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Publié le 23 Mai 2022

Jimi de la planète aux couleurs

Merci à L'école des loisirs

pour le partage de cette jolie fable

signée Caroline Solé et Gaya Wisniewski

 

Caroline Solé et Gaya Wisniewski collaborent de nouveau à L'école des loisirs et enrichissent la collection Moucheron adressée aux enfants de 6 à 8 ans qui font leur entrée dans la lecture autonome. Dans ce court roman, nous faisons la connaissance de Jimi, un jeune garçon, brun, au visage strié d'un arc-en-ciel, habitant isolé de la planète aux couleurs. Il a le pouvoir de transformer les objets grâce à ses feutres magiques. Mais il se sent seul… Alors il prend sa fusée pour aller sur Terre et découvrir la vie à l’école, avec les autres enfants. Il découvre avec appréhension puis soulagement des camarades bien sympathiques et l'occasion d'égayer grâce à ses feutres magiques leur assiette à la cantine. Caroline Solé et Gaya Wisniewski nous offrent une plongée dans l'imaginaire à partir de très peu de mots. Nous rencontrons Jimi dans sa bulle de sensibilité, son imaginaire, qui doit se confronter au monde réel et aux autres. Il surmonte son appréhension pour finalement s'adapter et trouver un équilibre entre son intériorité à préserver et l'ouverture aux autres à développer pour s'enrichir aussi. Car, comme le dit lui-même Jimi, "[𝑠𝑒𝑠] 𝑏𝑎𝑙𝑙𝑜𝑛𝑠 𝑠𝑜𝑛 𝑚𝑢𝑙𝑡𝑖𝑐𝑜𝑙𝑜𝑟𝑒𝑠 𝑚𝑎𝑖𝑠 [𝑖𝑙 𝑛'𝑎] 𝑝𝑎𝑠 𝑑'𝑒́𝑞𝑢𝑖𝑝𝑒". Les aquarelles de Gaya Wisniewski illustrent et illuminent l'histoire à merveille et promettent une suite radieuse au personnage de Jimi.

 

🌈

 

Du même duo d'autrices :

 

 

Rédigé par Nota Bene

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Publié le 12 Mai 2022

De pierre et d'os

Après ma lecture du roman en vers Élise sur les chemins, j'ai poursuivi ma découverte de l'univers de Bérengère Cournut par son précédent et plébiscité roman De pierre et d'os. Aux abords du cercle arctique, une nuit, une fracture de la banquise sépare une jeune femme inuit de sa famille. Uqsuralik se voit livrée à elle-même, plongée dans la pénombre et le froid polaire. Elle n’a d’autre solution pour survivre que d’avancer, trouver un refuge. Commence ainsi pour elle, dans des conditions extrêmes, une véritable quête. D'abord seule avec ses chiens puis en intégrant des clans, elle devra survivre - à la faim, au froid, aux agressions animales et humaines - vivre et donner la vie. Le lecteur la suit ainsi sur de nombreuses années et est spectateur de ce qui lui arrive, des premières parties de chasse à l'initiation chamanique auprès de son second mari Naja en passant par des traumatismes (un viol notamment) mais aussi des instants de plénitude (comme les naissances de ses enfants : Hila, Nanok et Amaqjuat). Bérengère Cournut nous offre une immersion poétique dans l'âpre mode de vie des inuits. Leur existence nomade au cœur d'un blanc froid infini est rythmée par la chasse, la pêche, le dépeçage des animaux, la couture, la construction d'abris mais aussi les chants, les superstitions et rituels. Ils côtoient de nombreux animaux : phoques annelés, bélugas, narvals, morses, renards arctiques, ours, caribous, palourdes, etc. L'écriture, sobre et factuelle, ponctuée de vocabulaire inuit (amauti, tupilak, inukshuk...) et de chants, nous transporte dans une autre réalité envahie de glace et d'étoiles polaires. Pour autant, j'ai trouvé la narratrice, Uqsuralik, un peu trop distante, froide et résignée. La narration est lente et les digressions chantées pas toujours intéressantes. Le roman aurait peut-être gagné à être plus court, comme un condensé au service de la découverte de la communauté inuit et des paysages arctiques. Il aurait sans doute aussi gagné à faire transparaître plus d'émotions, d'autant que les thématiques de l'amour, de la féminité, de la maternité, de la sororité, de la transmission, de la filiation ou encore du deuil s'y prêtaient tout à fait. En s'accrochant un peu, on ressort malgré tout de cette lecture charmé, curieux et sensible aux énergies.

Soudain, l'un [des chiens] bondit vers moi. Je me jette sur un tas de neige pour lui échapper. Les autres grognent , les babines retroussées. Passé par-dessus ma tête, le chien a atteint l'endroit où je me tenais lorsque la banquise s'est fendue. Il est comme fou. Il grogne, il gratte, se déchire la gueule sur la glace. Il est en train de dévorer le sang coagulé qui s'est échappé de mon ventre.

Rédigé par Nota Bene

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Publié le 11 Mai 2022

Élise sur les chemins

𝐸́𝓁𝒾𝓈𝑒 𝓈𝓊𝓇 𝓁𝑒𝓈 𝒸𝒽𝑒𝓂𝒾𝓃𝓈 est un roman en vers librement inspiré de la vie familiale du géographe et écrivain anarchiste du XIXe siècle Élisée Reclus. Un paysage champêtre, une famille nombreuse qui vit à l'écart du monde, une femme-serpent et une tourmaline magique, voici les principaux ingrédients du récit de Bérengère Cournut. En s'inspirant du personnage d'Élisée mais en le transposant dans un récit à la frontière du réel et de l'imaginaire, Bérengère Cournut interroge notre rapport au désir, à la nature et au travail. Son récit s'apparente à un conte, dont la forme poétique peut être déconcertante, mais qui m'a enchanté.

 

Nous entrons dans le récit par la voix d'Élise, une fillette de onze ans qui se présente comme une "𝑒𝓃𝒻𝒶𝓃𝓉 𝒹𝑒𝓈 𝒶𝓇𝒷𝓇𝑒𝓈, 𝒻𝒾𝓁𝓁𝑒 𝒹𝑒 𝓁'𝑒𝒶𝓊". Elle nous présente sa famille et son mode de vie. Les nombreux enfants de cette famille ont selon leur bourru voisin "𝒹𝑒𝓈 𝓅𝓇𝑒́𝓃𝑜𝓂𝓈 𝒶̀ 𝓁𝒶 𝒸𝑜𝓃". En réalité, leur sophistication et leur poésie vaut inspiration pour de futurs enfants, jugez plutôt : Élisée, Onésime, Louise, Marie, Élise, Anna, Élie, Suzanne, Paul et Lison. Zéline, leur mère, est surnommée Féline, tandis que Jacques, leur père, est appelé Le Lion. Ils vivent isolés dans la forêt, à l'écart de la société. On ne sait pas au départ à quelle époque peut se dérouler le récit. Les fils aînés, Élisée et Onésime, de jeunes adultes, sont partis étudier l'horticulture et découvrir le vaste monde. Mais leur petite sœur Élise fait la rencontre d'une chimère inspirant plus ou moins confiance qui l'avertit que ses frères sont en danger. Cette petite femme-serpent "𝒶𝓊 𝒸𝑜𝓇𝓅𝓈 𝓃𝓊 𝑒𝓉 𝒷𝓁𝒶𝓃𝒸, 𝒶𝓊𝓍 𝒸𝒽𝑒𝓋𝑒𝓊𝓍 𝒹𝑒 𝒻𝓁𝒶𝓂𝓂𝑒𝓈" craint qu'Élisée soit "𝓇𝑒𝓉𝑒𝓃𝓊 𝓅𝓇𝒾𝓈𝑜𝓃𝓃𝒾𝑒𝓇 𝓅𝒶𝓇 𝒪𝓃𝒹𝒾𝓃𝑒, 𝑀𝑒́𝓁𝓊𝓈𝒾𝓃𝑒 𝑜𝓊 𝓊𝓃𝑒 𝒶𝓃𝑔𝓊𝒾𝓁𝓁𝑒". Elle l'incite à partir à leur rencontre pour les défendre contre ses dangereuses cousines et lui confie une pierre magique : un éclat de tourmaline qui "𝒹𝒾𝒻𝒻𝓊𝓈𝑒 𝒹𝑒𝓈 𝓉𝑒𝒾𝓃𝓉𝑒𝓈 𝓇𝑜𝓈𝑒𝓈 𝑒𝓉 𝓋𝑒𝓇𝓉𝑒𝓈" et qui "𝑔𝓇𝑜𝓃𝒹𝑒". La Vouivre la prévient : "𝐿𝒶 𝓉𝑜𝓊𝓇𝓂𝒶𝓁𝒾𝓃𝑒 𝓉𝑒 𝓈𝓈𝓈𝓈𝑒𝓇𝓋𝒾𝓇𝒶 𝓉𝓇𝑜𝒾𝓈 𝒻𝑜𝒾𝓈" après quoi elle s'enflammera. Après concertation entre sœurs, Élise part donc à la rencontre de ses deux grands frères. Elle descend de sa colline et marche quelques temps. Le récit, intemporel au départ, s'ancre dans l'époque contemporaine avec des indices de modernité à son arrivée dans un village (elle y entend alors des bruits de mobylette et de guitare électrique). Elle constate qu'une partie du territoire et de ses hommes est abimé par l'industrialisation et l'exploitation de la terre. Cela contraste avec ses habitudes de vie qui sont au plus près de la nature. Elle maîtrise en effet tout un vocabulaire que Bérengère Cournut se fait un plaisir de nous partager : 𝒶𝓃𝒸𝑜𝓁𝒾𝑒, 𝓅𝑜𝓁𝓁𝒾𝓃𝒾𝓈𝒶𝓉𝑒𝓊𝓇𝓈, 𝑔𝓁𝓎𝒸𝒾𝓃𝑒𝓈, 𝑔𝓇𝒶𝓂𝒾𝓃𝑒́𝑒𝓈, 𝒸𝑜𝓇𝑜𝓁𝓁𝑒𝓈, 𝓅𝒾𝓈𝓉𝒾𝓁𝓈, 𝑒́𝓉𝒶𝓂𝒾𝓃𝑒𝓈, 𝓈𝓅𝑜𝓇𝑒𝓈 𝑜𝓊 𝑒𝓃𝒸𝑜𝓇𝑒 𝒻𝓁𝑒́𝑜𝓁𝑒𝓈. Les valeurs de liberté et d'amour familial sont le fil rouge de ce roman d'apprentissage. Sont aussi évoqués : l'anarchisme (p. 139), l'homosexualité, la jalousie, l'écologie, l'immigration, la transmission.

 

À la fois chant d'amour et critique sociale, Bérengère Cournut nous propose un récit onirique plein de fraîcheur et de créatures merveilleuses : la vouivre ou femme-serpent anxieuse, Mélusine la chanteuse, Ondine la baigneuse et Ophélie la danseuse. Je garde en tête ce récit car je n'en ai pas encore toutes les clés d'interprétation. Il me semble qu'il y est question du pouvoir de séduction féminin. J'ai en tout cas passé un bon moment en compagnie de l'écriture sautillante, joyeuse et poétique de Bérengère Cournut et vous encourage à la découvrir.

 

"- Ondine a une voix haut perchée et crisssstalline
Des cheveux fins qui lui tombent aux chevilles
Et surtout un affreux rire de petite fille
En outre, cette garcce adore miroiter
Sous les branches des peupliers
- D'accord, mais quel mal fait-elle aux garçons ?
- Aucun... Elle les rend jusssste cons"
J'aimerais bien dire à la Vouivre que pour inoculer la connerie
Elle s'y connaît aussi
Mais je choisis une autre stratégie [...]

Je recueille une pierre
De la taille d'une musaraigne
Dans le creux de ma main ouverte
Elle diffuse des teintes roses et vertes
"Dis donc... c'est une pierre pastèque ?
- Cccce que tu tiens là, me dit la Vouivre
Cccc'est un éclat de tourmaline
Avec ça, tu feras tomber Mélusine
Tu méduseras Ondine
Tu conssssumeras les anguilles
- Est-elle donc magique ?
- Comme toute les pierres
Elle vient du fond de la Terre
Elle a la vie longue
Et tout au fond d'elle
Quelque chose gronde..."

Va, va, me dit-elle. Ils délirent tous comme ça un temps
Puis se réveillent un matin en criant : Maman ! [...]
Toi, en attendant, tu descends dans la combe
Tu longes le torrent, tu empruntes la rivière
Et tu anéantis au passage toutes les créatures
Qui traînent leurs nageoires, leurs cheveux de sorcière
Tu zigouilles les rêves de serpent, les fantasmes d'anguilles -
Tout ce qui ressemble à une illusion de fille - d'accord ?

Mon père dit que les seules lois valables sont celles qui président à la croissance de ses salades.

Ca vient du club derrière le bar
Me dit la femme qui m'a nourrie
- Du club ? Un club de quoi ?
- Bah, un club... une boîte, si tu veux !
- Une boîte ? Mais pour ranger quoi ?
La femme rigole : "Des jeunes comme toi !"

Je le sais maintenant : pour s'orienter les rêves sont grands.

Élise sur les chemins

Publié le 25 Avril 2022

Voici des lectures, souvent inachevées, auxquelles je n'ai pas spécialement envie de faire une grande place ici mais pour lesquelles vous pouvez tout de même me demander un avis :

 

  • Climax de Thomas B. Reverdy : abandonné au bout de quelques pages.
  • Une étincelle de vie de Jodi Picoult : abandonné au bout de quelques pages.
  • Milwaukee blues de Louis-Philippe Dalembert : abandonné au bout de quelques pages.
  • Porc braisé d'An Yu : abandonné au bout de quelques pages.

 

  • We should all be feminists de Chimamanda Ngozi Adichie : court texte (la retranscription d'un discours) lu en VO qui n'offre rien de nouveau sous le soleil du féminisme mais qui est ultra abordable pour des lycéens sur le fond comme au niveau de la langue.

 

  • Plusieurs titres de la collection Kididoc chez Nathan feuilletés à l'occasion
  • Plusieurs titres de la collection Épicurieux chez Nathan feuilletés à l'occasion
  • Les élections de la collection Questions ? Réponses ! chez Nathan feuilleté à l'occasion
  • L'énigme Edna de Florence Hinckel chez Nathan feuilleté à l'occasion
  • Plusieurs titres de la collection Tip tongue chez Syros feuilletés à l'occasion

 

Celles dont je n'ai pas parlé

Rédigé par Nota Bene

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Publié le 14 Avril 2022

Sami et Julie cherchent les oeufs

Je vous présente de nouveau un titre de la collection "J'apprends à lire avec Sami et Julie". J'apprécie en effet cette collection de chez Hachette qui propose des petites histoires illustrées spécialement conçues pour accompagner les enfants apprenant à lire. On y trouve une mise en page aérée et une aide à la lecture (présentation des personnages, préparation à la lecture avec des zooms sur certains mots-outils et certains sons, matérialisation des liaisons, atténuation des lettres muettes...). Le niveau de lecture du titre présenté correspond aux apprentissages de milieu de CP et s'accorde à la saison : le thème de l'histoire est la chasse aux œufs de Pâques. C'est l'occasion d'aborder des sons tels que : eu / œu, ou, on, etc. et de nouveaux mots-outils (comme "plus", "mon", "notre"...). On retrouve les adorables personnages Sami et Julie attablés dans le jardin de leur mamie et occupés à peindre des œufs. Leur maman lance tout à coup : "Qui m'accompagne à la gare chercher Emma ?". Une heure plus tard, la famille réunie revient et constate avec joie que les cloches sont passées chez Papi et Mamie. La chasse aux œufs bat son plein quand soudain, des gouttes commencent à tomber : "Tous à l'abri ! crie Sami". L'histoire est dynamique et réaliste, sans mièvrerie. Le texte est simple mais propose tout de même quelques mots de vocabulaire intéressants tels que "renchérir" et "giboulées". Succès mérité !

 

Sami et Julie cherchent les oeufs

Rédigé par Nota Bene

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Publié le 31 Mars 2022

Je ne sais pas quoi faire des gentils blancs

Ce recueil est une compilation de huit articles et d'une retranscription d'un discours écrits entre 2014 et 2017. On n'y évoque donc pas directement l'affaire George Floyd et l'envergure des réactions - l'amplification du mouvement #BlackLivesMatter - que sa mort a suscité en 2020. Pour autant, d'anciens faits similaires sont mentionnés et, à partir d'observations de l'actualité américaine, Brit Bennett convoque des éléments historiques afin de mieux mettre en lumière et interroger l'omniprésence du racisme aux États-Unis. Du marketing des poupées d'enfants à l'absence de plaque commémorant les victimes de l'esclavage, Brit Bennett désigne de façon percutante les manifestations de ce racisme. Sa voix est éclairante et pas si agressive que pouvait le laisser présager le titre. Par contre, au-delà du constat et de la dénonciation du racisme systémique, je suis restée suspendue à mon interrogation : mais alors, moi, gentille blanche, que puis-je faire ? Car elle déclare sans concession : "Je ne voulais pas être la chambre d'écho de sa [celle d'une "femme blanche bien intentionnée"] culpabilité."

 

La lecture de ce recueil m'a permis d'en apprendre plus sur l'Histoire des États-Unis, notamment la Guerre de Sécession. J'ignorais par exemple l'existence du drapeau des confédérés et sa réapparition appuyée depuis la campagne électorale de Donald Trump pour la présidence. J'ai appris à quel point la fréquentation des piscines et des plages avait pu être un élément sensible de la lutte pour les droits civiques. J'ai appris l'existence des poupées American girl de Mattel et aussi des gollywogs. J'ai été confronté à des termes tels que pickaninnies, minstrel show et wade-in. J'ai parfois été pantoise, par exemple en découvrant la blague faisant référence à Retour vers le futur version noire (cf. citation ci-après) ou en lisant la censure à laquelle peut être soumis le roman Beloved de Toni Morrison par certains parents d'élèves. Dans ce roman, comme dans Underground Railroad de Colson Whitehead qu'elle analyse également, Brit Bennett nous dit que "personne n'a le droit de détourner le regard" et que c'est justement là le rôle de la littérature : arracher le voile et interroger les silences de l'Histoire. Une prise de parole moderne et saisissante qu'il nous faut entendre.

 

Quel privilège que d'essayer de paraître bon, alors que nous autres, nous voulons paraître dignes de vivre.

Nous voulons tous croire au progrès, à l'histoire qui va de l'avant en suivant une ligne droite, à la transcendance des différences, à la progression de la tolérance, et au fait que les "gentils Blancs" sont vraiment devenus gentils. Alors, nous nous attendons à voir le racisme apparaître telle une caricature du mal, sous les traits d'un méchant à la Disney. Comme si un flic raciste était quelqu'un qui se levait le matin, tortillait sa moustache et se frottait les mains en se demandant de quelle façon il allait détruire des vies noires.

Un sketch récent de MTV Decoded imagine que, dans une version noire de Retour vers le futur, la DeLorean n'aurait jamais quitté le parking du centre commercial. "1955 ? demande un Marty McFly noir. Vous savez quoi, doc ? Je crois que je suis mieux ici." Ces plaisanteries me font rire, même si leur postulat est accablant : une vision de la négritude où la souffrance est permanente et inévitable. Nous pouvons imaginer un monde fantastique dans lequel on peut voyager dans le temps, mais nous ne pouvons pas concevoir une seule époque dans le passé, ou même dans l'avenir, où les Noirs peuvent vivre libres.

Moi-même, j'ai encore du mal à regarder [la violence historique de l'esclavage]. Mais les écrivains noirs arrachent le voile et je me réjouis de pouvoir voir.

La nostalgie est l'ultime safe space. La nostalgie, c'est la mémoire sélective.

Le monde devient plus vaste en même temps qu'il se rétrécit ; il se contracte et gonfle comme nos poumons. Alors, respirons profondément et mettons-nous au travail.

Rédigé par Nota Bene

Publié dans #Je lis

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