Le livre peut devenir plus important que la vie. Le livre enseigne aux femmes que la vraie vie n'est pas celle qu'on leur fait vivre. La vraie vie est ailleurs : là, dans cet espace d'imaginaire entre les mots qu'elles lisent et l'effet qu'ils produisent. La lectrice fait littéralement corps avec les personnages de fiction et n'accepte plus de refermer le livre sans que rien ne change dans sa vie. Le livre devient initiation. Comment ne pas penser à Emma Bovary ? Comment ne pas se souvenir de cette phrase de Gustave Flaubert à mademoiselle de Chantepie en juin 1857 : "Lisez pour vivre".
De liseuses, elles sont devenues lectrices, elles sont aujourd'hui auteures. Elles en écrivent. Elles écrivent même quand elles lisent. Les femmes qui écrivent se revendiquent souvent comme des lectrices. Si elles écrivent, c'est pour continuer la chaîne, la chaîne du plaisir que leur a procuré la plaisir de lire. Les femmes qui lisent trouvent dans leurs textes ces sources secrètes du désir, elles en font des chambres d'amour toutes tapissées de bibliothèques qu'elles retrouvent dans leurs rêves les plus doux.
Le désir féminin de lire et d'écrire n'est pas près de s'éteindre. Pourquoi dit-on dans la langue des commerciaux du livre que les femmes demeurent des "prescriptrices" ? Les docteurs peuvent prescrire des pilules contre la mélancolie, les femmes, elles, savent, comme les sourcières, sorcières, trouver sous le corps du texte l'essence même de leur être.
Livre feuilleté, picoré, dont je ne ferai donc pas de critique complète ici.
Citations relevées des p. 16 à 19 ; propos de Laure Adler.
Il me semble qu'il s’agit de Mathias Malzieu : l'assurance d'une évasion poétique. Malheureusement, je commence à me lasser de sa tendance à l'égocentrisme.
𝐵 𝓅𝑜𝓊𝓇 "𝒷𝑒𝓈𝓉" : 𝓁𝒶 𝓂𝑒𝒾𝓁𝓁𝑒𝓊𝓇𝑒 𝓈𝓊𝒾𝓉𝑒 𝒹𝑒 𝓈é𝓇𝒾𝑒
Harry Potter de J. K. Rowling bien sûr ! J'ai lu le premier tome avant même son succès international retentissant, à sa sortie en France en fin d'année 1998 (Gallimard a été le premier éditeur étranger à le publier et il n'a été "officiellement" remarqué par les libraires français qu'au printemps 1999 via le Prix Sorcières). J'ai tout de suite été ensorcelée et la suite, loin d'être décevante, prenait de l'envergure au fil des pages et de la complexification de l'intrigue. Je peux également citer Anne, la maison aux pignons verts de Lucy Maud Montgomery et Entre chiens et loups de Malorie Blackman.
𝒞 𝓅𝑜𝓊𝓇 "𝒸𝓊𝓇𝓇𝑒𝓃𝓉" : 𝓉𝒶 𝓁𝑒𝒸𝓉𝓊𝓇𝑒 𝑒𝓃 𝒸𝑜𝓊𝓇𝓈
Je suis en train de lire Les femmes qui lisent sont dangereuses de Laure Adler et Stefan Bollmann. En réalité, ma vie de lectrice s'apparente à un tour de montagnes russes : après de fructueuses vacances automnales, le rythme hebdomadaire a repris et les lectures stagnent. Pourtant, de nombreuses lectures prometteuses m'attendent sur ma table de nuit : Et ta vie m'appartiendra de Gaël Aymon (service de presse, sortie prévue en mars 2020), La panthère des neiges de Sylvain Tesson (Prix Renaudot), Cosme de Guillaume Meurice, Deux sœurs de David Foenkinos, ou encore Les choses humaines de Karine Tuil (Prix Goncourt des lycéens). En parallèle, je lis tout de même des albums jeunesse, des articles de presse ou sur les réseaux sociaux et continue de picorer les poèmes du dernier recueil de Thomas Vinau.
C’est cliché mais c'est pourtant bien le cas : du thé vert, presque exclusivement. Ou une boisson fraîche durant l'été. Ou encore un cappuccino adouci de guimauve quand la saison de Noël approche... ♡
𝐸 𝓅𝑜𝓊𝓇 "𝑒-𝒷𝑜𝑜𝓀" : 𝑒-𝒷𝑜𝑜𝓀 𝑜𝓊 𝓇𝑜𝓂𝒶𝓃 𝓅𝒶𝓅𝒾𝑒𝓇 ?
Je n’ai pas de liseuse et n'en ressent pas le besoin. Lire sur papier est un réel plaisir. J'aime particulièrement mesurer physiquement le volume de pages lues et celles restant à lire.
Mon lit, incontestablement ! Mais j'apprécie aussi mon canapé et n'importe quel transat au bord d'une piscine !
𝒢 𝓅𝑜𝓊𝓇 "𝑔𝓁𝒶𝒹𝑒" : 𝓁𝑒 𝓇𝑜𝓂𝒶𝓃 𝒶𝓊𝓆𝓊𝑒𝓁 𝓉𝓊 𝑒𝓈 𝒸𝑜𝓃𝓉𝑒𝓃𝓉𝑒
𝒹’𝒶𝓋𝑜𝒾𝓇 𝓁𝒶𝒾𝓈𝓈é 𝓊𝓃𝑒 𝒸𝒽𝒶𝓃𝒸𝑒
Il y en a plusieurs. Par exemple : Je suis un dragon de Martin Page. Une réflexion insolite et captivante sur les différentes formes de monstruosité.
𝐻 𝓅𝑜𝓊𝓇 "𝒽𝒾𝒹𝒹𝑒𝓃" : 𝓁𝑒 𝓇𝑜𝓂𝒶𝓃 𝓆𝓊𝑒 𝓉𝓊 𝒸𝑜𝓃𝓈𝒾𝒹è𝓇𝑒𝓈
𝒸𝑜𝓂𝓂𝑒 𝓊𝓃 𝒿𝑜𝓎𝒶𝓊 𝒸𝒶𝒸𝒽é
Un joyau véritable mais pas véritablement caché : Neverland de Timothée de Fombelle. Une réflexion sur l'enfance et sa magie menée par une écriture tendrement poétique.
𝐼 𝓅𝑜𝓊𝓇 "𝒾𝓂𝓅𝑜𝓇𝓉𝒶𝓃𝓉" : 𝓊𝓃 𝓂𝑜𝓂𝑒𝓃𝓉 𝒾𝓂𝓅𝑜𝓇𝓉𝒶𝓃𝓉
𝒹𝒶𝓃𝓈 𝓉𝒶 𝓋𝒾𝑒 𝒹𝑒 𝓁𝑒𝒸𝓉𝓇𝒾𝒸𝑒
Il y en a plein mais j'apprécie le moment où je choisis et commence ma nouvelle lecture. Si la question évoque plutôt un moment fondateur, de même, il y en a plusieurs : le jour où j'ai ouvert ce blog en est un.
Une lecture qui change de l'ordinaire : Les 100 mots de l'éloquence d’Éric Cobast, qui m'a permis de remobiliser, enrichir et actualiser ma culture littéraire.
Il me vient la série des Harry Potter en tête mais ce ne sont pas les seuls longs romans que j'ai pu lire. Plus récemment, je peux mentionner la lecture de Brexit romance de Clémentine Beauvais (plus de 440 pages).
𝑀 𝓅𝑜𝓊𝓇 "𝓂𝒶𝒿𝑜𝓇" : 𝓁𝑒 𝓁𝒾𝓋𝓇𝑒 𝓆𝓊𝒾 𝓉’𝒶 𝒸𝒶𝓊𝓈é
𝓁𝑒 𝓅𝓁𝓊𝓈 𝑔𝓇𝑜𝓈 "𝒽𝒶𝓃𝑔𝑜𝓋𝑒𝓇"
Le roman qui m’a fait penser "Mais que lire après ça ?" : Petit pays de Gaël Faye, qui a tout d'un grand. Le roman nous plonge dans une ambiance à la fois chaleureuse et glaçante, à entretenir ensuite par l'écoute de la musique de Gaël Faye, percutante.
𝒩 𝓅𝑜𝓊𝓇 "𝓃𝓊𝓂𝒷𝑒𝓇" : 𝓁𝑒 𝓃𝑜𝓂𝒷𝓇𝑒 𝒹𝑒 𝒷𝒾𝒷𝓁𝒾𝑜𝓉𝒽è𝓆𝓊𝑒𝓈
𝓆𝓊𝑒 𝓉𝓊 𝓅𝑜𝓈𝓈è𝒹𝑒𝓈
Aussi étonnant que cela puisse paraître à des bibliophiles, je ne possède pas beaucoup de livres. Sans être minimaliste, je n'aime pas avoir un intérieur encombré, comme si l'ordre apparent de mon foyer m'aidait à ordonner mes idées et mes émotions. Lors de mon dernier déménagement, j'ai fait un gros tri dans ma bibliothèque. Il me reste donc une soixantaine de livres dans mon salon. J'ai la chance de pouvoir m'en procurer sur mon lieu de travail (et bien sûr en médiathèque). À cette bibliothèque dans mon séjour s'ajoute les bibliothèques de mes enfants : de par la nature évolutive de leurs lectures, leur contenu est loin d'être figé. Cadeaux, achats plaisirs, emprunts, échanges avec les cousines, réception de services de presse : ce sont toutes les possibilités de se procurer des livres qui sont mises en œuvre à travers eux.
Je relis peu, voire jamais. Pour rebondir sur une précédente question, j'ai "écouté" Petit pays de Gaël Faye suite à sa lecture. Ce fut une magnifique plongée au cœur d'un sacré et malmené petit pays.
𝒫 𝓅𝑜𝓊𝓇 « 𝓅𝑒𝓇𝓈𝑜𝓃 » : 𝓁𝑒 𝓅𝑒𝓇𝓈𝑜𝓃𝓃𝒶𝑔𝑒 𝓂𝒶𝓈𝒸𝓊𝓁𝒾𝓃
𝓅𝑜𝓊𝓇 𝓆𝓊𝒾 𝓉𝓊 𝒸𝓇𝒶𝓆𝓊𝑒𝓈
Alors là, je sèche ! Je crois qu'au-delà d'un personnage, c'est la figure même de l'écrivain / de l'artiste qui me séduit. Pauvre de moi qui partage ma vie avec un Prince de Motordu... ♡
Je n'ai pas vraiment de regret dans le sens où je débute des lectures pour des raisons définies. Par contre j'ai des déceptions, évidement. Est-ce utile de les citer ? Derniers exemples en date par ici.
Sûrement plusieurs... Citons peut-être U4 ? Et également, aussi fou que cela puisse être : Harry Potter. J'ai lu tous les tomes avec plaisir... sauf le dernier ! Je crois que j'ai eu du mal à supporter le succès de la série et des films : j'ai eu l'impression que mes héros m'échappaient. Cela s'explique aussi par le fait qu'il sortait à une période où mes lectures d'étudiante en lettres modernes prenaient beaucoup de place. J'ai toutefois vu les adaptations cinématographiques et me suis replongée dans l'ambiance poudlarienne en 2016 grâce à Harry Potter et l'enfant maudit.
𝒯 𝓅𝑜𝓊𝓇 « 𝓉𝒽𝓇𝑒𝑒 » : 𝓉𝓇𝑜𝒾𝓈 𝒹𝑒 𝓉𝑒𝓈 𝓁𝒾𝓋𝓇𝑒𝓈 𝓅𝓇é𝒻é𝓇é𝓈
𝒹𝑒 𝓉𝑜𝓊𝓈 𝓁𝑒𝓈 𝓉𝑒𝓂𝓅𝓈
Question beaucoup trop compliquée ! Il faudrait établir des catégories...
J'en attends qui ne sortiront peut-être jamais : le prochain roman pour adulte de Timothée de Fombelle, le livre qu'écrira Mathias Malzieu le jour où il deviendra père, le prochain roman d'Olivier Bourdeaut (après En attendant Bojangles et Pactum salis)...
𝒲 𝓅𝑜𝓊𝓇 « 𝓌𝑜𝓇𝓈𝓉 » : 𝓉𝒶 𝓅𝒾𝓇𝑒 𝒽𝒶𝒷𝒾𝓉𝓊𝒹𝑒 𝓁𝒾𝓋𝓇𝑒𝓈𝓆𝓊𝑒
Je ne vois pas : je ne corne pas les pages, j'écris rarement dessus... Et je suis assez persévérante. Ah si ! Peut-être que j'accorde parfois trop d'importance à la couverture.
𝒳 𝓅𝑜𝓊𝓇 « 𝓍 » : 𝒸𝑜𝓂𝓂𝑒𝓃𝒸𝑒 à 𝒸𝑜𝓂𝓅𝓉𝑒𝓇 à 𝑔𝒶𝓊𝒸𝒽𝑒 𝑒𝓃 𝒽𝒶𝓊𝓉
J’atterris sur Journal d'un vampire en pyjama de Mathias Malzieu. Il y est question de maux et de mots. C'est un recul souriant et tendre sur une péripétie dramatique de sa vie.
𝒴 𝓅𝑜𝓊𝓇 « 𝓎𝑜𝓊𝓇 » : 𝓉𝑜𝓃 𝒹𝑒𝓇𝓃𝒾𝑒𝓇 𝓁𝒾𝓋𝓇𝑒 𝒶𝒸𝒽𝑒𝓉é
Le dernier livre acheté et déjà en circulation entre les mains des membres de ma famille est La vie, après d'Antoine Leiris. J'ai tout de suite senti le potentiel bon moment de lecture qu'il pouvait m'offrir en écoutant parler Antoine Leiris dans La Maison des maternelles. Au-delà du drame vécu - le décès brutal de son épouse au Bataclan en 2015 alors que leur fils n'est alors âgé que de 17 mois - et de sa situation particulière, les mots d'Antoine Leiris, plein d'intelligence sensible et d'un amour paternel inconditionnel, peuvent résonner en n'importe quel parent.
Peut-être Je te plumerai la tête de Claire Mazard qui sortira chez Syros en février 2020 (service de presse). L'écriture est des plus fluide et la thématique psychologique inédite et intéressante. Bientôt mon avis plus détaillé sur le blog. À ce propos, quand souhaitez-vous que je le publie ? Le plus tôt sera le mieux ou mieux vaut attendre sa sortie ?
Dans mes illustrations, la loi de la gravité est beaucoup moins importante que sur terre. J'ai toujours dessiné mes personnages comme s'ils venaient à peine de se poser, en cours d'atterrissage.
Cette citation est extraite de l'interview de Rébecca Dautremer par Marine Landrot dans le dernier numéro de Télérama (n°3646) qui met à l'honneur la littérature jeunesse à l'occasion du Salon du livre et de la presse jeunesse de Montreuil. L'interview est très intéressante (il y est question de féminisme, de cause animale, de processus créatif...) et les pages de suggestions d'achats de livres pour enfants proposent de belles références. Il y a aussi un article sur la lecture du théâtre, "parent pauvre de l'édition jeunesse". Mais c'est tout et c'est bien peu. Frustrant pour une passionnée comme moi. À lire également, quelques articles dans Libération (édition du 27 novembre) qui donne la parole à des auteurs de littérature jeunesse. Celui de Marie-Aude Murail, intitulé De quoi l'enfer est pavé et abordant la question de la censure est accessible en ligne.
Les enfants jouent à on dirait que je serais… indien, adulte, chien, princesse, corsaire, voleur… et du sexe opposé. Protéiforme avant tout et sans tabou. Quand j’écris, je veux être aussi libre qu’un enfant qui joue.
Je vous invite également à visionner l'émission La Maison des maternelles du mercredi 27 novembre intitulée Comment leur donner le plaisir de lire ? avec les invitées Malika Doray (auteur et illustratrice jeunesse) et Emmanuelle Beulque (directrice éditoriale des éditions Sarbacane). On peut aussi écouter la prise de parole du ministre de la culture Franck Riester qui souligne la nécessité de préserver la littérature jeunesse. Loin d'en être spécialiste, il a le mérite de se prêter au jeu et d'évoquer ses souvenirs d'enfance accompagnés de Babar et des Barbapapa. J'ajoute que le mois dernier l'équipe de l'émission recevait Rébecca Dautremer pour son album Midi pile qui vient d'être récompensé par la Pépite du livre illustré du SLPJ. Pour sa 35ème édition, le SLPJ décerne d'ailleurs désormais un nouveau prix nommé La Grande Ourse, qui récompense et met en lumière un auteur "pour la force de son œuvre destinée à la jeunesse". Il s’agit cette année de Gilles Bachelet. En outre, une pépite supplémentaire nommée "Fiction junior" vient s'ajouter aux trois pré-existantes "Fiction ado", "Livre illustré" et "Bande dessinée" décernées par les enfants et adolescents en ouverture du salon. La Pépite d'or est quant à elle remise par un jury de critiques littéraires en clôture du salon ! Il s'agit cette année de Sans foi ni loi de Marion Brunet. Tout cela correspond à une liste de 24 titres sélectionnés pour les Pépites et dans lesquels piocher des idées de cadeaux de Noël qui sortent du lot des néanmoins qualitatifs 83 millions d’exemplaires de livres jeunesse vendus en France en 2018 ! Ils correspondent à un tiers du marché du livre, tous genres confondus. Cette année, le salon avait pour thème "L'éloge de la lenteur" et pourtant, il aura sans doute été difficile pour en voir le maximum de s'appliquer à la mettre en pratique : ceux ayant eu la chance de déambuler dans ses allées auront croisé près de 450 exposants et 250 auteurs représentant environ 3000 séances de dédicaces ! Je m'y étais rendue avec plaisir en 2011, 2012 puis 2014 pour les 30 ans... à quand ma prochaine visite ?
L'éloge de la lenteur c'est faire en sorte que le rythme s'apaise mais que l'intensité ne faiblisse pas.