Pour Hugo Boris, l'année 2020 s'annonce belle. Elle sera ponctuée de la promotion de son nouveau livre Le courage des autres dont il est question ici et de l'adaptation sur grand écran de son roman Police. Je suis flattée qu'Hugo Boris ait suggéré à son éditeur l'envoi de ce dernier-né et les en remercie.
Dans cet herbier de feuilles de notes amassées au fil des années et des allées et venues dans le métro parisien, Hugo Boris nous fait part de son questionnement sur le courage et la lâcheté. Il se raconte à la fois acteur et spectateur lambda d'une palette de comportements et de réactions observés dans des moments suspendus du quotidien. Il peint le portrait de héros anonymes et porte à travers eux un regard à la fois critique et empathique sur la société et sur lui-même. Car tout commence par le récit de sa lâcheté à lui. Jeune homme tout juste ceinture noire de judo, fier comme un paon, il baissera pourtant les yeux et se sentira figé sur sa chaise à la première altercation venue dans le RER. Honnête, il nous fait part de son sentiment de nullité, sa résignation. Il tentera de conjurer sa peur en guettant le courage des autres sous toutes ses formes : celui de dire, de faire. Puis, au fil du temps et des événements, à force de constats amers et d'éclaircies, il remplumera quelque peu son estime de lui-même en même temps que sa foi dans l'humanité. De la vieille dame qui évoque sa déportation un jour de canicule au jeune homme qui va désamorcer une situation d'agression grâce à un sacré toupet humoristique, en passant par celui qui se lèvera et fera son coming out face aux insultes d'un ivrogne, Hugo Boris évoque les non événements du quotidien et se demande si le courage est contagieux. Un récit original, sincère et délicat.
Quinze ans que je consigne dans le métro en quelques lignes, sur le vif, les cadeaux du hasard, le ravissement d'une scène, d'une rencontre, le saisissement d'un mot lu ou entendu. Quinze ans que j'herborise dans les transports en commun. [...] L'herbier pointe du doigt mon état de sidération pathologique devant la violence et ma tentative de la mettre immédiatement à distance par l'écriture.
De nouvelles parutions arrivent dans ma boîte aux lettres et dans celle du lycée. Sans compter les passages en librairie et médiathèque. En vrac, quelques titres qui me font de l’œil et se retrouvent ou devraient se retrouver bientôt sur ma table de nuit ou le rebord de mon canapé :
Les adultes ne font jamais ça de Benjamin Chaud et Davide Cali (album)
Tout et ses contraires de Delphine Chedru (album)
Mon voyage à moi d'Akiko Miyakoshi (album)
In waves d'AJ Dungo (BD)
Les ronces et Noir volcan de Cécile Coulon (poésie)
Vous êtes-vous déjà demandé combien de fois dans votre vie vous aviez réellement dit merci ? Un vrai merci. L'expression de votre gratitude , de votre reconnaissance, de votre dette. À qui ?
Le roman commence par la fin : la narratrice nous annonce la mort d'une vieille dame. Trois subjectivités se croisent tour à tour : celles de Michka, une dame âgée qui va déménager dans un Ehpad, Marie, la narratrice, liée à Michka et qu'on devine être le double de l'auteure et Jérôme, l'orthophoniste intervenant auprès de Michka. Avec l'âge, cette dernière réalise qu'elle est non seulement en train de perdre son autonomie mais aussi l'usage de la parole. Au moment où les mots lui échappent, elle prend conscience qu'il y a un merci vital qu'elle n'a pas prononcé et qu'il lui reste peu de temps pour l'adresser. Delphine de Vigan explore dans ce roman les liens qui relient les gens les uns aux autres et l'importance de poser des mots sur les vides, les douleurs et les absences. Bien que l'émotion affleure à chaque page, l'humour allège le texte. Les lapsus de Michka sont toujours signifiants et offrent un terrain de jeu littéraire jubilatoire. Avec sa paraphasie, décence devient clémence, cauchemar devient coquard, peine devient chaîne, un fauteuil roulant devient "croulant"... Le sens de ses paroles se double et s'enrichit. J'ai également beaucoup aimé les récits des cauchemars de Michka avec pour premier rôle la directrice de l'Ephad, qui m'a quelque peu rappelée la dame bleue de Jours sans faim. Texte court, économe et sensible, Les gratitudes m'a fait verser une larme. En bref, un roman humaniste et solaire sur la fin de vie, son accompagnement bienveillant, l'importance de remercier et dire sa gratitude avant qu'il ne soit trop tard.
Quand je serai vieille, je m'allongerai sur mon lit ou me calerai les reins dans un fauteuil et j'écouterai la musique que j'écoute aujourd'hui, celle qui passe à la radio ou dans les boîtes de nuit. Je fermerai les yeux pour retrouver la sensation de mon corps en train de danser. Mon corps délié, souple, obéissant, mon corps au milieu des autres corps, mon corps affranchi de tout regard, quand je danse seule au milieu de mon salon. Quand je serai vieille, je passerai des heures ainsi, attentive à chaque son, à chaque note, à chaque impulsion. Oui, je fermerai les yeux et je me projetterai mentalement dans la danse, dans la transe, je retrouverai un à un les mouvements, les ruptures, et mon corps épousera de nouveau le rythme, la mesure, au plus près de sa pulsation.
Quand je serai vieille, si je le suis un jour, il me restera ça. Le souvenir de la danse, les basses qui cognent dans le ventre, et l'ondulation de mes hanches.
Quand je les rencontre pour la première fois, c'est toujours la même image que je cherche, celle de l'Avant. Derrière leur regard flou, leurs gestes incertains, leur silhouette courbée ou pliée en deux, comme on tenterait de deviner sous un dessin au vilain feutre une esquisse originelle, je cherche le jeune homme ou la jeune femme qu'ils ont été. Je les observe et je me dis : elle aussi, lui aussi a aimé, crié, joui, plongé, couru à en perdre haleine, monté des escaliers quatre à quatre, dansé toute la nuit. Elle aussi, lui aussi a pris des trains, des métros, marché dans la campagne, la montagne, bu du vin, fait la grasse matinée, discuté à bâtons rompus. Cela m'émeut, de penser à ça. Je ne peux pas m'empêcher de traquer cette image, de tenter de la ressusciter.
Merci à la maison Nathanpour le partage de ce roman
dont la parution est prévue pour mars 2020
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En 1831, Honoré Balzac est un jeune écrivain encore peu connu mais ambitieux. Il décide de s’anoblir et de s’attribuer une particule pour publier, sous le nom d’Honoré de Balzac, La Peau de chagrin, roman dans lequel le héros se retrouve en possession d’un talisman - une peau gravée d'une inscription - qui a le pouvoir magique d’exaucer tous ses souhaits en échange de temps de vie. Ce sera un véritable succès de librairie. Le chagrin est synonyme de peine, de tristesse, d'affliction... mais c'est aussi une espèce de cuir préparé avec la peau de la croupe du mulet, de l'âne ou du cheval et utilisée en maroquinerie de luxe et en reliure, qui a tendance à diminuer au fil du temps. Par allusion au roman de Balzac, l'expression "comme une peau de chagrin" s'emploie désormais au sens figuré pour évoquer quelque chose qui se réduit, qui se rétrécit inexorablement, jusqu'à disparaître complètement.
Jusqu'ici, je ne faisais pas partie des lecteurs "adultes consentants" de Gaël Aymon, comme il se plaît à les désigner, mais j'ai trouvé l'auteur très agréable lors de son passage à Nantes en septembre dernier et son dernier roman (j'ai lu les épreuves non corrigées) m'a captivé. Dans Et ta vie m'appartiendra Gaël Aymon s'empare du mythe de La peau de chagrin créé par Balzac et fait surgir l'objet diabolique dans la vie d'une héroïne moderne. Loin d'avoir lu le roman initial, j'ai pu découvrir sans attente particulière l'intrigue de Gaël Aymon. C'est d'ailleurs le postulat de départ de considérer que le lecteur ne connaît pas nécessairement le roman original. Dès les premières lignes, Gaël Aymon frappe fort. Une jeune fille, Irina, assiste honteusement à des funérailles et au geste de défi de sa mère : "Elle se râcle la gorge et, de toutes ses forces, envoie un énorme crachat dans la tombe". Banlieusarde déclassée, venant de louper le concours d'entrée à Sciences Po par CEP (Convention Éducation Prioritaire), elle hérite de sa grand-mère d'un objet bien mystérieux : une sorte "de cuir de bête tendu et tanné" sur lequel est gravé une inscription en arabe.
Si tu me possèdes, tu possèderas tout et ta vie m'appartiendra. Tous tes désirs seront accomplis mais, pour chaque vœu réalisé, je décroitrai en même temps que ta vie.
Petit à petit, accompagnée par son amie Halima, Irina va comprendre que cet objet fascinant exerce un certain pouvoir : le moindre - ou presque - de ses désirs peut être exaucé, en échange de quoi du temps de vie lui est retiré. Après l'euphorie de la découverte et l'exaltation luxueuse, les dangers et questionnements se bousculent. Le pacte diabolique ne peut plus être rompu. Retranchées dans une île paradisiaque, Irina et Halima se coupent du monde.
Tout a été progressivement pensé par Irina pour n'avoir rien à souhaiter, jusqu'à s'économiser les gestes les plus anodins. La domestique acquiesce en prenant note mentalement. Halima guide ses deux employées jusqu'au portes verrouillées de l'aile personnelle d'Irina. Elle baisse un peu la voix.
- Lorsque vous serez en présence de Mademoiselle, il est impératif que vous ne la regardiez pas et que vous ne vous adressiez à elle sous aucun prétexte, à moins qu'elle ne vous ait parlé la première. Si elle le fait, ne prenez jamais l'initiative de lui demander comment elle va, si elle est satisfaite, ni, surtout, si elle souhaite ou désire quoi que ce soit. Répondez "Oui, mademoiselle" en veillant à vous soustraire à son champ de vision.
Comme chacun de nos employés, rayez définitivement de votre vocabulaire les verbes vouloir, souhaiter, désirer, avoir envie, et les points d’interrogation.
Un jour, un mystérieux jeune chercheur en littérature spécialiste de Balzac est invité par Irina. Ensemble, ils vont essayer de démêler l'histoire de ce talisman et de ce qui le lie à la famille d'origine polonaise d'Irina. Halima va se retrouver écartée de ce duo et se confier à Erick Debellemanière, le gestionnaire de patrimoine d'Irina qui a toujours été là pour elles. Bien que la première partie intitulée Le talisman ne soit pas la plus saisissante, j'ai été séduite par les deuxième et troisième partie nommées, dans la lignée balzacienne, L'homme sans cœur et L'agonie. Le scénario est bien ficelé, avec deux jeunes héroïnes attachantes. Irina n'est pas si naïve qu'on pourrait le croire et c'est ce qui donne une certaine profondeur à la fin du récit. Le thriller met en abîme l'intrigue balzacienne originale et soulève des questions toujours d'actualité : quel sens donner à sa vie ? La richesse est-elle à ériger en valeur absolue ? Si l'on pouvait formuler un seul vœu, lequel serait-il ? Il me semble que ce roman pourra plaire à des lycéens, exerçant, à l'instar de la peau, une certaine fascination légèrement morbide. Un bémol graphique toutefois : la taille de la police d'écriture manuscrite utilisée pour certains passages (reproductions de lettres ou de notes de journal intime) est insuffisante pour assurer une lecture vraiment confortable. Peut-être que ce petit défaut sera ajusté dans l'édition finale. En bref, mon enthousiasme ne s'est pas réduit à peau de chagrin au fil des pages et c'est sans doute là l'essentiel à dire pour terminer cette critique !
Halima a toujours aimé les histoires. Elle est incapable d'en inventer ou d'en raconter mais elle sait écouter. C'est une auditrice née. Elle peut se laisser emporter par les récits des autres, loin de sa propre vie, juste pour le plaisir des mots. Elle retient les noms, ne s'égare pas dans les digressions et visualise des images si nettes qu'elles lui donnent parfois l'impression de faire partie de sa propre mémoire. En auditrice exigeante, elle pourrait juger que son amie y va fort dans le pathos, que son histoire rassemble trop de clichés misérabilistes pour émouvoir, qu'elle est bancale et peu crédible. Ce qui l'empêche de porter un tel jugement, c'est cette chose bizarre posée devant elles, pour laquelle Irina l'a fait venir chez elle. Elle veut savoir d'où elle vient.
Merci aux éditionsSyrospour le partage de ce roman
dont la parution est prévue pour février 2020
(M-1 !)
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Dans un petit village de Provence, Lilou, lycéenne bien dans sa peau entourée de ses amis et fille de son "Papa Loup" est affectée par la maladie de sa mère, hospitalisée pour la récidive d'un cancer. Pour autant, elle estime qu'il n'est peut-être plus nécessaire de se rendre chaque soir à l’hôpital : à quoi bon consacrer trop de temps à cette mère fragile dont elle a pris ses distances ? Avec son père par contre, elle est plus soudée que jamais : elle lui voue depuis l'enfance une admiration sans bornes. Elle s'inquiète pour lui qui travaille beaucoup tout en prenant soin de sa compagne souffrante et de sa fille. Pourtant, petit à petit, des éléments en apparence anodins vont venir ébranler la confiance absolue que Lilou voue à son père. Ce "Papa Loup" ne serait-il pas un fin carnassier ?
J'ai dévoré les 500 pages de ce roman en trois soirées tellement l'écriture abordable et fluide se met au service d'une intrigue éloquente. Elle nous permet de comprendre les mécanismes en œuvre lorsque l'on est amené à côtoyer et devenir la victime d'un pervers narcissique. Bien que l'on sache dès la quatrième de couverture à qui l'on va avoir à faire, le récit est bien construit, tout en nuances et en suspens. Les personnages adolescents qui évoluent au fil du récit ne sont pas du tout infériorisés ou ridiculisés sur le thème de "l'âge ingrat". Cela porte d'autant plus le propos. Des références à la passion pour les études littéraires ne gâchent rien. La maman de Lilou vouera ses dernières forces à renouer avec sa fille et à l'aider dans ses révisions du bac de français, lui transmettant sa passion pour le dramaturge de l'absurde Eugène Ionesco. Ce thriller psychologique est assez sidérant : il nous permet d'appréhender les mécanismes et conséquences de la pathologie relationnelle qu'est la perversion narcissique. Ce thème, à ma connaissance jamais traité en littérature jeunesse, fait de ce roman un récit nécessaire.
Sensation bizarre depuis quelque temps : je me sens prisonnière. Je ne suis plus un moineau sur un fil à haute tension. Je suis une poule à la merci d'un renard. Une bête traquée dans un terrain entouré de fils barbelés et infecté de bombes. je n'ose pus rien faire. Peur de décevoir ? D'être rabrouée ? De n'être pas à la hauteur ? Peur de faire erreur dans le moindre de mes gestes ? Je ne comprends pas ce qu'il m'arrive.
- Lilouuuuuuuu ! soupire seulement mon père.
Aussitôt, je m'enfonce dans ma "boue intérieur ". C'est ainsi que j'appelle secrètement mon état.
Enfant, on lisait pour passer le temps. Adulte, on n'a plus du temps à passer mais du temps à trouver. Se donner le temps de s'assoir pour lire (que ce soit un magazine ou un livre) dans un quotidien au rythme bien souvent effréné, ce n'est pas toujours l'évidence. Lire ou lire plus, c'est un effort à fournir. C'est ne pas céder à la facilité. C'est faire l'effort d'entrer dans un récit et non de le recevoir de façon passive comme par le biais d'un écran. C'est s'autoriser un moment pour soi, dans son intériorité, centré sur le dialogue entre le livre et soi. C'est s'autoriser à ne pas être pleinement disponible pour les autres pendant un temps. C'est une démarche globale qui s'anticipe et s'entretient et avant tout, bien sûr, un plaisir. Voici cinq astuces qui j'espère vous inspireront pour mettre en place des habitudes de lecture.
SE FAIRE PLAISIR AVANT, PENDANT ET APRÈS : avant de mettre en œuvre des astuces pour trouver le temps de lire, il faut être au clair sur les raisons pour lesquelles on souhaite lire. S'évader, se détendre, apprendre, se cultiver, pouvoir échanger avec des proches ou en société... Pour trouver le temps de lire, il faut être relativement motivé et avoir cerné d'où vient notre envie de lecture. Ainsi, on peut ensuite aller dans le sens de l'assouvissement de cette envie.
AVANT : pour choisir sa prochaine lecture, pourquoi ne pas se déplacer en médiathèque ou en librairie, s'informer auprès d'un proche, dans la presse, grâce aux réseaux sociaux ou aux blogs littéraires ? Suivre des comptes inspirants sur Instagram ou des chaînes BookTube intéressantes par exemple. Lire des critiques enthousiastes attise notre curiosité. C'est valable aussi lorsqu'on se pose la question de quoi lire après une lecture coup de cœur. Rien de mieux que renouer avec la lecture en se promenant en librairie et en se faisant confiance pour choisir le livre qui nous parle à ce moment-là. C'est de toute façon l'occasion de tenir une liste d'envies dans laquelle on pourra piocher plus tard.
PENDANT : en premier lieu, si on en ressent l'envie, ritualiser. Se mettre sous la couette ou sous un plaid dans le fauteuil le plus confortable du salon, prévoir un thé fumant, un carnet de notes pour y relever des citations... Cela aide à se rendre disponible en termes d'attention et d’émotion. Ensuite, garder en tête que l'on n'a pas à se forcer à finir si cela ne nous plait pas. Comme le dit si bien Daniel Pennac, cela fait partie des droits imprescriptibles du lecteur que de ne pas finir un livre. Ne pas se mettre la pression, donc. C'est valable aussi pour le choix de sa lecture : on peut commencer par lire un contenu léger pour commencer (qui soit court, illustré et / ou d'approche facile comme un roman dit feel good).
APRÈS : tenir un journal de ses lectures pour se motiver en voyant la liste s'allonger, en ayant plaisir à relever en quelques mots ou phrases ses impressions. Parler de ses lectures avec ses proches ou en commentant les publications des influenceurs littéraires.
SE COUPER DES ÉCRANS : c'est une difficulté majeure aujourd'hui. Les écrans nous happent. Que ce soit la télévision qui tourne en boucle, Netflix ou les réseaux sociaux, il est bien tentant de laisser y reposer notre incertitude et notre fatigue quotidienne. Pourtant, c'est une des clés : arrêter ou au moins diminuer le temps passé devant la télévision. Chez moi, elle n'est que rarement allumée. Le soir, je file vite me mettre au lit. Mais là, c'est la tentation du smartphone à laquelle il est dur de résister. Il faut prendre sur soi, au moins à partir d'une certaine heure, et pourquoi pas essayer de faire de la chambre une no wifi zone.
SE MÉNAGER DES TEMPS DÉDIÉS : mettre en place une routine, ritualiser un moment où vous lisez, ne serait-ce qu'une page. Au petit-déjeuner, le soir avant de rejoindre les bras de Morphée, le dimanche midi pendant que le reste de la famille va au marché... peu importe !
SAVOIR IMPROVISER : la règle d'or pour cela c'est d'avoir toujours un livre sur soi. Dans la salle d'attente d'un médecin, dans les transports en commun, à la pause déjeuner au boulot quand vos collègues sont déjà partis manger... chaque moment où le réflexe contemporain serait de dégainer son téléphone, inverser la vapeur et sortir son livre de poche. Ainsi, on rationalise des moments creux et on s'évade dans l'imaginaire propre à la fiction plutôt que sur les réseaux.
Le temps de lire est toujours du temps volé. (Tout comme le temps d’écrire, d’ailleurs, ou le temps d’aimer.) [...] Le temps de lire, comme le temps d’aimer, dilate le temps de vivre.
Si l’on devait envisager l’amour du point de vue de notre emploi du temps, qui s’y risquerait ? Qui a le temps d’être amoureux ? A-t-on jamais vu, pourtant, un amoureux ne pas prendre le temps d’aimer ? Je n’ai jamais eu le temps de lire, mais rien, jamais, n’a pu m’empêcher de finir un roman que j’aimais.