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Publié le 4 Octobre 2019

Merci à L'école des loisirs

 

pour le partage de cette jolie fable de Caroline Solé

 

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Après son roman La pyramide des besoins humains paru dans la collection Médium + (et le roman La petite romancière, la star et l'assassin paru chez Albin Michel), Caroline Solé revient ici à L'école des loisirs dans la collection Mouche, adressée aux enfants de 6 à 8 ans. Elle nous offre une fable tout en douceur pour une entrée dans le froid automnal bien emmitouflée par ses mots. Nous faisons la connaissance d'Akita, une petite fille aux joues "rebondies comme des glaçons" vivant "au cœur de la forêt polaire", sur le point de fêter sa septième année. Pourtant, au lieu de s'en réjouir, elle s'inquiète : elle craint "de rester piégée en hiver pour la vie entière". En effet, depuis quelques temps, Akita souffre d'un mal qu'elle ne parvient pas à contrôler. Elle ressent parfois des vagues de colère comme si un ours féroce cherchait à sortir de sa bouche. Elle en vient à faire éclater des objets en mille morceaux rien qu'en criant de fureur ! Ses parents et son frère disent alors qu'elle fait "des grizzlis". Elle en vient à s'isoler de ses camarades. Ses parents l'avaient prévenu : le jour de ses sept ans, ils l'accompagneraient chez la vieille dame ridée aux mystérieux pouvoirs vivant au fond des bois : la glooglooka. Le cœur lourd, Akita se rend donc chez cette dame qu'elle imagine aux allures de sorcière et qui semble finalement ni laide ni si vieille. Parlant peu, elle va faire avancer Akita au plus profond de sa "glook" (contraction de grotte et d'igloo) puis lui ordonner d'aller chercher l'étoile posée sur la cime d'un grand sapin, sur une montagne enneigée visible à l'opposé de la grotte. Akita, à contre-cœur, s'élance. Soudain, elle se fige : un grizzli ! Comment réagir ? Sa peur ne va-t-elle pas provoquer une crise de panique destructrice ? Symboliquement, Akita va réussir à accéder, le jour de son anniversaire, à l'âge de raison. Par ce court roman qui tient du conte initiatique, Caroline Solé nous explique ainsi très simplement et délicatement ce que peut faire un(e) psychologue pour aider ponctuellement un enfant à gérer une difficulté et un trop-plein d'émotions. La douceur des aquarelles de Gaya Wisniewski illustrant l'histoire insuffle au fil des pages une ambiance cotonneuse à souhait. On se surprend à rêver d'espaces où le blanc du ciel et de la terre se confondent et où le quotidien se ponctue de dégustation de crêpes au sirop de bouleau et de promenades en traîneau.

 

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Rédigé par Nota Bene

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Publié le 27 Septembre 2019

Lecture d'été à la couverture acidulée, Les victorieuses, deuxième roman de Lætitia Colombani, dans la même veine que La tresse, a pourtant réussi le pari du renouvellement en partageant de nouveaux destins de femmes éprouvées par la vie.

 

Laetitia Colombani présente son deuxième roman

 

Solène, 40 ans, a tout sacrifié à sa carrière d'avocate : ses rêves, ses amis, ses amours. Un jour, elle craque et tombe en dépression. Tandis qu'elle cherche à remonter la pente, son psychiatre l'oriente vers le bénévolat : sortez de vous-même, tournez-vous vers les autres, lui dit-il. Peu convaincue, Solène répond pourtant à une petite annonce : "association cherche volontaire pour mission d'écrivain public". En parallèle, à plusieurs décennies d'intervalle, Blanche Peyron s'engage dans l'Armée du Salut et parvient, en 1925, à réunir les fonds nécessaires pour l'achat d'un grand hôtel parisien qui sera par la suite nommé le Palais de la femme et logera de nombreuses femmes en situation de grande précarité. Quand Solène posera son ordinateur portable dernier cri dans le hall du Palais, elle se sentira complètement déstabilisée.

 

J'ai retrouvé dans ce livre l'idée de combat, de volonté farouche de s'en sortir pour briser la chaîne malheureuse des générations. Des passages m'ont émue, comme la lecture de la lettre écrite par Solène pour une mère et destinée à son fils resté au pays. C'est plein de dignité, de constats amers mais aussi de paillettes d'espoir. L'auteur semble nous dire : c'est dur mais quand on veut et qu'on est bien entouré, on peut. Aide-toi et le ciel t'aidera. Un peu "macronien" sur les bords ! Mais retenons-en les encouragements. La lecture est simple, fluide, touchante. Les bons sentiments ne suffisent malheureusement pas à nourrir une attente littéraire exigeante. J'ai trouvé les ficelles aussi grosses que pour son premier roman et le style bien pauvre. Pour autant, comme souligné alors, le récit a le mérite d'être bien construit et accessible. Entre un cours de Zumba, une soupe distribuée par Blanche et une lettre à la Reine d’Angleterre, on se laisse happer par des portraits sensibles de femmes aux parcours singuliers.

 

Quels mots pour dire cela ? Ils sont si impuissants, les mots, les pauvres mots, devant tant de souffrance. Cette femme vient de livrer sa vie comme on livre un secret, un fardeau, un cauchemar. Et elle attend, les yeux pleins d’espoir, les mots que Solène va poser sur son histoire.

Rédigé par Nota Bene

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Publié le 23 Septembre 2019

Je repense à toutes ces nuits où j'ai déambulé dans la ville, ivre et bruyant, en ricanant des vieux qui dorment alors que la vie n'est pas faite pour ça. Ma jeunesse prend sa retraite, tous les stratagèmes édifiés pour ne pas devenir adulte - et donc refuser la mort - vont s'écrouler face à trois kilos de chaire et d'os qui vont débouler chez moi. Le quotidien va changer dans des proportions encore inconnues. Je sais que je vais voir la vie différemment. Je ne sais pas encore comment.

Rédigé par Nota Bene

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Publié le 20 Septembre 2019

De la mère potentielle à la mère concernée en passant par la mère blasée !

 

Et toi tu t'y mets quand ? de Myriam Levain : difficile pour moi de commenter ce témoignage. D’abord parce que je ne fais plus directement partie des lectrices qui pourraient être concernée par les questions que se posent l'auteur (j'ai déjà deux enfants). Ensuite parce que le propos tenu m'a laissé perplexe. À travers un texte autobiographique, engagé et documenté, Myriam Levain nous plonge dans une expérience singulière et ultra contemporaine : la congélation de ses ovocytes. Par le biais de son parcours, elle aborde ses questionnements de trentenaire sans enfant. Son témoignage mêle réflexion personnelle et enquête sur l’injonction à la maternité qui pèse sur les femmes. Le récit de son aventure de PMA en France et à l’étranger est enrichi d’interviews de spécialistes qui éclairent d’un jour nouveau les modèles de la maternité et de la famille : une femme peut être épanouie sans enfant, toutes ne sont pas prêtes pour être mères au même moment, il existe d’autres chemins de vie et, surtout, les femmes devraient être libres de faire leurs propres choix. Pour autant, j'ai eu du mal à être convaincue et à admettre qu'une femme devrait avoir le droit de devenir mère sur le tard en repoussant les limites biologiques. J'ai eu tendance à adhérer aux propos de Gérard Biard reportés vers la fin du livre (p. 159) : "La procréation n'est pas un "droit" mais une fonction biologique. On peut décider ou non de s'en servir, on peut traiter médicalement ses dysfonctions éventuelles ou les pallier, mais l'exiger au nom de la "justice sociale" comme le revendique Marlène Shiappa est parfaitement absurde."

 

 

Sois mère et tais-toi d'Olivia Moore : des réflexions légères et drôles sur la maternité, de la grossesse à l'éducation d'adolescents, en passant par l'accouchement et le post-partum. Des listes et des fausses publicités inpolitiquement correctes qui dédramatisent ce que vive les mères d'aujourd'hui. L'humoriste réclame le droit et même le devoir de rire de la charge de travail et de responsabilités qui incombent aux femmes. Elle pense avoir la solution : être, comme elle, divorcée, afin de pouvoir bénéficier d'une semaine sans enfant une semaine sur deux. Un livre-confession sans autre prétention que celle de faire rire. Pour se changer les idées entre deux couches à changer.

 

 

Tu seras un homme - féministe - mon fils ! d'Aurélia Blanc : un essai sur l'éducation des garçons et la masculinité dont les premières pages notamment m'ont interpellées. L'auteur évoque le fait d'avoir été déstabilisée à l'idée d'attendre un garçon et explique qu'une certaine frange éduquée et féministe de la société est aujourd'hui valorisée à l'idée d'éduquer une fille. C'est "avoir le sentiment de contribuer à lutter contre l'injustice et les inégalités". À l'inverse, éduquer un garçon est angoissant car tout à coup on prend conscience de son échec potentiel en tant que parent : sera-t-on capable de ne pas en faire "une partie du problème" ? Ici, le propos est de prendre conscience du chemin qui reste à parcourir et d'apporter des conseils pratiques pour s'engager dans une éducation anti-sexiste. L'auteur nous propose de prendre du recul sur le sexisme bienveillant véhiculé par la société, l'entourage ("Tu ne vas quand même pas lui offrir une poupée, c'est un jouet de fille !") et notre propre éducation. D'armer notre enfant face aux pressions sociétales et lui apprendre le respect de soi et des autres sans l'envahissement des codes de la virilité. J'ai d'ailleurs trouvé très intéressant ce passage sur la définition de la virilité. L'idéal viril repose, depuis toujours, sur les trois mêmes valeurs : la force, l'héroïsme et la puissance sexuelle. Mais, par définition, la virilité est un idéal qui reste inatteignable. Il nous faut cultiver l'empathie et l'expression des émotions de nos garçons plutôt qu'entretenir leur supposé esprit de domination (que ce soit par la rivalité comme par la séduction). Je note aussi quelques termes appris au détour des pages : les concepts féministes de mansplaining (tendance des hommes à expliquer aux femmes des choses qu'elles savent déjà), manspreading ("étalement des parties génitales") et manterrupting (tendance des hommes à couper la parole aux femmes). Ici, Aurélia Blanc use de paroles à bon escient et nous offre un début de déconditionnement du sexisme bienveillant pour permettre à nos garçons de vivre une masculinité équilibrée et apaisée.

Rédigé par Nota Bene

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Publié le 13 Septembre 2019

Après ma lecture du dernier livre en date de Julien Blanc-Gras Comme à la guerre,

j'ai poursuivi ma découverte de l'auteur en remontant dans sa bibliographie et en découvrant : 

 

 

Une lecture coup de cœur : une belle idée de cadeau à offrir à un futur papa !

 

heart

 

C'est avec énormément d'auto-dérision mais aussi beaucoup de tendresse et d'interrogations générationnelles que Julien Blanc-Gras nous livre ici une part intime de sa vie à une période charnière : celle où il s'apprête à devenir père. C'est évidemment tout ce qu'il y a de plus autobiographique mais c'est aussi emmaillé d'observations ethnographiques et socioculturelles intéressantes. Elles mériteraient d'ailleurs des développements. Un livre dont la lecture date un peu pour moi maintenant mais que je conseille vivement ! Drôlement tendre et tendrement drôle. Un peu piquant aussi.

On reproche souvent aux écrivains français de se focaliser sur leur propre nombril. Je vais me concentrer sur celui de la Femme.

Rédigé par Nota Bene

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Publié le 10 Septembre 2019

Deux mois, deux romans, deux BD : Les victorieuses de Lætitia Colombani, Là où les chiens aboient par la queue d'Estelle-Sarah Bulle, Le dieu vagabond de Fabrizio Dori et Mon traître de Pierre Alary. Critiques plutôt enthousiastes à venir !

Récapitulatif de mes lectures d’été