Publié le 18 Août 2014

 

 

La quatrième de couverture :

 

Enfermé au bagne de Belle-Île pour avoir volé un morceau de lard, Marcel n'est plus que l'ombre d'un enfant. Pourtant, une petite flamme reste allumée au fond de son âme. S'il essaie de s'échapper, Marcel risque la noyade. Mais s'il ne tente rien, cette petite flamme pourrait s'arrêter de briller pour toujours...

Un récit poignant inspiré de l'histoire méconnue des prisons pour enfants.

 

 

Mon avis :

 

Une magnifique couverture, un titre évocateur de la douceur du bord de mer et en même temps bien mystérieux, un ancrage régionnal : il ne m'en fallait pas davantage pour succomber à la tentation et ajouter ce récit à ma pile de lectures de vacances.

 

En réalité c'est une histoire assez sombre qu'à chercher à faire partager Dorothée Piatek. S'inspirant de documents d'archives et de témoignages, l'auteur nous livre l'histoire douloureuse d'un enfant, porte-parole de tous ceux ayant séjournés à la prison pour enfants de Belle-Île entre 1880 et 1977. Sous prétexte de remettre ces enfants dans le droit chemin et de les former au métier de marin, on va leur faire subir un enfermement et un isolement doublés d'une maltraitance à la fois psychologique et physique. Notre jeune protagoniste, Marcel, abandonné dès sa naissance, balloté de famille d'accueil en famille d'accueil, rendu corvéable à merci, sera accusé d'avoir volé un morceau de lard et de s'être battu avec l'aîné de la famille. Il sera pour cela envoyé au bagne de Belle-Île à 12 ans et ce jusqu'à sa majorité (de 21 ans à l'époque). On est donc immergé dans les pensées de Marcel. C'est maintenant un adolescent de 16 ans désoeuvré et affaibli par les humiliations incessantes des gardiens : leurs coups, leurs tentatives d'attouchement, les séjours au "mitard", le froid, la faim... S'ajoute à cela la rivalité entre camarades de cette dure prison. Mais Marcel garde au fond de lui la volonté de s'échapper... à tout prix. La fin ouverte nous laisse en bouche un goût amer.

 

Le récit est entrecoupé de poèmes élaborés en collaboration avec un slameur/rappeur, ARM des Psykick Lyrikah, qui en a ensuite mis certains en musique. D'autres morceaux disponibles à l'écoute sont de lancinantes musiques d'ambiance. L'auteur dit avoir voulu associer "aux mots qui racontent, dénoncent et rendent hommage [...] la force de la musique des générations d'aujourd'hui". Le résultat de ce travail collectif est à découvrir ici. D'autres informations (préface, bande annonce...) sont disponibles sur le site de l'auteurMême si je ne suis pas séduite outre mesure par le traitement musical opéré, l'initiative est dans l'air du temps et offre une nouvelle dimension à la lecture. C'est donc un roman original, sombre et bien documenté pour "lutter contre les amnésies de l'histoire".

 

 

Des extraits :

 

  • "Je marchais sur la grève, lentement, observant l'horizon. Je suivais les oiseaux, leur silence lourd résonnant dans ma tête, puis je fermais les yeux. Dans ma poitrine, le poids de la tristesse semblait ralentir les mouvements de mon coeur. personne, jamais, ne viendrait me chercher." (p. 106)

 

  • "- Moi, c'est Marcel. Je suis là depuis tant d'années que j'ai cessé de les compter. Personne n'est tendre ici. Il faudra que tu apprennes à te défendre et repérer les vrais mauvais. Je te guiderai, mais saches que c'est chacun pour soi. Si tu n'as pas envie de devenir la femme de celui qu'on surnomme Grand Frère, tiens, regarde, celui qui se tient contre le mur des chiottes, tu viens me voir dès qu'il s'approche de toi. Sinon, tu te démerdes. Compris ?" (p.122)

 

  • "Sous les voiles de misaines repliées avec art sur leurs bômes dormaient quelques marins rentrés tôt de la pêche. Originaires de Douarnenez ou Concarneau, ils attendaient que le temps se calme pour reprendre la mer. On annonçait une forte tempête et la brume obstruait l'horizon. Les maisons rangées le long du quai et du bassin se détachaient une à une, dévoilant leurs charmes lentement, comme une femme dévoile ses jambes." (p. 129)

 

 

Piatek, Dorothée.

Le silence des oiseaux

Ed. du Seuil

2014/177 p.

 

Rédigé par Nota Bene

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Publié le 18 Août 2014

Lecture commencée il y a quelques mois et reprise à l'occasion des grandes vacances :

 

 

 

La quatrième de couverture :

 

Calpurnia Virgina Tate a onze ans. Dans la chaleur de l’été, elle s’interroge sur le comportement des animaux autour d’elle. Elle étudie les sauterelles, les lucioles, les fourmis, les opossums.

Aidée de son grand-père, un naturaliste fantasque et imprévisible, elle note dans son carnet d’observation tout ce qu’elle voit et se pose mille questions. 

Pourquoi, par exemple, les chiens ont-ils des sourcils ? Comment se fait-il que les grandes sauterelles soient jaunes, et les petites, vertes ? Et à quoi sert une bibliothèque si on n’y prête pas de livres ?

On est dans le comté de Caldwell, au Texas, en 1899. Tout en développant son esprit scientifique, Calpurnia partage avec son grand-père les enthousiasmes et les doutes quant à ses découvertes, elle affirme sa personnalité au milieu de ses six frères et se confronte aux difficultés d’être une jeune fille à l’aube du XXe siècle.

Apprendre la cuisine, la couture et les bonnes manières, comme il se doit, ou se laisser porter par sa curiosité insatiable ? Et si la science pouvait ouvrir un chemin vers la liberté ?

 

 

Mon avis :

 

Ce roman présente une tranche de vie : celle d'une jeune fille prénommée Calpurnia, aux portes de l'adolescence, à l'aube du XXe siècle, au Texas. Fille d'un propriétaire d'une fabrique de coton employant des ouvriers agricoles noirs, soeur de six frères chahuteurs pour qui tout est possible, amie d'une jeune fille modèle réceptive aux cours de piano et de tricot. Calpunria, elle, préfère gambader dans les champs, près de la rivière et n'a aucune envie de devenir une demoiselle de salon. Grâce à son excentrique grand-père, qui décèlera sa soif de connaissances, elle va découvrir les rudiments de l'exploration scientifique. Ensemble, ils vont même supposer avoir découvert une nouvelle espèce botanique et attendre avec impatience une réponse du Comité de Taxinomie des plantes de la Smithsonian Institution à la lettre présentant leur trouvaille.

 

Bien qu'elle ne constitue finalement pas la seule thématique du récit, la dimension scientifique est présente par le biais des réflexions et recherches naturalistes de Calpurnia et de son grand-père ainsi qu'au travers des anecdotes sur les progrès scientifiques de l'époque : l'arrivée du premier téléphone, la première "voiture sans cheval" exposée à la foire, les débuts de la photographie, l'arrivée du Coca-cola... Au-delà de ces éléments, c'est l'évolution de la relation entre la jeune fille et son grand-père qui nous touche. C'est lui qui l'initiera à la botanique, à la zoologie, à la théorie darwinienne récemment mise à jour. C'est lui encore qui lui fera connaître des noms tels que : Marie Curie, Mary Anning, Isabella Bird... Ce roman constitue en effet une fenêtre ouverte sur la condition féminine de l'époque. Le lecteur se sent confronté, à l'instar de Calpurnia, à un carcan sociétal et familial, reproduit en premier lieu par sa propre mère. Comment alors - tout comme notre héroïne - ne pas éprouver de la déception le jour de Noël à l'ouverture du paquet contenant un livre au titre éloquent : La science de la tenue du ménage.

 

Le personnage de Calpurnia est plein de sensibilité, de sincérité, de caractère, parfois de drôlerie involontaire et candide. La figure du grand-père est particulièrement réussie : permettant d'ouvrir l'esprit de Calpurnia, il ne se montrera pas pour autant clairement aidant face à des parents incompréhensifs. D'ailleurs, la fin ouverte et quelque peu poétique du récit est source d'une certaine frustration car rien ne nous laisse présager de l'avenir de notre héroïne : on devine que ce sera à Calpurnia de faire son chemin et d'imposer sa liberté, et qu'elle n'y arrivera pas forcément. Voici donc un roman de qualité récompensé par le Prix Sorcières 2014 catégorie Romans ados qui, malgré des longueurs, mérite qu'on s'y arrête afin de (re)découvrir ce moment charnière de la fin du XIXe siècle.

 

 

Kelly, Jacqueline.

Calpurnia

Ed. L'école des loisirs

Coll. Médium

2013/416 p.

 

Rédigé par Nota Bene

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Publié le 18 Août 2014

 

 

La quatrième de couverture :

 

K-lab, groupe ultra-puissant, domine la ville de Maximum City. Expert en désinformation, il manipule les faits au profit des pouvoirs en place. Une organisation clandestine nommée TYPOS, résiste au discours officiel. Ses membres sont tous étudiants en journalisme, et motivés par le même but : rétablir la vérité. Gipsy, Morph, Dusker et Arlequin usent de leur courage et leur ingéniosité pour échapper à la censure. Aguerris aux techniques les plus pointures d’espionnage, ils ont une arme secrète : un journal clandestin qui distille la vérité tel un antidote.


Tome 1 : En Afrique, un dictateur détruit les champs est les puits. Son objectif : affamer son peuple pour financer son armée grâce à l'argent des ONG.
Invité d'honneur à un grand concert de charité au stade de Maximum City, l'homme s'achète une respectabilité. les membres de TYPOS devront mettre à jour ce scandale humanitaire tout en déjouant les pièges posés par K-lab.

 

 

Mon avis :

 

Voici une dystopie originale et pleine d'action qui nous plonge dans un monde futuriste où semble régner la désinformation et la corruption. "Imaginez-vous une grande agence publicitaire, sauf que leur publicité ne porte pas sur tel ou tel produit, mais sur la réalité. Ou du moins, la vision de la réalité demandée par le client". Les personnages principaux, étudiants en journalisme à Maximum City, éditent un journal clandestin en espérant distiller des bribes de vérité, en contre-point des campagnes de désinformation mené par l'organisme K-lab. Dans ce premier tome, les étudiants vont devoir révéler au grand jour un scandale humanitaire tout en déjouant les pièges posés par l'agence. Le style d'écriture est lisse et rythmé, au service de l'action, du suspens et d'une pincée de cynisme.

Malgré un univers travaillé, une idée de départ ambitieuse et un beau travail d'illustration sur la couverture, ce roman lu il y a un mois de ça ne m'aura pas laissé un souvenirs impérissable. Peut-être que son côté dénonciateur d'un système manque de crédibilité. Peut-être que les personnages mériteraient d'être plus fouillés, le propos plus marqué. Gageons toutefois qu'il puisse trouver son public chez les grands collégiens. Une suite est prévue et paraîtra d'ici peu, en octobre 2014. En effet, Typos est un concept collectif italien dont l'idée est de faire une série de 12 tomes, chaque tome étant écrit par un auteur différent.

 

 

Baccalario, Pierdomenico.

Typos (T.1) : Fragments de vérité

Ed. Père Castor Flammarion

Coll. Grands Formats

2014/264 p.

 

Rédigé par Nota Bene

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Publié le 18 Août 2014

 

 

 

La quatrième de couverture :

 

En tournant des histoires de crimes, de meurtriers, Hitchcock s'amuse à nous faire peur, mais aussi à nous faire rire, car, pour lui, le rire et la peur vont de pair. Avec son génie du suspense et du trucage, Hitchcock a mérité le nom de maître.

 

 

Mon avis :

 

Un documentaire au format mini qui donne en quelques grammes une idée de l'originalité créatrice du maître du suspense. Anecdotes biographiques et artistiques sont plaisantes et permettent à de jeunes lecteurs (8-12 ans) une entrée guidée dans l'univers hitchockien. Une chronologie et des conseils de visionnage agrémentent la fin de l'ouvrage. Toutefois, en tant qu'adulte, je suis restée sur ma faim : j'aurais apprécié plus d'explications sur les techniques cinématographiques mises en oeuvre par le réalisateur.

 

 

Un extrait : 

 

"Prenons la scène suivante : deux hommes discutent, ils parlent de choses et d’autres, la scène dure quinze minutes, soudain une bombe explose ! Ça c’est la surprise. Refaisons la scène différemment : on montre d’abord au public qu’il y a une bombe placée sous le siège, où est assis tranquillement un des deux hommes. On entend le tic-tac de l’horloge de la bombe, les deux hommes discutent, mais le public a maintenant très peur que la bombe explose, il a envie de s’adresser aux personnages : « Eh ! Arrêtez de parler ! Sauvez-vous ! Une bombe va exploser ! » Ça c’est le suspens."

 

 

Deschamps, Hélène.

Alfred Hitchcock : le maître du cinéma

Ed. A dos d'âne

Coll. Des graines et des guides

2013/45 p.

 

Rédigé par Nota Bene

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Publié le 6 Août 2014

Un bel album découvert il y a plusieurs mois et dont je prends enfin le temps de parler :

 

 

 

La quatrième de couverture :

 

"Quand j’ai pris mon oiseau dans ma main pour la première fois, c’est qu’il s’était blessé. Il était petit alors, et son cœur dans ma main palpitait : c’était vivre. Lorsque mon oiseau chante, et il chante souvent, ce n’est pas avec des mots connus, c’est avec des mots à lui, mais je n’ai pas besoin de comprendre pour savoir exactement ce qu’il dit, et ce qu’il ne dit pas, parfois. Parce que son chant c’est lui, et lui, c’est mon oiseau."

 

 

Mon avis :

 

De magnifiques et délicates illustrations qui ressemblent à des empreintes réalisées au tampon. Un texte qui résonne de justesse et de tendresse et qui pourrait constituer les paroles d'une douce chanson. Un propos sur l'amitié et/ou l'amour qui nous touche et fait s'envoler des papillons dans notre ventre. Un premier album de Christian Demilly et Marlène Astrié chaleureux, un brin mélancolique, aérien. Il fait d'ailleurs partie de la liste des "bonnes lectures du Salon".

 

"Ce n'est pas parce qu'il est mon oiseau que je l'aime ;

c'est parce que je l'aime qu'il est mon oiseau."

 

 

logo challenge albums 2014

7/10

 

Demilly, Christian.

Astrié, Marlène.

Mon oiseau...

Ed. Grasset jeunesse

Coll. Lecteurs en herbe

2014/40 p.

 

Rédigé par Nota Bene

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Publié le 5 Août 2014

C'est en pointillé que Nota bene va reprendre du service, après des vacances en Grèce qui resteront associées à la célèbre histoire du talon d'Achille. C'est en effet blessée que je me vois contrainte d'annuler toutes les escapades qui étaient prévues pour le reste de l'été. Ce sera au moins l'occasion de lire, de bloguer et de me perfectionner en mots-croisés !

 

 

Quelques informations à prendre en notes au passage :