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Publié le 20 Octobre 2022

Le salon

Voici ma deuxième lecture de la rentrée littéraire 2022. Un petit roman auquel j'ai voulu donner sa chance. J'en ressors mitigée. C'est bien écrit, divertissant, mais un peu pompeux (il faut quand même avoir parcouru l'œuvre de Flaubert), caricatural (le vieux libraire érudit dans sa librairie-tanière, l'adultescent de 39 ans) et d'une loufoquerie bien peu crédible. Bon, pour lire sur le thème du pouvoir de la littérature et pour la touche burlesque, pourquoi pas.

C'est peut-être ça, la définition du métier d'écrivain : se ressouvenir pour inventer.

Publié le 13 Octobre 2022

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Zizi Cabane

Voici ma première lecture de cette rentrée littéraire 2022 et le dernier roman en date de Bérengère Cournut, qui est arrivé à point et pour mon plus grand plaisir après mes récentes lectures de De pierre et d'os et Élise sur les chemins. Elle publie, aux éditions Le Tripode, un récit de nouveau difficilement catégorisable mais où l'on retrouve ses ingrédients fétiches : le regard d'une enfant, les thèmes de la famille, de la disparition et de la métamorphose, l'importance des paysages et des éléments naturels. On y décèle des clins d'œil, par exemple à Élise sur les chemins quand Béguin est largué par Elvire et traitée 𝑑'𝑎𝑛𝑔𝑢𝑖𝑙𝑙𝑒. De son écriture singulière, Bérengère Cournut revivifie la nature du conte en mêlant prose et poésie, à la frontière du réel. C'est ce que j'aime chez elle : qu'elle m'embarque dès les premières lignes avec symbolisme dans les voyages géographiques et intérieurs de ses personnages.

 

Dans ce dernier récit, nous sommes à l'ouest, 𝑙𝑎̀ 𝑜𝑢̀ 𝑙𝑒 𝑠𝑜𝑙𝑒𝑖𝑙 𝑏𝑟𝑖𝑙𝑙𝑒 𝑝𝑙𝑢𝑠 𝑙𝑜𝑛𝑔𝑡𝑒𝑚𝑝𝑠, en compagnie de Zizi. Ses frères et elle se sont levés un matin et ont constaté que leur maman 𝑛'𝑒́𝑡𝑎𝑖𝑡 𝑝𝑙𝑢𝑠 𝑙𝑎̀. Odile, disparue aux yeux de Zizi, morte aux yeux du lecteur, laisse derrière elle son mari Ferment et leurs trois enfants Béguin, Chiffon et Zizi Cabane. Ils doivent absorber - et je choisis ce mot à dessein - l'absence d'Odile et trouver un nouvel équilibre de vie avec l'aide de Tante Jeanne qui les rejoint. Mais des phénomènes étranges les déstabilisent encore : une source apparaît dans le sous-sol de la maison, un drôle de vent se lève, un faux grand-père surgi de nulle part. Le lecteur devine l'incarnation aqueuse d'Odile à travers ses prises de parole poétiques formalisées par l'italique. Parfois, le temps d'un échange épistolaire, d'autres personnages prennent en charge la narration, nous permettant de prendre la mesure de l'imprégnation quotidienne des souvenirs liés à Odile et son absence. Ferment dit notamment : 𝐽'𝑎𝑣𝑎𝑖𝑠 𝑢𝑛𝑒 𝑓𝑒𝑚𝑚𝑒, 𝑒𝑙𝑙𝑒 𝑎 𝑑𝑖𝑠𝑝𝑎𝑟𝑢, 𝑠𝑎𝑛𝑠 𝑙𝑎𝑖𝑠𝑠𝑒𝑟 𝑑𝑒 𝑡𝑟𝑎𝑐𝑒𝑠. 𝑂𝑢 𝑝𝑙𝑢𝑡𝑜̂𝑡 : 𝑠𝑎𝑛𝑠 𝑙𝑎𝑖𝑠𝑠𝑒𝑟 𝑑𝑒 𝑡𝑟𝑎𝑐𝑒𝑠 𝑑𝑒 𝑠𝑎 𝑚𝑜𝑟𝑡, 𝑝𝑎𝑟𝑐𝑒 𝑞𝑢𝑒 𝑙𝑒𝑠 𝑡𝑟𝑎𝑐𝑒𝑠 𝑑𝑒 𝑠𝑎 𝑣𝑖𝑒, 𝑙𝑒𝑠 𝑛𝑜̂𝑡𝑟𝑒𝑠 𝑒𝑛 𝑠𝑜𝑛𝑡 𝑟𝑒𝑚𝑝𝑙𝑖𝑒𝑠. 𝐶𝑒 𝑠𝑜𝑛𝑡 𝑙𝑒𝑠 𝑟𝑒́𝑣𝑜𝑙𝑡𝑒𝑠 𝑑𝑒 𝐵𝑒́𝑔𝑢𝑖𝑛, 𝑙𝑒𝑠 𝑜𝑏𝑠𝑒𝑠𝑠𝑖𝑜𝑛𝑠 𝑑𝑒 𝐶𝘩𝑖𝑓𝑓𝑜𝑛, 𝑙𝑒𝑠 𝑟𝑖𝑟𝑒𝑠 𝑒𝑡 𝑙𝑒𝑠 𝑐𝘩𝑎𝑔𝑟𝑖𝑛𝑠 𝑑𝑒 𝑍𝑖𝑧𝑖... 𝐿𝑒𝑢𝑟 𝑚𝑒̀𝑟𝑒 𝑒𝑠𝑡 𝑝𝑎𝑟𝑡𝑖𝑒 𝑡𝑜𝑢𝑡 𝑒𝑛 𝑟𝑒𝑠𝑡𝑎𝑛𝑡 𝑎𝑣𝑒𝑐 𝑒𝑢𝑥 ; 𝑒𝑡 𝑚𝑜𝑖, 𝑗𝑒 𝑛𝑒 𝑝𝑒𝑢𝑥 𝑝𝑙𝑢𝑠 𝑒̂𝑡𝑟𝑒 𝑢𝑛 𝑒́𝑡𝑒𝑟𝑛𝑒𝑙 𝑡𝑜𝑢𝑟𝑚𝑒𝑛𝑡.

 

Les saisons et les années se succèdent et accompagnent comme avec sollicitude la détresse des protagonistes : la folie désemparée du père, le courage et la douceur des frères, les questionnements de Zizi. Son surnom, dont l'explication nous est donnée rapidement, est déroutant mais aussi d'une joyeuse et puissante féminité. Il fait écho à la transformation du foyer familial opérante dans le roman. Comme dans les précédents récits de Bérengère Cournut, j'ai adoré faire sonner et décrypter les prénoms des personnages, fortement originaux et symboliquement chargés. Le prénom officiel de Zizi est révélée au lecteur à la fin du récit. Il fait référence, comme un écho, à une pierre précieuse et à l'idée de protection. Bien que j'émette une réserve sur la péripétie tragique concernant Zizi vers la fin du récit, qui dramatise le destin d'une famille inutilement et d'une façon moyennement crédible, j'ai adoré savourer la note stylistique - sucrée comme la magie de l'enfance - de l'écriture de Bérengère Cournut. En somme, elle nous dit en souriant, avec douceur, la douleur du deuil au sein d'une famille : une histoire 𝑑𝑒 𝑣𝑒𝑖𝑛𝑒𝑠 𝑒𝑡 𝑑𝑒 𝑐𝘩𝑎𝑔𝑟𝑖𝑛𝑠 𝑞𝑢'𝑜𝑛 𝑚𝑒̂𝑙𝑒, 𝑑𝑒 𝑛𝑎𝑝𝑝𝑒𝑠, 𝑑𝑒 𝑚𝑎𝑟𝑒𝑠 𝑒𝑡 𝑑𝑒 𝑠𝑒𝑙𝑠, 𝑑𝑒 𝑐𝘩𝑎𝑟𝑏𝑜𝑛 𝑎𝑢𝑠𝑠𝑖, 𝑑'𝑒𝑎𝑢𝑥 𝑝𝑟𝑜𝑓𝑜𝑛𝑑𝑒𝑠 𝑒𝑡 𝑑𝑒 𝑔𝑒𝑚𝑚𝑒𝑠.

 

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Je m'appelais Odile, j'étais jeune
j'aimais rire et pleurer en même temps
J'avais parfois peur de la vie
et beaucoup, beaucoup d'envie

Puis il y a eu ce jour où je suis partie
Ce n'était pas volontaire
c'est venu comme un truc qui sort de terre

Plongée dans les pensées d'Odile la disparue

Pour moi, qui suis arrivée cinq ans plus tard, tout le monde avait retenu la leçon : pas de prénom auquel on ferait semblant de croire. Mon père et ma mère m'ont ramenée à la maison en m'appelant "bébé", puis ils ont attendu que ça vienne. En vérité, ça n'a pas tardé : au premier bain dans le lavabo de faïence, à hauteur d'yeux de Chiffon, mon frère a demandé : "Pourquoi il est cassé, le zizi de ma soeur ?" Maman est entrée en fureur. "Mais enfin, il n'est pas cassé ! Qu'est-ce que tu imagines, espèce d'enfant aveugle ?" Mon frère a dit : "Si, regarde, il est cassé... Il n'y a rien à tirer." Mon père a ri, Odile a pris le temps d'expliquer : "Alors les garçons. Vous avez, c'est vrai, un zizi qui peut viser, se dresser et s'affaisser dans un frisson...

Suite ci-après...

Pour vous flatter, appelons-le zizi totem. Mais les filles, voyez-vous, ont un zizi, elles aussi. Un zizi plus mystérieux... caché là, dans un pli, et que vous comprendrez un jour autrement qu'avec vos yeux. D'accord ?" Béguin ricanait un peu, mais Chiffon a dit d'un ton blasé : "Un zizi cabane, quoi..." Personne n'aurait trouvé mieux : ni plus vrai, ni plus joyeux. C'est ainsi que je suis devenue la première, la seule, la vraie : Zizi Cabane.

Avoir un zizi totem ou un zizi cabane

Ils sont maigres, ils ont des boutons, ils sentent la cigarette. Quand ils rigolent, assis sur le dossier des bancs publics, on dirait des vautours un peu niais.

Portrait d'adolescents

Quand il rit, ses pommettes remontent comme celles du Père Noël. A part ça, il est plutôt habillé en bleu.

Portrait de Marcel

Si je n'étais pas déjà liquide, je t'assure que mes enfants me chavireraient. Prends bien soin d'eux, Ferment. Moi, je vous attends.

Amour maternel

Oh, oh ! Je ne pleure pas, esquive-t-elle en souriant. J'arrose simplement les pensées que j'ai mises en terre récemment...

Cultiver son deuil

J'ai des enfants - je me souviens - J'ai un mari - je me souviens - Tous ont un jour ou l'autre dormi contre mon sein Et je sais désormais par quel moyen prolonger notre lien

Odile se souvient

Jeanne dit qu'il était malade et qu'il ne m'en a pas parlé pour ne pas m'inquiéter. C'est vraiment prendre les enfants pour des billes... Je le savais bien, qu'il était malade ! Ce n'est pas une raison pour mourir.

Zizi s'emporte

 

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Voici deux épisodes de podcast consacrés à Zizi Cabane à écouter avant ou après votre lecture. On y parle de paysages, de maison, de disparition, de cultures animistes, d'eau qui ruisselle, de poésie et de fiction.

 

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Zizi Cabane

Publié le 15 Septembre 2022

Les bruits du souvenir

En résumant très vite : Claire se sépare de son conjoint pervers narcissique / violent / harceleur en même temps qu'elle perd sa mère et quitte son emploi d'enseignante. Le jour où elle vide l'appartement qui appartenait à sa mère, on lui livre un appareil photo commandé avant sa mort, qui contient une pellicule contenant quelques photos. Claire découvre aussi le journal intime tenu par sa mère lorsqu'elle était jeune. Elle part avec ses deux objets sous le bras et l'aide improbable de la gardienne de son immeuble pour changer de vie et se reconstruire.

 

Cette lecture était pour moi une découverte de Sophie Astrabie, qui à suivre sur Instagram est drôle et déculpabilisante sur la thématique de la maternité, mais dont le livre a manqué d'épaisseur pour moi. Je l'ai lu facilement, presque avec avidité, m'attendant à être enthousiasmée dans les derniers chapitres. Mais non. Plutôt frustrée. Tout ça pour nous dire que ce que l'on croyait vrai ne l'est pas. Je comprends ce qu'elle a voulu faire - brouiller les pistes et nous faire nous demander qui a écrit quoi dans tout ça - mais ça tombe à plat. La faute a des éléments superflus et peu crédibles. Surtout au début. Une écriture fluide mais assez ordinaire. C'est du feel-good improbable. Si vous aimez des histoires de résilience, de personnes qui changent de vie et s'aventurent dans des petits villages gorgés de gens authentiques et gentils, alors je vous propose plutôt de lire Tout le bleu du ciel de Mélissa Da Costa. Les bruits du souvenirs risque de peu à peu s'effacer de ma mémoire... pour autant, je salue son travail au-delà du livre : l'alimentation de son compte Insta, le choix de l'illustratrice pour la première de couverture, ses messages en réponse à nos questions quand on veut "tout savoir" !

 

Rédigé par Nota Bene

Publié dans #Je lis

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Publié le 14 Septembre 2022

Simone Veil

Depuis 1975 en France, en grande partie grâce à Simone Veil, les femmes - nos sœurs, nos mères, nos amies, nos voisines - ont le droit d'avoir recours à l'avortement ou l'interruption volontaire de grossesse (IVG). Ce droit fondamental permet d'avoir le choix et d'éventuellement renoncer à des grossesses non désirées. Aujourd'hui en France on estime que 33 % des femmes avortent au moins une fois dans leur vie. Mais des polémiques insensées autour de ce sujet existent toujours. En écho à l'actualité de santé publique américaine, j'ai ressenti la nécessité de me plonger en début d'été dans des lectures sur le droit à l'avortement. J'ai lu Les hommes aussi s'en souviennent, le discours de Simone Veil du 26 novembre 1974 suivi d'un entretien mené par la journaliste Annick Cojean en 2004 et d'un rapide historique de l'avortement, puis la bande dessinée Simone Veil : l'Immortelle qui entremêle de façon accessible son parcours adolescent pendant la Shoah et son combat politique au moment de défendre la loi pour l'IVG. J'ai adoré découvrir ces deux livres me donnant le sentiment d'enrichir mes connaissances et mes convictions de femme. J'ai également assisté en avant-première à la projection du film Simone, le voyage du siècle grâce auquel j'ai eu une vision incarnée de l'éventail de combats personnels et politiques menées par Simone Veil. Je pense notamment à son travail pour de meilleures conditions de détention des prisonniers et prisonnières. Le film n'est pas du tout construit de manière chronologique ; ce n'est donc peut-être pas évident à suivre pour les plus jeunes, mais c'est édifiant. Cela m'a donné envie de lire son autobiographie Une vie. Cette figure française, son parcours extraordinaire et exemplaire, mérite toute notre attention ; et ces lectures ne peuvent laisser les cœurs et les corps indifférents.

 

 

Publié le 8 Juillet 2022

Mon sac de plage 2022

Mon sac de plage ne pèsera pas forcément bien lourd cette année mais ce ne sera que pour mieux faire de la place aux éventuelles surprises littéraires mises sur ma route. Par ailleurs, j'envisage de consacrer du temps à d'autres activités, plus créatives.

 

 

Simone Veil : L'immortelle de Pascal Bresson et Hervé Duphot

 

♥ POURQUOI LA LIRE ? Parce que la thématique de cette bande dessinée est tristement d'actualité et fera suite à ma lecture de Les hommes aussi sans souviennent dont je parlerai ici bientôt.

 

 

Le droit du sol d'Étienne Davodeau

 

♥ POURQUOI LA LIRE ? Parce qu'elle paraît être un bon contre-point à la bande dessinée Le monde sans fin de Christophe Blain et Jean-Marc Jancovici.

 

 

Le bruit des souvenirs de Sophie Astrabi

 

♥ POURQUOI LE LIRE ? Parce que repéré depuis longtemps sur la toile, ce roman semble être une lecture d'été idéale, sur les liens familiaux. Son autrice est très drôle à suivre sur Insta. Seul problème : j'avance tout doucement sur la liste des réservations faites sur ce bouquin à la médiathèque ! Je ne désespère pas de l'avoir entre les mains d'ici quelques semaines...

 

 

♥ ET VOUS, QUE CONTIENT VOTRE SAC DE PLAGE CETTE ANNÉE ? ♥

 

 Pour celles et ceux à qui il manquerait des idées,

ne pas hésiter à en piocher

dans mes coups de cœur de l'année scolaire.

 

Publié le 7 Juillet 2022

Coups de cœur littéraires 2021-2022

Voici, avec un peu de recul sur mes lectures et comme j'ai l'habitude de la dresser chaque année, la liste de mes coups de cœur littéraires de l'année scolaire écoulée. Je me suis limitée à 10 : 5 romans, 3 BD et 2 albums jeunesse. J'espère que vous pourrez y trouver de quoi piocher quelques gourmandises à déguster les pieds dans la sable cet été. Pour enrichir votre liste, vous pouvez également consulter ma liste de l'année dernière.

 

 

Mon mari de Maud Ventura

 

♥ ÇA RACONTE QUOI ? Une femme aime son mari passionnément, comme au premier jour, depuis des années. Au point d'en être maladivement jalouse. Elle observe, décortique, analyse, imagine, ressasse ses moindres faits et gestes. Elle fouille ses poches, lit ses tickets de caisse, épie les soubresauts de son sommeil. Elle pousse le lecteur à se questionner : est-ce une histoire d'amour ou de folie ?

 

♥ POURQUOI LE LIRE ? Pour goûter la drôlerie, l'acidité et la surprise du récit de cette primo-romancière.

 

 

S'adapter de Clara Dupont-Monod

 

♥ ÇA RACONTE QUOI ? L'arrivée au sein d'une fratrie d'un enfant différent, handicapé ou "inadapté". La façon dont chacun va le vivre au fil des années et réinventer ses rapports aux autres.

 

♥ POURQUOI LE LIRE ? Pour l'originalité et la douceur du récit. Pour ce qu'il donne à voir des relations familiales.

 

 

Mille petits riens de Jodi Picoult

 

♥ ÇA RACONTE QUOI ? Un drame - un nouveau-né qui décède devant une infirmière à la peau noire à qui les parents ont interdit de toucher leur enfant - puis le procès, décrits par trois narrateurs dont le passé éclaire le regard qu'ils portent sur l'affaire.

 

♥ POURQUOI LE LIRE ? Pour avoir matière à réfléchir sur le racisme systémique et le suprémacisme blanc aux États-Unis.

 

 

Ce qu'il faut de nuit de Laurent Petitmangin

 

♥ ÇA RACONTE QUOI ? L'histoire d'un père, veuf, et de ses deux fils, dont l'un va rejoindre un groupuscule d'extrême-droite et voir son destin basculer.

 

♥ POURQUOI LE LIRE ? Pour lire une belle et sombre histoire de famille, faite de convictions et de sentiments ébranlés. Pour s'interroger : des parents peuvent-ils être déçus par leurs enfants ?

 

 

Élise sur les chemins de Bérengère Cournut

 

♥ ÇA RACONTE QUOI ? C'est un roman en vers librement inspiré de la vie du géographe Élisée Reclus qui raconte l'histoire d'une jeune fille se lançant à la recherche de ses frères aînés sur les conseils d'une femme-serpent. Armée d'une tourmaline magique, elle tentera de maintenir à distance celles qui pourraient nuire à ses frères : Mélusine, Ondine et Ophélie.

 

♥ POURQUOI LE LIRE ? Pour sa thématique du rapport au désir. Pour sa forme déconcertante mais envoutante à la frontière entre réel et imaginaire. Pour son écriture sautillante, joyeuse et poétique.

 

 

Et à la fin, ils meurent : la sale vérité sur les contes de fées de Lou Lubie

 

♥ ÇA RACONTE QUOI ? C'est une exploration documentée et drôle sur les origines, les contours et les évolutions des contes. Par le biais du dessin, on alterne analyses et récits abrégés de certains contes plus ou moins (mé)connus.

 

♥ POURQUOI LE LIRE ? Au delà de la beauté de l'objet, pour déconstruire certaines de ses représentations culturelles sur le sujet et apprendre tout en s'amusant énormément des pas de côté modernes et railleurs de Lou Lubie.

 

 

Queenie : la marraine de Harlem d'Elizabeth Colomba et Aurélie Lévy

 

♥ ÇA RACONTE QUOI ? La vie de Stéphanie Saint-Clair, surnommée Queenie, dirigeante d'une loterie clandestine pendant la Prohibition et influente dans le milieu intellectuel de la Harlem Renaissance.

 

♥ POURQUOI LE LIRE ? Parce que les qualités graphiques déployées au fil des pages de cette bande dessinée n'ont d'égal que le charisme de Queenie.

 

 

Le monde sans fin de Jean-Marc Jancovici et Christophe Blain

 

♥ ÇA RACONTE QUOI ? C'est une discussion entre un candide auteur de bande dessinée et un éminent spécialiste des questions énergétiques, présentant de façon limpide, argumentée et non dénuée d'humour les changements profonds que notre planète vit actuellement et les enjeux économiques, écologiques et sociétaux qui en découlent.

 

♥ POURQUOI LE LIRE ? Pour être terriblement plus conscient et informé sur les enjeux énergétiques et climatiques.

 

 

Je confonds tout ! d'Émilie Vast

 

♥ ÇA RACONTE QUOI ? Le jeune Lapin Brun raconte une histoire à son ami Lapin Beige. Mais ce dernier pointe toutes les incohérences de Lapin Brun, qui a une fâcheuse tendance à confondre les animaux.

 

♥ POURQUOI LE LIRE ? Parce qu'il est instructif et drôle et ses illustrations d'une douceur profitable.

 

 

Le petit illustré de l'intimité T.1 et T.2 de Tiphaine Dieumegard et Mathilde Baudy

 

♥ ÇA RACONTE QUOI ? Ces deux premiers albums documentaires (trois tomes sont sortis jusqu'à présents, un quatrième devrait voir le jour) abordent pour les enfants à partir de 8 ans l'anatomie du sexe (féminin dans le T.1, masculin dans le second), son fonctionnement mais aussi les questionnements autour du consentement, du genre, de la sexualité ou encore de la conception.

 

♥ POURQUOI LE LIRE ? Parce qu'ils sont clairs, complets, engagés et inclusifs. Et joliment illustrés, ce qui ne gâche rien. Je pense vous en parler plus en détails dans un article prochainement.

 

 

 

 

Et vous, quel est votre coup de cœur de ces derniers mois ?

 

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