Rien ne s'oppose à la nuit

Publié le 24 Mai 2016

 

 

La quatrième de couverture :

 

Ma famille incarne ce que la joie a de plus bruyant, de plus spectaculaire, l'écho inlassable des morts, et le retentissement du désastre. Aujourd'hui je sais aussi qu'elle illustre, comme tant d'autres familles, le pouvoir de destruction du verbe, et celui du silence.

 

 

Mon avis :

 

Ouvert lors d'une insomnie pendant un weekend de l'ascension en terres bretonnes, j'ai embarqué ce volumineux roman pour en continuer la lecture chez moi et ne regrette pas. Bien qu'assez auto-centré, comme bon nombre de récits contemporains, le roman de Delphine de Vigan nous permet d'appréhender comment les liens familiaux s'entremêlent au fil du temps et des drames. Le récit débute en nous annonçant directement la couleur :

Ma mère était bleue, d'un bleu pâle mêlé de cendres, les mains étrangement plus foncées que le visage, lorsque je l'ai trouvée chez elle, ce matin de janvier.

Avec une tendre mais douloureuse sensibilité, Delphine de Vigan raconte l'histoire de sa mère. Elle a pour cela interrogé les frères et soeurs survivants, les amis, s'est plongée dans les photos de famille, les écrits. Chacun lui apporte une vision différente de Lucile, cette femme à la fois belle (la couverture du livre en atteste), mystérieuse, fragile, trouble, troublante. C'est la première partie, centrée sur l'enfance de Lucile, dans laquelle j'ai adoré me plonger : elle a évolué dans une famille nombreuse, vécu le drame de la mort accidentelle d'un frère, l'arrivée d'un garçon martyrisé dans la fratrie, la naissance d'un bébé trisomique, des attouchements de la part de son père... Dans la deuxième partie, on perçoit d'avantage la voix de Delphine de Vigan. J'ai du mal à revenir sur ce récit dense que je n'ai plus entre les mains mais j'en garde un bon souvenir de lecture. C'est un roman intimiste et glauque mais qui permet aussi de s'évader à travers les lieux et les époques et qui nous invite indirectement à réfléchir aux ancrages familiaux qui nous modèlent.

 

 

Plus d'infos :

 

  • Les premières pages du roman sont à découvrir sur le site de L'Express
  • Ce roman a gagné plusieurs prix dont le Prix Renaudot des lycéens 2011
  • Delphine de Vigan est la compagne de François Busnel
  • Elle est l'auteur de No et moi, adpaté sur grand écran en 2010 par Zabou Breitman
  • Elle est la scénariste du film Tu seras mon fils de Gilles Legrand réalisé en 2011
  • Elle est la co-scénariste et réalisatrice du film A coup sûr sorti en 2014

 

 

De Vigan, Delphine.

Rien ne s'oppose à la nuit

Ed. Jean-Claude Lattès 

Coll. Le livre de poche

2011/400 p.

 

Rédigé par Nota Bene

Publié dans #Je lis

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Jodaur 27/05/2016 11:08

Bonjour,
J'ai moi aussi bien aimé ce roman car on ne peut que succomber à l'écriture de Delphine de Vigan, mais si j'ai adoré la première partie, les deux suivantes m'ont paru un peu trop intimes et personnelles. Je me sentais mal à l'aise de lire ces révélations.
J'ai acheté la suite au CDI, "D'après une histoire vraie", qui a reçu le prix Goncourt des lycéens et j'ai hâte de le lire !

Nota Bene 27/05/2016 13:40

Oui, j'ai un peu le même ressenti. Et la "suite" me fait de l’œil également ! Mais je crains un récit trop personnel ou indigeste...