Publié le 30 Septembre 2015

Allez, autant le dire tout de suite, le titre de ce billet est mensongé : je n'ai fait que la rentrée... avant de repartir bien vite en congé maternité ! Je peux toutefois mentionner avoir :

 

  • fait mes premiers pas au lycée et rencontré mes collègues lors de la pré-rentrée, notamment la contractuelle me remplaçant pendant mon congé, l'aide-documentaliste en poste ainsi que la collègue prof-doc du collège voisin !
  • répondu à certains mails envoyés par ces mêmes collègues afin de me tenir au courant de la mise en route et me faire valider certains points,
  • travaillé sur la remise à flots du site web de l'Adben Pays de la Loire,
  • et comme de coutume, rédigé et publié des critiques littéraires... avant de n'être plus disponible pour le faire !

 

Rédigé par Nota Bene

Publié dans #Je prof-doc

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Publié le 28 Septembre 2015

Mon dernier coup de coeur !

 

 couverture

 

 

La quatrième de couverture :

 

"On s'habitue à être surhumain, et très vite on comprend que ce n'est qu'une des multiples façons que la vie a trouvées pour nous dire qu'on est un inadapté."

 

Margot est une jeune orpheline timide et solitaire. Un jour, elle découvre sa véritable nature : elle est douée de capacités extraordinaires. Ces pouvoirs la terrifient, elle les dissimule jusqu'à ce qu'un événement tragique la contraigne à se dévoiler. On lui demande alors de mettre ses dons au service de l'humanité. Sa vie se partage désormais entre son quotidien de jeune fille espiègle et des missions d'une grande violence. Adulée et crainte, elle devient une icône. Mais peut-on sauver le monde si l'on s'y sent étranger ? En s'inspirant de l'univers des superhéros, Martin Page se réapproprie les codes habituels du genre. Captivant, bouleversant, Je suis un dragon est un roman sur la puissance de la fragilité et sur la possibilité de réinventer sans cesse nos vies.

 

 

Mon avis :

 

Au premier abord, je n'étais pas plus emballée que ça par la sobriété de la couverture (on m'a transmis le livre sans sa jaquette) et perplexe au regard du résumé proposé... mais j'ai finalement été conquise par ce roman ! Le début in medias res nous plonge au coeur d'un récit riche de réflexion et d'action. Au-delà d'une histoire de super-héros, c'est un roman d'apprentissage : l'évolution et le combat d'une jeune fille pour s'affirmer en tant que femme libre. Une façon originale d'aborder la difficulté d'avancer vers l'âge adulte en se sentant différent.

 

C'est lors de son sixième anniversaire que Margot va voir ses parents se faire tuer par balles sous ses yeux : "Margot était vivante mais dans ses yeux la mort était entrée" (p. 17). Devenue orpheline, les services sociaux la place dans une famille d'accueil puis dans un foyer pour enfants. Elle arrive tant bien que mal à vivre tout en cachant son intuition : elle est différente des autres. Une fois au collège, un événement dramatique révèle ses capacités surnaturelles : elle ne connaît ni la douleur ni la faiblesse physique et peut même voler. Dès cet instant, elle est pris en charge par les services secrets français et américains qui l'emmènent dans un hôpital militaire puis un "manoir" secret où on lui fait passer de nombreux examens et où on la tient sous haute surveillance. Margot se verra ensuite confier un rôle : être une justicière chargée de défendre les intérêts géopolitiques des nations françaises et américaines. Pour ses quatorze ans, elle devient Dragongirl. Margot enchaînent les missions et devient un symbole. Pourtant, malgré sa carapace invincible elle n'en est pas moins insensible. En grandissant, Margot commence à prendre du recul sur les enjeux politiques et personnels auxquels elle est confrontée. Elle aspire à vivre "normalement" et à comprendre qui étaient ses parents. Entourée du perfide Docteur Poppenfick mais aussi des honnêtes agents Xanadu et Bamberski, Margot tente de se forger des repères et de grandir tout en restant en adéquation avec ses idéaux, jusqu'à devenir une jeune femme libre.

 

 

Margot, à l'instar du lecteur, est confrontée à une importante violence. Pour autant, cet aspect ne m'a pas dérangé car il était réellement au service du récit. L'écriture de Martin Page, que je découvre au travers ce roman, est d'une sensibilité énergique et fluide. Les chapitres sont courts et entretiennent l'action. Certaines scènes sont exceptionnellement marquantes (celle du collège, celle du sang, celle des étoiles avec Sean, celle du laboratoire). La palette des personnages est riche et la mise en scène des rapports humains est juste et profonde. Martin Page ne tombe ni dans la caricature ni dans le misérabilisme, tout en proposant une parodie espiègle des comics et une satire de certaines dérives de notre société. On note en filigrane dans les propos de l'auteur un certain féminisme, une critique des dérives éthiques possibles des expériences scientifiques, une critique de l'hypocrisie des dirigeants politiques, une certaine défense de la cause animale aussi. Ainsi, le lecteur est embarqué sans lourdeurs dans une réflexion sur les différentes formes de monstruosité. Pour ne pas être déçu, il ne faut bien sûr pas s'attendre à ce que l'origine des pouvoirs de Margot soit révélée. Intelligent, insolite, décoiffant, lumineux et sombre à la fois, le roman de Martin Page mérite selon moi le détour et pourquoi pas une adaptation cinématographique. Une très belle surprise que ce roman en tout cas !

 

 

Quelques extraits :

 

  • "Le docteur Poppenfick leva un long morceau de bois. On aurait dit une fine batte de base-ball. Il regarda Margot assise sur sa chaise. Elle portait un large pyjama bleu d'hôpital et des sandales en tissu rouge pâle trop grandes pour ses petits pieds. Le docteur prit son élan et écrasa son arme sur le crâne de la jeune fille. La tête de Margot partit en arrière et le bâton se cassa en deux. La fillette se redressa et se frotta la tempe. Elle sourit d'un air désolé.vLe docteur posa ce qui restait du morceau de bois sur la table en fer au milieu de la pièce. Il évita le regard des hommes et de la femme qui l'encerclaient. Il saisit un sac en tissu noir et en sortit une hache." (incipit, p. 9)

  • "Depuis ce jour, Margot se tenait à distance des groupes, des attroupements et des cris. Rien ne l'effrayait davantage que les bruits soudains, une porte qui claque, un verre qui tombe et se brise. Et, plus que tout, elle haïssait la brutalité. La violence avait tué son père et sa mère, elle blessait les êtres faibles et doux. Les services sociaux s'occupèrent d'elle. Plusieurs mains la conduisirent dans plusieurs bureaux, plusieurs bouches lui dirent qu'il fallait continuer à vivre. Par politesse, Margot accepta. Elle dormit neuf semaines dans un foyer du XVIIIe arrondissement de Paris dont la teinte dominante était le gris. De cette période, elle ne garda que le souvenirs d'avoir longtemps fixé l'ampoule du plafond qui grésillait." (p. 19)

  • "Les profs avaient leurs propres problèmes, ils ignoraient les tragédies de la cour de récréation. Leur intuition leur disait de ne pas s'en mêler. Ils n'étaient pas sûrs d'avoir grandi et ils priaient pour que personne ne s'en aperçoive." (p. 25)

  • "Margot arrivait à un moment où les machines, les ordinateurs et les robots prenaient la place des hommes. Les ordinateurs battaient les meilleurs joueurs d'échecs. Les robots remplaçaient les ouvriers dans les usines et détruisaient de plus en plus d'emplois. Des programmes informatiques empiétaient sur les métiers des classes moyennes. L'intelligence artificielle se rapprochait de la pensée humaine. Margot redorait l'image des êtres humains dont elle était une version sublimée. Elle leur redonnait confiance." (p. 145-146)

  • "La vie versatile et sauvage se fraye toujours un chemin. Personne n'y avait pensé et pourtant c'était l'évidence : Margot tomba amoureuse." (p. 169)

  • "Comme une inédite parthénogénèse, elle avait l'ambition de naître de ses propres sentiments, de ses réflexions et de son histoire." (p. 236)

  • "Et puis, elle avait l'intuition d'avoir d'autres pouvoirs que ceux donnés par la nature. Des pouvoirs qu'elles feraient naître en elle, des pouvoirs qui seraient des apprentissages et des sentiments, dont elle se doterait et dont elle serait fière." (p. 278)

 

 

Plus d'infos sur :

 

 

 

Page, Martin.

Je suis un dragon

Ed. Robert Laffont

2015/277 p.

 

Rédigé par Nota Bene

Publié dans #Je lis

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Publié le 25 Septembre 2015

Les booktubers : qui sont-ils ?

 

Fairy Neverland, Bulledop, Margaud liseuse, Nine... ces pseudos ne vous disent rien ? Il est temps que vous vous mettiez à la page et découvriez la nouvelle génération de prescripteurs littéraires : les booktubers. Booktube, contraction de "book" (qui signifie livre en anglais) et "Youtube", désigne la nouvelle communauté littéraire présente sur la plateforme américaine. Le phénomène a commencé a émerger dans les pays anglo-saxons et hispaniques en 2009 mais c'est surtout depuis 2014 que les booktubers français ont pris leur essorCet univers majoritairement jeune, féminin et axé sur la littérature young adult participe à développer la sphère littéraire sur le web.

 

Fairy Neverland

 

 

Les chroniques des booktubers : que proposent-ils ?

 

Les booktubers alimentent leur vlog (blog sous forme de vidéos) ou chaîne en parlant de leurs coups de coeur livresques, de leurs déceptions, de leurs achats et découvertes, etc. Ils se filment la plupart du temps chez eux, devant des étagères pleines de livres, et proposent des critiques personnelles sous forme de monologues face caméra. Les opinions sont le plus souvent fondées sur les émotions procurées par leurs lectures. Les chroniques peuvent parfois porter sur des ouvrages anglophones dont la traduction française n'est pas encore disponible ainsi que sur des adaptations cinématographiques ou télévisuelles de romans à succès. A l'instar des blogs traditionnels, en somme. D'ailleurs, les booktubers tiennent la plupart du temps en parallèle un blog, un compte Instagram, Facebook, Twitter ou autre. Ils s'attachent à entretenir une certaine interactivité avec le public.

 

Le plus : selon moi, ces jeunes adultes contribuent à dynamiser et moderniser les pratiques de lecture. Ainsi, les adolescents notamment s'identifient aux booktubers et s'ouvrent à leurs prescriptions, permettant parfois un pont entre la littérature jeunesse et la littérature adulte. Parler d'un livre en amateur par le biais de la vidéo et du web c'est replacer la lecture dans un contexte quotidien qui n'est pas réservé à une élite.

 

Le moins : on ne peut nier que les montages vidéos tout comme les propos tenus sont d'une qualité inégale selon les booktubers. Les plus jeunes (la vingtaine) qui tous (ou presque) déclarent que leur passion a pour origine un certain Harry Potter font sourire. Leurs références sont parfois limitées et l'argumentation peu construite, basée essentiellement sur leur ressenti de lecture. Cest d'ailleurs révélateur d'un certain conformisme, en plus de l'égo-centrisme inérant aux réseaux sociaux. En un mot, on constate un certain amateurisme.

D'autres, avec quelques années de plus mais quelques abonnés de moins, proposent un regard plus élaboré et qualitatif. Ceci dit, quels qu'ils soient, c'est aussi leur force : livrer leur avis avec passion et sincérité comme n'importe quel ami pourrait le faire et permettre à chacun de se retrouver dans un processus de partage voire de sociabilisation grâce à un loisir commun qui peut trop vite souffrir d'une image ringarde et solitaire.

 

Margaud Liseuse

 

 

Le jargon des booktubers : quel vocabulaire utilisent-ils ?

 

Les booktubers disposent, à l'instar des blogueurs, d'un jargon propre. D'ailleurs, certains y consacrent des vidéos afin d'éclairer les néophytes (exemple avec celle de Nine). Ainsi, on parle de pile à lire, de swap, de tag, de bookhaul, de bookshelf tour, d'unboxing, de wrap up, de read-a-thon...

 

Les lectures de Nine

 

 

Les prescriptions des booktubers : quels enjeux pour les médiateurs du livre ?

 

Modernisant le loisir qu'est la lecture, ces booktubers rassemblent des milliers de spectateurs et intéressent désormais les éditeurs, à qui ils peuvent offrir une certaine visibilité médiatique ainsi que des retours sur la réception des livres par le public. Tout comme avec les blogueurs influents, des partenariats se mettent en place. En effet, les médias sont indispensables pour vendre des livres aujourd'hui et certaines émissions de télévision ou radio ont un impact non négligeable sur les ventes. Pour autant, les cibles visées ne sont pas forcément les mêmes et les chaînes des booktubers permettent aux éditeurs de s'adresser à un public plus jeune.

 

Au niveau des bibliothécaires et des professeurs-documentalistes, les initiatives sont encore rares autour de ce phénomène. Nicolas Beudon, bibliothécaire, recense dans un article de son blog Le recueil factice quelques initiatives, en faisant le constat que les bibliothèques publiques ont dans l'ensemble un train de retard vis-à-vis du numérique. S'inscrivant dans l'ère des réseaux sociaux, il y a tout à parier que les professeurs-documentalistes se chargeront d'ici peu d'intégrer ce phénomène dans leurs pratiques pédagogiques (la preuve ?!).

 

Bulledop

 

 

Quelques booktubers à découvrir :

 

Parmi les français les plus populaires :

 

La bibliothèque de MisterKev

 

Pour plus d'originalité et de maturité :

 

Miss Book

 

Pour avoir un aperçu de ce qui se fait (de déjanté) outre-atlantique :

 

Polandbananas Books

 

 

Plus d'infos sur :

 

 

 

​Et vous, connaissiez-vous cette tendance ? Suivre certains booktubers vous tente-il ?

Avez-vous des chaînes à conseiller ? Vous voyez-vous les intégrer à vos pratiques professionnelles ?

 

Publié le 24 Septembre 2015

Souvenez-vous, dans le livre de Sophie Van der Linden, on apprenait que dès ses premiers mois un bébé avait besoin d'être stimulé par les images et la musicalité d'un récit. Je vais bientôt être maman et avoir un petit testeur dans mes bras au quotidien ! Je compte donc vous présenter régulièrement des livres pour les tout-petits comme j'ai déjà pu le faire au travers des critiques de certains albums (voir à titre d'exemple Touït touït). Vous pourrez désormais les retrouver facilement grâce au mot-dièse #Je lis des albums. De même, il existe désormais dans la colonne de droite des accès directs vers les critiques de BD et mangas (#Je lis aussi des BD), les critiques de livres audio (#Je lis avec mes oreilleset celles des livres qui traitent de la littérature (#Je lis sur la lecture). Sur ce, je vous souhaite de belles découvertes !

 

Retours des documents

 

Publié le 18 Septembre 2015

La Charte des auteurs et illustrateurs jeunesse sollicite le soutien de tous "les amis du livre jeunesse" afin de défendre leur travail et obtenir les mêmes avantages que les auteurs de littérature générale et invite à signer la pétition Les auteurs jeunesse en danger.

 

 

Rédigé par Nota Bene

Publié dans #Je veille

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Publié le 17 Septembre 2015

 

 

Mon avis :

 

J'ai longtemps repoussée cette lecture et n'en attendais pas grand chose au vue des critiques très contrastées lues sur le web. Bon, admettez qu'il faut déjà passer outre cet âne gambadant sur la couverture : kitch à souhait et sans rapport évident avec le propos du livre si ce n'est la fin de celui-ci. Les premières pages aussi sont délicates : le lecteur se retrouve confronté à un style oral et des propos grossiers à mille lieues du ton habituellement touchant et acidulé d'Anna Gavalda.

 

La narratrice, Billie, et son copain homosexuel Franck sont tombés dans une crevasse du Parc national des Cévennes où ils faisaient une randonnée. Franck est mal au point et s'évanouit. Affolée, Billie apostrophe l'étoile qui leur a épargné "une bonne grosse vie de merde bien ficelée dans la misère" et lui confie leur histoire. On découvre alors sur fond de misère sociale les parcours chaotiques des deux protagonistes. Leur rencontre à travers les répétitions d'une scène de la pièce de théâtre On ne badine pas avec l'amour d'Alfred de Musset dans le cadre du cours de français évoque L'esquive d'Abdellatif Kechiche : un brin de démagogie, donc. Entre caricature et drame intimiste, Anna Gavalda frôle la médiocrité, tout comme ses personnages.

 

Bien que l'on finisse par se faire happer par ce récit impudique et optimiste, les clichés tendent à remplacer la justesse. Notez tout de même que l'on part d'un collège rural et d'une vie de bohème en caravane pour en arriver à un travail Place Vendôme. Plus d'un conteur aurait du mal à assumer la crédibilité de ce grand écart. 

 

Malgré tout, je ressors de cette lecture avec le sentiment qu'Anna Gavalda a finalement limitée la casse. Billie est une jeune fille à la fois vulgaire et touchante, autrement dit : entière. Le lecteur est en tout cas confronté à une insolence qui ne laisse pas indifférent.

 

 

Gavalda, Anna.

Billie

Ed. Le Dilettante

2013/224 p.

 

Rédigé par Nota Bene

Publié dans #Je lis

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