Publié le 28 Mai 2015

Tout comme l'année passée, j'ai participé à l'évaluation des oraux d'HDA sur un mercredi matin, en binôme avec une collègue d'histoire. Nous avons fait passer 9 élèves sur des oeuvres comme le triptyque La guerre d'Otto Dix, la BD Maus d'Art Spiegelman (critique ici), les chansons La complainte du progrès et Le déserteur de Boris Vian, etc. Voici quelques incontournables perles :

 

"Dans sa chanson Boris Vian utilise un registre brulesque."

"C'est une statue fabriquée en terrine."

"Ben en fait il fait ça parce qu'une femme elle est contente si elle a plein d'argent."

"Ben en fait je sais pas trop comment le dire mais en gros il se fout de la g*** de la société de consommation."

"C'est un auteur de BD underground." (prononcé à la française)

"A cette époque, qui décide de... ?" - "Ben le président" - "Sans blague... mais lequel ?"

"Qui va devenir leader en Allemagne dans les années 1930 ?" - "Staline."

"Quelles sont les dates de la Première Guerre mondiale ?" - "Euh... vers 45 ?"

 

 

Rédigé par Nota Bene

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Publié le 26 Mai 2015

Je m'appelle Livre et je vais vous raconter mon histoire

 

 

La quatrième de couverture :

 

Depuis des siècles je raconte l'histoire des autres. L'heure est venue de raconter la mienne. De dire par où je suis passé avant d'arriver entre vos mains. On a corné mes pages, on a ri ou pleuré avec moi, on m'a banni, livré aux flammes... J'ai vu des civilisations naître et mourir. Pourtant, j'ai survécu. Ce que vous allez découvrir, cher lecteur, c'est un vrai roman, celui de ma vie.

 

 

Mon avis :

 

Mi-documentaire mi-roman, cet ouvrage atypique de lecture facile est à mettre entre toutes les mains, notamment celles des collégiens ! Illustré par des figurés en noir et blanc, avec une mise en page des plus aérée, le livre s'adresse à nous en termes simples pour nous raconter son histoire. Du chapitre "Qui a inventé l'écriture ?" au chapitre "Mon frère E-book", on passe en revue toute l'histoire du livre : les différents supports de l'écriture, l'invention du papier, de l'imprimerie, du livre de poche, l'étymologie du vocabulaire livresque, le rôle des bibliothèques, les autodafés, la révolution digitale... La jaquette raffinée et le papier épais des pages de cet ouvrage sont représentatifs de son contenu : un narrateur atypique, des informations historiques assez complètes et accessibles, des illustrations agréables, une pointe d'humour, une pincée de citations, un soupçon de poésie... Pour toutes ces raisons, ce codex (du latin caudex, tronc d'arbre) mérite le détour !

 

 

Quelques citations :

 

  • "Si tu ne connais pas les arbres, tu risques de te perdre en forêt ; si tu connais pas les histoires, tu risques de te perdre dans la vie." (p. 11)

  • "Les Sumériens nommaient cet endroit "maison de la mémoire" ; les Egyptiens, "lieu des soins de l'âme", les Tibétains, "océan de joyaux". Je parle ici, bien sûr, des bibliothèques. Aussi loin que je me souvienne, elles ont toujours existé. Elles sont nées avec l'écriture, ont grandi avec elle." (p. 102)

 

 

Pour feuilleter le début du livre vous pouvez vous rendre sur le site de l'éditeur.

 

 

Agard, John.

Je m'appelle Livre et je vais vous raconter mon histoire

Ed. Nathan

2015/135 p.

 

Rédigé par Nota Bene

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Publié le 22 Mai 2015

Le regard des princes à minuit

 

 

La quatrième de couverture :

 

Être un véritable chevalier, aujourd'hui, est-ce encore possible ? A travers sept épreuves initiatiques, des jeunes se lancent dans l'aventure : une expédition nocturne dans la forêt de Brocéliande, l'escalade de la façade de Notre-Dame en cordée, l'intensité d'un combat à mains nues, la décuverte d'une danse oubliée avec une cavalière sensuelle... Autant de façons de vibrer, de prendre position dans la société, de dire NON.

 

 

Mon avis :

 

Après avoir découvert Erik L'homme il y a quelques années avec son roman Phaenomen, je me suis à nouveau laissée tenter par sa plume ce printemps avec un de ses derniers livres en date. Un titre et une couverture d'une beauté ténébreuse se révèlent les portes d'entrée dans un univers des plus étonnament référencé : de la légende du roi Arthur à Matrix en passant par Le Seigneur des anneaux, Pirates des Caraïbes et La chèvre de M. Seguin. On suit notamment Vladimir et Guillaume dans la forêt de Brocéliande, Hadrien et Maxime dans des sous-sols imprégnés de l'odeur des combats à mains nues, Grégoire et Sylvestre en pleine ascension de la cathédrale Notre-Dame, etc. Erik L'homme met en scène sept quêtes : sept aventures nocturnes improbables  et à la limite de la légalité où de jeunes binômes constitués d'un maître et d'un apprenti cherchent un certain frisson et une certaine vérité. Ces épreuves initiatiques mis en parallèle de celles vécues par les bacheliers au Moyen-âge ont pour but de leur faire toucher du doigt certaines valeurs comme l'honneur, la sagesse, la liberté, le courage... C'est à la fin du livre que l'on comprend en quoi toutes ces histoires sont liées. On se prend à relever les différentes injonctions égrénées au fil des quêtes : "Médite sur toi et sur qui tu es", "Montre du courage et bataille contre l'injustice", "Honore et aime toutes les femmes"... Fort heureusement à mon sens, les filles ne sont pas oubliées dans cet ouvrage. Erik L'homme dit en ouverture avoir souhaité "brosser le portrait de quelques insoumis" afin que ses lecteurs "tracent leur propre chemin, qu'ils vivent un jour leurs propres aventures, fortes et folles - forcément folles" et redonnent "de l'épaisseur au monde et à l'existence". Une belle lecture un peu tirée par les cheveux mais inspirante.

 

 

L'homme, Erik.

Le regard des princes à minuit

Ed. Gallimard jeunesse

Coll. Scripto

2014/138 p.

 

Rédigé par Nota Bene

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Publié le 19 Mai 2015

En ce jour d'appel à la grève, ça bouge aussi chez les profs-docs, avec des publications à relayer pour défendre notre statut et notre spécificité pédagogique :

 

 

 

 

 

Tract du 19/05/2015 par Elsie Russier

 

Publié le 12 Mai 2015

Cliquez pour voir l'image dans sa taille originale

 

 

La quatrième de couverture :

 

"Le premier homme de la préhistoire qui composa un bouquet de fleurs fut le premier à quitter l'état animal ; il comprit l'utilité de l'inutile." Le livre de Thé, Okakura Kakuzô, 1906

 

La littérature de jeunesse est ainsi : pour les uns un bouquet de fleurs et pour les autres, inutile. Depuis toujours, elle se complait dans cette interrogation persistante, insignifiante et inféconde : écrit-on pour les enfants ? Elle résonne alors inlassablement de mille polémiques quant à sa qualité, son statut, sa fonction. Faut-il l'interdire, la remettre à l'ordre, "l'éduquer" ? Contre les voix qui s'élèvent pour l'éreinter, souvent sans la connaître, Patrick Ben Soussan fait l'éloge de cette singulière faculté de la littérature jeunesse : offrir aux enfants des occasions de penser, de rêver, de rire et de pleurer, d'aimer, de comprendre, de partager, de rencontrer, au plus vrai, le sensible, l'affecté, le réel et le rêve, de s'échapper et de se retrouver. C'est cela aussi qu'apporte la littérature de jeunesse à ceux qui ne sont plus des enfants, des retrouvailles, non pas avec leur enfance, perdue, inaliénable, mais avec des parts d'eux-mêmes, étranges et étrangères parfois, qu'elle leur révèle, à leur insu.

 

 

Mon avis :

 

Patrick Ben Soussan, pédopsychiatre, nous fait part de son amour passionné pour la littérature jeunesse et plaide pour des lectures ni utilitaristes ni éducatives mais simplement sachant favoriser la découverte de soi et des autres. Il fustige notamment François Busnel, qui juge la littérature jeunesse à la seule lumière du marketing. C'est un livre militant et intéressant ; un plaidoyer qui puise dans son histoire personnelle. On peut toutefois regretter des longueurs et des tournures de phrases parfois ardues.

 

 

Quelques extraits :

 

  • "Il m'a fallu au mois quinze ans d'études et presque autant de psychanalyse, pour y comprenndre quelque chose à ces 90 pages de Oui-Oui." (p. 32)

  • "A travers les siècles, l'enfant sera pensé sur ce mode ontologique , en vide, en creux, en attente d'éducation." (p. 59)

  • La littérature jeunesse est l'alcool fort de la littérature. Elle nous rappelle, avec fracas." (p. 81)

 

  • "Des bacs entiers de librairies et de bibliothèques te diront le monde à la façon machmallow, chamallow, pastels suaves, édulcorants et arômes artificiels à toutes les pages. Se souviendra-t-on un jour des Trois brigands, de ces oppositions de couleurs tranchées, de ces noirs, de ces rouges, de ces bleus, dans des mises en pages si audacieuses ?" (p. 144​)

  • "J'ose penser que les livres ont d'autres goûts et qu'immanquablement ils sauront rendre les enfants gourmands." (p.155​)

  • "J'avais traversé les années 1980, après la naissance de mon premier fils, en d'étranges compagnies : il y avait là un Sacré Père Noël (Raymond Briggs), un Marcel très champion (Anthony Browne), un Prince de Motordu (Pef), un Grand Papa (John Burningham), des brigands, enfin au moins trois (Toni Ungerer) et des filles amusantes (Agnès Rosenthiel), des monstres très maxi (Maurice Sendak), une Adèle (Claude Ponti), une petite Lou (Jean Claverie), un Loulou (Grégoire Solotareff), une Célestine (Gabrielle Vincent), un chien bleu (Nadja), un petit bleu ou peut-être un petit jaune (Léo Lionni), une chenille qui fait des trous (Eric Carle) et encore une maison hantée (Jan Pienkowski)... J'en ai connu aussi qui avaient des problèmes avec leur père (Babeth Cole), des qui voulaient des chats (Tony Ross), même une Julie qui avait une ombre de garçon (Christian Bruel), enfin, vraiment de drôles de Jojo (Olivier Douzou)."

 

Ben Soussan, Patrick.

Qu'apporte la littérature jeunesse aux enfants ? Et à ceux qui ne le sont plus

Ed. Erès

Coll. 1001 et +

2014/322 p.

 

Rédigé par Nota Bene

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Publié le 5 Mai 2015

 

 

La quatrième de couverture :

 

A la sortie de l'école Elodie a une surprise : c'est son père qui est venu la chercher aujourd'hui. Son univers familier s'écroule lorsqu'elle apprend la nouvelle : il est au chômage. Elodie est alors partagée entre la honte d'être fille de chômeur et le bonheur de se rapprocher de son père. Une vie quotidienne différente s'organise. Le chômage changera définitivement la vie de famille et les rôles de chacun.

 

 

Mon avis :

 

Que le père d'Elodie vienne la chercher par surprise à la sortie de l'école, quelle joie ! Il faut dire que son papa n'est pas des plus présents auprès de sa fille : "Juste, il se levait tôt pour aller au travail et quand il rentrait le soir, il était fatigué". Mais quand, à l'heure de partir à l'école le lendemain matin, son père sort de sa chambre en pyjama, les yeux encore ensommeillés, Elodie se dit que quelque chose cloche. Elle ne tardera pas à apprendre la nouvelle : son père vient de perdre son travail. Dès lors s'en suivront des semaines particulières où la demoiselle se retrouvera tiraillée entre angoisses, hontes, surprises et joies. Des mensonges à inventer pour ne pas se retrouver impopulaire à l'école jusqu'aux bons moments passés avec son père en passant par les repas de famille parfois pesants, le lecteur est invité à suivre le quotidien d'Elodie.

 

C'est un roman accessible et touchant qui dénonce certains préjugés sexistes avec justesse : "Il va falloir me prouver scientifiquement que les hommes ne peuvent pas faire le travail de la maison parce qu'il leur manque une cellule, un gène ou je ne sais trop quoi !" (p. 37), "A notre époque, vraiment, c'est nul de penser que c'est les femmes à la maison et les hommes au travail ! on s'est dit, même si en vérité on avait toujours trouvé ça plutôt normal avant que mon père soit un chômeur. Mais bon, il faut évoluer dans la vie, il n'y a que les imbéciles qui ne changent pas d'avis, comme disent les adultes qui sont bien placés pour le savoir" (p. 76). Ainsi, l'humour et la pertinence des réflexions de l'héroïne sont toujours présents, à l'image de la dernière phrase du roman : "Est-ce qu'il est bien normal qu'en l'an 2000, personne n'ait encore inventé une pilule qui empêche de rougir quand on a honte ?". On referme ce livre de bonne humeur, oscillant entre émotion et optimisme amusé.

 

Pour terminer cette chronique, une jolie citation tirée des pages 66 et 67 qui résume plutôt bien le propos du roman : "Mais moi, je crois que je n'aurais jamais connu complètement mon père s'il n'avait pas été un chômeur. Et j'aurais passé toute ma vie en pensant qu'un papa, c'était gentil mais pas très drôle, que ça vous aimait mais que ça n'avait pas le temps de vous le montrer, que ça devait vous faire vivre mais pas vraiment vivre avec vous. Bref, j'aurais eu tout faux."

 

 

D'autres livres du même auteur chroniqués sur Nota bene :

 

 

 

Mai : lire un livre de moins de 200 pages

 

 

Ollivier, Mikaël.

Papa est à la maison

Ed. Thierry Magnier

Coll. Roman

2000/93 p.

 

Rédigé par Nota Bene

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