cela déteint sur sa capacité à se renouveler littérairement. J'ai trouvé redondant certains mots, expressions ou situations qui font inexorablement partie du registre de langue de l'auteur : flocon de neige, porcelaine, skateboard, le côté femme fatale d'une fumeuse de cigarette... En outre, j'ai tiqué sur un jeu de mots d'une légère vulgarité : "Sa bouille à fossettes et son boule à facettes lui donnaient un côté princesse disco." (p. 74).

Lula observait ses moindres gestes, troublée par l'enthousiasme de Gaspard. On aurait dit un jeune papa préparant son premier sapin de Noël.

Mathias Malzieu imagine une histoire qui fait étrangement écho au drame de Guillermo del Toro : La forme de l'eau. C'est d'ailleurs sur grand écran, sous les traits de Clémence Poésy, que sa sirène Lula fera bientôt entendre sa voix. Un album éponyme du groupe Dionysos sera également disponible. Une découverte artistique à mener sur différents supports, qu'on soit un inconditionnel de l'auteur ou non.

La nuit tombait sur Paris. Les peintres du crépuscule avaient fait du bon boulot : les ocres explosaient sur les quais humides, les nuages éventrés saignaient le long du fleuve. L'un deux, accroché aux aiguilles des horloges du quai d'Orsay, s'effilochait comme une pelote de laine.

Rédigé par Nota Bene

Publié dans #Je lis

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