Publié le 3 Mars 2017

La devise par Bégaudeau

 

La quatrième de couverture :

 

Liberté, Égalité, Fraternité : notre devise n’est-elle pas la plus belle, la mieux rythmée, mais surtout la plus audacieuse, la plus moderne, celle qui montre la voie à l’humanité ?

Missionné auprès des "jeunes" pour redonner sens aux mots fondateurs de la République, un homme s’exerce à faire résonner son discours. Guidé par une coach hyper motivée, il s’interroge : Quel est le "socle moral" de notre République ? Justement en ces temps de crise civique, où en est-on ? La liberté, est-ce faire ce que l’on veut ? À quoi sert l’égalité ? Et la fraternité dans tout ça ?

Cette joute oratoire sur le discours politique nous rappelle surtout qu’en démocratie, c’est par la dispute que le sens se construit.

 

 

Mon avis :

 

C'est d'un ton juste et plein d'humour que François Bégaudeau met en scène deux comédiens chargés de "dire l'urgence de redonner du sens à notre devise, véritable socle moral de la République" à des lycéens. Sébastien prépare son intervention sur le thème des valeurs républicaines de façon enthousiaste mais se fait amplement corriger par sa collègue sur la mise en scène et la teneur de ses propos. Les corrections apportées font rire par leur décalage burlesque. Discuter les facilités des communicants c'est aussi prendre du recul sur le message véhiculé. La réflexion proposée dans cette pièce n'est ni très novatrice ni très poussée mais permet d'effleurer des problématiques actuelles avec humour et finesse : le libéralisme, la laïcité, l'égalité homme-femme... L'essentiel est rappelé : c'est l'espace de discussion - voire de dispute - libre, égale et fraternelle offert par la République qui importe. Cette courte pièce de théâtre destinée à être jouée en classe en 55 minutes et avec peu de moyens est revigorante : une bouffée d'air frais à placer sur la table des nouveautés du CDI entre La légèreté et La Présidente.

 

Voilà, c'est ça la force de cette devise. sa faiblesse est sa force. C'est parce qu'elle est abstraite et pleine de mots généraux que chacun peut l'interpréter à sa manière.

p. 73

Bégaudeau, François

La devise

Ed. Les solitaires intempestifs

2016 / 77 p.

 

Rédigé par Nota Bene

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Publié le 27 Février 2017

Apprendre à marcher aux enfants par Ollivier

 

La quatrième de couverture :

 

Quelques mois seulement après la naissance de mon aînée, l’image fantomatique – et désagréable – de mon futur gendre m’est apparue mentalement. J’ai aussitôt imaginé l’histoire d’un homme qui peine à trouver le sommeil quand, pour la première fois, sa fille passe la nuit à la maison dans le même lit que son amoureux.
Dis-sept ans plus tard, quand ma fille atteignait l’âge de mon héroïne, j’ai mis le point final à Apprendre à marcher aux enfants. J’ai alors réalisé que la rédaction de ce livre m’avait accompagné tout au long de ces années à la fois pleines et furtives qui m’avaient vu traverser les affres et les joies de la paternité.
Carnet de bord déguisé d’un papa ? Journal intime caché derrière la fiction ?… Ce livre est plein de pères qui sont tous un peu moi.

 

 

Mon avis :

 

Ce reccueil de nouvelles est une déception. Moi qui adore Mikaël Ollivier, je m'attendais à déguster son livre sur le thème de la parentalité comme une gourmandise pour bien débuter mes vacances de février. Au lieu de ça, il m'en reste le goût amer d'une lecture pessimiste qui aborde (le plus souvent) la parentalité au travers du prisme de l'échec du couple. Son point de vue est cynique et désabusé presque tout au long du reccueil. Les relations familiales évoquées parfois avec bonheur sont le plus souvent également associées au regret, à la monotonie ou à l'hypocrisie. Pourtant, certaines nouvelles auraient pû me faire venir les larmes aux yeux (La pie dans le poirier) ou me faire rire (Apprendre à marcher aux enfants)... mais la vulgarité prend trop souvent le pas sur la justesse et la tendresse. Globalement, Mikaël Ollivier nous raconte que le temps passe et que les distances se creusent : j'avais au contraire besoin d'entendre de belles et émouvantes réflexions sur la filiation.

 

 

Sommaire :

 

  1. Bonne fête papa ♥♥
  2. Basile
  3. La pie dans le poirier
  4. De père en fils
  5. Apprendre à marcher aux enfants
  6. Une odeur de biscuit
  7. Jeudi soir
  8. Vendredi soir
  9. Le récital
  10. Jeu, set et match
  11. Au premier regard
  12. Born to fuck
  13. La coda
  14. Les initiales
  15. Fin août début septembre ♥♥

vide = peu appréciée

 = appréciée

♥♥ = préférée

♥♥♥ = coup de coeur

 

 

Ollivier, Mikaël

Apprendre à marcher aux enfants

Ed. Le passage

2016 / 184 p.

 

Rédigé par Nota Bene

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Publié le 20 Février 2017

 

 

Mon avis :

 

Un imagier sensoriel aux couleurs vitaminées dont chaque double page présente un animal associé à un toucher à découvrir : doux, rugueux, lisse... L'originalité réside dans la dernière page avec un tamanoir à la langue collante (pour attraper les fourmis) : la préférée de bébé !

 

 

Dexet, H.

Doux, pas doux

Ed. Nathan

Coll. Petit Nathan

2016 / 12 p.

 

Publié le 17 Février 2017

Little sister par Séverac

 

La quatrième de couverture :

 

Du haut de ses seize ans, Lena fait preuve d'une assurance étonnante. Pourtant sa vie est loin d'être simple. Lena Rodriguez, c'était son nom avant. Sa nouvelle identité, elle ne peut la révéler à personne... Lena a convaincu ses parents de la laisser partir seule quelques jours à Cadaquès, chez son oncle et sa tante catalans. Elle ne leur a pas tout dit. Là-bas, elle a rendez-vous avec Ivan, son grand frère que personne n'a vu depuis quatre ans... depuis qu'il est parti, sans explication, faire le djihad en Syrie.

 

 

Mon avis :

 

Benoît Séverac raconte ici l'espoir d'une soeur de retrouver son frère Ivan partit faire le djihad en Syrie quatre ans plus tôt. L'auteur n'offre pas de tribune aux propos djihadistes et n'essaye pas d'expliquer ce qui pousse certains jeunes à partir faire le djihad. Son roman cherche plutôt à souligner les souffrances d'une famille impliquée malgré elle dans cette actualité brûlante. Quatre voix interviennent l'une après l'autre dans le récit. Léna, la petite soeur, personnage central. Théo, ancien meilleur ami d'Ivan. Joan, ancien résistant au franquisme. Tambon, gradé de la DGSI de Toulouse.

 

Malheureusement, le récit met du temps à prendre son envol et passe à la fois par des considérations historiques (franquisme) et par une trame amoureuse un peu niaise entre Léna et Théo. Les personnages sont assez fades et leurs états d'âmes tendent au cliché. L'arrière-plan espagnol offre un certain exotisme mal investi, avec des personnages d'anciens résistants peu crédibles. La fin est bâclée. Bref, je m'attendais à bien mieux de la part de Benoît Séverac, découvert il y a près de trois ans avec L'Homme-qui-dessine. Il faut dire aussi qu'il était difficile de passer après ma lecture de Petit pays...

 

 

Séverac, Benoît

Little sister

Ed. Syros

2016 / 201 p.

 

Rédigé par Nota Bene

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Publié le 14 Février 2017

J'ai enfin pris le temps de lire le dernier Goncourt des lycéens entre deux emprunts au CDI :

 

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La quatrième de couverture :

 

"Au temps d'avant, avant tout ça, avant ce que je vais raconter et le reste, c'était le bonheur, la vie sans se l'expliquer. Si l'on me demandait “Comment ça va ?” je répondais toujours “Ça va !”. du tac au tac. Le bonheur, ça t'évite de réfléchir. C'est par la suite que je me suis mis à considérer la question. À esquiver, à opiner vaguement du chef. D'ailleurs, tout le pays s'y était mis. Les gens ne répondaient plus que par “Ça va un peu”. Parce que la vie ne pouvait plus aller complètement bien après tout ce qui nous était arrivé."

Avant, Gabriel faisait les quatre cents coups avec ses copains dans leur coin de paradis. Et puis l'harmonie familiale s'est disloquée en même temps que son «petit pays», le Burundi, ce bout d'Afrique centrale brutalement malmené par l'Histoire. Plus tard, Gabriel fait revivre un monde à jamais perdu. Les battements de cœur et les souffles coupés, les pensées profondes et les rires déployés, le parfum de citronnelle, les termites les jours d'orage, les jacarandas en fleur ... L'enfance, son infinie douceur, ses douleurs qui ne nous quittent jamais.

 

 

Mon avis :

 

Que de louanges pour ce premier roman de l'auteur-compositeur-interprète franco-rwandais Gaël Faye ! Que de distinctions (le Prix Goncourt des lycéens 2016 notamment) ! Tellement qu'en lisant la première moitié du roman, je me suis dit : mouai... J'étais spectatrice de souvenirs d'enfance chatoyants mais pas si intéressants que ça. Et finalement, c'est dans le dernier tiers du livre que l'émotion arrive. L'écriture est magnifique. Les bêtises des gamins privilégiés dont il est question laissent place à une rude prise de conscience. Les points de fracture de la société burundaise se révèlent et une violence absurde éclate. Hutus et Tutsis s'affrontent. Les enfants deviennent dramatiquement des hommes. Les anecdotes jaunies laissent place à moins de naïveté et plus d'actions. Au-delà de Gabriel et de ses amis, le lecteur découvre d'autres facettes des parents de ce dernier. Malgré des longueurs au départ, la fin du roman nous transporte et nous glace.

 

C'est la gorge serrée que l'on referme ce bijou. Petit pays a tout d'un grand.

 

Pour découvrir les premières pages, c'est par ici.

 

Même après avoir refermé son lourd portail, j'endendais encore sa voix derrière moi me prodiguer d'intarrissables conseils : prends garde au froid, veille sur tes jardins secrets, deviens riche de tes lectures, de tes rencontres, de tes amours, n'oublie jamais d'où tu viens...
Quand on quitte un endroit, on prend le temps de dire au revoir aux gens, aux choses et aux lieux qu'on a aimés. Je n'ai pas quitté le pays, je l'ai fui. J'ai laissé la porte grande ouverte derrière moi et suis parti, sans me retourner. Je me souviens simplement de la petite main de Papa qui s'agitait au balcon de l'aéroport de Bujumbura.

Je vis depuis des années dans un pays en paix, où chaque ville possède tant de bibliothèques que plus personne ne les remarque. Un pays comme une impasse, où les bruits de la guerre et la fureur du monde nous parviennent de loin.

Faye, Gaël

Petit pays

Ed. Grasset

2016 / 215 p.

Rédigé par Nota Bene

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Publié le 10 Février 2017

Madame, je peux prendre en photo mon exercice ? Pour éviter de trimballer un manuel...

Lycéenne de 2017